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Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. 
Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

Dans une démarche assez exemplaire d’historien, François Queyrel nous offre une synthèse qui, sans venir effacer des travaux plus diserts et développés, présente le mérite non négligeable de nous introduire aux quinze siècles de la vie d’un des monuments les plus extraordinaires de l’humanité en moins de 200 pages.
Une histoire d’hommes et de dieux
Le monument auquel s’est intéressé François Queyrel s’ancre dans un lieu habité par de nombreuses légendes antiques, liées à l’histoire la plus primitive d’Athènes, et remontant au moment où mythe et histoire se rencontrent dans la mémoire humaine pour donner naissance à la Cité. La roche sacrée, colline sainte sur laquelle se dresse le Parthénon, est hantée par les noms de Cécrops, Érichthonios, Érechthée, de Créüse, par le souvenir mythique de Thésée mettant en déroute les Amazones assiégeant la ville, par la mémoire de la lutte fondatrice d’Athéna avec Poséidon pour la possession d’Athènes, et plus généralement par la société des dieux de l’Olympe dont la présence s’inscrit dans la géographie de toute la colline de l’Acropole.
C’est dans ce lieu loin d’être anodin que s’édifie, sur la base d’un bâtiment préexistant détruit lors des guerres médiques, le Parthénon. Le temple est construit sans doute entre 447 et 432, dans le cadre de la reconstruction de l’Acropole, rendue possible par la victoire des Athéniens contre les Perses ; son édification, menée à l’initiative de Périclès qui domine alors la vie politique, mobilise les énergies d’Athènes à l’époque de son apogée. En ce sens, il donne dans la pierre une illustration sans pareille du rayonnement d’Athènes au Ve siècle.
Le bâtiment, dans sa dimension purement physique, s’inscrit dans la longue histoire d’Athènes marquée par le lien aux origines. Utilisant un plan de la fin du VIe siècle, le temple est dorique, d’une majestueuse sobriété, et tout de marbre ; pourtant, il se distingue par un certain nombre d’"irrégularités" : plan retouché, détails ioniques - tels que la frise -, inclinaison légère des colonnes, autant d’éléments allant dans le sens d’une recherche poussée d’harmonie. Entre respect d’une norme archétypique et écart nécessaire propre à la création de génie, le Parthénon semble se situer dans le domaine du chef-d’œuvre. La figure de Phidias est essentielle pour comprendre le monument : chargé de la réalisation d’une immense statue chryséléphantine d’Athéna Parthénos, le célèbre sculpteur supervise également la décoration du bâtiment qui doit l’abriter en son sein. Ainsi le temple dans son ensemble témoigne d’un degré certain de perfection esthétique atteint par la civilisation athénienne.
Enfin, le Parthénon se lit comme une synthèse des croyances de la cité, appelant à l’adhésion de la société. François Queyrel sait ici pointer et expliciter les différents éléments de décoration, en se concentrant sur l’observation minutieuse des figures. Avant tout s’affiche la figure nourricière d’Athéna, offerte au regard sur les deux frontons qui narrent sa naissance puis sa lutte victorieuse avec Poséidon pour la possession d’Athènes, dans un espace peuplé par les dieux qui prennent part ou assistent à ces événements mythiques. La frise dorique quant à elle présente plusieurs légendes populaires d’Athènes : victoire des dieux sur les Géants à l’est, combat entre Lapithes et Centaures, dernier jour de Troie, combat entre Grecs et Amazones à l’Ouest, ainsi que d’autres épisodes moins clairs à identifier. Toutes ces légendes, gravitant en tout cas autour du thème de la guerre pour la patrie, visent à glorifier indirectement la terre d’Athènes, et donc les Athéniens qui se disaient autochtones, c’est-à-dire "nés de la terre d’Athènes". La frise ionique fait entrer les Athéniens eux-mêmes dans la légende : dans cette longue procession festive où prennent place cavaliers, hommes de divers âges, musiciens, jeunes filles, héros, divinités, peut-être la représentation des Grandes Panathénées où la cité offrait le péplos à Athéna. La marche interminable de ces figures s’apparente à une progression vers la révélation du divin, dans une communion des hommes avec les dieux, dirigée vers une exaltation à plusieurs voix de la terre d’Athènes, terre des hommes et terre des dieux.
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