On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

La revue Problèmes politiques et sociaux a l’excellente idée de publier une anthologie problématisée des textes consacrés à la question de la démocratisation culturelle, même si l’on aurait pu espérer des apports étrangers plus importants. Ce sujet fait l’objet d’un débat permanent dans le cercle des initiés et des politiques, sans toutefois trouver une issue opérationnelle véritablement convaincante, si l’on en juge par les résultats des enquêtes successives sur les pratiques culturelles des Français qui nous montrent que la base sociologique du public de la culture évolue peu, concernant prioritairement les catégories de la population les plus diplômées.
L’objectif de démocratisation culturelle constitue l’une des racines essentielles de la politique culturelle française. Il remonte aux idéaux théorisés par Jean-Jacques Rousseau et l’Encyclopédie, que reprend à son compte la Révolution Française, pour être ensuite reformulé par le Front Populaire. Il a même droit à une consécration constitutionnelle puisque le préambule de la Constitution de 1946 dit que "la Nation doit donner accès à l’éducation et à la culture". Malraux s’inscrira en partie dans cet héritage, tout en privilégiant une approche très personnelle du rapport avec l’art. Le discours sur la démocratisation a depuis lors constitué la principale légitimation de la politique culturelle publique, mais l’autre versant de la politique culturelle, hérité du mécénat royal de l’Ancien Régime, a fortement orienté les actes politiques depuis l’après-guerre.
Aucun commentaire