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Rédacteur

critique à nonfiction.fr

La phrase

Le président de la République a soulevé une montagne, elle retombe sur lui. En lançant l'offensive contre les Roms, le gouvernement français croyait régler à son avantage électoral un problème de simple police de frontières et de réglementation municipale. Enorme erreur. La question des Roms n'est pas de sécurité policière ou sociale, mais d'abord de sécurité mentale.

André Glucksmann, Le Monde, 31 août 2010.  

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Fondation Terra Nova
Une nouvelle fondation pour la gauche progressiste
Cheveux verts et chemise blanche
[mercredi 15 octobre 2008 - 05:00]
Littérature
Couverture ouvrage
Ennemis publics
Michel Houellebecq, Bernard-Henri Lévy
Éditeur : Flammarion
332 pages / 19 € sur
Résumé : Retour sur la correspondance événement de cette rentrée. Simple coup ou réel échange entre deux célèbres figures des lettres françaises ?
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On s’imagine aisément la douleur des libraires forcés à commander un livre mystère trois mois avant sa parution. Longtemps leurs bases de données devaient rester muettes, tandis que l’écho grandissait. Un nom s’élevait, qui alertait la presse. Enfin Houellebecq vint, Bernard-Henri Lévy aussi. Le monde apeuré découvrait qu’il avait servi de marionnette à un plan marketing. 

Les auteurs de cet échange épistolaire qui fut mesrinement nommé Ennemis publics n’allaient-il pas souffrir eux-mêmes d’un tel conditionnement spectaculaire ? À moins qu’ils ne soient ces spécialistes de l’apparition spectaculaire, si souvent décriés, dont l’œuvre importe peu, finalement.

Il est vrai que face à Houellebecq et BHL, l’art de la suspicion accède à l’âge scientifique. L’empreinte de pauvreté du premier, qui couvre tous les domaines imaginables, ne s’est jamais vraiment estompée : "le prolétaire Houellebecq devient indissociable d’une légende. Cette légende est là pour historier une souffrance", note Sollers.. La richesse de l’autre est inoubliable, on aime réduire ses engagements à des bonnes œuvres. L’embourgeoisement de l’un tarde à se faire sentir, il continue à inquiéter et semble irrécupérable ; la prolétarisation de l’autre, ses articles écorchés, son dénuement d’aventurier semblent des artifices pénibles. Ces trahisons de classes, ces mauvaises fois irritent. Houellebecq et BHL, c’est Bartleby et Barnabooth. En livrant leur correspondance, ils exposent conjointement une première riposte : ils n’avaient pas perdu le souci de la sincérité.

Ennemis publics ne peut se lire qu’au premier degré, névroses incluses. Le mécanisme des aveux structure largement le livre, qui peine par-là à s’élever vraiment. Un lecteur attentif de Houellebecq découvrira peu de choses qu’il ne savait pas déjà. Le romancier s’était essayé, il y a trois ans, au genre autobiographique, en publiant d’abord sur Internet, puis dans une revue , le texte Mourir, déchirant et exact. L’élan qu’il avait alors manifesté, dans cette quarante-septième année qui fut fatale à Baudelaire, Musset, Lovecraft et Nerval, semble être retombé. Or l’infime distance qui sépare l’aveu de la justification compte beaucoup en littérature ; le Houellebecq d’Ennemis publics est l’un des moins littéraire que nous connaissons. Des plus sympathiques cependant : effet normal de la succession des anecdotes. Houellebecq au ski, Houellebecq en Russie, Houellebecq à l’église (spoiler !). Ces éléments à demi nouveaux perdent leur force à être trop circonstanciés. Houellebecq, rappelons-le, écrit des romans magnifiques dont les structures empruntent moins à l’arbitraire du récit de vie qu’à certains effets de sidération poétique. Ceux qui avaient pris l’habitude de le classer parmi les romantiques pourront être déçus de découvrir un contemporain.

Titre du livre : Ennemis publics
Auteur : Michel Houellebecq, Bernard-Henri Lévy
Éditeur : Flammarion
Date de publication : 03/10/08
N° ISBN : 2081218348
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8 commentaires

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rien

17/01/09 06:26
rien à dire
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Marchoucrève

05/11/08 01:37
"Houellebecq, rappelons-le, écrit des romans magnifiques": un individu qui confesse de telles croyances, en dépit de la mise en relief de son statut de doctorant en philosophie, éclaire d'un jour bien opaque une dépendance plus nettement affirmée pour l'inculture du sub-journalisme littéraire que la liberté de penser l'évaluation des oeuvres. Comme son auteur aux "romans magnifiques", il émet une pensée chosifiée dans un langage chosifié. Je vous défie de prouver que le style de votre héros est supérieur à celui des magazines, que sa pensée est supérieure à celle qu'émet un cerveau à l'intellgence médiocre. Les lecteurs, même pseudo-lettrés, de Houellebecq, trouve en ce dernier l'enregistrement de leur médiocrité et prennent cela pour du sublime.
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Michel

20/10/08 13:40
La tarte à la créme...
excellente illustration pour deux hommes dégoulinants... reflets de la
déliquescence de notre culture.
Ces deux personnages nous évoque Auguste face au clown blanc.
On peine à sourire...
Votre article en est le reflet
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La rédaction

20/10/08 10:33
Concernant l'illustration, tout est indiqué à la fin de l'article. Il s'agit d'un tableau de Thomas Lévy Lasne : http://www.thomaslevylasne.com/Start.html
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alain

19/10/08 13:22
Très beau tableau peut-on avoir les coordonnées du peintre?
merci.

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