Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !
Au-dessus de la mêlée. Comme d'habitude, le journal le Monde, aime bien faire la synthèse. Dans son éditorial du 20 juin intitulé "la langue et la loi", le Monde fait état du rejet de l'amendement sur les langues régionales du texte constitutionnel. D'abord voté à la quasi unanimité par l'assemblée nationale, il vient d'être largement rejeté par le Sénat. Le texte, qui devait être intégré au paragraphe 1er de la constitution de 1958, disposait que "les langues régionales appartiennent (au) patrimoine" de la République. Le vénérable journal du soir estime que la querelle est "un peu vaine" et que la simple pratique des langues régionales, de plus en plus répandue selon lui, suffit à la préservation de ce patrimoine. L'exemple du film populaire Bienvenus chez les ch'tis démontrerait le succès de ces langues. Le folklore amuse. En ces temps d'incertitude, les cultures et langues de nos régions peuvent être un refuge sympathique et rassurant. Mais la traditionnelle opposition entre girondins et jacobins va bien plus loin que la simple promotion ou non de langues régionales. Bien sûr, il n'est pas question de remettre en cause le français comme langue officielle administrative mais il serait grand temps de réparer cette erreur fondamentale héritée de la Révolution : l'idée selon laquelle la culture nationale vaut mieux que toutes les autres. Et là, on est loin des danses au son de l'accordéon et des robes à fleurs. Il s'agit de la conception que nous avons d'une culture. La France passe son temps à promouvoir la diversité culturelle et, pourtant, paradoxe saisissant, la culture régionale n'est pas - à quelques rares exceptions près - la bienvenue dans cette "province" indigne de Voltaire. Grave erreur que nous ne finissons pas de payer et qui ressurgit avec des cultures qui viennent d'encore plus loin et qui ne valent pas - forcément - celle de nos grands auteurs. Alors que la charte européenne des langues régionales et minoritaires - du Conseil de l'Europe - a été signée en 1999 par la France, notre pays est, dix ans plus tard, un des rares à ne pas l'avoir ratifiée. Le texte proposé au Sénat aurait permis de préserver le français tout en réparant, symboliquement, les erreurs du passé.
Lire les réactions dans l'article interactif du Monde.
Interview d'un député UMP dans Libération.
Article du journal Ouest France sur un sondage qui indique que les français sont largement favorables aux langues régionales.
Alain-Gérard Slama a très peur que la France ressemble à la Belgique à cause, notamment, de la charte européenne des langues régionales et minoritaires. Le Figaro.fr
14 commentaires
ludovic
Proposer et voter une formulation floue, je trouve cela soit très désinvolte de la part des députés, soit très machiavellique, avec un suivi à la lettre du principe « on ne sort de l'ambiguité qu'à son propre détriment ».
ludovic
Proposer et voter une formulation floue, je trouve cela soit très désinvolte de la part des députés, soit très machiavellique, avec un suivi à la lettre du principe « on ne sort de l'ambiguité qu'à son propre détriment ».
ludovic
Proposer et voter une formulation floue, je trouve cela soit très désinvolte de la part des députés, soit très machiavellique, avec un suivi à la lettre du principe « on ne sort de l'ambiguité qu'à son propre détriment ».
ludovic
Proposer et voter une formulation floue, je trouve cela soit très désinvolte de la part des députés, soit très machiavellique, avec un suivi à la lettre du principe « on ne sort de l'ambiguité qu'à son propre détriment ».
matmegy