Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL
Small is beautiful
[jeudi 16 octobre 2008 - 16:00]
Histoire
Couverture ouvrage
Mémoires du célèbre nain Joseph Boruwlaski, gentilhomme polonais
Joseph Boruwlaski
Éditeur : Flammarion
151 pages / 13,30 € sur
Résumé :  Un texte divertissant sur la vie d’un nain de cour au XVIIIe siècle.
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Sont donc joints à l’autobiographie l’article "nain" de Jaucourt, ainsi qu’une biographie de Joseph, d’Anna Grzeskowiak-Krwawicz. Le passage de l’autobiographie à la biographie constitue l’un des intérêts indéniables de cette édition ; non seulement parce que l’on découvre la fin de l’histoire – c’est-à-dire les suites des aventures de Boruwlaski – mais aussi parce que l’analyse biographique apporte des précisions et permet des variations de points de vue sur Joseph. Le choix de joindre les deux textes permet au lecteur de mieux comprendre le personnage, et notamment les difficultés de sa vie, en particulier la curiosité cruelle dont il est l’objet, ainsi que les problèmes strictement matériels qui l’affectent après son mariage. On apprend ainsi que Joseph finit ses jours avec une rente de ses protecteurs dans la ville de Durham, au nord-est de l’Angleterre, où il vécut plus de trente ans en homme instruit et apprécié des autres habitants. On peut d’ailleurs trouver sa pierre tombale en l’église Saint-Mary-the-Less de Durham , et dans l’hôtel de ville, une statue grandeur nature  de ce personnage devenu une figure locale emblématique.

 

Le destin du texte est tout aussi intéressant, récapitulé à la fin du livre : les Mémoires ont connu un succès important à la fin du dix-huitième et au début du dix-neuvième siècle, et des souscripteurs influents ont permis à Joseph de trouver le soutien financier escompté ; en 1790, paraît l’édition allemande, et deux ans plus tard d’autres éditions en français et en anglais. Toujours en anglais paraissent deux éditions, en 1801 et en 1820, cette dernière relatant des voyages imaginaires de Joseph en Laponie, en Turquie et en Tunisie notamment… 

 

 

La vie exceptionnelle de Boruwlaski ressemble à un roman, entre le Gil Blas de Lesage et Le Baron perché de Calvino. Certes, la courtisanerie oblige le nain à des remerciements trop nombreux qui ennuient : on aurait certainement préféré des portraits plus ironiques ou du moins plus personnels sur la haute aristocratie. L’enjeu financier de la publication enlève quelque peu au texte ce qu’un journal, ou en général des écrits du for privé, peuvent révéler de manière plaisante et sincère. Cependant, les Mémoires de Boruwlaski et la biographie qui les accompagne permettent de découvrir les modes farfelues, ainsi que les curiosités parfois cruelles du dix-huitième siècle. On découvre en somme un personnage extraordinaire, qu’on plaint et qu’on apprécie souvent, qui énerve par moments, mais qui ne cesse cependant d’intriguer, d’amuser, et d’intéresser.

 

 

 

 

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1 commentaire

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Lake District

07/04/12 09:34
Cher Guillaume,ton article (que je découvre) est tout à fait intéressant, surtout avec cet intitulé "Small is beautiful"... On remonte le temps. Bravo pour ton parcours - sois Romain comme Stendhal était Italien, avec les délices de la passion au coeur, mais sans oublier l'esprit de Paris. Ton vieux professeur, S.G.

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