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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Circulation du savoir sous le colonialisme
[lundi 13 octobre 2008 - 10:00]
Histoire des sciences
Couverture ouvrage
Relocating Modern Science. Circulation and the Construction of Knowledge in South Asia and Europe, 1650-1900
Kapil Raj
Éditeur : Palgrave Macmillan
285 pages / 47,22 € sur
Résumé : Une réflexion sur l'histoire des sciences à travers l'étude de situations d'interaction coloniale.
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Dans son ouvrage Relocating Modern Science. Circulation and the Construction of Knowledge in South Asia and Europe, 1659-1900, Kapil Raj nous propose une réflexion sur l’histoire des sciences, sujet qu’il enseigne à l’École des hautes études en sciences sociales (Paris), en prenant comme cadre spatial et temporel de son enquête le monde indien considéré dans la longue durée coloniale. L’étude de situations d’interaction coloniale conduit l’auteur à un triple décentrement au regard de l’histoire des sciences occidentales. D’abord, les cadres d’expérience retenus, associant deux mondes, sont nécessairement des composés mixtes du point de vue politique, social et culturel, qui empruntent et à l’univers colonial et à la société colonisée. Ensuite, l’auteur ne se limite pas aux seuls Britanniques ; en effet, les Portugais, les Hollandais et les Français figurent en bonne place dans cette histoire des sciences dont le développement suit l’établissement des compagnies des Indes orientales par les différentes puissances européennes soucieuses d’imposer leur hégémonie sur les routes commerciales avec l’Extrême-Orient. Enfin, s’agissant du monde indien, l’auteur fait le choix d’une aire culturelle dotée, à date ancienne, d’une élite lettrée productrice de savoirs qui sont référés à des coordonnées culturelles et épistémiques distinctes de celles de la science occidentale. Aussi, dans la lignée du travail de Joseph Needham sur la Chine, Kapil Raj inscrit son propos, d’emblée, dans la remise en cause d’un lieu commun encore tenace, celui du caractère à la fois unique et universel de la science occidentale dont l’extension hors de l’Europe se ferait par une simple diffusion des savoirs théoriques et pratiques, portée notamment par le processus colonial à partir de la fin du XVIIIe siècle.

Pour fonder son propos, Kapil Raj retient six études de cas (déjà parues sous formes d’articles en anglais et/ou en français), qui sont autant de monographies sur des sujets spécifiques. Le premier chapitre porte sur un manuscrit de botanique compilé en Inde, à la fin des années 1690, par le français Nicolas L’Empereur qui décrit la flore de l’Orissa, d’où le titre corrompu en abrégé de cet ouvrage, Jardin de Lorixa, conservé au Muséum d’histoire naturelle de Paris. La conception de l’ouvrage, sa mise en œuvre avec la collaboration d’assistants indiens, la comparaison de son contenu avec des ouvrages similaires à l’époque, le destin de ce manuscrit dans les milieux savants de la France du XVIIIe siècle et les bénéfices que son auteur en escomptait, avant que le manuscrit ne soit oublié dans les archives sont autant de questions qui organisent l’intrigue de cette étude. Le deuxième chapitre traite des débuts de la cartographie, à la fois en Inde et en Grande-Bretagne entre les années 1760 et 1820. Durant cette période, le travail de James Rennel, notamment son Memoir of a Map of Hindoostan publié en 1783, marque l’avancée la plus importante en ce domaine. Mais l’auteur montre qu’on ne saurait mesurer les progrès de la cartographie à l’aune d’une simple diffusion des connaissances importées de la métropole. Les modes de relevés des données sur le terrain, le recours à des employés indiens, les techniques d’impression des cartes et jusqu’à la circulation de l’information engagent nombre d’arrangements, de redéfinitions des procédures pour tenir compte des spécificités de la situation locale.

 

Titre du livre : Relocating Modern Science. Circulation and the Construction of Knowledge in South Asia and Europe, 1650-1900
Auteur : Kapil Raj
Éditeur : Palgrave Macmillan
Date de publication : 30/11/99
N° ISBN : 0230507085
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1 commentaire

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marron d'inde

03/01/09 00:30
Très érudit, tout cela, d'autant que le livre est sans doute bien difficile d'accès pour un français moyen.

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