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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Quand l'Église fait l'État
[lundi 04 août 2008 - 10:00]
Histoire
Couverture ouvrage
La Crosse et le sceptre. Les prélats d’État sous François Ier et Henri VIII
Cédric Michon
Éditeur : Tallandier
383 pages / 23,75 € sur
Résumé : L'importance des prélats dans la naissance de l'État moderne mise en lumière dans un ouvrage clair et riche.
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* Cet article est accompagné d'un disclaimer. Pour le consulter, cliquez sur le footer situé en dessous.


Dans cet ouvrage issu d’une thèse de doctorat dirigée par Jean-Marie Constant et Denis Crouzet, soutenue en 2004, Cédric Michon, maître de conférences à l’université du Maine, spécialiste de la Renaissance, nous plonge au cœur de l’administration royale et fait plus particulièrement la lumière sur le rôle politique des hommes d’Église en Angleterre et en France sous les règne d’Henri VIII et de François Ier. Il choisit, revenant sur la question de l’émergence, dans les monarchies anglaise et française de la Renaissance, d’un État toujours plus centralisé et d’une bureaucratie toujours plus efficace, de se pencher sur cette catégorie singulière de serviteurs du roi qu’il nomme les "prélats d’État".

Ce choix se justifie par des chiffres éloquents qui, tant pour la France que pour l’Angleterre, montrent que les prélats occupent au cœur de l’État une place décisive quels que soient les secteurs de gouvernement envisagés - conseil du roi, administration centrale ou régionale, diplomatie, prélèvement fiscal ou ravitaillement des armées. Jean du Bellay, François de Tournon ou Stephen Gardiner en sont des exemples illustres. Les ecclésiastiques représentent ainsi près du tiers des principaux conseillers de François Ier et sont présents dans des proportions comparables dans le conseil d’Henri VIII. On les retrouve à l’échelon régional où ils sont particulièrement utilisés dans des régions ou des contextes de crise. Dans le personnel diplomatique, le pourcentage des hommes d’Église représente en France comme en Angleterre 30 à 50 %. Cédric Michon explique qu’il n’existe, ni dans les sources, ni dans le vocabulaire historique, de terme spécifique pour désigner ce groupe particulier de serviteurs du roi. C’est pourquoi il choisit d’utiliser le terme de "prélats d’État" pour évoquer cette présence ecclésiastique au cœur de l’administration royale.

En dépouillant des sources issues de plus de trente fonds d’archives conservés en France, en Angleterre, en Italie et aux États-Unis, l’historien a pu retracer, en choisissant une méthode médiane entre la biographie et la prosopographie, la carrière d’une trentaine de prélats d’État, pour la France comme pour l’Angleterre. Dans chaque monarchie, seuls une dizaine d’entre eux jouit d’une influence politique importante, qui se traduit notamment par une présence au conseil du roi. Les autres, présents dans l’administration régionale ou fiscale, la diplomatie ou la chancellerie, agissent à l’échelle provinciale.

Ils constituent une élite originale, qui se définit par ses liens avec le roi et dont l’étude permet, comme l’explique l’auteur, d’apporter un éclairage particulier sur l’administration royale. Cédric Michon insère en effet son étude dans le large débat sur la nature de l’État moderne qui oppose les tenants du développement précoce d’un État bureaucratique à ceux qui considèrent l’État renaissant comme encore profondément domestique. Rebondissant sur ces débats, il veut souligner que s’exprime avec force une troisième voie, ecclésiastique, d’affirmation de l’État. Prolongeant les réflexions de Denis Richet, il s’attache à montrer comment le développement puis la disparition du prélat d’État révèle la dimension éminemment pragmatique de l’affirmation du pouvoir royal.

Dans une première partie intitulée "Les prélats, piliers de l’État", Cédric Michon s’attache à mettre en lumière les compétences des prélats d’État et la manière dont celles-ci sont mises au service de la monarchie, pour souligner que la catégorie des prélats d’État constitue, outre celle des courtisans et des juristes, une troisième voie dans la croissance de l’État renaissant. Cédric Michon montre bien que c’est une palette variée de compétences qui peut expliquer l’intérêt du recours aux prélats d’État : fins techniciens, formés dans les meilleures universités, ces derniers sont des juristes et théologiens de haut niveau ; mécènes, ils peuvent être au cœur de réseaux importants qui sont mis au service des intérêts royaux ; évêques, ils ont une influence locale certaine qui peut être exploitée pour un meilleur maillage des provinces. Un tiers des diplomates et des conseillers, la moitié des principaux ministres, des personnages importants de l’administration provinciale se révèlent ainsi être des prélats, dont Henri VIII comme François Ier exploitent tant les compétences juridiques ou théologiques que les réseaux de sociabilité qui s’étendent à l’Europe entière et se révèlent essentiels dans le règlement de questions épineuses telles que l’annulation du mariage aragonais d’Henri VIII ou l’établissement de relations avec les princes allemands.

Les larges compétences des prélats sont de même utilisées à l’intérieur du royaume : prestige et assise locale en font des relais politiques, administratifs et militaires essentiels du pouvoir royal.

Titre du livre : La Crosse et le sceptre. Les prélats d’État sous François Ier et Henri VIII
Auteur : Cédric Michon
Éditeur : Tallandier
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3 commentaires

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PL

10/08/08 04:44
Ce serait bien si vous écriviez en francais... Footer et disclaimer... pauvre langue... mièsre!
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LA REDACTION

07/08/08 09:58
Nous vous prions de nous excuser pour ce malheureux oubli, immédiatement rattrapé, et vous remercions de votre lecture attentive.
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pas de disclaimer ?

04/08/08 12:36
Bonjour,

pourquoi n'y a-t-il pas de "disclaimer" pour cet article, recension d'un ouvrage tiré d'une thèse dirigé par un professeur de Paris IV (D Crouzet) qui est aussi le directeur de la thèse en cours de l'auteur de l'article ?
cela doit être mentionné, même si c'est tout sauf exceptionnel au vu des pratiques académiques de la recension !
pas de relâchement sur ce point, svp.

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