Rédacteur

Secrétaire général de rédaction

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL
La Phocide, nouvelle maison d'édition : "Le quotidien doit se donner de nouvelles langues"
[mercredi 01 octobre 2008 - 10:00]
Page  1  2 

Fille de l'étonnement, fille de l'effroi, la philosophie est une discipline qui se veut lieu d'accueil d'interrogations multiples provenant des diverses facettes de l'expérience humaine. Forte de ce constat, les éditions de la Phocide, jeune maison d'édition strasbourgeoise, s'efforcent de se tenir à la croisée des chemins, afin de faire résonner ensemble les disciplines et les pratiques, et de trouver des langages pour le présent, qui nous rendent conscients et attentifs de celui-ci.

nonfiction.fr a rencontré Andrea Potestà, responsable de la Phocide, ainsi que le comité de rédaction, afin de présenter cette nouvelle maison d'édition.

 

nonfiction.fr : Quelle est la motivation initiale qui préside à la volonté de la constitution d'une nouvelle maison d'édition ?
 
Le comité de rédaction : Il y a un désir de voir émerger de nouveaux auteurs, c'est-à-dire de nouvelles écritures, de nouvelles langues, mais aussi l'espoir de toucher de nouveaux lecteurs. L'édition, ça peut être une institution fermée, mais ça peut être aussi l'ouverture d'un monde de rencontres, de même que les livres, en créant des lecteurs, créent des mondes, des secrètes rencontres, des devenirs.

 
nonfiction.fr : Pourriez-vous préciser la ligne de votre politique éditoriale ?
 
Le comité de rédaction : Nous n'avons pas vraiment de "politique éditoriale " au sens où nous ne savons pas à quoi nous attendre, ce qu'il "faudrait " vouloir. Certes, nous ne souhaitons pas publier des livres universitaires : ils ont déjà des espaces pour ça. Nous souhaiterions accueillir, découvrir des "langues jeunes ", qui s'exposent à ce qui est dit, mais ceci ne définit pas une politique. Nous aimerions aussi publier des livres où des notions émergent à partir d'expériences, qui sachent sortir du domaine de la pure théorie. Il y a beaucoup de choses à explorer dans la vie quotidienne (le rapport à la maladie, à la vieillesse, aux générations qui disparaissent, ou bien le rapport à la technologie, ce que c'est en train de révolutionner dans le domaine de l'éthique, du désir, du temps…), des choses qui méritent d'être pensées. C'est le quotidien qui doit se donner de nouvelles langues, sortir de sa mécanique.
 

nonfiction.fr : Comment procédez-vous au choix des textes publiés ?
 
Le comité de rédaction : Pour l'instant, nous n'avons pas encore "une " façon de procéder. C'est maintenant que les manuscrits vont arriver de façon vraiment anonyme. Il y a un comité de rédaction constitué d'une dizaine de personnes. Le comité n'est pas un "groupe " défini par des affinités particulières. On ne se connaissait pas (pas tous en tout cas) avant de se lancer dans cette affaire. L'idée est que le travail de lecture sorte justement des cadres, des normes, des corporations, de la constitution de milieux etc. Il y a au moins deux lecteurs par manuscrit et ensuite nous en discutons lors d'une réunion.

 
nonfiction.fr : Vos premiers textes donnent une place importante à des auteurs comme Levinas ou Artaud. Vous situez-vous dans un certain héritage philosophique et littéraire revendiqué ?
 
Le comité de rédaction : Oui et non. Levinas et Artaud inventent des langues. L'ouvrage de Gérard Bensussan sur Levinas rassemble des textes qui avaient eu des destinataires et des destinations différentes (un texte avait été prononcé dans un hôpital). C'est cela aussi Éthique et expérience. On n'est pas indemne de ce qu'on écrit, de ce qu'on pense. On peut dire qu'avec Levinas, Artaud, on hérite de cette "expérience éthique ". Avec un tel "héritage", les possibles ne peuvent que se démultiplier (enfin j'espère). Je veux dire, banalement, que les enfants à venir ne ressembleront pas forcément à leur père et que tout ce qui ne provient pas de cet "héritage " n'est pas nécessairement exclu. 

Page  1  2 
Commenter Envoyer à un ami imprimer Charte déontologique / Disclaimer digg delicious Creative Commons Licence Logo

Aucun commentaire

Déposez un commentaire

Pour déposer un commentaire : Cliquez ici