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Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes.

Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

Les idées sur le Web

Au service de la guerre des idées !
Nouvelle édition de l'ouvrage paru en 2006
Péril dans les sciences économiques et sociales ?
[lundi 03 novembre 2008 - 09:00]

Malgré la crise et le besoin constant exprimé par une partie de la population de comprendre le monde économique et social, la réforme actuelle du lycée, dont la première proposition a été formulée le 21 octobre 2008 par Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale, envisage de reléguer les sciences économiques et sociales (SES) au rang d'option de bas étage. Les SES est ainsi la seule matière principale de 1ère et de Terminale qui ne se retrouve pas dans la maquette actuelle des enseignements généraux de Seconde.

La réforme consistera à semestrialiser les enseignements en permettant aux élèves de choisir dans l'année 4 modules optionnels parmi un ensemble de 20 modules. Au sein de ces 20 modules coexisteront la "littérature française", les mathématiques renforcées, la physique-chimie renforcée, les sciences de la vie et de la Terre renforcées, l'histoire-géographie renforcées, ainsi que tous les autres modules actuellement présents dans l'enseignement optionnel du lycée, dont les SES.

En raison de cette multiplicité de modules d'accompagnement, de nombreux professeurs de sciences économiques et sociales craignent une marginalisation croissante de leur enseignement. Cette inquiétude suit les attaques subies par la matière, accusée de partialité contre le monde de l'entreprise, attaques notamment menées par l'association Positive Entreprise, proche du MEDEF. Elle est renforcée par les autres propositions récentes de fusionner les SES avec l'enseignement de sciences et techniques de gestion (STG). Les propositions actuelles parmi les professeurs de SES sont au contraire de rendre obligatoire pendant au moins un semestre l'enseignement des sciences économiques et sociales. Tous les élèves pourraient ainsi découvrir une matière qui leur est inconnue au collège et qui peut leur servir dans la formation de leur esprit critique et de leur participation à la citoyenneté. L'APSES, Association des professeurs de sciences économiques et sociales, multiplie d'ailleurs les opérations dans ce sens. Le rapport de forces reste cependant à l'heure actuelle en défaveur des professeurs de SES, par manque de visibilité et de soutien dans la sphère publique.



* À lire également :

- une explication de l'esprit des sciences économiques et sociales et du caractère a-scientifique de l'économie "façon MEDEF" par un jeune professeur.

- Un résumé des attaques contre les sciences économiques et sociales.

- La première copie de Xavier Darcos sur la réforme du lycée.

- 22 questions sur la réforme, par Marjorie Galy, membre de l'APSES.

- "Soyez logique, Monsieur le ministre".

- Un commentaire de Gérald Grosse, membre de l'APSES, sur la réforme.


- Une pétition en ligne de l'APSES.

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2 commentaires

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cadichon

07/11/08 19:13
Il est vrai que si les citoyens étaient un peu mieux formés en économie il pourraient juger et apprécier le niveau d'ignorance de nos politique en cette matière. C'est certainement ce que Darcos ne veut pas.
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Rémi Jeannin

03/11/08 10:42
Merci d'avoir relayé ici ces préoccupations sur la marginalisation d'un enseignement qui est plus que jamais nécessaire pour aider les élèves à se saisir rationnellement du monde dans lequel ils vivent.
C'est un vrai paradoxe de voir les SES marginalisées au moment où la crise financière suscite des demandes d'explications pédagogiques des mécanismes économiques et sociologiques qui sont à l'oeuvre, mais difficilement compréhensibles pour qui n'a jamais suivi un enseignement de SES.
Les profs de SES sont peu nombreux (5 000) et ont besoin du soutien le plus large pour se faire entendre. Merci encore !

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