On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Please to meet you, cher Yves Jolivet. En effet, le directeur des éditions Le Mot et le Reste a eu l’idée lumineuse de rééditer le récit légendaire du journaliste américain Robert Greenfield. Épuisé pendant plus d’une trentaine d’années, S.T.P. À travers l’Amérique avec les Rolling Stones est un ouvrage pour le moins digne d’une pierre qui roule. Il a été initialement publié en 1977 par les éditions Les Humanoïdes Associés dans l’éphémère collection "Speed 17"… dirigée par le jeune et fougueux Philippe Manœuvre. Et c’est Philippe Paringaux, ex rédacteur en chef de Rock & Folk, mais aussi ami de Greenfield, qui s’était fait un plaisir de le traduire – plaisir renouvelé pour cette nouvelle édition, reprise et corrigée par ses soins.
Également auteur d’Exile On Main Street. Une saison en enfer avec les Rolling Stones, Robert Greenfield connaît son sujet sur le bout des doigts. Son récit débute à la fin du mois de mai 1972, alors que le groupe s’apprête à débuter une tournée américaine très attendue, mais qui est également source de polémique, son dernier concert sur le sol américain ayant eu lieu dans des circonstances dramatiques : le 6 décembre 1969, à Altamont (Californie), les Rolling Stones avaient joué au milieu d’un immense désordre apocalyptique, généreusement nourri par les Hells Angels rémunérés en bière pour gérer la sécurité (!) ; Meredith Hunter, un jeune homme noir de dix-huit ans, avait été poignardé à mort au milieu d’une foule de jeunes gens plus drogués les uns que les autres ; le lendemain matin, les Stones étaient dans l’avion qui les ramenait en Angleterre.
Ce Stones Touring Party américain qui débute promet donc d’être mémorable. En première partie, le groupe a convié Stevie Wonder. Même si l’auteur de Superstition possède déjà, à 22 ans, une discographie plus qu’honorable, cette invitation représente pour lui un joli cadeau, qui lui permet de se tailler enfin une notoriété auprès du public blanc. Quant aux musiciens des Rolling Stones, ils sont eux-mêmes en grande forme, bien que tous un peu absents psychiquement (pour cause de responsabilités familiales, de projets personnels ou simplement de lassitude). Enfin, et surtout, leur équipe est complètement surexcitée. Tant par le show que par la menace qui plane sur celui-ci : les Hells Angels, très échauffés par le scandale d’Altamont, menacent de kidnapper Mick Jagger.
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