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La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Faut-il avoir peur de Google Chrome ?
[vendredi 05 septembre 2008 - 12:00]
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Alors, quelle tactique pour Google ? Le Monde interview Estelle Dumout, chef de rubrique Internet de ZDNet.fr : "Pour Google, le navigateur, c'est la porte d'entrée vers Internet et vers ce que l'utilisateur y fait concrètement. C'est une position très stratégique et un changement de perspective. Google nous dit que ce qu'on faisait avant avec des logiciels installés sur ordinateur (Word, retouche photo, tableur, etc.), on va désormais le faire avec des applications Web. L'entreprise mise donc sur les applications Web, et a ‘designé’ Chrome pour qu'il soit le navigateur qui les gère le mieux." Sans que l’expert conçoive toutefois cette innovation comme une attaque directe en direction de Microsoft : "ça n'aura rien à voir avec ce qu'on connaît aujourd'hui en termes de SE , rien à voir avec ce que Microsoft fait."

Le Figaro, en revanche, saute le pas : pour Laurent Suply, l’objectif de Google est bien d’ "embarquer toutes les applications actuellement utilisées depuis le fameux ‘bureau’ dans le navigateur Chrome, et ainsi détrôner non seulement l'Internet Explorer de Microsoft, mais aussi et surtout sa suite logicielle Office, voire son système Windows."  Diable ! Une révolution serait-elle en marche ? En tout cas, toujours selon Le Figaro, Chrome est de taille à "peser sur l’avenir du web", voire même de "devenir le cœur même d'un nouvel âge de l'informatique".


Un logiciel liberticide

Une nouvelle ère numérique dans laquelle Google règnerait en maître sur toutes nos activités informatiques, selon certains observateurs. L’Express qualifie le navigateur de "Big Browser" (navigateur en anglais) et s’inquiète des conditions générales d’utilisation : [l’utilisateur] concède à Google Inc. un droit d'utilisation et de distribution de tout ou partie du contenu qu'il décide d'afficher ou de publier grâce au navigateur et aux services proposés gratuitement par Google." L’enjeu est d’importance, et pas seulement du point de vue des libertés individuelles : plus cyniquement, "les revenus publicitaires représentaient la coquette somme de 40 milliards de dollars, et les économistes les plus pessimistes estiment qu'ils atteindront quelque 75 milliards de dollars en 2010." L’hebdomadaire cite une étude démontrant que "336 milliards de données personnelles ont été récupérées de la sorte par les cinq plus importants acteurs d'Internet, à savoir Yahoo!, Google, Microsoft, Warner et AOL." ZDnet pointe même une autre source inquiétude : "la société pourra connaître tout ce qui est tapé dans le navigateur, même si l'utilisateur ne valide pas sa requête. Et Google a bien l'intention d'exploiter ces données : un porte-parole a confirmé que le moteur de recherche conserverait environ 2 % des requêtes […] En théorie, cela signifie que si un internaute tape l'adresse d'un site dans la barre Omnibox puis se ravise, donc ne valide pas cette adresse et l'efface, son action laissera malgré tout des traces sur les serveurs de Google." Et le site de citer Peter Eckersley, un membre de l'association américaine de défense de la vie privée Electronic Frontier Foundation (EFF) plutôt résigné : "Google en sait déjà beaucoup sur ce que tout le monde pense à un moment donné."

Difficile donc de situer le dernier né de Google entre progrès technologique, pion dans la stratégique économique et gadget liberticide. Mais qu’importe, finalement : séduits par l’efficacité et l’omniprésence de Google, peu d’internautes s’en préoccuperont.


Mise à jour du 8/09 :


Face aux protestations générées par les conditions générales d'utilisation de Chrome, Google a décidé d'en supprimer le chapitre 11 : "En soumettant, affichant ou publiant le Contenu, vous acceptez de concéder à Google une licence perpétuelle, irrévocable, pour le monde entier, à titre gratuit et non-exclusive pour reproduire, adapter, modifier, traduire, publier, représenter, afficher et distribuer tout Contenu que vous soumettez, affichez ou publiez sur les Services, ou par le biais des Services". À noter qu'il s'agit des conditions standards auxquels souscrivent les utilisateurs de la plupart des services Google... Une information relayée par le Journal du Net.


* À lire également sur nonfiction.fr
:

- l'article de Balaji S. Mani, "Google se lève et la Toile tremble"

- l'article de Victor Joanin, "Google se lance dans la guerre du savoir en ligne"

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4 commentaires

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La rédaction

07/09/08 13:04
Opera est bien un navigateur, et la deuxième citation provient en fait de ecrans.fr (http://www.ecrans.fr/Google-Chrome-Premieres,5004.html), site qui appartient à Libération. Toutes nos excuses pour ces inexactitudes, et merci à Anonyme pour sa vigilance.
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Anonyme

06/09/08 15:54
Deux commentaires : tout d'abord, Opéra n'est pas un moteur de recherche, comme l'indique votre note, mais un logiciel (navigateur web, comme Chrome ou Firefox).
Ensuite, les citations du troisième paragraphe que vous semblez tirer d'un article de Libération n'y figurent pas. Après une recherche rapide sur internet, elle ne figurent sur aucun article en ligne !
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Osiris

06/09/08 14:48
Dans ce monde où tout est commerce, ce qui paraît gratuit est sournoisement coûteux et la monnaie de paiement est notre existence même (notre temps libre, nos idées, notre liberté de pensée).
Moralité : achetez .... ou piratez, et fuyez les cadeaux !
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Winston

05/09/08 18:19
"Au futur ou au passé, au temps où la pensée est libre, où les hommes sont dissemblables mais ne sont pas solitaires, au temps où la vérité existe, où ce qui est fait ne peut être défait ,
De l'âge de l'uniformité, de l'âge de la solitude, de l'âge de Big Brother, de l'âge de la double pensée,
Salut!"

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