Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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CNL
Quand l'Église fait l'État
[lundi 04 août 2008 - 10:00]
Histoire
Couverture ouvrage
La Crosse et le sceptre. Les prélats d’État sous François Ier et Henri VIII
Cédric Michon
Éditeur : Tallandier
383 pages
Résumé : L'importance des prélats dans la naissance de l'État moderne mise en lumière dans un ouvrage clair et riche.
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L’utilisation de clercs pour le service de l’État ne comporte donc pas de risque d’infidélité au souverain : elle se révèle même particulièrement intéressante pour les finances royales puisque les prélats employés par le roi ne touchent en principe pas de gages. Aiguillé par l’hypothèse de certains historiens qui voient dans l’utilisation des prélats pour le service du roi une exploitation de l’administration royale et une forme de mainmise sur l’Église, Cédric Michon s’interroge sur l’ampleur de l’économie réellement réalisée. Une étude fine et comparée des sources lui permet de conclure que cette solution représente une économie substantielle pour les finances royales qui représenterait entre une demi et une maison ou l’équivalent de dizaine de juristes.

Cet intérêt financier n’est néanmoins pas suffisant pour pérenniser la place des prélats au service du roi. L’étude de Cédric Michon s’ouvre en effet sur la question de l’effacement progressivement de ce personnel. Alors que le rôle des prélats d’État est essentiel sous les règnes d’Henri VIII et de François Ier, leur disparition se révèle très rapide. Dès le règne d’Elisabeth I pour l’Angleterre et aux lendemains des guerres de Religion en France, leur présence s’estompe, laissant place aux aristocrates et aux juristes laïcs.

En Angleterre, cette disparition peut s’expliquer par la restructuration des études juridiques à Oxford et Cambridge qui voient la suppression de l’enseignement du droit canon et le discrédit porté contre le droit civil à partir du milieu du siècle. La réaffirmation du rôle avant tout pastoral de l’évêque qui fait jour dès les années 1530 en Angleterre et quelques cinquante ans plus tard en France permet aussi de comprendre cet effacement progressif des prélats pour lesquels le service de l’État devient à la fin du XVIe siècle une exception. Mais c’est la croissance de l’État lui-même qui condamne les prélats polyvalents, progressivement noyés dans la masse des officiers laïcs spécialisés. Plus qu’une stratégie à long terme, il apparaît bien ainsi que l’utilisation des prélats est conjoncturelle et liée à un besoin précis de monarchies à la recherche de serviteurs compétents. Devenue inutile, cette institution informelle disparaît sans heurts dans les années 1550-1600, révélant le caractère éminemment pragmatique de la construction de l’État royal moderne.

Dans un ouvrage toujours clair et illustré de nombreux exemples et annexes tirés de dépouillements fructueux, Cédric Michon met au jour une catégorie méconnue de serviteurs de l’État royal et apporte un éclairage neuf et riche à l’histoire de la naissance de l’État moderne.

 

Ouvrage publié avec l'aide du Centre national du livre.

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3 commentaires

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PL

10/08/08 04:44
Ce serait bien si vous écriviez en francais... Footer et disclaimer... pauvre langue... mièsre!
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LA REDACTION

07/08/08 09:58
Nous vous prions de nous excuser pour ce malheureux oubli, immédiatement rattrapé, et vous remercions de votre lecture attentive.
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pas de disclaimer ?

04/08/08 12:36
Bonjour,

pourquoi n'y a-t-il pas de "disclaimer" pour cet article, recension d'un ouvrage tiré d'une thèse dirigé par un professeur de Paris IV (D Crouzet) qui est aussi le directeur de la thèse en cours de l'auteur de l'article ?
cela doit être mentionné, même si c'est tout sauf exceptionnel au vu des pratiques académiques de la recension !
pas de relâchement sur ce point, svp.

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