On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Mais, en regard, on n’évite pas les préventions absurdes contre l’art moderne, Dali étant cloué au pilori par Orwell, pour déviation malsaine, comme le mentionne Bruce Bégout ; avec le danger d’un certain conformisme moral, d’une normalisation sur des critères d’une décence plus qu’ordinaire. On peut ajouter une détestation, à géométrie variable, de la technique, de la mécanisation de l’humain, tout en l’agrégeant à une défiance viscérale envers de véritables innovations. Ce qui pose la question essentielle : si la common decency est avant tout anarchie, alors sur quoi se fonde son communisme, si ce n’est ni sur le politique, ni sur le droit ou les institutions ? La position étant, à l’inverse des avant-gardes politiques et esthétiques, de ne pas en passer par une imposition, aussi héroïque soit-elle ? De la décence ordinaire laisse cette quête ouverte, y apportant même la part de sentimentalisme que ce lien d’une société plus juste implique pour lui – Orwell n’est pas Brecht. Une nostalgie de la consolation n’y est pas non plus étrangère. On se rend compte que ce livre ouvre tous ces espaces, comme s’ils étaient à venir, comme si l’écrivain d’Hommage à la Catalogne avait laissé éparpillé derrière lui, disséminées en friche, des pistes encore inexplorées. Bruce Bégout les arpente, cherchant à les préciser, les enrichir de sa propre pensée, n’hésitant pas aussi à les contredire ou à les laisser en suspend. On ne pense pas uniquement, à la proposition, combien actuelle, de réduire l’échelle des inégalités de 1 à 10, mais à une manière de prendre les choses à niveau d’homme, en refusant l’indécence arrogante du surplomb prédateur des puissants![]()
1 commentaire
Micka FRENCH
Dites-le haut et fort à vos lecteurs : il FAUT LIRE 1984.
La preuve :nous sommes en plein dedans.
Avec les compliments de Micka FRENCH... sur Unblog.fr///