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L'existence même de la réunion du 28 juillet sur les Roms était indigne d'un gouvernement qui se réclame de la République, les annonces faites par Brice Hortefeux sont dans la continuité. 
Pouria Amirshahi, secrétaire national du PS aux droits de l'homme
Alain Minc annonce dans le prologue de son Histoire de France qu’il s’attend à recevoir une "volée de bois vert" de la part de la corporation des historiens de profession et des spécialistes, puisqu’il se permet de "braconner" sur leurs terres. L’avertissement rhétorique semble présenter un aveu de faiblesse bien pratique : "historien du dimanche", Minc a conscience du caractère illégitime ("outrecuidant" écrit-il) de son entreprise, et la critiquer pourrait sembler inutile, voire le signe d’une crispation universitaire prévisible. L’auteur prend donc bien soin de présenter son travail comme une "histoire personnelle", un essai faisant figure "d’exercice intellectuel", reprenant là une expression soufflée par Fernand Braudel qui lui aurait donné l’idée de ce livre il y a vingt-cinq ans.
Alain Minc assume par conséquent des "partis pris", une forme de "superficialité" et des "choix par définition contestables" . Après une telle "volée de bois vert" auto-administrée, il ne reste au lecteur qu’à suivre le cheminement historique d’Alain Minc, c’est-à-dire cinquante-sept courts chapitres, racontant l’histoire de France de la conquête romaine à l’élection de Nicolas Sarkozy.
Une certaine vision de l’histoire
Écrire une histoire de France exige non seulement des connaissances multiples et une culture solide, mais aussi une plume alerte et des qualités de synthèse certaines. On ne peut donc d’emblée qu’applaudir à la témérité intellectuelle d’Alain Minc. Les historiens de profession eux-mêmes n’affrontent plus l’histoire de France de manière individuelle, les principaux travaux récents sur l’histoire de la nation étant collectifs (dirigés notamment par Georges Duby, Pierre Nora, ou bien Jacques Revel et André Burguière). Minc renoue d’une certaine manière avec une historiographie du XIXe siècle, compilant des faits connus, en offrant au lecteur une interprétation des événements.
L’histoire pour Alain Minc est essentiellement politique, et l’histoire de France, par conséquent, une succession de règnes monarchiques, impériaux ou républicains, plus ou moins inspirés, l’auteur distribuant les bons points (Philippe-Auguste, Henri IV, Mendès France…) et les bonnets d’âne (Clemenceau surtout). Ajoutons à cela un personnage qui revient continuellement comme un modèle de clairvoyance politique : c’est le chancelier Bismarck, figure du politique visionnaire et du conseiller avisé pour Alain Minc.
L’auteur revendique d’ailleurs l’utilisation de ponts comparatifs entre différentes périodes, n’hésitant pas à faire le parallèle entre le roi Louis XI et François Mitterrand, présentés tous deux comme "machiavéliques", le mouvement réformateur d’Étienne Marcel au XIVe siècle et la Commune, les guerres d’Italie du seizième siècle et l’enlisement américain au Vietnam, etc. Pour Minc, ces rapprochements sont certes biaisés et ne résistent pas à un examen minutieux, mais ils aident à comprendre, ils permettent de faire voir : l’analogie devient un outil de vulgarisation historique, tout comme l’anachronisme un moyen de s’adapter au lectorat potentiel. C’est ainsi essentiellement à travers le prisme de l’histoire des cinquante dernières années – l’histoire de la génération née peu après la guerre – que l’auteur propose d’analyser près de deux mille ans d’histoire nationale, non sans prendre le risque de confondre histoire vulgarisée et histoire réductrice, qui permet finalement moins de comprendre ou d’expliquer un phénomène que de le simplifier de manière caricaturale et souvent inopérante.
3 commentaires
Charles
cf : http://www.acrimed.org/article2551.html
Alain Plenel
Esmiland