Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Aux origines des néocons
[mercredi 29 octobre 2008 - 05:00]
Amérique du Nord
Couverture ouvrage
Histoire du néoconservatisme aux Etats-Unis
Justin Vaïsse
Éditeur : Odile Jacob
400 pages / 27,55 € sur
Résumé : Une brillante analyse de l’histoire du mouvement néoconservateur américain.
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C’est bien le défi posé aux "libéraux" (progressistes) américains aujourd’hui : continuer à défendre fermement la protection des intérêts américains à l’étranger (Barack Obama à ce titre est tout sauf isolationniste, voire pourrait être amené à prouver l’extrême inverse !) et redéfinir un nouveau consensus sur les questions de politique intérieure. Les dernières déclarations de Joe Biden, colistier d’Obama, dans lesquelles il appelle déjà la coalition électorale démocrate à se préparer à répondre aux attaques et aux défis à venir, nous rappellent une chose : les démocrates n’entendent pas répéter une expérience Carter et voir s’évanouir la nouvelle coalition qui les a élus.

Cette histoire du néoconservatisme que nous livre Justin Vaïsse, du point de vue de la politique étrangère (piquée de quelques réflexions sur les évolutions sociologiques de l’électorat démocrate américain) nous amène à éviter les simplifications extrêmes et à revenir à l’explication ultime de l’émergence du néoconservatisme aux États-Unis. Cette explication ne se trouve pas tant dans le mouvement conservateur (allié plus récent des néoconservateurs), mais dans l’enclenchement savant d’une "dynamique propre", face à l’explosion du consensus libéral et l’incapacité des démocrates à proposer ce à quoi une immense majorité d’Américains les avait identifié : la défense du "centre vital" et du rêve américain.

Justin Vaïsse gagne toujours à mieux définir le contexte et les raisons profondes (sociologie de l’électorat, rôle des transformations économiques et des configurations d’acteurs) lorsqu’il analyse historiquement le lien entre les cadres cognitifs issus des systèmes de connaissances et d’idées et leurs conséquences en termes de politiques publiques (intérieures ou extérieures). On peut ainsi d’autant mieux reconstituer un puzzle, aussi compliqué soit-il. On aimerait, cependant, ne plus être surpris avec le néoconservatisme, bien que ses reconfigurations soient inhérentes au fait qu’il ne s’agisse pas d’un mouvement organisé s’appuyant sur une base électorale identifiée.

Dès lors, revenir à l’étude des attitudes et préférences – en temps de crise – d’un électorat de plus en plus volatile nous apprendrait bien plus des conditions de formation des coalitions et des nouveaux systèmes de clivage. Car connaissant les origines si diverses et la filiation tortueuse d’une "idéologie" qui n’a plus grand chose à voir avec ses premiers combats, lui promettre un avenir nous obligera à en redemander... On aimerait ne plus être surpris avec le néoconservatisme et savoir quand il frappera à nouveau. Car si son influence sporadique n’était qu’une parenthèse de la gestion des événements, malgré son ancrage dans la tradition politique et philosophique américaine, étudier sa version ex post n’aide pas toujours complètement à comprendre les changements du moment présent.

 

 

* Le site compagnon du livre.

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1 commentaire

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robespierre

27/02/09 15:38
Excellent bouquin !

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