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Avec Internet, on voit ce que c'est que la société à l'état brut, sans cette petite couche qui s'appelle la civilisation, on voit ce que c'est qu'une société où il n'y a ni censure, ni tabou, ni règle que l'on s'impose à soi-même. C'est un rappel extraordinaire de la violence qu'il y a en chacun de nous. 
Alain Minc
Au début des années 1970, la crise économique ravage New York, le centre-ville est déserté par les classes aisées, la promiscuité sociale installe incertitude, angoisse et violence dans la Grosse Pomme, qui ressemble furieusement à un trognon rongé par les desperados et les freaks.
Le terrain est propice à un sursaut de plaisir effréné, ce sera la disco, musique de l’extase plutôt que de l’amour, de l’oubli de soi plutôt que de la survie. Des soirées dans des lofts, puis dans des hangars désaffectés s’organisent, où des Afro-Américains confectionnent eux-mêmes les boucles musicales du vertige progressif. En réarrangeant des morceaux déjà existant pour les aiguiser et les allonger, ces docteur Faust du climax leur donnent une aura charnelle et une sensation d’extase infinie dont la radicalité vibre au diapason de la radicalité de la vie urbaine.
Les premiers DJ’s arrivent, isolant les breaks de batterie de James Brown et tous les passages les plus excitants de certains titres de funk ou de soul pour les aligner ad libitum. L’idée est simple : rien que du plaisir étiré à l’infini, pas de temps mort et la sexualité suivra dans cette hyper festivité célébrée dans des clubs plus décadents qu’une orgie mise en scène par Pétrone. Le chant se transforme en gémissement orgasmique sur des morceaux en suspens symphonique pendant vingt minutes. La disco devient finalement une forme de vide plus radical et plus équivoque que le punk.
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