Rédacteur

critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL
L'emprise tentaculaire du clan Moubarak
[mardi 19 août 2008 - 11:00]
Moyen-Orient
Couverture ouvrage
Egypte, l'envers du décor
Sophie Pommier
Éditeur : La Découverte
297 pages
Résumé : Un livre clef sur l'Égypte contemporaine qui décrit le fonctionnement politique de ce pays au regard de son histoire récente.
Page  1  2 


Une entreprise familiale…

Car après tout, c'est bien de cela qu'il s'agit. Depuis plusieurs années déjà, la "question politique" majeure est et reste : qui succèdera à Hosni Moubarak lorsque celui-ci ne pourra plus assumer ses fonctions ?

Plusieurs noms circulent, comme le général Omar Suleyman, chef des services de renseignements ; mais l'option privilégiée par les analystes reste Gamal Moubarak, fils cadet de l'actuel président.

Comme le souligne Sophie Pommier, "la perspective d'une succession dynastique semble d'autant plus plausible qu'elle est en phase avec une tendance observée dans l'ensemble du monde arabe, y compris dans des systèmes non monarchiques".

Pour certains, Hosni Moubarak aurait choisi de briguer en 2005 un cinquième mandat de six ans, manière de "mieux préparer le terrain" de sa succession.


… jusqu'au boutiste ?

L'ascension de Gamal au sein du parti montre bien le caractère "inexorable" de sa progression vers le sommet. Entré au secrétariat général en 1999, il est rapidement placé à la tête du secrétariat des Politiques en 2003, puis devient secrétaire général adjoint en 2006. Ses liens étroits avec la finance et les entreprises privées font de lui l'exemple type de la nouvelle génération qui croit en la mondialisation, loin du socialisme prôné par Nasser. Ses proches, les "Gamal Boys", investissent eux aussi les hautes instances du parti, sans vraiment s'en cacher.

Pourtant, le peuple n'est pas les politiques, et la formule en vogue "Moubarak = répression, Gamal = corruption" prouve bien que la route n'est pas entièrement tracée.

L'auteur n'en conclut pas moins, sur ce point, que "si les pratiques économiques changent, [...] les réflexes politiques perdurent". Alors, le fait que les fils des "dirigeants issus du coup d'État de 1952 n'en ont pas moins été formés sur le même moule et sont les produits du même système" serait-il un atout ?


Dans l'attente du séisme politique annoncé mais qui n'est pas pour autant certain, ce livre prouve, au fil des pages, qu'il a toute sa place dans une bibliothèque dédiée au Moyen-Orient digne de ce nom. Une référence en devenir, certainement.
 

* À lire également sur nonfiction.fr : la critique de Égypte, l'envers du décor, par Laure Jouteau.

Page  1  2 
Commenter Envoyer à un ami imprimer Charte déontologique / Disclaimer digg delicious Creative Commons Licence Logo

Aucun commentaire

Déposez un commentaire

Pour déposer un commentaire : Cliquez ici