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Critique à nonfiction.fr

La phrase

L'existence même de la réunion du 28 juillet sur les Roms était indigne d'un gouvernement qui se réclame de la République, les annonces faites par Brice Hortefeux sont dans la continuité.

Pouria Amirshahi, secrétaire national du PS aux droits de l'homme

La sublime Genèse du Théâtre du Radeau
[vendredi 17 octobre 2008 - 17:00]
Spectacle vivant
Couverture ouvrage
François Tanguy et le théâtre du Radeau
Jean-Paul Manganaro
Éditeur : P.O.L
Résumé : Un recueil d'articles et d'études qui retrace la Genèse sublime du Radeau tout en offrant une méditation intense sur la nécessité du théâtre.
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Il ne fait pas mystère, pour qui l’a vu, que la puissance du Théâtre du Radeau tient d’une persistance rétinienne, qui nous mène vers des zones opaques, inconscientes dont on ne revient pas indemne. L’essai qui vient de paraître François Tanguy et le Radeau avance au plus près de ce théâtre de l’étrangeté ; il ne nous en donne pas l’exégèse, la philosophie manifeste, il ne boucle rien de l’expérience du Radeau. Le livre s’efface dans le langage même de cette théâtralité, il entre en fusion avec son discours.

Tel un captif amoureux, Jean-Paul Manganaro suit les lignes rhétoriques, plus que dramatiques du Théâtre du Radeau. L’abandon de toute distance critique fait de ce recueil d’"articles et d’études" , quelque chose qui est en de ça et au-delà de l’appréhension purement théâtrale. Il délimite plutôt un art poétique, et c’est ce qui en fait le prix. Quelque chose d’unique, qui situe le théâtre de François Tanguy aux limites de la représentation, voire à la lisière des seuils sensibles de visibilité et de sens dramatiques. Et pourtant, à y regarder de près, rien n’est plus théâtral que cette esthétique baroque de l’éloquence, avec son foudroiement d’images tournoyantes, de rouages mobiles inoubliables, d’épiphanies féeriques ou bouffonnes.

     La place à part, qui a été réservée à ce théâtre, a souvent empêché d’en analyser la théâtralité exhibée, surlignée, démonstrative. On pourrait s’interroger sur ce statut de rachat de toute une profession, par une troupe que beaucoup ont sacralisée. Comme si les dérives bureaucratiques d’un milieu, venaient-là s’absoudre de son absence de politique dans "l’événement"  que représente chaque pièce du Radeau. Sans compter l’engagement de François Tanguy et du Radeau, au moment du siège de Sarajevo, ou pour la Tchétchénie.

L’aura, qui entoure ce théâtre, n’est pas sans évoquer la délégation sacrificielle, et au fond romantique, que l’on attribue au poète dans notre société. Le metteur en scène Klaus Michaël Grüber eut lui aussi cette "réputation" de médium génial, aussi inspiré que mutique, comme un hommage du vice à la vertu. L’essai fait un sort à ce type d’exercice, qui évacue le travail, l’artisanat des formes et des matières, la musique, les voix, le silence, et un absolu sans cesse repris sur l’établi. Ce décentrement de la scène, Jean-Paul Manganaro y revient, à plusieurs reprises : "Formes qui résistent et échappent, résistent et quittent pourtant les lieux parce que, à un moment donné, ceux-ci deviennent historiquement et politiquement incapables de signifier ce qu’il y a à faire, à dire ; formes qui soulignent l’écart qui s’est creusé dans ce temps entre un mode d’expression créatrice et un mode de communication plus ou moins inscrit dans les bureaucraties théâtrales."

Titre du livre : François Tanguy et le théâtre du Radeau
Auteur : Jean-Paul Manganaro
Éditeur : P.O.L
Collection : Essais
Date de publication : 30/11/99
N° ISBN : 284682262X
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