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Pourquoi l'Europe ?
[vendredi 10 octobre 2008 - 10:00]
Europe
Couverture ouvrage
Pourquoi l'Europe ?
Éditeur : André Versaille
225 pages
Résumé : Un plaidoyer européiste au style direct et accessible, mais finalement tiède sur les problématiques fondamentales.

Est-il besoin de rappeler que Thomas Ferenczi est correspondant du quotidien Le Monde à Bruxelles ? Au-delà de ses articles sur l’Union européenne, il a éprouvé le besoin de commettre un livre sur l’Europe dans un contexte de crise des institutions et, surtout, de désaffection des opinions européennes. Ce livre est donc le plaidoyer d’un européiste convaincu qui, posant la question "pourquoi l’Europe ?", s’efforce surtout d’apporter des réponses, des justifications à la poursuite de l’intégration européenne. Trois parties composent l’ouvrage : I. Histoire, II. Personnages, III. Thèmes.


La première partie peut intéresser un public peu informé sur l’histoire de la construction européenne et être utile aux étudiants abordant pour la première fois ce sujet : Thomas Ferenczi retrace, de façon chronologique, les grandes étapes de l’intégration européenne. À noter qu’il ouvre cette partie par un chapitre consacré au "Temps de la chrétienté" dans lequel il insiste fortement sur la dimension civilisationnelle et chrétienne de cette construction, négligeant les apports antérieurs. Il mentionne "le christianisme, ciment des peuples et base d’une civilisation" ; plus loin il ajoute que "la civilisation européenne en gestation reconnaît à l’Église un rôle crucial, donnant au christianisme une place prépondérante". Puis viennent "L’esprit des Lumières" et la période "D’aristide Briand à Jean Monnet". La narration de la naissance et des développements de la Communauté et de l’Union européenne (UE) est sans surprise. On peut mentionner toutefois un anachronisme : l’auteur présente le traité de Maastricht  et même ceux d’Amsterdam et de Nice avant les événements de 1989 et les réunifications allemande et européenne auxquelles il n’accorde qu’une bien petite place . De même les conflits des Balkans sont beaucoup moins évoqués que les problèmes institutionnels rencontrés par l’UE dans les années 1990. Enfin, Thomas Ferenczi dresse un très rapide "état des lieux" des politiques et institutions de l’UE .


Dans la deuxième partie, Thomas Ferenczi propose sa liste des grands personnages de l’Europe, de Charlemagne à José Manuel Barroso, en passant par Aristide Briand "le diplomate", déjà évoqué dans la première partie ; Churchill "le combattant", Hitler, Saint-Simon "l’organisateur", Mazzini "le révolutionnaire", Hugo "le prophète", Nietzsche, pour lequel l’auteur rappelle avec Zweig que "personne n’a senti comme [lui] les craquements de l’édifice européen" ; Paul Valéry et ses méditations sur "l’agonie de l’âme européenne", l’antifascite italien Benedetto Croce, l’espagnol José Ortega y Gasset, le Français Julien Benda, l’Allemand Edmund Husserl, Jean Monnet et les pères fondateurs de la Communauté, De Gaulle "européen quand même". Il mentionne le rôle clé des démocrates-chrétiens et des socialistes, celui du/des couple(s) franco-allemands, l’ambivalence des États-Unis et "la méfiance obstinée des gouvernements britanniques".

 

 

Enfin la troisième partie présente quelques grands enjeux auxquels l’UE est aujourd’hui confrontée : la vieille mais toujours omniprésente tension entre nations et Europe, la question des frontières, celle de l’Europe sociale face à sa réalité libérale, celle de l’ "Europe espace" face à l’ "Europe puissance", celle encore du fameux "déficit démocratique". Mais ces enjeux ne sont que décrits ; on regrette la très grande prudence de Thomas Ferenczi qui ne pas prend position.


La conclusion, elle aussi, est tiède : être Européen, nous dit Thomas Ferenczi plagiant Ernest Renan, "c’est accepter les valeurs collectives d’une civilisation qui s’est construite à travers les siècles, mais c’est aussi se reconnaître dans un projet ouvert à tous ceux qui veulent bâtir un avenir nouveau. (…) L’Europe est à la fois mémoire et invention…" On est loin d’idées fortes et pratiques pour sortir l’Union européenne de l’ornière ; il n’est pas certain que ce Pourquoi l’Europe ? suffise à convaincre ceux qui doutent aujourd’hui de l’intérêt de cette échelle et de cette construction.
 

Marc GERMANANGUE
Titre du livre : Pourquoi l'Europe ?
Auteur : Thomas Ferenczi
Éditeur : André Versaille
Collection : Histoire
Date de publication : 06/03/08
N° ISBN : 9782874950001
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2 commentaires

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Pierrot

15/02/11 19:48
Marc Germananque devrait continuer à écrire des livres pour enfants plutôt que des sujets aussi sérieux avec autant de légèreté ! Le sujet mériterait de se pencher dessus de manière plus sérieuse et moins superficielle.

PS. Mon message précédent a été censuré, vive la liberté d'opinion de votre site !
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COLPIN Didier

27/05/09 21:09
EUROPE ET PAIX

Ci-dessous, courrier envoyé à Nicolas Sarkozi lorsque la France a eu a gérer en 2008 la Présidence de l’U.E.

Monsieur le Président de l’Union Européenne.

Deux mots pour me présenter : Mon arrière grand-mère avait banni un mot de son vocabulaire, « allemand ». Elle parlait, avec un regard alors aussi luisant qu’une baïonnette, des « boches » et on peut la comprendre puisqu’elle les a vu trois fois -ayant toujours vécu à Guise dans l’Aisne- en 1870, 1914 et 1939….

Comment sommes nous sortis de cette chronique d’une haine séculaire ?
Par l’ « Europe »…
Et avec sincérité je remercie les femmes et les hommes politiques, de gauche comme de droite, de ce côté du Rhin comme de l’autre qui depuis maintenant 60 ans œuvrent en ce sens. 60 ans de paix à l’intérieur de l’éxagone…
A partir de Vespasien, au premier siècle de N.E., la Gaule, en s’engageant profondément dans le monde romain a connu un siècle de paix. Qui pourrait ne pas souhaiter la même chose aujourd’hui ?

Il me semble que trop nombreux sont ceux qui oublient cet apport énorme et positif !
La paix !
Aussi, dans une démarche citoyenne, j’aurais deux propositions à vous soumettre, propositions visant au développement d’une conscience européenne chez les membres du vieux contient.

• Quels sont les deux fléaux qui ont assombris et endeuillés l’Europe (et le monde) au XX° siècle ? Le nazisme et le communisme.
Si l’anéantissement du premier est commémoré (en France) le 8 mai, rien n’est fait pour l’anéantissement du second. Aussi, la création d’un jour férié européen institué le 9 novembre, date de la chute du « mur de Berlin », permettrait ce combler cette lacune en unissant tous les habitants de l’U.E. (Si le 8 mai devenait également férié dans l’UE, avec ces deux dates l’Europe affirmerait sa volonté d’être fer de lance dans la promotion des Droits de l’Homme…)
Cela n’est certes guère compatible avec la notion du « travailler plus »… Et bien supprimons le 11 novembre en mettant en avant la disparition du dernier « poilu ».
En quel lieu « unique » -symbolique- (avec des déclinaisons nationales) se réunir en cette occasion ? Suite au pacte germano-soviétique, la Pologne a été dépecée par Hitler et Staline. Ce pays, me semble t-il, conviendrait donc… Quelle ville ? A voir, mais pas Gdańsk afin d’éviter toute récupération politico-religieuse…
Ce jour ne devrait pas être uniquement tourné vers le passé. En plus de rappeler la valeur de l’Europe comme instrument de paix entre les peuples la constituant, il devrait aussi revêtir un aspect pédagogique et formateur tourné vers l’avenir : qui aujourd’hui, comme les nazis et les communistes d’hier, n’éprouvent que haine pour la démocratie, considèrent l’assassinat comme une arme politique et réclament « ici pour eux » la liberté au nom de nos principes libéraux pour la refuser en instaurant une dictature lorsqu’ils sont au pouvoir au nom de leur principes ? Les islamistes…
Aussi, ce nouveau jour férié, en plus de rappeler aux européens leur Histoire récente, devrait -par un symbolisme à définir- mettre en exergue la laïcité. Une laïcité certes tolérante et respectueuse du fait religieux, mais qui souligne aussi que Etat et religions (valeur symbolique du « s » à religions) doivent être séparés (J’ai bien conscience que cette séparation n’est pas (encore ?) une réalité partout en Europe…).

• En France, une action revêtant un éclat particulier peut offrir à son auteur une
reconnaissance qui se manifeste par l’obtention de la Légion d’honneur ou de la médaille de l'Ordre National du Mérite.
Ne serait-il pas avisé d’instituer une décoration européenne (également avec plusieurs degrés) ouverte à tous les citoyens des pays membres de l’U.E. pour action effectuée en faveur de l’Europe ?

Recevez, Monsieur le Président de l’Union Européenne, mes respectueuses salutations.

(Source. (En commentaires) : http://www.touteleurope.fr/fr/actions/construction-europeenne/elargissement/actualite/actualites-vue-detaillee.html?tx_veguestbook_pi1%5Bpointer%5D=2&cHash=d61c5e39d0 )

La réponse, en date du 19 août 2008 et émanant de Cédric Goubet, Chef de Cabinet du Président de la République, est de pure forme et sans aucun intérêt…

COLPIN Didier

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