On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Une partie des activités auxquelles se livre le consommateur peuvent être rapprochées des activités de travail, explique Marie-Anne Dujarier dans cet ouvrage. Celles-ci sont en effet, désormais, sollicitées et encadrées par les entreprises de la même manière. Cela de façon délibérée, comme le prouvent les articles de marketing que l’auteur a dépouillés .
Trois formes de travail du consommateur lui paraissent pouvoir être distinguées. Elle nomme la première “autoproduction dirigée”. Celle-ci renvoie à des tâches rendues suffisamment simples pour pouvoir être externalisées vers le consommateur, qui les réalise souvent à l’aide d’un automate. C’est une manière pour les entreprises de résoudre la tension, qui existe dans les services de masse, entre standardisation et personnalisation, explique-t-elle. Il peut ainsi s’agir pour le consommateur d’adapter sa demande à une offre prédéfinie, de finir d’élaborer le produit, se servir, se déplacer ou réparer lui-même, etc.
La motivation du consommateur, dans ce cas, tient essentiellement dans la contrainte (ou l’absence d’alternative) : s’il veut consommer, il doit s’exécuter, analyse l’auteur. Même si on lui vante l’avantage de passer ainsi moins de temps à attendre ou de pouvoir être autonome, en éludant la question du temps qu’il devra consentir à se former, s’équiper ou encore à gérer les aléas.
Le lecteur pourra, par endroits, avoir le sentiment d’une analyse un peu unilatérale, où la volonté de l’entreprise d’exploiter le consommateur est plus affirmée que démontrée (une impression que renforce l’usage de phrases très courtes). Avec une conception du travail qui est tirée vers la peine (même si l’auteur s’en défendrait sans doute). Une analyse qui écarte aussi, trop systématiquement, ce qui distingue l’activité de travail de celle de consommation, comme la subordination à un employeur unique, par exemple, qui n’a pas son équivalent s’agissant du consommateur.
L’auteur identifie une deuxième forme, qui consiste dans la “coproduction collaborative”. Contrairement à la précédente, celle-ci émerge seulement. Son développement est fortement lié à celui d’Internet et du web 2.0. Elle recouvre des activités très diverses, allant de la communication (qui peut être inconsciente) de données personnelles à la réalisation et à la publication d’œuvres par des amateurs, en passant par la production d’idées, que l’entreprise capte et valorise à son profit de différentes manières (par la vente d’audience aux annonceurs, l’encaissement de frais d’inscription et de commissions sur les transactions effectuées, la vente de services ou encore la revente des données concernant les consommateurs).
Ici, la participation du consommateur est volontaire et souvent enthousiaste dans la mesure où elle lui procure des occasions de développement subjectif et social, analyse M.-A. Dujarier.
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jean B.
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consommateur