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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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L'Histoire au travers du prisme de l'archive
[vendredi 03 octobre 2008 - 12:30]
Cinéma
Couverture ouvrage
Archives filmées
Collectif
Éditeur : Revue Images Documentaires
112 pages / 8,70 € sur
Résumé : Ce numéro est consacré aux trajectoires de l’archive, de la réappropriation des images à l’emboîtement des regards.  
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Images documentaires est une revue qui, depuis 1993, s’attache à analyser et à promouvoir le cinéma documentaire dans sa diversité, sa richesse, ses engagements et sa complexité, par des articles de fond et des recensions de films. Son 63e numéro est consacré aux "regards sur les archives". Il s’attache à tracer les trajectoires de l’archive en compagnie de théoriciens tels que Sylvie Lindeperg, Jean-Louis Comolli et Laurent Véray.

La singularité de l’image cinématographique, par rapport à tout autre document "historique", tient à ce qu’elle est composée d’image et de son : deux raisons de plus pour s’en méfier et redoubler de vigilance. Avec l’image d’archive, on n’est plus seulement dans l’histoire ou dans la conservation matérielle du passé, on touche aussi au domaine de l’esthétique. On remarque d’ailleurs que la puissance esthétique de l’image est très peu mise en avant par les différents contributeurs.

Dès lors, dans une perspective historienne, l’ouvrage se penche sur les questions suivantes : comment fait-on parler une image ? Comment l’image est-elle interprétée, utilisée en fonction d’une contextualisation discursive particulière ? Comment des images peuvent-elles être utilisées dans deux contextes différents (visée de propagande et désir de vérité) sans perdre leur crédibilité ?

L’image cinématographique est trompeuse


"La caméra n’est pas une machine neutre", déclare Jean-Louis Comolli en commençant sa démonstration par les relations entre documents et spectacle . Sylvie Lindeperg et Laurent Véray prendront le même genre de précaution et n’auront de cesse d’avertir le lecteur, précisant à maintes reprises que non, le chat que nous voyons à l’image n’est pas susceptible de nous griffer. Autrement dit, l’image n’est pas un reflet fidèle de la réalité : la ressemblance entre le monde réel et le monde filmé (représentation fragmentaire et subjective) est à envisager sur le mode du semblable et non de l’identique ou de l’équivalent.

Par ailleurs, l’image cinématographique diffère également de l’image photographique. Si le récit de cette dernière est surtout produit par le spectateur, l’image cinématographique développe cette particularité que le récit se construit d’abord dans le temps de la prise de vue , ensuite dans le temps du montage qui est déjà une "reprise de vue". L’image cinématographique est donc une construction de regard et d’objet, par la délimitation du cadre, l’angle de prise de vue, l’utilisation ou non du son synchrone que le montage reconstruit. Elle naît de choix de réalisation, elle est soumise à ses conditions de production mais aussi à ses conditions de reprise.

Titre du livre : Archives filmées
Auteur : Collectif
Éditeur : Revue Images Documentaires
Collection : Revue Images Documentaires, numéro 63
Date de publication : 30/11/99
N° ISBN : F017666341
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