La sublime Genèse du Théâtre du Radeau
[vendredi 17 octobre 2008 - 17:00]
Spectacle vivant
François Tanguy et le théâtre du Radeau
Jean-Paul Manganaro
Éditeur : P.O.L
Le Théâtre du Radeau connaît-il les théories du "Sublime" de Longin ou de Burke ? Peut-être pas, mais l’effet tour à tour de rapidité extrême, l’alternance de terreur et de ravissement, nous ramène à ce "Sublime" . Nous avons donc là, l’une des déflagrations dramatiques les plus fulgurantes, l’irruption dans l’origine, dans la Genèse, de la terreur et de l’harmonie sublime, dans un même moment de sidération.
Avec
François Tanguy et le Radeau, Jean-Paul Manganaro nous offre une méditation intense, sur la nécessité du théâtre, lorsqu’il est pratiqué à une telle incandescence, hauteur et perfection. Sans doute, le dernier lieu, où nos fondations symboliques peuvent se défaire pour se reconstruire ou s’abolir : "Que cherchent Tanguy et le Radeau, que cherche ainsi
Ricercar ? (…) On pourrait répondre qu’il s’agit de déstabiliser l’option mentale et politique, d’un théâtre qui vise à une certitude pulsionnelle, positive (…). C’est contre cette univocité globale des significations que le théâtre de Tanguy et du Radeau est politique, et c’est par cette attitude politique qu’il aboutit à une esthétique."
On voit que c’est la question brûlante de la communauté elle-même qui est posée, de ce qui nous est "commun", hors du langage et dans le langage ; qui de l’ange ou du poignard, de la balance ou de la hache, détruira ou magnifiera cette Genèse sublime des commencements
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