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L'existence même de la réunion du 28 juillet sur les Roms était indigne d'un gouvernement qui se réclame de la République, les annonces faites par Brice Hortefeux sont dans la continuité. 
Pouria Amirshahi, secrétaire national du PS aux droits de l'homme

L'explosion de l'usine AZF à Toulouse en septembre 2001 a mobilisé un bataillon de psychologues cliniciens chargés de statuer sur la condition de victime d'une population exposée à l'événement traumatique et demandant légitimement réparation du dommage causé. Paradoxalement, mais significativement, l'hôpital psychiatrique Marchant, voisin de l'usine et soufflé par l'explosion, ne figurait pas au rang des priorités politiques. Socialement invisibles et silencieux, les fous ont tout simplement été ignorés... De la folie, en effet, l'opinion publique ne retient jamais que la forme bruyante voire violente, pourtant exceptionnelle, qui acquiert soudainement une visibilité toute négative dans les médias. Dans une conjoncture où le souci de solidarité cède la place à celle de sécurité, se protéger de la folie devient plus urgent que de la protéger. Dès lors, comment sensibiliser l'opinion publique sur la situation actuelle de la psychiatrie, assiégée par les problèmes sociaux et talonnée par le système hospitalier qui lui impose de "vider les lits"?
Bafouer le droit à la folie
Philippe Clément, qui est infirmier psychiatrique, "en première ligne", ne s'embarrasse ni de théorie ni de grand discours pour relater le quotidien chaotique de la folie et son travail désespéré de soignant au sein d'un hôpital psychiatrique , puis dans un service psychiatrique d'un hôpital général. Pour lui, le droit à être fou est désormais bafoué voire perdu . Mais, ce droit n’a-t-il jamais existé ? Rejetant le savoir psychiatrique comme les visions politiques de santé mentale réformatrices du côté de l'idéologique , il invoque en vieux baroudeur à qui "on ne la fait pas" les conditions concrètes de son expérience et se fait en quelque sorte porte-parole de la singularité des patients, non sans brosser un tableau "par le bas" de la psychiatrie publique qu'il juge inhospitalière. Pour autant, ce témoignage, discours fondé sur l'autorité d'une connaissance de "première main" et "à la première personne" n'est pas plus innocent sur le plan théorique ou politique. Or, faute de comparer et de mettre en perspective les perceptions (critiques, notamment) de tous les acteurs de cet espace politique, Philippe Clément ne propose pas une description plus "concrète" de cette situation, mais en participe largement en proposant une vision ironique, sceptique et critique du "sale boulot" ou des "basses œuvres" de son activité d'infirmier qui pourrait être également jugée tout aussi idéologique par les autres professionnels, voire les membres de sa propre corporation. Ou bien, faut-il mettre ce récit grinçant sur le compte des désillusions d'un segment de professionnels en voie d'extinction survivant dans d'obscures institutions grâce à la caféine et à la nicotine : les derniers infirmiers psychiatriques de formation?
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