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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Penser le travail comme un acte productif
[mardi 28 octobre 2008 - 09:00]
Travail, emploi, relations sociales
Couverture ouvrage
Le travail et ses valeurs
François Vatin
Éditeur : Albin Michel
224 pages / 15, 20 € sur
Résumé : François Vatin retrace l'histoire du concept de travail et appelle, plutôt qu'à le glorifier, à rematérialiser celui-ci.
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François Vatin ) développe dans ce petit livre une idée qui lui tient à cœur : nous aurions perdu de vue, selon lui, le lien constitutif qui existe entre le travail et l’acte de produire. Ce qui nous conduirait à y voir un simple artefact social, ou encore une valeur qui trouverait sa fin en elle-même, sans le lester de sa part de matérialité.

Sa démonstration prend un tour historique en adoptant comme fil conducteur le concept de travail tel qu’il a été élaboré par différentes disciplines, à travers des emprunts successifs, entre la fin du XVIIIe et le début du XXe siècle. L’auteur examine, tour à tour, l’économie politique, la mécanique et la thermodynamique, la biologie, la physiologie et la psychophysiologie du travail, avant d’aborder dans un dernier chapitre la sociologie du travail. Pour montrer comment le concept de travail a conjugué, sur la durée, une conception métrique et celle d’un lien social, jusqu’au moment où la première est devenue obsolète.

C’est l’économie politique avec Adam Smith qui a installé le travail au cœur de la reproduction sociale, sous la double figure de la “division du travail” et de la “valeur-travail”, explique-t-il. Avant d’apprendre, plus tard avec Marx, à considérer le travail comme un concept dual, qui désigne à la fois le résultat de l’action, le produit réalisé, et l’action elle-même avec la dépense physiologique, psychologique et morale qu’elle engage.

Un peu plus tôt, les ingénieurs mécaniciens (Coulomb en particulier) étaient déjà arrivés à la même conclusion. Avant d’adopter, un temps, le travail (plus précisément, le concept physique d’énergie cinétique) comme une sorte de “monnaie mécanique” pour estimer les quantités de travail employées pour réaliser toute espèce de fabrication. Pour lui substituer ensuite le concept d’énergie, lorsque la thermodynamique a remplacé la mécanique.

La biologie, à la même époque, sous le coup de la découverte des polypes (par Abraham Trembley en 1740), invente le principe de "division physiologique du travail", que Durkheim transposera à la société humaine sous la forme de “solidarité organique” . “Dans une telle représentation de la société, le travail, bien plus qu’un simple facteur productif, devient le ciment même du lien social. C’est là une idée qui deviendra banale chez les sociologues au point qu’ils en oublieront parfois la fonction productive première du travail” , explique l’auteur.

S’intéressant à la mesure du travail humain (au même moment où les mécaniciens s’intéressaient à celle du travail mécanique), la physiologie, en étudiant le travail du muscle, puis la psychophysiologie du travail (pour aborder le travail mental) allaient, de leur côté, échouer à donner une mesure de la fatigue, ouvrant ainsi la voie à une psychosociologie du travail.

Titre du livre : Le travail et ses valeurs
Auteur : François Vatin
Éditeur : Albin Michel
Collection : Bibliothèque des idées
Date de publication : 03/09/08
N° ISBN : 2226179208
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