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Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. 
Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.
Pour se lancer dans une biographie du baron Pierre de Coubertin, il faut bien entendu pouvoir prétendre apporter un regard neuf. Or, en ce qui concerne le baron, l’affaire semble entendue depuis son légendaire soutien à Hitler pour l’organisation des JO de Berlin de 1936. Dès avril 1934, bien informé de la situation, il écrit par exemple qu’il admire le Führer "intensément" (comme c’est ici rapporté, p. 362). Celles et ceux qui auront pris la peine de lire en outre quelques articles ou qui auront consulté une encyclopédie seront également renseignés sur le sexisme outrancier de l’individu qui se moquait d’une hypothétique "olympiade femelle" (en 1912), sur sa défense et son illustration d’un racisme biologique ou encore sur le regard enthousiaste qu’il portait sur la colonisation ("Ce n’est pas sur le Rhin, c’est sur le Niger et le Mékong que se trouve la grandeur de la France", p. 342, il se définit lui-même comme "colonial fanatique", p. 16 et p. 339). Quant à son "œuvre", les Jeux olympiques de l’ère moderne, ceux-ci doivent beaucoup à William Penny Brooks (1809-1895), à peine mentionné dans le livre (seulement à deux reprises) et quoi qu’il en soit, l’histoire des JO montre clairement combien ils permettent le développement de la haine entre les nations (et tout simplement la guerre, Coubertin écrit en 1913 avec une certaine lucidité, reconnaissons-le, "le jeune sportsman se sent évidemment mieux préparé à ‘partir’ que ne le furent ses aînés. Et quand on est préparé à quelque chose, on le fait plus volontiers."). L’histoire des JO, c’est aussi celle de la tricherie, du culte du corps, de la corruption et de ce qu’on nomme aujourd’hui le dopage.
Dans ces conditions, Daniel Bermond se livre à un exercice périlleux : il se rapproche du petit-neveu du baron pour obtenir l’accès au fonds privé de la famille Coubertin (puisque les archives du CIO de Lausanne ou les archives nationales sont déjà assez bien connues)… et se lance dans une folle entreprise, la réhabilitation du baron… à quelques mois des JO de Pékin (le livre est sorti en mai 2008).
Il est difficile pour un historien d’écrire une biographie sans donner dans l’hagiographie. Après avoir rédigé celles de Gustave Eiffel (2002) puis celle de Bartholdi (2004, avec Robert Belot), Daniel Bermond a choisi de s’intéresser au Baron Pierre de Coubertin (1863-1937). Dès le prologue, l’installation de Coubertin à Lausanne est présentée comme un "exil" (p. 12) et l’auteur de regretter que la France "ne revendique pas Coubertin" (p. 14).
Classiquement, l’ouvrage suit l’ordre chronologique en axant clairement la vie de Coubertin sur les JO. La première partie s’intitule "La naissance d’une utopie", la seconde "La machine olympique" et la dernière "Coubertin hors Jeux", couvrant la période de la vie de Coubertin qui commence à partir de sa démission du CIO (en 1925).
Les premiers chapitres concernent le milieu aristocratique dans lequel évolue Coubertin, ainsi que son ralliement à la République. Le récit est riche et les références nombreuses grâce aux notes en fin de volume et à une bibliographie thématique conséquente, mais peu exploitée. La petite dizaine de biographies existantes sont indiquées mais rarement citées dans le corps du texte (notamment celle de Marie-Thérèse Eyquem, parue en 1966). Son apport aux débats sur l’éduction est bien rendu, notamment la genèse de ses premiers ouvrages, L’éducation en Angleterre (1888) et L’éducation anglaise en France, l’année suivante, qui dresse un "constat de faillite" (p . 59) du système français et aborde la question très débattue à l’époque du surmenage. Comme le note Bermond (p. 68), il s’agissait ni plus ni moins de "refaire la race française". Si l’auteur utilise des guillemets, soulignant implicitement l’importance de l’expression, le lecteur, lui, reste sur sa faim. Bien sûr, le mot "race", en 1888, ne peut être compris comme il l’est aujourd’hui (une aporie sur le plan scientifique). Seulement, l’auteur ne nous dit rien de ce que pensait Coubertin lorsqu’il écrivait dans son premier livre "Il y a deux races distinctes : celle au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l’air vaincu. Hé bien ! C’est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n’est appréciable qu’aux forts" (citation bien connue qui pourtant ne figure pas dans cette biographie).
2 commentaires
une nénette
Edifiant !!!
Jamais, au grand jamais, je n'aurais imaginé "ça", tout ça !!
(Concours de circonstance : problème d'antenne tivi, pas de tivi depuis hier ... un boycott "involontaire" ... Quel bel article DE FOND (pasàchier, ce "ça" change "de certains ailleurs").
(c'est via la République des Livres, le blog Pierre Assouline, que, ici, lu cet article :-) !
psittt, Bébert : 22/07/08 13:47
La conclusion est pour le moins saisissante, mais elle mériterait d'être étayée. En quoi Jacques Rogge (qui d'ailleurs n'est pas noble de naissance, tout comme Samaranch) ne vaut-il pas mieux que ses prédécesseurs. Est-il antisémite lui aussi?
Vous n'avez relevé QUE DE l'antisémite/isme/ique ? moi, nénette : Bébert , zêtes .... une myriade, multitude - une fontaine/geyser -
quel nombrilisme (dis-je, au Café du Commerce (ou comptoir ? j'n'sais plus) ... Bébert y dit que l'autr'l'est pas harissa tôt'Afric /...En quoi Jacques Rogge (qui d'ailleurs n'est pas noble de naissance, tout comme Samaranch) .../ y dit Bébert !!
Ouh ! lala ... rassurez-moi, cher Burn hard, gribouillez-vous Assouline, you too ... moi, je m'y amuse, aussi beaucoup, différemment, ça va sans dire ... Bébert, mon gant vous claque - et HOP ! un aller-retour - les joues (les deux ... bruitage !! ...
Bébert est PANTOIS ... ça va de soiE)
LIRE LES 3 PAGES, hein ! et Hop ! magie, retournons chez Assouline ... bikoze y a une suite, PARDI !!!
Bob