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critique à nonfiction.fr

La phrase

Quand vous avez vu effectivement des paysans pendus à leurs chambranles par leurs propres tripes sous les couteaux de jeunes ukrainiens engagés dans l’armée allemande, et que vous revenez trois mois plus tard au lycée Carnot et dans une famille où il y a un valet de chambre qui sert à table et où il manque simplement quelques membres de la famille qui sont morts ici ou là, il y a en effet un décalage complet entre ce que vous avez vécu et la vie normale.

Pierre Nora, France Inter, le 25 janvier 2012.

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''Quand l’Europe parlait français…''
[mardi 02 septembre 2008 - 09:00]
Littérature
Couverture ouvrage
Si tu lis jamais ce journal… Diaristes russes francophones
Elena Gretchanaia, Catherine Viollet
Éditeur : CNRS
345 pages / 28,50 € sur
Résumé : E. Gretchanaia et C. Viollet présentent un vaste corpus de journaux personnels rédigés par des aristocrates russes en langue française de 1780 à 1854.
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Si tu lis jamais ce journal… résulte d’un travail opiniâtre mené par deux chercheuses aguerries, Elena Gretchanaia et Catherine Viollet, dans différents centres d’archives de Moscou et de Saint-Pétersbourg. Au XVIIIe et au début du XIXe siècle, "quand l’Europe parlait français" (Marc Fumaroli), les aristocrates russes, et plus particulièrement les femmes, eurent volontiers recours au français pour les écritures de soi : ainsi s’est constitué un vaste massif de journaux personnels rédigés par les femmes russes en langue française, encore peu exploré et dont les chercheuses dressent ici un panorama passionnant.


Une étude en diptyque

L’ouvrage a été minutieusement composé pour faciliter au lecteur l’approche de ces textes dont seuls de rares échantillons avaient été publiés jusqu’alors. Il s’ouvre par une étude globale de ce que fut cette pratique d’écriture féminine, analyse fondée sur la lecture de plus d’une centaine de textes. De façon extrêmement méthodique et efficace, les auteurs nous présentent les textes, restituant leur contexte historique, décrivant leurs aspects matériels, dressant une typologie (journaux de voyage, journaux "relationnels", journaux-chroniques de la vie mondaine, journaux-méditation, journaux spirituels, journaux d’éducation), examinant également les questions de langue (le niveau de langue française n’est pas homogène et varie à travers l’ensemble du corpus) et de destinataire.

La deuxième partie du volume est constituée d’une anthologie : sont donnés des extraits de quinze de ces textes, précédés d’une notice biographique de la diariste et accompagnés d’illustrations (portraits des diaristes, reproductions de certaines pages des journaux). Les extraits sont transcrits avec une grande minutie : transcription linéarisée qui reproduit le plus fidèlement possible le graphisme original, qu’il s’agisse de l’orthographe, de la ponctuation, et, dans la mesure du possible, de la disposition du texte sur la page (colonnes, marges…).

On n’ira pas jusqu’à dire, comme le prétend la quatrième de couverture, que l’anthologie se lit "comme un roman"… et ce n’est sans doute pas, d’ailleurs, ce que recherchent les lecteurs-amateurs de journaux personnels. Les extraits, traces d’une pratique ordinaire et quotidienne, sont souvent très descriptifs, parfois répétitifs, fascinants non pas tant par les faits qu’ils exposent que par le continent culturel qu’ils ressuscitent : celui de la grande Europe cosmopolite d’il y a deux siècles, celui des anciens réseaux de la sociabilité aristocratique car, comme le soulignent les éditrices, ces journaux " "font système" entre eux : réseaux de noms et de personnages, de lieux, d’événements qu’ils partagent, que l’on retrouve comme en écho d’une diariste à l’autre". Les textes qui fourmillent de noms propres et d’allusions culturelles, parfois énigmatiques, sont éclairés par un appareil de notes remarquable qui lève tous les obstacles de lecture.

Titre du livre : Si tu lis jamais ce journal… Diaristes russes francophones
Auteur : Elena Gretchanaia, Catherine Viollet
Éditeur : CNRS
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3 commentaires

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invité du soir

27/10/08 00:09
quand l'Europe parlait français...mais elle le parlait encore dans les années 70, quand bien même les soviétiques le toléraient peu voire pas du tout et que, de l'autre côté, les Etats Unis et l'Angleterre colonisaient l'Europe.

Il aurait fallu de l'audace et de l'autorité de la part de nos gouvernements pour que la position de la langue française ne soit pas bafouée comme elle l'est aujourd'hui, chute précipitée depuis une dizaine d'années par divers événements toutes dignes de la boîte de pandore.

c'est parce que nous avons eu des imbéciles qu'aujourd'hui nous devons combattre l'anglais comme jadis l'allemand über alles a été combattu, puisqu'aujourd'hui, si je me balade à Paris, il y a presque un bilinguisme total dans la ville.

pour les touristes ? que non ! ils ne veulent pas voir ce qu'il y a déjà chez eux ou une langue parasite !
mais c'est ainsi, la stupidité des faibles et des corrompus achemine lentement la langue française vers l'agonie et la disparition, la fin d'une civilisation.

sauf si...
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Europate

14/09/08 09:22
(essai avec un lien)

Géorgie : une simple erreur de traduction a prolongé la guerre d'un mois !

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Europate

14/09/08 09:21
La Russie parlait Français... vu la qualité de nos traducteurs diplomatiques, il aurait été profitable à tout le monde que ça soit encore le cas !!!

Lire : Géorgie : une simple erreur de traduction a prolongé la guerre d'un mois !

http://www.lesmotsontunsens.com/georgie-une-simple-erreur-de-traduction-a-prolonge-la-guerre-d-un-mois-sarkozy-kouchner

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