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La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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[mardi 13 mai 2008 - 16:00]
"Enfin !", diront certains. "Ce n’est pas encore officiel", rétorqueront d’autres. Quoi qu’il en soit, Barack Obama va selon toute vraisemblance être le nominé démocrate pour l’élection présidentielle de novembre. La presse américaine est en tout cas unanime sur ce point et, de toute façon, qui sommes-nous pour ne pas croire Time Magazine et The Economist ? Plus encore lorsqu’on constate l’emprise qu’a désormais le candidat noir sur la campagne démocrate : il était déjà le plus efficace pour lever des fonds, aussi celui dont le message politique sur le "renouveau", le "changement" passait le mieux auprès de l’électorat démocrate. Il est désormais le candidat le moins démagogique après que HRC et McCain se sont engagés en faveur d’une levée de la taxe fédérale sur le carburant, mesure témoignant d’un populisme rare.

Finalement, c’est plus que jamais dans les urnes qu’Obama aura forgé sa plus que probable victoire. Il est paradoxalement le candidat de la majorité des électeurs démocrates, lui que l’on présentait comme le candidat de l’élite du parti. Il est aussi celui qui aura su profiter des nombreuses erreurs d’Hillary Clinton qui semblait, à l’orée de janvier, briguer une nomination tranquille. Parfaitement en phase avec "l’humeur du temps" , Obama, à la différence de sa rivale, a su se détacher de l’image du politique traditionnel. Son incapacité chronique à porter le coup décisif ne peut aujourd’hui masquer sa victoire, le 6 mai lui a offert un nouveau tremplin après le plébiscite obtenu en Caroline du Nord. Plus encore, c’est peut-être sa courte défaite en Indiana qui aura définitivement fait pencher la balance, stigmatisant l’incapacité de Clinton à créer des écarts significatifs même au sein des États qui lui sont favorables.  

Ce tournant dans la campagne est encore symbolisé par le progressif basculement des articles de presse qui souvent imaginent les perspectives d’un affrontement Obama-McCain . Pourtant, il serait prématuré d’exclure Clinton de la campagne : certes, elle ne représentera pas les démocrates en novembre, mais selon toutes les analyses, elle détient les clés de la victoire de son parti. Ayant plusieurs fois parlé de son soutien indéfectible à la cause, HRC aura aussi d’ici peu l’occasion de le mettre en pratique.


À lire également :
- un article dans le New York Times, 11 mai 2008.
- un dossier sur Barack Obama dans TIME Magazine, 19 mai 2008.
- un article dans The Economist, 10 mai 2008.


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Crédit photo: Couverture TIME Magazine (19 mai 2008)
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1 commentaire

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Alain

19/05/08 08:25
"nominé" ? Vous n'allez pas vous y mettre aussi à déformer notre belle langue ? ;-)

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