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      <title>Nonfiction.fr le portail des livres et des idees</title>
      <link>http://www.nonfiction.fr/</link>
      <description>Le portail des livres et des idees</description>
      <language>fr</language>
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         <title>Les critiques de la semaine</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5473-les_critiques_de_la_semaine.htm</link>
         <description> &#160;Voici les derni&#232;res critiques de la semaine : &#13;&#10;   &#13;&#10;  Essais politiques &#160; &#13;&#10; Laurent Bouvet,   Le sens du peuple   par David Navaro &#13;&#10; Laurent Bouvet, inquiet des d&#233;voiements d&amp;rsquo;une gauche moribonde par le multiculturalisme, lui adresse avec cet ouvrage un message fort : la gauche doit retrouver le sens du peuple &#13;&#10; &#160; &#13;&#10; Arnault Skornicki,   L&amp;rsquo;&#233;conomiste, la cour et la patrie   par Corinne Delmas &#13;&#10; Un ouvrage sur l&amp;rsquo;histoire de la science &#233;conomique au XVIIIe si&#232;cle &#233;clairant l&amp;rsquo;une des formes dominantes du discours politique &#13;&#10; &#160; &#13;&#10; Bernard Accoyer,   Un homme politique peut-il dire toute la v&#233;rit&#233;?   par Alexis Fournol &#13;&#10; Le regard et le t&#233;moignage du pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale. Livre au titre audacieux, qui oscille entre bonnes questions et digressions malheureuses &#13;&#10;  &#13;&#10; Histoire&#160;  &#13;&#10; Florent Brayard,   Auschwitz, enqu&#234;te sur un complot nazi   par Nicolas Patin &#13;&#10; Le nouvel ouvrage du sp&#233;cialiste fran&#231;ais bouscule les id&#233;es re&#231;ues sur le g&#233;nocide des juifs d&amp;rsquo;Europe. &#13;&#10;  &#13;&#10; Justice &#160; &#13;&#10; Thierry Cruvellier,   Le ma&#238;tre des aveux  , par Florent Papin &#13;&#10; L&amp;rsquo;auteur a suivi &#224; Phnom Penh les audiences du proc&#232;s de Douch, premier accus&#233; &#224; compara&#238;tre devant le tribunal international charg&#233; de juger les crimes des hauts responsables Khmers rouges.&#160; &#13;&#10;  &#13;&#10; Litt&#233;rature &#160; &#13;&#10; Jos&#233;-Luis Diaz,   L&amp;rsquo;homme et l&amp;rsquo;&amp;oelig;uvr  e   par Nicolas Di Meo &#13;&#10; Un panorama de l&amp;rsquo;histoire des pratiques biographiques &#13;&#10;  &#13;&#10;Franck Spengler,   Anthologie litt&#233;raire de la fellation  par S&#233;bastien Par&#233; &#13;&#10; Une anthologie savoureuse d&amp;rsquo;exercices de style sexuels&amp;hellip;  &#13;&#10;  &#13;&#10;  &#13;&#10; Philosophie &#160; &#13;&#10; Jean-Pierre Clero, Emmanuel Faye,   Descartes : des principes aux ph&#233;nom&#232;nes   par Christian Ruby &#13;&#10; Ces Actes d&amp;rsquo;un colloque sur la physique de Descartes remobilisent ce classique de la philosophie que les Principia philosophiae, &#224; destination des &#233;tudiants et des historiens / philosophes des sciences &#13;&#10;  &#13;&#10; Soci&#233;t&#233;&#160;  &#13;&#10; Christian Charpy,   La t&#234;te de l&amp;rsquo;emploi   par Mathilde Sallez &#13;&#10; Christian Charpy, premier Directeur G&#233;n&#233;ral de P&#244;le Emploi, relate les principales &#233;tapes de son exp&#233;rience au sein d&amp;rsquo;une organisation en crise, en prise &#224; un double pi&#232;ge : de ses r&#233;organisations internes et de la perc&#233;e continue du ch&#244;mage </description>
         <pubDate>02/10/12 15:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5473-les_critiques_de_la_semaine.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>&nbsp;Voici les derni&egrave;res critiques de la semaine :</p>
<p><b><br />
</b><strong>Essais politiques</strong>&nbsp;</p>
<p>Laurent Bouvet, <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5465-chronique_dun_abandon__la_gauche_sans_le_peuple.htm">Le sens du peuple</a></em> par David Navaro</p>
<p>Laurent Bouvet, inquiet des d&eacute;voiements d&rsquo;une gauche moribonde par le multiculturalisme, lui adresse avec cet ouvrage un message fort : la gauche doit retrouver le sens du peuple</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Arnault Skornicki, <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5461-le_triomphe_du_discours_economique.htm">L&rsquo;&eacute;conomiste, la cour et la patrie</a></em> par Corinne Delmas</p>
<p>Un ouvrage sur l&rsquo;histoire de la science &eacute;conomique au XVIIIe si&egrave;cle &eacute;clairant l&rsquo;une des formes dominantes du discours politique</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Bernard Accoyer, <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5471-rien_que_la_verite.htm">Un homme politique peut-il dire toute la v&eacute;rit&eacute;?</a></em> par Alexis Fournol</p>
<p>Le regard et le t&eacute;moignage du pr&eacute;sident de l'Assembl&eacute;e nationale. Livre au titre audacieux, qui oscille entre bonnes questions et digressions malheureuses</p>
<p><br />
<strong>Histoire&nbsp;</strong></p>
<p>Florent Brayard, <a href="http://www.nonfiction.fr/article-5459-repenser_la_solution_finale.htm"><em>Auschwitz, enqu&ecirc;te sur un complot nazi</em> </a>par Nicolas Patin</p>
<p>Le nouvel ouvrage du sp&eacute;cialiste fran&ccedil;ais bouscule les id&eacute;es re&ccedil;ues sur le g&eacute;nocide des juifs d&rsquo;Europe.</p>
<p><br />
<strong>Justice</strong>&nbsp;</p>
<p>Thierry Cruvellier, <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5095-proces_douch__la_parole_confisquee_.htm">Le ma&icirc;tre des aveux</a></em>, par Florent Papin</p>
<p>L&rsquo;auteur a suivi &agrave; Phnom Penh les audiences du proc&egrave;s de Douch, premier accus&eacute; &agrave; compara&icirc;tre devant le tribunal international charg&eacute; de juger les crimes des hauts responsables Khmers rouges.&nbsp;</p>
<p><br />
<strong>Litt&eacute;rature</strong>&nbsp;</p>
<p>Jos&eacute;-Luis Diaz, <a href="http://www.nonfiction.fr/article-5468-le_continent_biographique.htm"><em>L&rsquo;homme et l&rsquo;&oelig;uvr</em><em>e</em></a> par Nicolas Di Meo</p>
<p>Un panorama de l&rsquo;histoire des pratiques biographiques</p>
<p><br />
Franck Spengler,<em> <a href="http://www.nonfiction.fr/article-5464-noms_dune_pipe.htm">Anthologie litt&eacute;raire de la fellation</a></em>par S&eacute;bastien Par&eacute;</p>
<p>Une anthologie savoureuse d&rsquo;exercices de style sexuels&hellip;<b><br />
</b></p>
<p><br />
<strong>Philosophie</strong>&nbsp;</p>
<p>Jean-Pierre Clero, Emmanuel Faye, <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5466-descartes_destine_a_de_nouveaux_debats.htm">Descartes : des principes aux ph&eacute;nom&egrave;nes</a></em> par Christian Ruby</p>
<p>Ces Actes d&rsquo;un colloque sur la physique de Descartes remobilisent ce classique de la philosophie que les Principia philosophiae, &agrave; destination des &eacute;tudiants et des historiens / philosophes des sciences</p>
<p><br />
<strong>Soci&eacute;t&eacute;&nbsp;</strong></p>
<p>Christian Charpy, <a href="http://www.nonfiction.fr/article-5458-grande_histoire_de_crise_petite_histoire_de_management.htm"><em>La t&ecirc;te de l&rsquo;emploi</em> </a>par Mathilde Sallez</p>
<p>Christian Charpy, premier Directeur G&eacute;n&eacute;ral de P&ocirc;le Emploi, relate les principales &eacute;tapes de son exp&eacute;rience au sein d&rsquo;une organisation en crise, en prise &agrave; un double pi&egrave;ge : de ses r&eacute;organisations internes et de la perc&eacute;e continue du ch&ocirc;mage</p> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Quand le philosophe descend de sa tour d'ivoire </title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5472-quand_le_philosophe_descend_de_sa_tour_divoire.htm</link>
         <description> La critique adress&#233;e aux intellectuels, accus&#233;s de vivre dans la sph&#232;re des id&#233;es  et d&amp;rsquo;&#234;tre par cons&#233;quent insensibles aux pr&#233;occupations du quotidien, est une rengaine bien connue.  Un article &#160;publi&#233; r&#233;cemment dans la  Boston Review , vient pourtant d&#233;construire cette id&#233;e et r&#233;int&#232;gre, preuve &#224; l&amp;rsquo;appui, la figure du philosophe dans la soci&#233;t&#233;. &#13;&#10; Souhaitant &quot; voir par [lui-m&#234;me] si la philosophie avait ou non une pertinence en dehors du champ acad&#233;mique &quot;, Carlos Fraenkel, professeur de philosophie &#224; l&amp;rsquo;universit&#233; McGill au Canada est parti &#224; la rencontre d&amp;rsquo;&#233;l&#232;ves et de professeurs &#224; Salvador de Bahia, au Br&#233;sil, et nous livre les d&#233;tails de son exp&#233;rience dans ce t&#233;moignage. En 2008, l&amp;rsquo;enseignement de la philosophie a &#233;t&#233; rendu obligatoire dans toutes les classes des lyc&#233;es br&#233;siliens par une loi vot&#233;e au Parlement. Si cette mesure juridique a largement influenc&#233; le professeur dans le choix du Br&#233;sil comme terrain de son exp&#233;rience, il est conscient de la valeur avant tout politique d&amp;rsquo;une telle loi 1  qu&amp;rsquo;il ne consid&#232;re &#224; aucun moment comme une quelconque reconnaissance de l&amp;rsquo;utilit&#233; publique de la philosophie. &#13;&#10; Car Carlos Fraenkel ne perd jamais son regard critique. Il ne cesse ainsi d&amp;rsquo;&#234;tre taraud&#233; par la question de l&amp;rsquo;utilit&#233; d&amp;rsquo;un tel apprentissage, dans une soci&#233;t&#233; o&#249; les taux d&amp;rsquo;illettrisme sont si &#233;lev&#233;s  2  et dans laquelle les &#233;l&#232;ves vont &#224; l&amp;rsquo;&#233;cole davantage pour &#234;tre nourris ou recevoir de l&amp;rsquo;argent de l&amp;rsquo;Etat 3  que pour apprendre. Et pourtant, son exp&#233;rience va &#224; l&amp;rsquo;encontre de ces fausses &#233;vidences. Assistant aux cours donn&#233;s par Alvira Ribeiro, professeur de lyc&#233;e et de cours du soir d&#233;di&#233;s aux adultes, il prend la mesure de l&amp;rsquo;importance de la philosophie dans la formation d&amp;rsquo;une conscience politique et citoyenne. Puis, maniant &#224; son tour avec dext&#233;rit&#233; la ma&#239;eutique platonicienne, il arrive &#224; sensibiliser les adolescents &#224; des questions essentielles : peut-on faire de la Bible la source de toute loi morale si la croyance religieuse n&amp;rsquo;a pas emp&#234;ch&#233; la traite des Noirs ? Que vaut la libert&#233; si l&amp;rsquo;homme n&amp;rsquo;a pas les moyens de s&amp;rsquo;en saisir ? L&amp;rsquo;injustice est-elle le fruit de la nature ou de la soci&#233;t&#233; ? Des questions, surtout, qui parlent &#224; ces enfants descendants d&amp;rsquo;une soci&#233;t&#233; esclavagiste, citoyens d&amp;rsquo;un pays qui poss&#232;de un des  coefficients de Gini  les plus &#233;lev&#233;s de la plan&#232;te  4  et o&#249; les &#233;l&#232;ves privil&#233;gi&#233;s des &#233;coles priv&#233;es consid&#232;rent pour la plupart que l&amp;rsquo;in&#233;galit&#233; est une loi naturelle. &#13;&#10; Loin de se r&#233;duire &#224; de la pure &#233;rudition, l&amp;rsquo;apprentissage de la philosophie peut donc avoir un r&#244;le dans la formation d&amp;rsquo;un esprit critique. Au professeur de cr&#233;er une philosophie du quotidien, en faisant jouer les concepts fondamentaux des auteurs classiques avec la pratique de ses &#233;l&#232;ves. Tel est bien, comme aime &#224; le rappeler Alvira Ribeiro, l&amp;rsquo;enseignement du mythe de la Caverne : l&amp;rsquo;ascension vers le ciel des id&#233;es n&amp;rsquo;&#233;puise pas la destin&#233;e du philosophe, il doit ensuite redescendre dans la Caverne aider les autres hommes &#224; se d&#233;faire de leurs chaines.&#160; &#13;&#10;&#160;   Notes :  1 - la philosophie a &#233;t&#233; supprim&#233;e des programmes scolaires en 1971 au temps de la dictature militaire 2 - 15 millions de br&#233;siliens sont illettr&#233;s 3 - via le fonds de la famille cr&#233;&#233; par Lula, mesure consid&#233;r&#233;e comme l&amp;rsquo;un des principal &#233;chec du pr&#233;sident 4 - coefficient qui mesure les &#233;carts de revenus entre les franges de la population les plus riches et les plus pauvres </description>
         <pubDate>02/10/12 13:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5472-quand_le_philosophe_descend_de_sa_tour_divoire.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>La critique adress&eacute;e aux intellectuels, accus&eacute;s de vivre dans la sph&egrave;re des id&eacute;es  et d&rsquo;&ecirc;tre par cons&eacute;quent insensibles aux pr&eacute;occupations du quotidien, est une rengaine bien connue. <a href="http://www.bostonreview.net/BR37.1/carlos_fraenkel_brazil_teaching_philosophy.php">Un article</a>&nbsp;publi&eacute; r&eacute;cemment dans la <em>Boston Review</em>, vient pourtant d&eacute;construire cette id&eacute;e et r&eacute;int&egrave;gre, preuve &agrave; l&rsquo;appui, la figure du philosophe dans la soci&eacute;t&eacute;.</p>
<p>Souhaitant &quot; voir par [lui-m&ecirc;me] si la philosophie avait ou non une pertinence en dehors du champ acad&eacute;mique &quot;, Carlos Fraenkel, professeur de philosophie &agrave; l&rsquo;universit&eacute; McGill au Canada est parti &agrave; la rencontre d&rsquo;&eacute;l&egrave;ves et de professeurs &agrave; Salvador de Bahia, au Br&eacute;sil, et nous livre les d&eacute;tails de son exp&eacute;rience dans ce t&eacute;moignage. En 2008, l&rsquo;enseignement de la philosophie a &eacute;t&eacute; rendu obligatoire dans toutes les classes des lyc&eacute;es br&eacute;siliens par une loi vot&eacute;e au Parlement. Si cette mesure juridique a largement influenc&eacute; le professeur dans le choix du Br&eacute;sil comme terrain de son exp&eacute;rience, il est conscient de la valeur avant tout politique d&rsquo;une telle loi<sup>1</sup> qu&rsquo;il ne consid&egrave;re &agrave; aucun moment comme une quelconque reconnaissance de l&rsquo;utilit&eacute; publique de la philosophie.</p>
<p>Car Carlos Fraenkel ne perd jamais son regard critique. Il ne cesse ainsi d&rsquo;&ecirc;tre taraud&eacute; par la question de l&rsquo;utilit&eacute; d&rsquo;un tel apprentissage, dans une soci&eacute;t&eacute; o&ugrave; les taux d&rsquo;illettrisme sont si &eacute;lev&eacute;s <sup>2</sup> et dans laquelle les &eacute;l&egrave;ves vont &agrave; l&rsquo;&eacute;cole davantage pour &ecirc;tre nourris ou recevoir de l&rsquo;argent de l&rsquo;Etat<sup>3</sup> que pour apprendre. Et pourtant, son exp&eacute;rience va &agrave; l&rsquo;encontre de ces fausses &eacute;vidences. Assistant aux cours donn&eacute;s par Alvira Ribeiro, professeur de lyc&eacute;e et de cours du soir d&eacute;di&eacute;s aux adultes, il prend la mesure de l&rsquo;importance de la philosophie dans la formation d&rsquo;une conscience politique et citoyenne. Puis, maniant &agrave; son tour avec dext&eacute;rit&eacute; la ma&iuml;eutique platonicienne, il arrive &agrave; sensibiliser les adolescents &agrave; des questions essentielles : peut-on faire de la Bible la source de toute loi morale si la croyance religieuse n&rsquo;a pas emp&ecirc;ch&eacute; la traite des Noirs ? Que vaut la libert&eacute; si l&rsquo;homme n&rsquo;a pas les moyens de s&rsquo;en saisir ? L&rsquo;injustice est-elle le fruit de la nature ou de la soci&eacute;t&eacute; ? Des questions, surtout, qui parlent &agrave; ces enfants descendants d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; esclavagiste, citoyens d&rsquo;un pays qui poss&egrave;de un des <a href="http://www.statistiques-mondiales.com/gini.htm">coefficients de Gini</a> les plus &eacute;lev&eacute;s de la plan&egrave;te <sup>4</sup> et o&ugrave; les &eacute;l&egrave;ves privil&eacute;gi&eacute;s des &eacute;coles priv&eacute;es consid&egrave;rent pour la plupart que l&rsquo;in&eacute;galit&eacute; est une loi naturelle.</p>
<p>Loin de se r&eacute;duire &agrave; de la pure &eacute;rudition, l&rsquo;apprentissage de la philosophie peut donc avoir un r&ocirc;le dans la formation d&rsquo;un esprit critique. Au professeur de cr&eacute;er une philosophie du quotidien, en faisant jouer les concepts fondamentaux des auteurs classiques avec la pratique de ses &eacute;l&egrave;ves. Tel est bien, comme aime &agrave; le rappeler Alvira Ribeiro, l&rsquo;enseignement du mythe de la Caverne : l&rsquo;ascension vers le ciel des id&eacute;es n&rsquo;&eacute;puise pas la destin&eacute;e du philosophe, il doit ensuite redescendre dans la Caverne aider les autres hommes &agrave; se d&eacute;faire de leurs chaines.&nbsp;<br />
&nbsp;</p><br /><b>Notes :</b><br />1 - la philosophie a &eacute;t&eacute; supprim&eacute;e des programmes scolaires en 1971 au temps de la dictature militaire<br />2 - 15 millions de br&eacute;siliens sont illettr&eacute;s<br />3 - via le fonds de la famille cr&eacute;&eacute; par Lula, mesure consid&eacute;r&eacute;e comme l&rsquo;un des principal &eacute;chec du pr&eacute;sident<br />4 - coefficient qui mesure les &eacute;carts de revenus entre les franges de la population les plus riches et les plus pauvres<br /> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>La machine &#224; id&#233;es de Sarkozy</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-455-la_machine_a_idees_de_sarkozy.htm</link>
         <description>  Nonfiction.fr a toujours  suivi Emmanuelle Mignon de pr&#232;s . Ce n'est plus un secret, l'&#233;minence grise de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 sera &#224; nouveau sa directrice de campagne. Apr&#232;s deux ans et demi pass&#233;s &#224; l&amp;rsquo;Elys&#233;e aux c&#244;t&#233;s du pr&#233;sident, elle avait rejoint Europacorp, bo&#238;te de production de Luc Besson et de Christophe Lambert, communicant sarkozyste de la premi&#232;re heure.&#160;Alors qu' elle confiait r&#233;cemment  avoir quitt&#233; l'Elys&#233;e car elle ne trouvait &quot;aucune colonne vert&#233;brale&quot; &#224; l'action du pr&#233;sident, elle a d&#233;cid&#233; de consacrer les trois mois qui viennent &#224; oeuvrer pour sa r&#233;&#233;lection. Retrouvez ci-dessous la longue et unique interview qu&amp;rsquo;Emmanuelle Mignon a accord&#233;e &#224; la presse depuis cinq ans.   &#13;&#10;  * Pierre Testard (actualis&#233; le 17 janvier, puis le 10 f&#233;vrier 2012).  &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;  Un entretien exclusif avec Emmanuelle Mignon  &#13;&#10; Ancien directeur des &#233;tudes de l&amp;rsquo;UMP.  &#13;&#10; Directeur de cabinet du pr&#233;sident de la R&#233;publique.  &#13;&#10; &#13;&#10; Dans un entretien &#224; NONFICTION.FR, Emmanuelle Mignon, ancien directeur des &#233;tudes de l&amp;rsquo;UMP, revient sur le travail intellectuel de Nicolas Sarkozy de 2002 &#224; 2007. Elle d&#233;crit comment le &quot;projet Sarkozy&quot; est n&#233;, quelles ont &#233;t&#233; ses m&#233;thodes et ses &#233;quipes. Et les origines intellectuelles du sarkozysme.    &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; Entre Vincent Bollor&#233; et Bernard Arnault, entre &quot;C&#233;cilia&quot; et Carla Bruni, le &quot;sarkozysme&quot; est trop souvent analys&#233; dans sa dimension m&#233;diatique ou &quot; people &quot;. On &#233;voque les succ&#232;s de l&amp;rsquo;&quot;ouverture&quot;, symbolis&#233;e par Bernard Kouchner et Martin Hirsch, on salue le nouveau pr&#233;sident qui a le &quot;sens de l&amp;rsquo;action&quot;, m&#234;me si l&amp;rsquo;on critique, et souvent &#224; juste titre, son manque de &quot;sens de l&amp;rsquo;int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral&quot;. En revanche, une dimension essentielle du &quot;sarkozysme&quot; a jusqu&amp;rsquo;ici &#233;t&#233; peu analys&#233;e : son rapport aux id&#233;es, aux intellectuels et aux experts. Contre les visions parfois simplistes d&amp;rsquo; Alain Badiou , d' Emmanuel Todd , ou du  &quot;storytelling&quot; , qui ont tendance &#224; le limiter &#224; la manipulation des m&#233;dias ou des histoires, au-del&#224; de la vision partisane de Fran&#231;ois Hollande qui n'en fait qu&amp;rsquo;un &quot;narcissisme&quot;, ou de celle de Beno&#238;t Hamon qui fustige le &quot;syndrome du petit homme&quot;, il est important de revenir sur le travail intellectuel qui a &#233;t&#233; accompli par Nicolas Sarkozy &amp;ndash; tr&#232;s en amont, d&#232;s 2002 &amp;ndash; pour b&#226;tir un projet. Ce projet fut le r&#233;sultat d&amp;rsquo;un travail de grande ampleur, pendant cinq ann&#233;es, conduit par une &#233;quipe de plus de 250 intellectuels et experts r&#233;unis autour d&amp;rsquo;Emmanuelle Mignon. Pour la premi&#232;re fois, et en exclusivit&#233; pour NONFICTION.FR, l&amp;rsquo;ancien directeur des &#233;tudes de l&amp;rsquo;UMP, devenu en mai 2007 directeur de cabinet du pr&#233;sident de la R&#233;publique, a accept&#233; de d&#233;crire minutieusement les origines du projet sarkozyste, ses m&#233;thodes et ses &#233;quipes. C&amp;rsquo;est la premi&#232;re fois que Mme Mignon accepte de donner une interview sur son travail. Au passage, elle se d&#233;marque ouvertement d&amp;rsquo;Henri Guaino 1 , pr&#233;cisant que, pour elle, le r&#244;le d&amp;rsquo;un &quot;conseiller est l&#224; pour servir, non pas pour se mettre en avant&quot; et qu&amp;rsquo;elle ne pr&#233;tend pas &quot;&#234;tre le gourou de Sarko&quot;. Du coup, cet entretien apporte une vision nouvelle du sarkozysme dont la dimension intellectuelle, le travail m&#233;thodique sur les id&#233;es et la construction d&amp;rsquo;un projet, ont &#233;t&#233; jusqu&amp;rsquo;&#224; pr&#233;sent largement sous-estim&#233;s. En creux, cette description est aussi une critique s&#233;v&#232;re du travail que la gauche n&amp;rsquo;a pas su faire sur les id&#233;es depuis 2002.  &#13;&#10;  &#13;&#10; Fr&#233;d&#233;ric Martel  &#13;&#10; &#13;&#10;  (Cette interview a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e en d&#233;cembre 2007, relue et amend&#233;e fin d&#233;cembre par Mme Mignon et est publi&#233;e pour la premi&#232;re fois ce lundi 7 janvier 2008 ; propos recueillis par Fr&#233;d&#233;ric Martel et Martin Messika).  &#13;&#10; &#13;&#10;   &#13;&#10;  &#62; Lire la  premi&#232;re partie  de l'interview avec Emmanuelle Mignon &#13;&#10;&#62; Lire la  seconde partie  de l'interview avec Emmanuelle Mignon &#13;&#10;&#62; Ecouter le podcast original de l'interview avec Emmanuelle Mignon (en cours de finalisation) &#13;&#10; &#13;&#10;    &#13;&#10;  &#13;&#10; Pour aller plus loin :   &#13;&#10;   &#13;&#10;&#62; Emmanuelle Mignon :  Bio-Express   &#13;&#10;&#62; Lire la critique du nouveau livre  La T&#233;l&#233;pr&#233;sidente de Philippe Guibert  &#13;&#10;&#62; La critique du livre d'Ariane Chemin et Judith Perrignon,  La Nuit au Fouquet's  &#13;&#10;&#62; La pr&#233;sentation des dossiers des revues  Esprit  et  Mouvement  sur le  Sarkozysme et la New Droite  &#13;&#10;&#62; La critique du pamphlet d' Alain Badiou, De quoi Sarkozy est-il le nom ?  &#13;&#10;&#62; La critique du livre de  Christian Salmon, Storytelling  &#13;&#10;&#62; La critique du livre de  Yasmina R&#233;za, L'aube le soir ou la nuit   &#13;&#10; &#62; Tout savoir sur nonfiction.fr, son &#233;quipe et ses d&#233;veloppements &#224; venir :  nonfiction.fr en 2008 .  &#13;&#10; &#62;  A signaler :  Enjeux-les-Echos , mensuel de l'&#233;conomie, a publi&#233; en septembre 2007 dans le n&#176;238 un portrait d'Emmanuelle Mignon, par Pacale-Marie Deschamps. &#13;&#10; &#13;&#10;+ Voir aussi notre dossier sur les nouveaux  think tanks  en France : &#13;&#10;  Les nouveaux  think tanks  de gauche  &#13;&#10;-  Fondation Terra Nova  &#13;&#10;-  La constellation S&#233;goliniste  &#13;&#10;-  La Forge  &#13;&#10;-  Gagner en 2012  &#13;&#10;-  Cercle 21, think tank de Manuel Valls  &#13;&#10;-  Institut Edgar Quinet  &#13;&#10;-  S&#233;maphore  &#13;&#10; &#13;&#10; Les nouveaux  think tanks  du centre  &#13;&#10; &#13;&#10;-  Les Progressistes  &#13;&#10; &#13;&#10; Les  think tanks  de gauche  &#13;&#10; &#13;&#10;-  La R&#233;publique des Id&#233;es  &#13;&#10;-  Fondation Jean Jaur&#232;s  &#13;&#10; &#13;&#10; Les  think tanks  de la gauche radicale  &#13;&#10; &#13;&#10;-  Fondation Copernic  &#13;&#10;-  Fondation Gabriel Peri  &#13;&#10;-  M&#233;moire des luttes  &#13;&#10;-  Maintenant, &#224; gauche !  &#13;&#10; &#13;&#10; Les  think tanks  du centre  &#13;&#10;  &#13;&#10; -  L'Institut Kerv&#233;gan  &#13;&#10;-  Les Gracques  &#13;&#10; &#13;&#10; Les  think tanks  de droite  &#13;&#10; &#13;&#10;-  Fondation pour l'innovation politique  &#13;&#10;-  Fondation Concorde  &#13;&#10;-  L'Institut Montaigne  &#13;&#10; &#13;&#10; Autres  think tanks   &#13;&#10; &#13;&#10;-  En temps r&#233;el  &#13;&#10;-  Bruegel  &#13;&#10;-  Fondation Res Publica  &#13;&#10; &#13;&#10; Pour aller plus loin sur les  think tanks  et les id&#233;es  &#13;&#10; &#13;&#10;- Qu&amp;rsquo;est-ce qu&amp;rsquo;un  think tank  ?  D&#233;finitions &amp; Mod&#232;les  &#13;&#10;- Les principaux   think tanks  &#233;trangers  &#13;&#10;- Une  bibliographie sommaire  d&amp;rsquo;ouvrages publi&#233;s aux Etats-Unis sur les  think tanks   &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; * Graphisme, montage home page : The Robinet (Valentine et Boris, Bordeaux).  &#13;&#10;* Photos : droits r&#233;serv&#233;s (Elys&#233;es ; droits X ; DR).  &#13;&#10;    &#13;&#10; &#13;&#10;   &#13;&#10; &#160;   Notes :  1 - Conseiller sp&#233;cial du pr&#233;sident et sa &quot;plume&quot; </description>
         <pubDate>02/10/12 10:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-455-la_machine_a_idees_de_sarkozy.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p><em>Nonfiction.fr a toujours <a href="http://www.nonfiction.fr/article-2985-pourquoi_emmanuelle_mignon_quitte_t_elle_lelysee_.htm">suivi Emmanuelle Mignon de pr&egrave;s</a>. Ce n'est plus un secret, l'&eacute;minence grise de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 sera &agrave; nouveau sa directrice de campagne. Apr&egrave;s deux ans et demi pass&eacute;s &agrave; l&rsquo;Elys&eacute;e aux c&ocirc;t&eacute;s du pr&eacute;sident, elle avait rejoint Europacorp, bo&icirc;te de production de Luc Besson et de Christophe Lambert, communicant sarkozyste de la premi&egrave;re heure.&nbsp;Alors qu'<a href="http://blogs.lexpress.fr/sarkozysme-culturel/2012/02/01/emmanuelle-mignon-en-reserve-de-la-republique/">elle confiait r&eacute;cemment</a> avoir quitt&eacute; l'Elys&eacute;e car elle ne trouvait &quot;aucune colonne vert&eacute;brale&quot; &agrave; l'action du pr&eacute;sident, elle a d&eacute;cid&eacute; de consacrer les trois mois qui viennent &agrave; oeuvrer pour sa r&eacute;&eacute;lection. Retrouvez ci-dessous la longue et unique interview qu&rsquo;Emmanuelle Mignon a accord&eacute;e &agrave; la presse depuis cinq ans. </em></p>
<p><em>* Pierre Testard (actualis&eacute; le 17 janvier, puis le 10 f&eacute;vrier 2012).</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-weight: bold;">Un entretien exclusif avec Emmanuelle Mignon</span><br style="font-weight: bold;" />
<span style="font-weight: bold;">Ancien directeur des &eacute;tudes de l&rsquo;UMP.</span><br style="font-weight: bold;" />
<span style="font-weight: bold;">Directeur de cabinet du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique.</span><br />
<br />
<span style="font-style: italic;">Dans un entretien &agrave; NONFICTION.FR, Emmanuelle Mignon, ancien directeur des &eacute;tudes de l&rsquo;UMP, revient sur le travail intellectuel de Nicolas Sarkozy de 2002 &agrave; 2007. Elle d&eacute;crit comment le &quot;projet Sarkozy&quot; est n&eacute;, quelles ont &eacute;t&eacute; ses m&eacute;thodes et ses &eacute;quipes. Et les origines intellectuelles du sarkozysme. </span><span style="font-weight: bold;"><br />
<br />
<br />
</span>Entre Vincent Bollor&eacute; et Bernard Arnault, entre &quot;C&eacute;cilia&quot; et Carla Bruni, le &quot;sarkozysme&quot; est trop souvent analys&eacute; dans sa dimension m&eacute;diatique ou &quot;<span style="font-style: italic;">people</span>&quot;. On &eacute;voque les succ&egrave;s de l&rsquo;&quot;ouverture&quot;, symbolis&eacute;e par Bernard Kouchner et Martin Hirsch, on salue le nouveau pr&eacute;sident qui a le &quot;sens de l&rsquo;action&quot;, m&ecirc;me si l&rsquo;on critique, et souvent &agrave; juste titre, son manque de &quot;sens de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral&quot;. En revanche, une dimension essentielle du &quot;sarkozysme&quot; a jusqu&rsquo;ici &eacute;t&eacute; peu analys&eacute;e : son rapport aux id&eacute;es, aux intellectuels et aux experts. Contre les visions parfois simplistes d&rsquo;<a style="font-weight: bold;" href="http://www.nonfiction.fr/article-160-badiou__co_co.htm">Alain Badiou</a>, d'<a style="font-weight: bold;" href="http://www.nonfiction.fr/article-458-emmanuel_todd_continue_a_delirer.htm">Emmanuel Todd</a>, ou du <a style="font-weight: bold;" href="http://www.nonfiction.fr/article-308-une_storytelling_a_la_francaise.htm">&quot;storytelling&quot;</a>, qui ont tendance &agrave; le limiter &agrave; la manipulation des m&eacute;dias ou des histoires, au-del&agrave; de la vision partisane de Fran&ccedil;ois Hollande qui n'en fait qu&rsquo;un &quot;narcissisme&quot;, ou de celle de Beno&icirc;t Hamon qui fustige le &quot;syndrome du petit homme&quot;, il est important de revenir sur le travail intellectuel qui a &eacute;t&eacute; accompli par Nicolas Sarkozy &ndash; tr&egrave;s en amont, d&egrave;s 2002 &ndash; pour b&acirc;tir un projet. Ce projet fut le r&eacute;sultat d&rsquo;un travail de grande ampleur, pendant cinq ann&eacute;es, conduit par une &eacute;quipe de plus de 250 intellectuels et experts r&eacute;unis autour d&rsquo;Emmanuelle Mignon. Pour la premi&egrave;re fois, et en exclusivit&eacute; pour NONFICTION.FR, l&rsquo;ancien directeur des &eacute;tudes de l&rsquo;UMP, devenu en mai 2007 directeur de cabinet du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, a accept&eacute; de d&eacute;crire minutieusement les origines du projet sarkozyste, ses m&eacute;thodes et ses &eacute;quipes. C&rsquo;est la premi&egrave;re fois que Mme Mignon accepte de donner une interview sur son travail. Au passage, elle se d&eacute;marque ouvertement d&rsquo;Henri Guaino<sup>1</sup>, pr&eacute;cisant que, pour elle, le r&ocirc;le d&rsquo;un &quot;conseiller est l&agrave; pour servir, non pas pour se mettre en avant&quot; et qu&rsquo;elle ne pr&eacute;tend pas &quot;&ecirc;tre le gourou de Sarko&quot;. Du coup, cet entretien apporte une vision nouvelle du sarkozysme dont la dimension intellectuelle, le travail m&eacute;thodique sur les id&eacute;es et la construction d&rsquo;un projet, ont &eacute;t&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent largement sous-estim&eacute;s. En creux, cette description est aussi une critique s&eacute;v&egrave;re du travail que la gauche n&rsquo;a pas su faire sur les id&eacute;es depuis 2002. <br />
<span style="font-weight: bold;"><br />
</span>Fr&eacute;d&eacute;ric Martel<span style="font-weight: bold;"><br />
<br />
</span><span style="font-style: italic;">(Cette interview a &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;e en d&eacute;cembre 2007, relue et amend&eacute;e fin d&eacute;cembre par Mme Mignon et est publi&eacute;e pour la premi&egrave;re fois ce lundi 7 janvier 2008 ; propos recueillis par Fr&eacute;d&eacute;ric Martel et Martin Messika). <br />
<br />
</span><span style="font-weight: bold;"><br />
</span> &gt; Lire la <a style="font-weight: bold;" href="http://www.nonfiction.fr/article-443-la_machine_a_idees_de_sarkozy__premiere_partie.htm">premi&egrave;re partie</a> de l'interview avec Emmanuelle Mignon<br />
&gt; Lire la <a style="font-weight: bold;" href="http://www.nonfiction.fr/article-444-la_machine_a_idees_de_sarkozy__seconde_partie.htm">seconde partie</a> de l'interview avec Emmanuelle Mignon<br />
&gt; Ecouter le podcast original de l'interview avec Emmanuelle Mignon (en cours de finalisation)<br />
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<param value="dewplayer.swf?son=mp3/455-1.mp3" name="movie" /> </object></p>
<p><br />
<span style="font-style: italic;">Pour aller plus loin :</span><span style="font-weight: bold;"><br />
</span> <br />
&gt; Emmanuelle Mignon : <a style="font-weight: bold;" href="http://www.nonfiction.fr/article-456-bio_express__emmanuelle_mignon.htm">Bio-Express</a> <br />
&gt; Lire la critique du nouveau livre <a style="font-weight: bold;" href="http://www.nonfiction.fr/article-460-la_bravitude_des_uns_la_fatitude_des_autres.htm">La T&eacute;l&eacute;pr&eacute;sidente de Philippe Guibert</a><br />
&gt; La critique du livre d'Ariane Chemin et Judith Perrignon, <a style="font-weight: bold;" href="http://www.nonfiction.fr/article-462-sarkozy_acte_i_scene_i.htm">La Nuit au Fouquet's</a><br />
&gt; La pr&eacute;sentation des dossiers des revues <span style="font-style: italic;">Esprit</span> et <span style="font-style: italic;">Mouvement</span> sur le <a style="font-weight: bold;" href="http://www.nonfiction.fr/article-453-esprit___mouvements__penser_la_droite.htm">Sarkozysme et la New Droite</a><br />
&gt; La critique du pamphlet d'<a style="font-weight: bold;" href="http://www.nonfiction.fr/article-160-badiou__co_co.htm">Alain Badiou, De quoi Sarkozy est-il le nom ?</a><br />
&gt; La critique du livre de <a style="font-weight: bold;" href="http://www.nonfiction.fr/article-308-une_storytelling_a_la_francaise.htm">Christian Salmon, Storytelling</a><br />
&gt; La critique du livre de <a style="font-weight: bold;" href="http://www.nonfiction.fr/article-13-la_fuite_du_temps.htm">Yasmina R&eacute;za, L'aube le soir ou la nuit</a><a style="font-weight: bold;" href="http://www.nonfiction.fr/article-453-esprit___mouvements__penser_la_droite.htm"><br />
</a>&gt; Tout savoir sur nonfiction.fr, son &eacute;quipe et ses d&eacute;veloppements &agrave; venir : <a style="font-weight: bold;" href="http://www.nonfiction.fr/article-461-nonfictionfr__an_ii.htm">nonfiction.fr en 2008</a>. <br />
<span style="font-style: italic;">&gt; </span>A signaler : <a style="font-weight: bold;" href="http://www.lesechos.fr/enjeux/index.htm">Enjeux-les-Echos</a>, mensuel de l'&eacute;conomie, a publi&eacute; en septembre 2007 dans le n&deg;238 un portrait d'Emmanuelle Mignon, par Pacale-Marie Deschamps.<br />
<br />
+ Voir aussi notre dossier sur les nouveaux <span style="font-style: italic;">think tanks</span> en France :</p>
<p><span style="font-weight: bold; text-decoration: underline;">Les nouveaux <span style="font-style: italic;">think tanks</span> de gauche</span><br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-670-fondation_terra_nova.htm">Fondation Terra Nova</a><br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-672-segocom.htm">La constellation S&eacute;goliniste</a><br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-673-la_forge.htm">La Forge</a><br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-671-gagne_en_2012.htm">Gagner en 2012</a><br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-674-cercle_21_le_think_tank_de_manuel_valls.htm">Cercle 21, think tank de Manuel Valls</a><br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-665-institut_edgar_quinet.htm">Institut Edgar Quinet</a><br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-680-semaphore.htm">S&eacute;maphore</a><br />
<br />
<span style="font-weight: bold; text-decoration: underline;">Les nouveaux <span style="font-style: italic;">think tanks</span> du centre</span><br />
<br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-668-un_think_tank_de_la_gauche.htm">Les Progressistes</a><br />
<br />
<span style="font-weight: bold; text-decoration: underline;">Les <span style="font-style: italic;">think tanks</span> de gauche</span><br />
<br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-664-la_republique_des_idees.htm">La R&eacute;publique des Id&eacute;es</a><br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-663-le_think_tank_traditionnel_de_gauche_la_fondation_jean_jaures.htm">Fondation Jean Jaur&egrave;s</a><br />
<br />
<span style="text-decoration: underline; font-weight: bold;">Les <span style="font-style: italic;">think tanks</span> de la gauche radicale</span><br />
<br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-675-fondation_copernic.htm">Fondation Copernic</a><br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-681-2008__annee_zero_pour_les_idees_.htm">Fondation Gabriel Peri</a><br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-667-memoire_des_luttes.htm">M&eacute;moire des luttes</a><br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-669-maintenant_a_gauche.htm">Maintenant, &agrave; gauche !</a><br />
<br />
<span style="font-weight: bold; text-decoration: underline;">Les <span style="font-style: italic;">think tanks</span> du centre</span><br />
<a href="http://www.nonfiction.fr/article-649-institut_montaigne.htm"><br />
</a>- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-650-institut_kervegan.htm">L'Institut Kerv&eacute;gan</a><br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-678-les_gracques.htm">Les Gracques</a><br />
<br />
<span style="text-decoration: underline; font-weight: bold;">Les <span style="font-style: italic;">think tanks</span> de droite</span><br />
<br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-646-fondation_pour_linnovation_politique.htm">Fondation pour l'innovation politique</a><br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-648-fondation_concorde.htm">Fondation Concorde</a><br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-649-institut_montaigne.htm">L'Institut Montaigne</a><br />
<br />
<span style="font-weight: bold; text-decoration: underline;">Autres <span style="font-style: italic;">think tanks</span></span><br />
<br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-645-en_temps_reel.htm">En temps r&eacute;el</a><br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-682-bruegel.htm">Bruegel</a><br />
- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-679-fondation_res_publica.htm">Fondation Res Publica</a><br />
<br />
<span style="font-weight: bold; text-decoration: underline;">Pour aller plus loin sur les <span style="font-style: italic;">think tanks</span> et les id&eacute;es</span><br />
<br />
- Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un <span style="font-style: italic;">think tank</span> ? <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Think_tank">D&eacute;finitions &amp; Mod&egrave;les</a><br />
- Les principaux <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Think_tank"><span style="font-style: italic;">think tanks</span> &eacute;trangers</a><br />
- Une <a href="http://www.columbia.edu/cu/lweb/indiv/lehman/guides/ttanks.html">bibliographie sommaire</a> d&rsquo;ouvrages publi&eacute;s aux Etats-Unis sur les <span style="font-style: italic;">think tanks</span><a href="http://www.nonfiction.fr/article-455-la_machine_a_idees_de_sarkozy.htm"><br />
<br />
<br />
</a>* Graphisme, montage home page : The Robinet (Valentine et Boris, Bordeaux). <br />
* Photos : droits r&eacute;serv&eacute;s (Elys&eacute;es ; droits X ; DR).<a href="http://www.nonfiction.fr/article-455-la_machine_a_idees_de_sarkozy.htm"><br />
</a><a style="font-weight: bold;" href="http://www.nonfiction.fr/article-453-esprit___mouvements__penser_la_droite.htm"><span style="font-weight: bold;"><br />
<br />
</span></a></p>
<p>&nbsp;</p><br /><b>Notes :</b><br />1 - Conseiller sp&eacute;cial du pr&eacute;sident et sa &quot;plume&quot;<br /> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Le Mouvement Rose R&#233;s&#233;da : nouveau venu</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5470-le_mouvement_rose_reseda__nouveau_venu.htm</link>
         <description> &#160;Ambiance : l&amp;rsquo;apr&#232;s-midi du samedi 4 f&#233;vrier 2012 semble tout &#224; fait paisible aux abords de la Bellevilloise dans le XX&#232;me arrondissement   1 . Il est 14h45, deux trois fumeurs se risquent au grand froid, il fait une temp&#233;rature ext&#233;rieure de moins cinq degr&#233;. A l&amp;rsquo;arriv&#233;e deux vigiles surveillent l&amp;rsquo;entr&#233;e, impossible de rentrer, le  Loft  - salle r&#233;serv&#233;e pour l&amp;rsquo;occasion &amp;ndash; fait salle comble, &quot;  il y a trop de monde  &quot; dit un vigile, soucieux de respecter les consignes de s&#233;curit&#233;. Par chance, Ga&#235;l Brustier descend &#224; ce moment l&#224; pour faire entrer des journalistes retardataires. Le  Loft  est effectivement plein, environ 700 personnes sont pr&#233;sentes. Des responsables associatifs, un banquier &quot;progressiste &quot;   2 , Malek Boutih et la d&#233;put&#233;e Christiane Taubira sont &#224; la tribune. Arnaud Montebourg leur fait face, il est assis et se concentre. Dans cette ambiance plut&#244;t feutr&#233;e et chaleureuse, les diff&#233;rents intervenants font part de leur soutien au mouvement, les congratulations fusent. &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;Et voici le moment tant attendu de l&amp;rsquo;apr&#232;s-midi, il est environ 15h50, Arnaud Montebourg monte sur les planches, il embrasse chacun des invit&#233;s et prend la parole pour plus de 45 minutes d&amp;rsquo;intervention. Un discours fleuve, o&#249; se m&#234;le remerciements, monologue, r&#233;affirmation du soutien au candidat &#224; l&amp;rsquo;&#233;lection pr&#233;sidentielle - vainqueur de la primaire du mois d&amp;rsquo;octobre -, commentaires de l&amp;rsquo;actualit&#233; politique. A l&amp;rsquo;oral, le camarade Montebourg ne se d&#233;brouille pas trop mal, il se lance dans une premi&#232;re ex&#233;g&#232;se du po&#232;me d&amp;rsquo;Aragon, une ode &#224; la r&#233;sistance et au courage. Il rench&#233;rit en  proclamant que &quot; La Rose et le R&#233;s&#233;da&quot; &#160; c'est &quot; &#160;le po&#232;me du r&#233;veil fran&#231;ais  &quot;. Mais que veut-il dire v&#233;ritablement ? Parle-t-il du mouvement ? Nous n&amp;rsquo;en apprendrons pas plus. Si ce n&amp;rsquo;est de   la part des organisateurs pour qui le mouvement est &quot; un regroupement informel de citoyens qui se reconnaissent dans une grande partie des combats et des id&#233;es port&#233;s par Arnaud Montebourg et ses soutiens  &quot; 3 . Mais alors sommes-nous rentr&#233;s dans une nouvelle &#232;re de l&amp;rsquo;exercice politique ? D&amp;rsquo;apr&#232;s l&amp;rsquo;&#233;quipe aux commandes, le mouvement Rose R&#233;s&#233;da n&amp;rsquo;est &quot; ni un courant du PS (une bonne moiti&#233; des volontaires n'y sont pas encart&#233;s), ni un parti politique (puisqu'il n'est pas structur&#233; comme tel), mais un regroupement d'un nouveau type, souple dans lequel chacun s'investit selon ses envies  &quot;  4 . Mais cela rappelle tout de m&#234;me des tentatives pass&#233;es, comme celle : du Nouveau Parti Socialiste (NPS). Aujourd&amp;rsquo;hui le Mouvement Rose R&#233;s&#233;da est d&#233;crit par ses organisateurs comme une interface entre le terrain et la campagne de Fran&#231;ois Hollande. Les volontaires du mouvement peuvent &#234;tre &#224; la fois membres des groupes d&amp;rsquo;experts du candidat mais &#233;galement participants aux &#233;v&#232;nements et aux actions de porte- &#224;- porte promues par les militants socialistes. Une structure de type think tank sera mise en  place, il &quot; fera appel &#224; des experts pour r&#233;fl&#233;chir, &#233;changer et proposer. Ces experts pourront participer &#233;galement aux universit&#233;s populaires qui sillonneront la France  &quot; 5 . On compte d&#233;j&#224; des soutiens intellectuels comme Cynthia Fleury, R&#233;gis Debray. &#13;&#10;  &#13;&#10;&quot;Celui qui croyait au ciel. Celui qui n'y croyait pas &quot;, voici les premiers vers du dit po&#232;me, Arnaud Montebourg est un homme politique qui croit et qui tente d&amp;rsquo;agir, &#224; sa fa&#231;on. Il fait de la r&#233;sistance, mais avec le mouvement Rose R&#233;s&#233;da&#160;point de r&#232;glement de compte, un attachement &#224; la rose pour symboliser son soutien au Parti socialiste &amp;ndash; et au candidat - et une fid&#233;lit&#233; au r&#233;s&#233;da, le r&#233;s&#233;da comme la repr&#233;sentation des combats men&#233;s par le camarade Montebourg. Nous retiendrons de cet apr&#232;s-midi sur les hauteurs de Belleville l&amp;rsquo;importance des symboles en politique et surtout la tentative de r&#233;inventer les formes d&amp;rsquo;action politique pour obtenir le changement.  A Arnaud Montebourg de conclure  : &quot; Veillez &#224; ce que vos r&#234;ves soient les plus grands possibles pour qu&amp;rsquo;il en reste toujours quelque chose  &quot;. Le mouvement est lanc&#233;. &#13;&#10; &#160; &#13;&#10; * &#160;Ga&#235;l Brustier - coordonnateur national du Mouvement Rose R&#233;s&#233;da et directeur de cabinet d'Arnaud Montebourg au Conseil G&#233;n&#233;ral de Sa&#244;ne et Loire - nous a accord&#233; un interview pour nous parler du mouvement Rose et R&#233;s&#233;da, lanc&#233; samedi 4 f&#233;vrier.  &#13;&#10;  Nonfiction.fr - &#160; Samedi dernier lors du lancement du Mouvement Rose R&#233;s&#233;da, dans les discours d&amp;rsquo;Arnaud Montebourg et de ces diff&#233;rents soutiens, difficile d&amp;rsquo;obtenir une v&#233;ritable d&#233;finition, comment &#160;d&#233;finiriez-vous le mouvement ?  &#13;&#10;  &#13;&#10; Ga&#235;l Brustier -&#160; Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un mouvement d&amp;rsquo;id&#233;es. C&amp;rsquo;est un mouvement d&#233;di&#233; au combat culturel. Qu&amp;rsquo;est ce que le combat culturel ? Pour aller vite, c&amp;rsquo;est la capacit&#233; &#224; faire partager sa vision du monde. Le Mouvement Rose R&#233;s&#233;da est donc un mouvement au service de toute la gauche et vise &#224; lui donner les moyens de dominer culturellement le pays. Jamais la Gauche n&amp;rsquo;a &#233;t&#233; reconduite au pouvoir en France. Ni le Cartel des Gauches, ni le Front Populaire, ni le Front R&#233;publicain de 1956, ni les majorit&#233;s de Fran&#231;ois Mitterrand en 1981 et 1988, ni la Gauche Plurielle de 1997 n&amp;rsquo;ont &#233;t&#233; reconduites. Le Mouvement Rose R&#233;s&#233;da a pour fonction, &#224; travers ses groupes locaux, ses Universit&#233;s Populaires Itin&#233;rantes et son Ecole de combat politique de faire &#233;merger une nouvelle g&#233;n&#233;ration de cadres politiques et de d&amp;rsquo;amener les citoyens &#224; la politique et de permettre &#224; la gauche de gouverner sur ses id&#233;es &#224; elle et dans la dur&#233;e. &#13;&#10;  &#13;&#10; Nonfiction.fr  &#160;- Le mouvement doit accueillir un think tank en son sein. Quel sera son r&#244;le ?  &#13;&#10;  &#13;&#10; Ga&#235;l Brustier - &#160;Le think tank et le Mouvement Rose R&#233;s&#233;da sont deux choses distinctes.  Le think tank ne se d&#233;veloppera pas &quot; au sein &quot; du M2R mais sera ind&#233;pendant. Il vise &#224; &#234;tre un r&#233;servoir d&amp;rsquo;id&#233;es pour &#233;clairer l&amp;rsquo;avenir. Il sera lanc&#233; ult&#233;rieurement. Revue en ligne, colloques, notes sont au programme&amp;hellip; &#13;&#10;  &#13;&#10; Nonfiction.fr  &#160;- Quelle va &#234;tre la nature de l&amp;rsquo;implication du Mouvement Rose R&#233;s&#233;da dans la campagne pr&#233;sidentielle et dans celle des l&#233;gislatives ?  &#13;&#10;  &#13;&#10; Ga&#235;l Brustier -  &#160; Le Mouvement Rose R&#233;s&#233;da, comme mouvement d&amp;rsquo;id&#233;es et de combat culturel vise &#224; faire gagner la gauche, &#224; en &#234;tre le carrefour, &#224; favoriser son unit&#233;. Son engagement pour la victoire de Fran&#231;ois Hollande est total. Nombre des solutions nouvelles promues par Arnaud Montebourg au moment de la primaire citoyenne sont au c&amp;oelig;ur de la campagne. Le Mouvement Rose R&#233;s&#233;da ne donne aucune investiture, m&#234;me si un certain nombre de ses membres seront candidats aux &#233;lections l&#233;gislatives.   Notes :  1 - espace multiculturel et lieu de d&amp;rsquo;organisation d&amp;rsquo;&#233;v&#232;nements 2 - Ari&#233; Flack de la Compagnie financi&#232;re du lion 3 - maya Akkari, coordinatrice M2R &#224; Paris 4 - Maya Akkari, coordinatrice M2R &#224; Paris 5 - Maya Akkari, coordinnatrice M2R &#224; Paris </description>
         <pubDate>02/09/12 14:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5470-le_mouvement_rose_reseda__nouveau_venu.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>&nbsp;Ambiance : l&rsquo;apr&egrave;s-midi du samedi 4 f&eacute;vrier 2012 semble tout &agrave; fait paisible aux abords de la Bellevilloise dans le XX&egrave;me arrondissement  <sup>1</sup>. Il est 14h45, deux trois fumeurs se risquent au grand froid, il fait une temp&eacute;rature ext&eacute;rieure de moins cinq degr&eacute;. A l&rsquo;arriv&eacute;e deux vigiles surveillent l&rsquo;entr&eacute;e, impossible de rentrer, le<em> Loft </em>- salle r&eacute;serv&eacute;e pour l&rsquo;occasion &ndash; fait salle comble, &quot; <em>il y a trop de monde</em> &quot; dit un vigile, soucieux de respecter les consignes de s&eacute;curit&eacute;. Par chance, Ga&euml;l Brustier descend &agrave; ce moment l&agrave; pour faire entrer des journalistes retardataires. Le <em>Loft</em> est effectivement plein, environ 700 personnes sont pr&eacute;sentes. Des responsables associatifs, un banquier &quot;progressiste &quot;  <sup>2</sup>, Malek Boutih et la d&eacute;put&eacute;e Christiane Taubira sont &agrave; la tribune. Arnaud Montebourg leur fait face, il est assis et se concentre. Dans cette ambiance plut&ocirc;t feutr&eacute;e et chaleureuse, les diff&eacute;rents intervenants font part de leur soutien au mouvement, les congratulations fusent.</p>
<p>&nbsp;<br />
Et voici le moment tant attendu de l&rsquo;apr&egrave;s-midi, il est environ 15h50, Arnaud Montebourg monte sur les planches, il embrasse chacun des invit&eacute;s et prend la parole pour plus de 45 minutes d&rsquo;intervention. Un discours fleuve, o&ugrave; se m&ecirc;le remerciements, monologue, r&eacute;affirmation du soutien au candidat &agrave; l&rsquo;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle - vainqueur de la primaire du mois d&rsquo;octobre -, commentaires de l&rsquo;actualit&eacute; politique. A l&rsquo;oral, le camarade Montebourg ne se d&eacute;brouille pas trop mal, il se lance dans une premi&egrave;re ex&eacute;g&egrave;se du po&egrave;me d&rsquo;Aragon, une ode &agrave; la r&eacute;sistance et au courage. Il rench&eacute;rit en  proclamant que &quot;<em>La Rose et le R&eacute;s&eacute;da&quot;</em>&nbsp; c'est &quot;<em>&nbsp;le po&egrave;me du r&eacute;veil fran&ccedil;ais</em> &quot;. Mais que veut-il dire v&eacute;ritablement ? Parle-t-il du mouvement ? Nous n&rsquo;en apprendrons pas plus. Si ce n&rsquo;est de   la part des organisateurs pour qui le mouvement est &quot;<em>un regroupement informel de citoyens qui se reconnaissent dans une grande partie des combats et des id&eacute;es port&eacute;s par Arnaud Montebourg et ses soutiens </em>&quot;<sup>3</sup>. Mais alors sommes-nous rentr&eacute;s dans une nouvelle &egrave;re de l&rsquo;exercice politique ? D&rsquo;apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;quipe aux commandes, le mouvement Rose R&eacute;s&eacute;da n&rsquo;est &quot;<em>ni un courant du PS (une bonne moiti&eacute; des volontaires n'y sont pas encart&eacute;s), ni un parti politique (puisqu'il n'est pas structur&eacute; comme tel), mais un regroupement d'un nouveau type, souple dans lequel chacun s'investit selon ses envies</em> &quot; <sup>4</sup>. Mais cela rappelle tout de m&ecirc;me des tentatives pass&eacute;es, comme celle : du Nouveau Parti Socialiste (NPS). Aujourd&rsquo;hui le Mouvement Rose R&eacute;s&eacute;da est d&eacute;crit par ses organisateurs comme une interface entre le terrain et la campagne de Fran&ccedil;ois Hollande. Les volontaires du mouvement peuvent &ecirc;tre &agrave; la fois membres des groupes d&rsquo;experts du candidat mais &eacute;galement participants aux &eacute;v&egrave;nements et aux actions de porte- &agrave;- porte promues par les militants socialistes. Une structure de type think tank sera mise en  place, il &quot;<em>fera appel &agrave; des experts pour r&eacute;fl&eacute;chir, &eacute;changer et proposer. Ces experts pourront participer &eacute;galement aux universit&eacute;s populaires qui sillonneront la France</em> &quot;<sup>5</sup>. On compte d&eacute;j&agrave; des soutiens intellectuels comme Cynthia Fleury, R&eacute;gis Debray.</p>
<p><br />
&quot;Celui qui croyait au ciel. Celui qui n'y croyait pas &quot;, voici les premiers vers du dit po&egrave;me, Arnaud Montebourg est un homme politique qui croit et qui tente d&rsquo;agir, &agrave; sa fa&ccedil;on. Il fait de la r&eacute;sistance, mais avec le mouvement Rose R&eacute;s&eacute;da&nbsp;point de r&egrave;glement de compte, un attachement &agrave; la rose pour symboliser son soutien au Parti socialiste &ndash; et au candidat - et une fid&eacute;lit&eacute; au r&eacute;s&eacute;da, le r&eacute;s&eacute;da comme la repr&eacute;sentation des combats men&eacute;s par le camarade Montebourg. Nous retiendrons de cet apr&egrave;s-midi sur les hauteurs de Belleville l&rsquo;importance des symboles en politique et surtout la tentative de r&eacute;inventer les formes d&rsquo;action politique pour obtenir le changement.  A Arnaud Montebourg de conclure  : &quot;<em>Veillez &agrave; ce que vos r&ecirc;ves soient les plus grands possibles pour qu&rsquo;il en reste toujours quelque chose </em>&quot;. Le mouvement est lanc&eacute;.</p>
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<em>* &nbsp;Ga&euml;l Brustier - coordonnateur national du Mouvement Rose R&eacute;s&eacute;da et directeur de cabinet d'Arnaud Montebourg au Conseil G&eacute;n&eacute;ral de Sa&ocirc;ne et Loire - nous a accord&eacute; un interview pour nous parler du mouvement Rose et R&eacute;s&eacute;da, lanc&eacute; samedi 4 f&eacute;vrier.</em></p>
<p><strong>Nonfiction.fr -</strong>&nbsp;<em>Samedi dernier lors du lancement du Mouvement Rose R&eacute;s&eacute;da, dans les discours d&rsquo;Arnaud Montebourg et de ces diff&eacute;rents soutiens, difficile d&rsquo;obtenir une v&eacute;ritable d&eacute;finition, comment &nbsp;d&eacute;finiriez-vous le mouvement ?</em></p>
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<strong>Ga&euml;l Brustier -&nbsp;</strong>Il s&rsquo;agit d&rsquo;un mouvement d&rsquo;id&eacute;es. C&rsquo;est un mouvement d&eacute;di&eacute; au combat culturel. Qu&rsquo;est ce que le combat culturel ? Pour aller vite, c&rsquo;est la capacit&eacute; &agrave; faire partager sa vision du monde. Le Mouvement Rose R&eacute;s&eacute;da est donc un mouvement au service de toute la gauche et vise &agrave; lui donner les moyens de dominer culturellement le pays. Jamais la Gauche n&rsquo;a &eacute;t&eacute; reconduite au pouvoir en France. Ni le Cartel des Gauches, ni le Front Populaire, ni le Front R&eacute;publicain de 1956, ni les majorit&eacute;s de Fran&ccedil;ois Mitterrand en 1981 et 1988, ni la Gauche Plurielle de 1997 n&rsquo;ont &eacute;t&eacute; reconduites. Le Mouvement Rose R&eacute;s&eacute;da a pour fonction, &agrave; travers ses groupes locaux, ses Universit&eacute;s Populaires Itin&eacute;rantes et son Ecole de combat politique de faire &eacute;merger une nouvelle g&eacute;n&eacute;ration de cadres politiques et de d&rsquo;amener les citoyens &agrave; la politique et de permettre &agrave; la gauche de gouverner sur ses id&eacute;es &agrave; elle et dans la dur&eacute;e.</p>
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<strong>Nonfiction.fr</strong><em>&nbsp;- Le mouvement doit accueillir un think tank en son sein. Quel sera son r&ocirc;le ?</em></p>
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<strong>Ga&euml;l Brustier -</strong>&nbsp;Le think tank et le Mouvement Rose R&eacute;s&eacute;da sont deux choses distinctes.  Le think tank ne se d&eacute;veloppera pas &quot; au sein &quot; du M2R mais sera ind&eacute;pendant. Il vise &agrave; &ecirc;tre un r&eacute;servoir d&rsquo;id&eacute;es pour &eacute;clairer l&rsquo;avenir. Il sera lanc&eacute; ult&eacute;rieurement. Revue en ligne, colloques, notes sont au programme&hellip;</p>
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<strong>Nonfiction.fr</strong><em>&nbsp;- Quelle va &ecirc;tre la nature de l&rsquo;implication du Mouvement Rose R&eacute;s&eacute;da dans la campagne pr&eacute;sidentielle et dans celle des l&eacute;gislatives ?</em></p>
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<strong>Ga&euml;l Brustier -</strong><em>&nbsp;</em>Le Mouvement Rose R&eacute;s&eacute;da, comme mouvement d&rsquo;id&eacute;es et de combat culturel vise &agrave; faire gagner la gauche, &agrave; en &ecirc;tre le carrefour, &agrave; favoriser son unit&eacute;. Son engagement pour la victoire de Fran&ccedil;ois Hollande est total. Nombre des solutions nouvelles promues par Arnaud Montebourg au moment de la primaire citoyenne sont au c&oelig;ur de la campagne. Le Mouvement Rose R&eacute;s&eacute;da ne donne aucune investiture, m&ecirc;me si un certain nombre de ses membres seront candidats aux &eacute;lections l&eacute;gislatives.</p><br /><b>Notes :</b><br />1 - espace multiculturel et lieu de d&rsquo;organisation d&rsquo;&eacute;v&egrave;nements<br />2 - Ari&eacute; Flack de la Compagnie financi&egrave;re du lion<br />3 - maya Akkari, coordinatrice M2R &agrave; Paris<br />4 - Maya Akkari, coordinatrice M2R &agrave; Paris<br />5 - Maya Akkari, coordinnatrice M2R &agrave; Paris<br /> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Yves Roucaute, le &quot;n&#233;ocon&quot; de Claude Gu&#233;ant</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5469-yves_roucaute_le_neocon_de_claude_gueant.htm</link>
         <description> &quot;Contrairement &#224; ce que dit l&amp;rsquo;id&#233;ologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas.&quot; Cette phrase pol&#233;mique prononc&#233;e par le ministre de l&amp;rsquo;Int&#233;rieur Claude Gu&#233;ant samedi dernier est  l&amp;rsquo;&amp;oelig;uvre d&amp;rsquo;Yves Roucaute . Pour comprendre la bataille des id&#233;es qui fait rage en cette campagne pr&#233;sidentielle, il n&amp;rsquo;est jamais inutile de s&amp;rsquo;int&#233;resser aux plumes de ses protagonistes. Ce discours n&amp;rsquo;est pas comparable au discours honteusement b&#226;cl&#233; de Dakar, que Nicolas Sarkozy aurait survol&#233; dans l&amp;rsquo;avion l&amp;rsquo;amenant au S&#233;n&#233;gal. Il a &#233;t&#233; soigneusement relu et pr&#233;par&#233;. Et on le doit &#224; un intellectuel iconoclaste d&amp;rsquo;une droite dure. &#13;&#10; Yves Roucaute est&#160;pr&#233;sident du conseil scientifique de l&amp;rsquo;Institut National des Hautes Etudes de Justice et de S&#233;curit&#233; et&#160;professeur de philosophie &#224; la facult&#233; de droit de l&amp;rsquo;Universit&#233; Paris-X Nanterre, o&#249; c&amp;rsquo;est un euph&#233;misme de dire qu&amp;rsquo;il fait tache. D'apr&#232;s   Mediapart  , il vient de d&#233;missionner de la section de science politique du Conseil national des Universit&#233;s (CNU) pour anticiper sa nomination pressentie &#224; la future section de criminologie du CNU, une instance dont la cr&#233;ation est contest&#233;e par la communaut&#233; universitaire.&#160; &#13;&#10; Dirigeant de l&amp;rsquo;UNEF et de l&amp;rsquo;Union des &#233;tudiants communistes (UEC) dans les ann&#233;es 1970, il se forme &#224; la pens&#233;e politique dans l&amp;rsquo;entourage d&amp;rsquo;Althusser ou de Lacan. Puis il rompt avec la gauche au nom de valeurs humanistes et lib&#233;rales qu&amp;rsquo;il estime pi&#233;tin&#233;es par l&amp;rsquo;exp&#233;rience communiste. A la mani&#232;re de nombreux intellectuels marxistes am&#233;ricains, il adh&#232;re aux th&#232;ses n&#233;olib&#233;rales les plus radicales au tournant des ann&#233;es 1990. Sa conception de l&amp;rsquo;humanisme  1  implique le respect imprescriptible de la culture classique, du droit et des m&amp;oelig;urs traditionnelles, contre le suppos&#233; relativisme culturel de la gauche. C&amp;rsquo;est ce &quot;n&#233;o-conservatisme&quot; qui a inspir&#233; Gu&#233;ant, et qui constitue le socle de sa vision de la soci&#233;t&#233;. &#13;&#10; Yves Roucaute n&amp;rsquo;en est pas &#224; son coup d&amp;rsquo;essai, puisque il d&#233;fend depuis de nombreuses ann&#233;es sa vision hi&#233;rarchis&#233;e des civilisations sur le terrain des relations internationales. Partisan d&amp;rsquo;un droit-de-l&amp;rsquo;hommisme tr&#232;s centr&#233; sur l&amp;rsquo;Occident, il a notamment combattu le r&#233;gime de Saddam Hussein et soutenu l&amp;rsquo;invasion am&#233;ricaine de l&amp;rsquo;Iraq. Il n&amp;rsquo;est pas non plus un novice en politique puisqu&amp;rsquo;il est pass&#233; par les cabinets minist&#233;riels de Fran&#231;ois Loos, Alain Carignon et surtout Alain Madelin entre 1986 et 2002. Les titres de quelques-uns de  ses livres  suffisent &#224; pr&#233;ciser les id&#233;es qu&amp;rsquo;il d&#233;fend- ou qu&amp;rsquo;il combat :  Splendeurs et mis&#232;res des journalistes , Calmann-L&#233;vy, 1991 ; &#160;Discours sur les femmes qui en font un peu trop , Plon, 1993 ;&#160; La R&#233;publique contre la d&#233;mocratie , Plon, 1996 ;&#160; La puissance de la libert&#233; : le nouveau d&#233;fi am&#233;ricain , PUF, 2004, sans oublier   Le n&#233;o-conservatisme est un humanisme  , PUF, 2005. &#13;&#10; La droite clame que Claude Gu&#233;ant n&amp;rsquo;est pas anthropologue ou philosophe et a donc pu confondre l&amp;rsquo;id&#233;e de civilisation avec celle de syst&#232;me politique. Le &quot;n&#233;ocon&quot; Yves Roucaute, lui, savait tr&#232;s bien ce qu&amp;rsquo;il &#233;crivait. &#13;&#10;  * Article actualis&#233; le 9 f&#233;vrier &#224; 20h15.&#160;  &#13;&#10; &#160; &#13;&#10; &#160;   Notes :  1 - c.f.&#160; Le n&#233;o-conservatisme est un humanisme , PUF, 2005 </description>
         <pubDate>02/08/12 18:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5469-yves_roucaute_le_neocon_de_claude_gueant.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>&quot;Contrairement &agrave; ce que dit l&rsquo;id&eacute;ologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas.&quot; Cette phrase pol&eacute;mique prononc&eacute;e par le ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur Claude Gu&eacute;ant samedi dernier est <a href="http://www.europe1.fr/Politique/Civilisation-Roucaute-derriere-la-phrase-de-Gueant-E1-938437/">l&rsquo;&oelig;uvre d&rsquo;Yves Roucaute</a>. Pour comprendre la bataille des id&eacute;es qui fait rage en cette campagne pr&eacute;sidentielle, il n&rsquo;est jamais inutile de s&rsquo;int&eacute;resser aux plumes de ses protagonistes. Ce discours n&rsquo;est pas comparable au discours honteusement b&acirc;cl&eacute; de Dakar, que Nicolas Sarkozy aurait survol&eacute; dans l&rsquo;avion l&rsquo;amenant au S&eacute;n&eacute;gal. Il a &eacute;t&eacute; soigneusement relu et pr&eacute;par&eacute;. Et on le doit &agrave; un intellectuel iconoclaste d&rsquo;une droite dure.</p>
<p>Yves Roucaute est&nbsp;pr&eacute;sident du conseil scientifique de l&rsquo;Institut National des Hautes Etudes de Justice et de S&eacute;curit&eacute; et&nbsp;professeur de philosophie &agrave; la facult&eacute; de droit de l&rsquo;Universit&eacute; Paris-X Nanterre, o&ugrave; c&rsquo;est un euph&eacute;misme de dire qu&rsquo;il fait tache. D'apr&egrave;s <em><a href="http://www.mediapart.fr/journal/france/080212/linspirateur-des-propos-de-gueant-en-passe-detre-nomme-la-future-section-crimi">Mediapart</a></em>, il vient de d&eacute;missionner de la section de science politique du Conseil national des Universit&eacute;s (CNU) pour anticiper sa nomination pressentie &agrave; la future section de criminologie du CNU, une instance dont la cr&eacute;ation est contest&eacute;e par la communaut&eacute; universitaire.&nbsp;</p>
<p>Dirigeant de l&rsquo;UNEF et de l&rsquo;Union des &eacute;tudiants communistes (UEC) dans les ann&eacute;es 1970, il se forme &agrave; la pens&eacute;e politique dans l&rsquo;entourage d&rsquo;Althusser ou de Lacan. Puis il rompt avec la gauche au nom de valeurs humanistes et lib&eacute;rales qu&rsquo;il estime pi&eacute;tin&eacute;es par l&rsquo;exp&eacute;rience communiste. A la mani&egrave;re de nombreux intellectuels marxistes am&eacute;ricains, il adh&egrave;re aux th&egrave;ses n&eacute;olib&eacute;rales les plus radicales au tournant des ann&eacute;es 1990. Sa conception de l&rsquo;humanisme <sup>1</sup> implique le respect imprescriptible de la culture classique, du droit et des m&oelig;urs traditionnelles, contre le suppos&eacute; relativisme culturel de la gauche. C&rsquo;est ce &quot;n&eacute;o-conservatisme&quot; qui a inspir&eacute; Gu&eacute;ant, et qui constitue le socle de sa vision de la soci&eacute;t&eacute;.</p>
<p>Yves Roucaute n&rsquo;en est pas &agrave; son coup d&rsquo;essai, puisque il d&eacute;fend depuis de nombreuses ann&eacute;es sa vision hi&eacute;rarchis&eacute;e des civilisations sur le terrain des relations internationales. Partisan d&rsquo;un droit-de-l&rsquo;hommisme tr&egrave;s centr&eacute; sur l&rsquo;Occident, il a notamment combattu le r&eacute;gime de Saddam Hussein et soutenu l&rsquo;invasion am&eacute;ricaine de l&rsquo;Iraq. Il n&rsquo;est pas non plus un novice en politique puisqu&rsquo;il est pass&eacute; par les cabinets minist&eacute;riels de Fran&ccedil;ois Loos, Alain Carignon et surtout Alain Madelin entre 1986 et 2002. Les titres de quelques-uns de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Roucaute">ses livres</a> suffisent &agrave; pr&eacute;ciser les id&eacute;es qu&rsquo;il d&eacute;fend- ou qu&rsquo;il combat : <em>Splendeurs et mis&egrave;res des journalistes</em>, Calmann-L&eacute;vy, 1991 ;<em>&nbsp;Discours sur les femmes qui en font un peu trop</em>, Plon, 1993 ;&nbsp;<em>La R&eacute;publique contre la d&eacute;mocratie</em>, Plon, 1996 ;&nbsp;<em>La puissance de la libert&eacute; : le nouveau d&eacute;fi am&eacute;ricain</em>, PUF, 2004, sans oublier <em><a href="http://www.alexandredelvalle.com/publications.php?id_art=224">Le n&eacute;o-conservatisme est un humanisme</a></em>, PUF, 2005.</p>
<p>La droite clame que Claude Gu&eacute;ant n&rsquo;est pas anthropologue ou philosophe et a donc pu confondre l&rsquo;id&eacute;e de civilisation avec celle de syst&egrave;me politique. Le &quot;n&eacute;ocon&quot; Yves Roucaute, lui, savait tr&egrave;s bien ce qu&rsquo;il &eacute;crivait.</p>
<p><em>* Article actualis&eacute; le 9 f&eacute;vrier &agrave; 20h15.&nbsp;</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p><br /><b>Notes :</b><br />1 - c.f.&nbsp;<em>Le n&eacute;o-conservatisme est un humanisme</em>, PUF, 2005<br /> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Entrez dans les coulisses du Conseil des ministres</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5467-entrez_dans_les_coulisses_du_conseil_des_ministres.htm</link>
         <description> &#160; &#13;&#10;  Tous les mercredis, les journalistes se pressent &#224; la sortie du conseil des Ministres.   B&#233;reng&#232;re Bonte, r&#233;dactrice en chef adjointe d&amp;rsquo;Europe 1 et pr&#233;sentatrice des &amp;ldquo;Grands Journaux&amp;rdquo; de 6h30 et de 8h a elle p&#233;n&#233;tr&#233; l'un des lieux de pouvoir les plus &#233;nigmatique de notre r&#233;publique. Confidences, t&#233;moignages et anecdotes : entrez dans le secret...  &#13;&#10;  Nonfiction.fr :   Votre ouvrage s&amp;rsquo;intitule &#171; Dans le secret du Conseil des Ministres &#187; mais on s&amp;rsquo;aper&#231;oit vite que beaucoup d&#233;voilent ces fameux secrets&amp;hellip;  &#13;&#10;  B&#233;reng&#232;re Bonte :  C&amp;rsquo;&#233;tait mon but ! Certains, quand m&#234;me, ont refus&#233; de parler. Et pas forc&#233;ment ceux que l&amp;rsquo;on imagine. Jean louis Borloo ou Martin Hirsch m&amp;rsquo;ont dit tr&#232;s clairement : &#171; On ne parle pas du Conseil des ministres &#187; A l&amp;rsquo;inverse, Lionel Jospin que l&amp;rsquo;on penserait plus myst&#233;rieux a accept&#233; tout de suite.  &#13;&#10;Lorsqu&amp;rsquo;ils acceptent, ils commencent tous par dire la m&#234;me chose : &#171; Vous savez, il ne se passe rien ou pas grand-chose au Conseil des Ministres. Tout est arbitr&#233; avant. &#187;. Mais tr&#232;s vite la discussion s&amp;rsquo;engage, ils se livrent et on sent, chez eux, la fiert&#233; d&amp;rsquo;avoir assist&#233; &#224; ces Conseils. C&amp;rsquo;est vrai chez des ministres n&#233;ophytes comme Bernard Laporte, autant que chez des politiques aguerris. &#13;&#10;  Nonfiction.fr :   M&#234;me si tous partagent cette fiert&#233;, on comprend vite, en vous lisant, qu&amp;rsquo;il y a deux cat&#233;gories distinctes : les poids lourds et les autres.   &#13;&#10;  B&#233;reng&#232;re Bonte :  Les n&#233;ophytes r&#234;vent &#233;videmment de rejoindre un jour les t&#234;tes d&amp;rsquo;affiche. Forc&#233;ment ! Mais ils savent qu&amp;rsquo;il faut avancer prudemment. Jean Pierre Raffarin parle m&#234;me de Ligue 1 et de Ligue 2, comme au foot. Il explique tr&#232;s bien comment les ministres de Ligue 2 commencent par observer les codes et les acqui&#232;rent progressivement. Malheur &#224; celui qui cherche &#224; griller les &#233;tapes. &#13;&#10;  Nonfiction.fr :   Vous abordez aussi la question du formalisme au sein du Conseil des Ministres. Nicolas Sarkozy voulait le transformer. Cinq ans apr&#232;s, il n&amp;rsquo;y est pourtant pas parvenu.  &#13;&#10;  B&#233;reng&#232;re Bonte :  Nicolas Sarkozy, lors des premiers Conseils, r&#233;p&#233;tait qu&amp;rsquo;il allait &#171; d&#233;poussi&#233;rer &#187; ce rendez-vous hebdomadaire. Il avait vu notamment la salle o&#249; se r&#233;unit le gouvernement &#224; Madrid ou &#224; Berlin et il r&#234;vait d&amp;rsquo;installer les m&#234;mes &#233;quipements high-tech dans le salon Murat. Il voulait tout transformer. L&amp;rsquo;ennui c&amp;rsquo;est que le lieu o&#249; se tient le Conseil est en fait un couloir d&amp;rsquo;acc&#232;s &#224; la salle des f&#234;tes. Impossible d&amp;rsquo;y installer des ordinateurs chaque mardi soir et de les enlever chaque mercredi. Pas moyen non plus de trouver un autre salon aussi grand &#224; l&amp;rsquo;Elys&#233;e.  &#13;&#10;Finalement, les mois passants, le Pr&#233;sident Sarkozy a chang&#233; d&amp;rsquo;avis. En r&#233;alit&#233;, tout le monde tient au formalisme et &#224; cette solennit&#233; un peu aust&#232;re : &#231;a assoit la fonction pr&#233;sidentielle. Pour lui, le Conseil symbolise vraiment la continuit&#233; de l&amp;rsquo;Etat. &#13;&#10;Tous ses pr&#233;d&#233;cesseurs ont d&amp;rsquo;ailleurs r&#234;v&#233; de moderniser ce Conseil, de le vivifier, de restaurer une part de d&#233;bat comme au temps du G&#233;n&#233;ral de Gaulle. Aucun n&amp;rsquo;y est arriv&#233;. Val&#233;ry Giscard d&amp;rsquo;Estaing l&amp;rsquo;a d&#233;centralis&#233; plusieurs fois. Mais il a vite arr&#234;t&#233;. Et finalement, cinquante ans apr&#232;s, pratiquement rien n&amp;rsquo;a chang&#233;. M&#234;me les crayons dispos&#233;s sur la table ont gard&#233; la m&#234;me couleur. Crayon &#224; papier pour les ministres, crayon &#224; deux mines (rouge et bleue) pour le Pr&#233;sident. C&amp;rsquo;est vous dire ! &#13;&#10;  Nonfiction.fr :   Lieu de secret, lieu de formalisme&amp;hellip; et lieu o&#249; l&amp;rsquo;on d&#233;crypte les rapports de force &amp;hellip;  &#13;&#10;  B&#233;reng&#232;re Bonte :  C&amp;rsquo;est m&#234;me le lieu id&#233;al pour &#231;a. Tout est observ&#233;, d&#233;crypt&#233;. Qui prend la parole ? En quels termes ? Combien de temps? Comment r&#233;agit le Pr&#233;sident ? Quelle est l&amp;rsquo;attitude des autres ministres ? Tout compte dans le rapport de force. &#13;&#10;Le Pr&#233;sident lui-m&#234;me ne boude pas ce petit plaisir qui consiste &#224; se faire apporter un petit caf&#233;. Il le demande en arrivant. Privil&#232;ge de la fonction ! &#13;&#10;  Nonfiction.fr :   L&amp;rsquo;attitude est tr&#232;s importante. Mais on &#233;crit aussi beaucoup pendant les Conseils, on s&amp;rsquo;envoie des petits mots.  &#13;&#10;  B&#233;reng&#232;re Bonte :  Oui, et pourtant, &#224; part les secr&#233;taires g&#233;n&#233;raux et le porte parole, il leur est formellement interdit de prendre des notes et donc d&amp;rsquo;avoir un stylo en main. En fait, les ministres se passent des petits papiers, comme des gosses &#224; l&amp;rsquo;&#233;cole. Ca permet d&amp;rsquo;&#233;changer sur un dossier ou de ricaner sur la communication d&amp;rsquo;un autre ministre. Parfois, les autres jettent un &amp;oelig;il indiscret au passage. Le jeu est subtil. Les Pr&#233;sidents eux-m&#234;mes en envoient, parfois en faisant en sorte qu&amp;rsquo;ils soient lus. Pendant un Conseil de janvier 2011, Nicolas Sarkozy a fait ostensiblement parvenir un mot de soutien &#224; Mich&#232;le Alliot-Marie en pleine pol&#233;mique sur le printemps tunisien. Le petit mot n&amp;rsquo;&#233;tait pas sous enveloppe. Beaucoup l&amp;rsquo;ont lu au passage. Et forc&#233;ment, &#231;a s&amp;rsquo;est su tr&#232;s vite. &#13;&#10;  Nonfiction.fr :   On se croirait effectivement &#224; l&amp;rsquo;&#233;cole ! Et d&amp;rsquo;ailleurs, gare &#224; celui qui arrive en retard !  &#13;&#10;  B&#233;reng&#232;re Bonte :  Oui, c&amp;rsquo;est interdit ! L&amp;rsquo;exemple le plus connu est celui de Jacques Toubon, retardataire maladif, qui n&amp;rsquo;a pas pu entrer. L&amp;rsquo;huissier a tent&#233; de venir plaider sa cause &#224; l&amp;rsquo;oreille du pr&#233;sident Chirac. En vain. Toubon est rest&#233; dehors. Les semaines suivantes, je peux vous dire qu&amp;rsquo;il &#233;tait bien en avance.  &#13;&#10;Sous De Gaulle, on &#233;tait aussi pri&#233;s d&amp;rsquo;arriver &#224; l&amp;rsquo;heure. Le pire r&#233;cit qu&amp;rsquo;on m&amp;rsquo;ait rapport&#233; concerne Edgar Pisani qui a os&#233; frapper alors que les portes &#233;taient d&#233;j&#224; ferm&#233;es. Evidemment, il s&amp;rsquo;est excus&#233; en expliquant qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;&#233;tait r&#233;veill&#233; fi&#233;vreux. Pisani, qui &#233;tait d&amp;rsquo;origine maltaise, s&amp;rsquo;est entendu r&#233;pondre par le G&#233;n&#233;ral : &#171; Oui, sans doute s&amp;rsquo;agit-il de la fi&#232;vre maltaise ! &#187; Cette allusion &#224; cette fi&#232;vre du b&#233;tail a servi d&amp;rsquo;avertissements &#224; l&amp;rsquo;ensemble des ministres. Radical ! &#13;&#10; * B&#233;reng&#232;re Bonte, Dans le Secret du conseil des ministes,&#160; Editions du Moment, 2011. &#13;&#10; * Propos recueillis par Julien Miro. &#13;&#10;&#160; </description>
         <pubDate>02/08/12 08:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5467-entrez_dans_les_coulisses_du_conseil_des_ministres.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>&nbsp;</p>
<p><strong>Tous les mercredis, les journalistes se pressent &agrave; la sortie du conseil des Ministres. </strong><strong>B&eacute;reng&egrave;re Bonte, r&eacute;dactrice en chef adjointe d&rsquo;Europe 1 et pr&eacute;sentatrice des &ldquo;Grands Journaux&rdquo; de 6h30 et de 8h a elle p&eacute;n&eacute;tr&eacute; l'un des lieux de pouvoir les plus &eacute;nigmatique de notre r&eacute;publique. Confidences, t&eacute;moignages et anecdotes : entrez dans le secret...</strong></p>
<p><strong>Nonfiction.fr :</strong> <em>Votre ouvrage s&rsquo;intitule &laquo; Dans le secret du Conseil des Ministres &raquo; mais on s&rsquo;aper&ccedil;oit vite que beaucoup d&eacute;voilent ces fameux secrets&hellip;</em></p>
<p><strong>B&eacute;reng&egrave;re Bonte :</strong> C&rsquo;&eacute;tait mon but ! Certains, quand m&ecirc;me, ont refus&eacute; de parler. Et pas forc&eacute;ment ceux que l&rsquo;on imagine. Jean louis Borloo ou Martin Hirsch m&rsquo;ont dit tr&egrave;s clairement : &laquo; On ne parle pas du Conseil des ministres &raquo; A l&rsquo;inverse, Lionel Jospin que l&rsquo;on penserait plus myst&eacute;rieux a accept&eacute; tout de suite. <br />
Lorsqu&rsquo;ils acceptent, ils commencent tous par dire la m&ecirc;me chose : &laquo; Vous savez, il ne se passe rien ou pas grand-chose au Conseil des Ministres. Tout est arbitr&eacute; avant. &raquo;. Mais tr&egrave;s vite la discussion s&rsquo;engage, ils se livrent et on sent, chez eux, la fiert&eacute; d&rsquo;avoir assist&eacute; &agrave; ces Conseils. C&rsquo;est vrai chez des ministres n&eacute;ophytes comme Bernard Laporte, autant que chez des politiques aguerris.</p>
<p><strong>Nonfiction.fr : </strong><em>M&ecirc;me si tous partagent cette fiert&eacute;, on comprend vite, en vous lisant, qu&rsquo;il y a deux cat&eacute;gories distinctes : les poids lourds et les autres. </em></p>
<p><strong>B&eacute;reng&egrave;re Bonte :</strong> Les n&eacute;ophytes r&ecirc;vent &eacute;videmment de rejoindre un jour les t&ecirc;tes d&rsquo;affiche. Forc&eacute;ment ! Mais ils savent qu&rsquo;il faut avancer prudemment. Jean Pierre Raffarin parle m&ecirc;me de Ligue 1 et de Ligue 2, comme au foot. Il explique tr&egrave;s bien comment les ministres de Ligue 2 commencent par observer les codes et les acqui&egrave;rent progressivement. Malheur &agrave; celui qui cherche &agrave; griller les &eacute;tapes.</p>
<p><strong>Nonfiction.fr :</strong> <em>Vous abordez aussi la question du formalisme au sein du Conseil des Ministres. Nicolas Sarkozy voulait le transformer. Cinq ans apr&egrave;s, il n&rsquo;y est pourtant pas parvenu.</em></p>
<p><strong>B&eacute;reng&egrave;re Bonte : </strong>Nicolas Sarkozy, lors des premiers Conseils, r&eacute;p&eacute;tait qu&rsquo;il allait &laquo; d&eacute;poussi&eacute;rer &raquo; ce rendez-vous hebdomadaire. Il avait vu notamment la salle o&ugrave; se r&eacute;unit le gouvernement &agrave; Madrid ou &agrave; Berlin et il r&ecirc;vait d&rsquo;installer les m&ecirc;mes &eacute;quipements high-tech dans le salon Murat. Il voulait tout transformer. L&rsquo;ennui c&rsquo;est que le lieu o&ugrave; se tient le Conseil est en fait un couloir d&rsquo;acc&egrave;s &agrave; la salle des f&ecirc;tes. Impossible d&rsquo;y installer des ordinateurs chaque mardi soir et de les enlever chaque mercredi. Pas moyen non plus de trouver un autre salon aussi grand &agrave; l&rsquo;Elys&eacute;e. <br />
Finalement, les mois passants, le Pr&eacute;sident Sarkozy a chang&eacute; d&rsquo;avis. En r&eacute;alit&eacute;, tout le monde tient au formalisme et &agrave; cette solennit&eacute; un peu aust&egrave;re : &ccedil;a assoit la fonction pr&eacute;sidentielle. Pour lui, le Conseil symbolise vraiment la continuit&eacute; de l&rsquo;Etat.<br />
Tous ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs ont d&rsquo;ailleurs r&ecirc;v&eacute; de moderniser ce Conseil, de le vivifier, de restaurer une part de d&eacute;bat comme au temps du G&eacute;n&eacute;ral de Gaulle. Aucun n&rsquo;y est arriv&eacute;. Val&eacute;ry Giscard d&rsquo;Estaing l&rsquo;a d&eacute;centralis&eacute; plusieurs fois. Mais il a vite arr&ecirc;t&eacute;. Et finalement, cinquante ans apr&egrave;s, pratiquement rien n&rsquo;a chang&eacute;. M&ecirc;me les crayons dispos&eacute;s sur la table ont gard&eacute; la m&ecirc;me couleur. Crayon &agrave; papier pour les ministres, crayon &agrave; deux mines (rouge et bleue) pour le Pr&eacute;sident. C&rsquo;est vous dire !</p>
<p><strong>Nonfiction.fr :</strong> <em>Lieu de secret, lieu de formalisme&hellip; et lieu o&ugrave; l&rsquo;on d&eacute;crypte les rapports de force &hellip;</em></p>
<p><strong>B&eacute;reng&egrave;re Bonte : </strong>C&rsquo;est m&ecirc;me le lieu id&eacute;al pour &ccedil;a. Tout est observ&eacute;, d&eacute;crypt&eacute;. Qui prend la parole ? En quels termes ? Combien de temps? Comment r&eacute;agit le Pr&eacute;sident ? Quelle est l&rsquo;attitude des autres ministres ? Tout compte dans le rapport de force.<br />
Le Pr&eacute;sident lui-m&ecirc;me ne boude pas ce petit plaisir qui consiste &agrave; se faire apporter un petit caf&eacute;. Il le demande en arrivant. Privil&egrave;ge de la fonction !</p>
<p><strong>Nonfiction.fr :</strong> <em>L&rsquo;attitude est tr&egrave;s importante. Mais on &eacute;crit aussi beaucoup pendant les Conseils, on s&rsquo;envoie des petits mots.</em></p>
<p><strong>B&eacute;reng&egrave;re Bonte : </strong>Oui, et pourtant, &agrave; part les secr&eacute;taires g&eacute;n&eacute;raux et le porte parole, il leur est formellement interdit de prendre des notes et donc d&rsquo;avoir un stylo en main. En fait, les ministres se passent des petits papiers, comme des gosses &agrave; l&rsquo;&eacute;cole. Ca permet d&rsquo;&eacute;changer sur un dossier ou de ricaner sur la communication d&rsquo;un autre ministre. Parfois, les autres jettent un &oelig;il indiscret au passage. Le jeu est subtil. Les Pr&eacute;sidents eux-m&ecirc;mes en envoient, parfois en faisant en sorte qu&rsquo;ils soient lus. Pendant un Conseil de janvier 2011, Nicolas Sarkozy a fait ostensiblement parvenir un mot de soutien &agrave; Mich&egrave;le Alliot-Marie en pleine pol&eacute;mique sur le printemps tunisien. Le petit mot n&rsquo;&eacute;tait pas sous enveloppe. Beaucoup l&rsquo;ont lu au passage. Et forc&eacute;ment, &ccedil;a s&rsquo;est su tr&egrave;s vite.</p>
<p><strong>Nonfiction.fr : </strong><em>On se croirait effectivement &agrave; l&rsquo;&eacute;cole ! Et d&rsquo;ailleurs, gare &agrave; celui qui arrive en retard !</em></p>
<p><strong>B&eacute;reng&egrave;re Bonte : </strong>Oui, c&rsquo;est interdit ! L&rsquo;exemple le plus connu est celui de Jacques Toubon, retardataire maladif, qui n&rsquo;a pas pu entrer. L&rsquo;huissier a tent&eacute; de venir plaider sa cause &agrave; l&rsquo;oreille du pr&eacute;sident Chirac. En vain. Toubon est rest&eacute; dehors. Les semaines suivantes, je peux vous dire qu&rsquo;il &eacute;tait bien en avance. <br />
Sous De Gaulle, on &eacute;tait aussi pri&eacute;s d&rsquo;arriver &agrave; l&rsquo;heure. Le pire r&eacute;cit qu&rsquo;on m&rsquo;ait rapport&eacute; concerne Edgar Pisani qui a os&eacute; frapper alors que les portes &eacute;taient d&eacute;j&agrave; ferm&eacute;es. Evidemment, il s&rsquo;est excus&eacute; en expliquant qu&rsquo;il s&rsquo;&eacute;tait r&eacute;veill&eacute; fi&eacute;vreux. Pisani, qui &eacute;tait d&rsquo;origine maltaise, s&rsquo;est entendu r&eacute;pondre par le G&eacute;n&eacute;ral : &laquo; Oui, sans doute s&rsquo;agit-il de la fi&egrave;vre maltaise ! &raquo; Cette allusion &agrave; cette fi&egrave;vre du b&eacute;tail a servi d&rsquo;avertissements &agrave; l&rsquo;ensemble des ministres. Radical !</p>
<p>* B&eacute;reng&egrave;re Bonte, Dans le Secret du conseil des ministes,&nbsp; Editions du Moment, 2011.</p>
<p>* Propos recueillis par Julien Miro.<br />
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		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>L&#146;histoire priv&#233;e de Pierre Nora</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5463-lhistoire_privee_de_pierre_nora.htm</link>
         <description> L&amp;rsquo;art de l&amp;rsquo;entretien radiophonique est souvent sous-estim&#233;. Beaucoup y voient aujourd&amp;rsquo;hui une d&#233;rive de plus vers la personnalisation &#224; outrance de nos figures publiques.  L&amp;rsquo;entretien que Pierre Nora a accord&#233; &#224; Fran&#231;ois Busnel sur les ondes de France Inter , le 25 janvier dernier, m&#233;rite pourtant d&amp;rsquo;&#234;tre salu&#233; comme un mod&#232;le du genre. Autant pour ce qu&amp;rsquo;il r&#233;v&#232;le de la pudeur de l&amp;rsquo;&#233;diteur phare de la maison Gallimard que du talent de Fran&#231;ois Busnel &#224; l&amp;rsquo;emmener vers un terrain glissant, intime, pr&#233;cis&#233;ment impudique. Nous avons assez d&#233;plor&#233; sur ce site l&amp;rsquo;entreprise d&amp;rsquo;autoglorification orchestr&#233;e par Pierre Nora &#224; l&amp;rsquo;occasion de la double parution d&amp;rsquo;  Historien public   et de   Pr&#233;sent, nation, m&#233;moire   l&amp;rsquo;ann&#233;e du centenaire de Gallimard. Qu&amp;rsquo;allait donc faire Pierre Nora sur France Inter plus de trois mois apr&#232;s la sortie de ces deux ouvrages si ce n&amp;rsquo;est poursuivre cette entreprise, &#233;tait-on en droit de se demander ? Somme toute, le personnage est moins int&#233;ressant comme monument vivant du monde intellectuel fran&#231;ais que comme t&#233;moin d&amp;rsquo;un si&#232;cle qui lui laisse de profondes fissures biographiques. Et Fran&#231;ois Busnel a r&#233;ussi l&amp;rsquo;exploit de l&amp;rsquo;amener &#224; creuser ces fissures en l&amp;rsquo;interrogeant sur une p&#233;riode qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;&#233;voque jamais, les vingt premi&#232;res ann&#233;es de sa vie. &#13;&#10; Pierre Nora passa l&amp;rsquo;essentiel de la guerre dans un coll&#232;ge &#224; Villard-de-Lans, o&#249; ses deux fr&#232;res a&#238;n&#233;s le laiss&#232;rent avant de prendre le maquis dans le Vercors. Il put &#233;chapper  in extremis  &#224; la traque de la Gestapo en 1944, avec l&amp;rsquo;aide du directeur de l&amp;rsquo;&#233;tablissement. Son p&#232;re chirurgien, Gaston, rest&#233; &#224; Paris, dut son salut au commissaire g&#233;n&#233;ral aux questions juives,  Xavier Vallat . &quot;Comment se fait-il que votre p&#232;re, Gaston Nora, ait t&#233;moign&#233; en faveur de Xavier Vallat, commissaire g&#233;n&#233;ral aux questions juives, &#224; son proc&#232;s apr&#232;s la guerre ?&quot; demande Fran&#231;ois Busnel dans cette &#233;mission. Et Nora de r&#233;v&#233;ler cette histoire extraordinaire. Son p&#232;re avait &#233;t&#233; d&#233;cor&#233; lors de la Premi&#232;re Guerre mondiale pour avoir sauv&#233; un soldat bless&#233; au front, qui n&amp;rsquo;&#233;tait autre que&amp;hellip; Xavier Vallat. Si celui-ci voua &#224; Gaston Nora une gratitude imp&#233;rissable, les deux hommes se brouill&#232;rent lorsque Vallat devint d&#233;put&#233; antis&#233;mite dans les ann&#233;es 1930. Ils ne se revirent qu&amp;rsquo;en 1940, lorsque le nouveau commissaire g&#233;n&#233;ral aux questions juives demanda &#224; Gaston Nora de devenir chef de ce qui allait devenir l&amp;rsquo;Union g&#233;n&#233;rale des isra&#233;lites de France en 1940. Il refusa. Son rempla&#231;ant fut d&#233;port&#233; avec toute sa famille un peu plus tard. Vallat ne lui en tint pas rigueur puisqu&amp;rsquo;au moment il dut c&#233;der son poste &#224; Louis Darquier de Pellepoix, en mai 1942, il le pr&#233;vint de la pr&#233;paration de plusieurs rafles et lui conseilla de quitter Paris pour rejoindre la zone libre. &#13;&#10; En 1947, Gaston Nora, qui avait retrouv&#233; ses trois fils sains et saufs, fit face au pire des dilemmes : devait-il aller t&#233;moigner en faveur de Vallat, qui l&amp;rsquo;avait cit&#233; &#224; son proc&#232;s comme t&#233;moin &#224; d&#233;charge ? Il d&#233;cida de s&amp;rsquo;y rendre pour faire une d&#233;claration &quot;d&amp;rsquo;ancien combattant&quot;  1 , centr&#233;e sur la Premi&#232;re Guerre mondiale. Sauf qu&amp;rsquo;il fit une d&#233;claration qui contribua indirectement &#224; faire condamner Xavier Vallat &#224; dix ans d'emprisonnement et &#224; l'indignit&#233; nationale &#224; vie. Ce dernier lui avait en effet livr&#233; des informations sur la rafle du V&#233;l&amp;rsquo; d&amp;rsquo;Hiv&amp;rsquo;, ce qui permit au r&#233;seau de r&#233;sistance auquel il appartenait d&amp;rsquo;avertir plusieurs familles juives. Toute la ligne de d&#233;fense de Vallat, qui reposait sur le fait qu&amp;rsquo;il ignorait l&amp;rsquo;organisation de cette rafle, s&amp;rsquo;effondrait d&amp;rsquo;un seul coup. Un bel exemple d&amp;rsquo;ironie de l&amp;rsquo;histoire que Pierre Nora a promis d&amp;rsquo;&#233;crire, enfin : &quot;Mon prochain livre s&amp;rsquo;appellera  Historien priv&#233;  et il racontera ma vie personnelle !&quot;. &#13;&#10; Lorsqu&amp;rsquo;on entend le t&#233;moignage suivant, on ne peut que l&amp;rsquo;attendre avec impatience : &quot;Le vrai choc pour moi a &#233;t&#233; le retour &#224; la vie normale. Quand vous avez vu effectivement des paysans pendus &#224; leurs chambranles par leurs propres tripes sous les couteaux de jeunes ukrainiens engag&#233;s dans l&amp;rsquo;arm&#233;e allemande, et que vous revenez trois mois plus tard au lyc&#233;e Carnot et dans une famille o&#249; il y a un valet de chambre qui sert &#224; table et o&#249; il manque simplement quelques membres de la famille qui sont morts ici ou l&#224;, il y a en effet un d&#233;calage complet entre ce que vous avez v&#233;cu et la vie normale.&quot; . &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;  A lire sur nonfiction.fr :&#160;  &#13;&#10; - Fran&#231;ois Dosse,   Pierre Nora, homo historicus  , par Vincent Chambarlhac.&#160; &#13;&#10; - &quot; Avec Pierre Nora, retour sur les 30 ans du  D&#233;bat  &quot;, par Fran&#231;ois Quinton et Pierre Testard.&#160;   Notes :  1 - d&amp;rsquo;apr&#232;s les termes de son fils </description>
         <pubDate>02/07/12 15:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5463-lhistoire_privee_de_pierre_nora.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>L&rsquo;art de l&rsquo;entretien radiophonique est souvent sous-estim&eacute;. Beaucoup y voient aujourd&rsquo;hui une d&eacute;rive de plus vers la personnalisation &agrave; outrance de nos figures publiques. <a href="http://www.franceinter.fr/emission-le-grand-entretien-pierre-nora">L&rsquo;entretien que Pierre Nora a accord&eacute; &agrave; Fran&ccedil;ois Busnel sur les ondes de France Inter</a>, le 25 janvier dernier, m&eacute;rite pourtant d&rsquo;&ecirc;tre salu&eacute; comme un mod&egrave;le du genre. Autant pour ce qu&rsquo;il r&eacute;v&egrave;le de la pudeur de l&rsquo;&eacute;diteur phare de la maison Gallimard que du talent de Fran&ccedil;ois Busnel &agrave; l&rsquo;emmener vers un terrain glissant, intime, pr&eacute;cis&eacute;ment impudique. Nous avons assez d&eacute;plor&eacute; sur ce site l&rsquo;entreprise d&rsquo;autoglorification orchestr&eacute;e par Pierre Nora &agrave; l&rsquo;occasion de la double parution d&rsquo;<em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5228-le_sacre_de_pierre_nora.htm">Historien public</a></em> et de <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5227-retour_sur_les_lieux_de_memoire.htm">Pr&eacute;sent, nation, m&eacute;moire</a></em> l&rsquo;ann&eacute;e du centenaire de Gallimard. Qu&rsquo;allait donc faire Pierre Nora sur France Inter plus de trois mois apr&egrave;s la sortie de ces deux ouvrages si ce n&rsquo;est poursuivre cette entreprise, &eacute;tait-on en droit de se demander ? Somme toute, le personnage est moins int&eacute;ressant comme monument vivant du monde intellectuel fran&ccedil;ais que comme t&eacute;moin d&rsquo;un si&egrave;cle qui lui laisse de profondes fissures biographiques. Et Fran&ccedil;ois Busnel a r&eacute;ussi l&rsquo;exploit de l&rsquo;amener &agrave; creuser ces fissures en l&rsquo;interrogeant sur une p&eacute;riode qu&rsquo;il n&rsquo;&eacute;voque jamais, les vingt premi&egrave;res ann&eacute;es de sa vie.</p>
<p>Pierre Nora passa l&rsquo;essentiel de la guerre dans un coll&egrave;ge &agrave; Villard-de-Lans, o&ugrave; ses deux fr&egrave;res a&icirc;n&eacute;s le laiss&egrave;rent avant de prendre le maquis dans le Vercors. Il put &eacute;chapper <em>in extremis</em> &agrave; la traque de la Gestapo en 1944, avec l&rsquo;aide du directeur de l&rsquo;&eacute;tablissement. Son p&egrave;re chirurgien, Gaston, rest&eacute; &agrave; Paris, dut son salut au commissaire g&eacute;n&eacute;ral aux questions juives, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Xavier_Vallat">Xavier Vallat</a>. &quot;Comment se fait-il que votre p&egrave;re, Gaston Nora, ait t&eacute;moign&eacute; en faveur de Xavier Vallat, commissaire g&eacute;n&eacute;ral aux questions juives, &agrave; son proc&egrave;s apr&egrave;s la guerre ?&quot; demande Fran&ccedil;ois Busnel dans cette &eacute;mission. Et Nora de r&eacute;v&eacute;ler cette histoire extraordinaire. Son p&egrave;re avait &eacute;t&eacute; d&eacute;cor&eacute; lors de la Premi&egrave;re Guerre mondiale pour avoir sauv&eacute; un soldat bless&eacute; au front, qui n&rsquo;&eacute;tait autre que&hellip; Xavier Vallat. Si celui-ci voua &agrave; Gaston Nora une gratitude imp&eacute;rissable, les deux hommes se brouill&egrave;rent lorsque Vallat devint d&eacute;put&eacute; antis&eacute;mite dans les ann&eacute;es 1930. Ils ne se revirent qu&rsquo;en 1940, lorsque le nouveau commissaire g&eacute;n&eacute;ral aux questions juives demanda &agrave; Gaston Nora de devenir chef de ce qui allait devenir l&rsquo;Union g&eacute;n&eacute;rale des isra&eacute;lites de France en 1940. Il refusa. Son rempla&ccedil;ant fut d&eacute;port&eacute; avec toute sa famille un peu plus tard. Vallat ne lui en tint pas rigueur puisqu&rsquo;au moment il dut c&eacute;der son poste &agrave; Louis Darquier de Pellepoix, en mai 1942, il le pr&eacute;vint de la pr&eacute;paration de plusieurs rafles et lui conseilla de quitter Paris pour rejoindre la zone libre.</p>
<p>En 1947, Gaston Nora, qui avait retrouv&eacute; ses trois fils sains et saufs, fit face au pire des dilemmes : devait-il aller t&eacute;moigner en faveur de Vallat, qui l&rsquo;avait cit&eacute; &agrave; son proc&egrave;s comme t&eacute;moin &agrave; d&eacute;charge ? Il d&eacute;cida de s&rsquo;y rendre pour faire une d&eacute;claration &quot;d&rsquo;ancien combattant&quot; <sup>1</sup>, centr&eacute;e sur la Premi&egrave;re Guerre mondiale. Sauf qu&rsquo;il fit une d&eacute;claration qui contribua indirectement &agrave; faire condamner Xavier Vallat &agrave; dix ans d'emprisonnement et &agrave; l'indignit&eacute; nationale &agrave; vie. Ce dernier lui avait en effet livr&eacute; des informations sur la rafle du V&eacute;l&rsquo; d&rsquo;Hiv&rsquo;, ce qui permit au r&eacute;seau de r&eacute;sistance auquel il appartenait d&rsquo;avertir plusieurs familles juives. Toute la ligne de d&eacute;fense de Vallat, qui reposait sur le fait qu&rsquo;il ignorait l&rsquo;organisation de cette rafle, s&rsquo;effondrait d&rsquo;un seul coup. Un bel exemple d&rsquo;ironie de l&rsquo;histoire que Pierre Nora a promis d&rsquo;&eacute;crire, enfin : &quot;Mon prochain livre s&rsquo;appellera <em>Historien priv&eacute;</em> et il racontera ma vie personnelle !&quot;.</p>
<p>Lorsqu&rsquo;on entend le t&eacute;moignage suivant, on ne peut que l&rsquo;attendre avec impatience : &quot;Le vrai choc pour moi a &eacute;t&eacute; le retour &agrave; la vie normale. Quand vous avez vu effectivement des paysans pendus &agrave; leurs chambranles par leurs propres tripes sous les couteaux de jeunes ukrainiens engag&eacute;s dans l&rsquo;arm&eacute;e allemande, et que vous revenez trois mois plus tard au lyc&eacute;e Carnot et dans une famille o&ugrave; il y a un valet de chambre qui sert &agrave; table et o&ugrave; il manque simplement quelques membres de la famille qui sont morts ici ou l&agrave;, il y a en effet un d&eacute;calage complet entre ce que vous avez v&eacute;cu et la vie normale.&quot; .</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>A lire sur nonfiction.fr :&nbsp;</strong></p>
<p>- Fran&ccedil;ois Dosse, <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-4515-lediteur.htm">Pierre Nora, homo historicus</a></em>, par Vincent Chambarlhac.&nbsp;</p>
<p>- &quot;<a href="http://www.nonfiction.fr/article-5070-avec_pierre_nora_retour_sur_les_30_ans_du_debat.htm">Avec Pierre Nora, retour sur les 30 ans du <em>D&eacute;bat</em></a>&quot;, par Fran&ccedil;ois Quinton et Pierre Testard.&nbsp;</p><br /><b>Notes :</b><br />1 - d&rsquo;apr&egrave;s les termes de son fils<br /> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>&quot;Building&quot; ou le retour des n&#233;o-conservateurs </title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5462-building_ou_le_retour_des_neo_conservateurs.htm</link>
         <description> La derni&#232;re n&#233;e des revues fran&#231;aises s&amp;rsquo;appelle  Building .  Publi&#233;e par les &#233;ditions Armand Colin &#224; une fr&#233;quence bimestrielle, elle sort demain son  premier num&#233;ro  : &quot; Construire librement sa pens&#233;e &quot;. &#13;&#10;  Building  entend participer au grand chantier du d&#233;bat d&amp;rsquo;id&#233;es politiques et culturelles en y apportant du sang neuf gr&#226;ce &#224; une &#233;quipe form&#233;e de jeunes journalistes et en s&amp;rsquo;int&#233;ressant &#224; des sujets souvent boud&#233;s (voir diabolis&#233;s) par les revues intellectuelles plus traditionnelles, au premier rang desquels la r&#233;volution num&#233;rique. L&amp;rsquo;architecture de la revue, d&#233;j&#224; bien d&#233;finie, n&amp;rsquo;offre pour autant aucune r&#233;volution majeure, hormis ce dialogue entre deux intellectuels intitul&#233; &quot; ping-pong &quot;. En effet, elle est compos&#233;e de mani&#232;re classique d&amp;rsquo;un dossier central sur un th&#232;me d&amp;rsquo;actualit&#233; et de rubriques &quot; analyse &quot; et &quot; entretien&quot;. &#13;&#10; C&amp;rsquo;est avant tout la ligne &#233;ditoriale qui fait de Building un objet original. Cette ligne ne pose ainsi ni limites th&#233;matiques, ni limites disciplinaires mais propose comme d&#233;nominateur commun aux articles, une lutte partag&#233;e contre &quot; le pessimisme ambiant &quot;. &#13;&#10; Se pose alors la question de l&amp;rsquo;engagement de la revue dont le directeur de publication, Michel Taubmann, avant de faire para&#238;tre la biographie de DSK,  Le roman vrai de Dominique Strauss-Kahn  1  s&amp;rsquo;est illustr&#233; dans la cr&#233;ation du Club de l&amp;rsquo;Oratoire,(2003) proche des n&#233;oconservateurs am&#233;ricains, puis de sa revue associ&#233;e,  Le meilleur des mondes &#160;(2006). On retiendra ainsi, de son interview offerte en guise de dossier de presse annon&#231;ant la parution de  Building , la prise de position en faveur d&amp;rsquo;un individualisme lib&#233;ral &amp;ndash; venant se mat&#233;rialiser dans la revue par la place majeure accord&#233;e aux personnalit&#233;s qui y livrent des entretiens &amp;ndash; et &quot; d&amp;rsquo;une pens&#233;e universaliste &quot;, dont il serait inutile de rappeler encore les d&#233;rives auxquelles elle a pu pr&#234;ter au cours de l&amp;rsquo;histoire. La liste des intellectuels invit&#233;s &#224; participer &#224; ce premier num&#233;ro, dans laquelle on retrouve Pascal Bruckner, Fr&#233;d&#233;ric Encel ou Bruno Tertrais, vient renforcer les doutes quant &#224; l&amp;rsquo;orientation n&#233;oconservatrice de cette nouvelle revue. &#13;&#10;&#160;   Notes :  1 - Les Editions du Moment, 2011 </description>
         <pubDate>02/07/12 14:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5462-building_ou_le_retour_des_neo_conservateurs.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>La derni&egrave;re n&eacute;e des revues fran&ccedil;aises s&rsquo;appelle <em>Building</em>.  Publi&eacute;e par les &eacute;ditions Armand Colin &agrave; une fr&eacute;quence bimestrielle, elle sort demain son <a href="http://fr.calameo.com/read/00069027215ad88c50cbe">premier num&eacute;ro</a> : &quot; Construire librement sa pens&eacute;e &quot;.</p>
<p><em>Building</em> entend participer au grand chantier du d&eacute;bat d&rsquo;id&eacute;es politiques et culturelles en y apportant du sang neuf gr&acirc;ce &agrave; une &eacute;quipe form&eacute;e de jeunes journalistes et en s&rsquo;int&eacute;ressant &agrave; des sujets souvent boud&eacute;s (voir diabolis&eacute;s) par les revues intellectuelles plus traditionnelles, au premier rang desquels la r&eacute;volution num&eacute;rique. L&rsquo;architecture de la revue, d&eacute;j&agrave; bien d&eacute;finie, n&rsquo;offre pour autant aucune r&eacute;volution majeure, hormis ce dialogue entre deux intellectuels intitul&eacute; &quot; ping-pong &quot;. En effet, elle est compos&eacute;e de mani&egrave;re classique d&rsquo;un dossier central sur un th&egrave;me d&rsquo;actualit&eacute; et de rubriques &quot; analyse &quot; et &quot; entretien&quot;.</p>
<p>C&rsquo;est avant tout la ligne &eacute;ditoriale qui fait de Building un objet original. Cette ligne ne pose ainsi ni limites th&eacute;matiques, ni limites disciplinaires mais propose comme d&eacute;nominateur commun aux articles, une lutte partag&eacute;e contre &quot; le pessimisme ambiant &quot;.</p>
<p>Se pose alors la question de l&rsquo;engagement de la revue dont le directeur de publication, Michel Taubmann, avant de faire para&icirc;tre la biographie de DSK, <em>Le roman vrai de Dominique Strauss-Kahn</em><sup>1</sup> s&rsquo;est illustr&eacute; dans la cr&eacute;ation du Club de l&rsquo;Oratoire,(2003) proche des n&eacute;oconservateurs am&eacute;ricains, puis de sa revue associ&eacute;e, <em>Le meilleur des mondes</em>&nbsp;(2006). On retiendra ainsi, de son interview offerte en guise de dossier de presse annon&ccedil;ant la parution de <em>Building</em>, la prise de position en faveur d&rsquo;un individualisme lib&eacute;ral &ndash; venant se mat&eacute;rialiser dans la revue par la place majeure accord&eacute;e aux personnalit&eacute;s qui y livrent des entretiens &ndash; et &quot; d&rsquo;une pens&eacute;e universaliste &quot;, dont il serait inutile de rappeler encore les d&eacute;rives auxquelles elle a pu pr&ecirc;ter au cours de l&rsquo;histoire. La liste des intellectuels invit&eacute;s &agrave; participer &agrave; ce premier num&eacute;ro, dans laquelle on retrouve Pascal Bruckner, Fr&eacute;d&eacute;ric Encel ou Bruno Tertrais, vient renforcer les doutes quant &agrave; l&rsquo;orientation n&eacute;oconservatrice de cette nouvelle revue.<br />
&nbsp;</p><br /><b>Notes :</b><br />1 - Les Editions du Moment, 2011<br /> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Le d&#238;ner du CRIF : entre fantasmes et r&#233;alit&#233;s. Interview de Samuel Ghiles-Meilhac</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5460-le_diner_du_crif__entre_fantasmes_et_realites_interview_de_samuel_ghiles_meilhac.htm</link>
         <description>  *Samuel Ghiles-Meilhac est enseignant &#224; l'IEP de Lille et de Paris. Il est l'auteur de :    Le CRIF. De la R&#233;sistance juive &#224; la tentation du lobby (Paris, Robert Laffont, 2011)   &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;   Nonfiction. fr -    Comment justifiez-vous la reconnaissance quasi unanime qui entoure le d&#238;ner CRIF dans la majorit&#233; de la classe politique ?  &#13;&#10;  &#13;&#10; Samuel Ghiles-Meilhac -  Justifier ou expliquer ? Mon r&#244;le est de comprendre ce qui se joue et non de porter un jugement favorable ou n&#233;gatif sur un ph&#233;nom&#232;ne. Si l&amp;rsquo;on reprend revient &#224; 1985, quand Th&#233;o Klein propose &#224; Laurent Fabius de participer &#224; un d&#238;ner, il souhaite mettre en place une rencontre publique entre les institutions juives, organis&#233;es  au sein du CRIF, et le pouvoir politique. La premi&#232;re &#233;dition du d&#238;ner rassemble une cinquantaine de personnes dans un salon du S&#233;nat. Qu'est ce qui explique qu'au fil des ann&#233;es, cette rencontre devenue un rituel, rassemble un public toujours plus large, du ministre du logement &#224; l'ambassadeur de Tunisie en passant par le repr&#233;sentant de la conf&#233;rence des &#233;v&#234;ques de France ? &#13;&#10; Le CRIF se constitue dans la clandestinit&#233; &#224; la fin de l' ann&#233;e 1943 . Sans cet &#233;l&#233;ment de contexte historique il n'est pas possible de comprendre l'engouement politique pour ce d&#238;ner depuis les ann&#233;es 1990. La Shoah joue un r&#244;le important dans le discours politique europ&#233;en aujourd'hui. Nicole Lapierre la d&#233;finit comme un &quot;cadre r&#233;f&#233;rentiel&quot; en France. C'est autour de la m&#233;moire des Juifs disparus, qui en France, va avec la culpabilit&#233; li&#233;e aux autorit&#233;s de Vichy et la reconnaissance du r&#244;le jou&#233; par les Justes, que se rassemblent les personnalit&#233;s politiques se rendant au CRIF, l&#224; o&#249; Alain Jupp&#233; a annonc&#233; en 1997 la mise en place de la mission d&amp;rsquo;&#233;tude sur la spoliation des Juifs en France. Cela explique, par exemple, la pr&#233;sence du pr&#233;sident de la SNCF. On peut aussi y voir le sens de la pr&#233;sence de membres de l'&#201;glise catholique comme de l'ambassadeur de Pologne. Comme l'&#233;crit Tony Judt dans Apr&#232;s Guerre  1 , l'Europe s'est aussi r&#233;concili&#233;e depuis vingt ans autour d'une m&#233;moire commune : celle du g&#233;nocide contre les Juifs. &#13;&#10; La dimension internationale tient aussi au r&#244;le historique de la France au Moyen-Orient. Viennent donc, au gr&#233; du processus de paix isra&#233;lo-arabe, des ambassadeurs de pays arabes qui voient dans ce rassemblement organis&#233; par une organisation juive, un acc&#232;s symbolique &#224; Isra&#235;l. En 1999 l'ambassadeur d'Alg&#233;rie s'y rend dans le cadre d'un rapprochement qui s'esquisse avec l'&#201;tat h&#233;breu.   On voit que c'est une occasion investie par des enjeux tr&#232;s diff&#233;rents et que des acteurs politiques tr&#232;s diff&#233;rents peuvent s'y rendre avec des objectifs qui ne se rencontrent pas forc&#233;ment. &#13;&#10; Enfin, il faut relativiser cette image qui fait du d&#238;ner un lieu de consensus permanent o&#249; se rendait tout le personnel politique. Le Front national n'y a jamais &#233;t&#233; invit&#233; Les Verts et les Communistes n'y sont plus convi&#233;s depuis trois ans. Enfin, on oublie que sous la cohabitation de 1997 &#224; 2002, certains t&#233;nors de la droite, comme Philippe Seguin, pratiquent la politique de la chaise vide en estimant alors que le premier Ministre socialiste utilise le d&#238;ner comme une tribune partisane. &#13;&#10;   Nonfiction -    Dans quelle mesure le CRIF est-il devenu le lobby d&amp;rsquo;une communaut&#233; dans un pays r&#233;publicain comme le n&#244;tre ?  &#13;&#10;  &#13;&#10; Samuel Ghiles-Meilhac - &#160;&#160;Le CRIF m&#232;ne des actions qui sont celles d'un groupe d'int&#233;r&#234;t. L&#224; encore, il faut r&#233;fl&#233;chir aux repr&#233;sentations que l'on met derri&#232;re les mots : si lobby implique une toute puissance politique et financi&#232;re, alors cet usage du terme emp&#234;che toute r&#233;flexion.  Je consacre un chapitre entier &#224; la question des moyens financiers et mat&#233;riels du CRIF (bien peu de chose r&#233;alit&#233;) et de son &#233;ventuelle influence politique qui est al&#233;atoire. Un exemple r&#233;cent qui montre que la comparaison avec le lobby am&#233;ricain AIPAC (  American Israel Political Affairs Committee   ). Les institutions juives ont constat&#233; lors impuissance lorsque la France vote en faveur de l&amp;rsquo;adh&#233;sion de la Palestine &#224; l&amp;rsquo;Unesco. La force symbolique du CRIF tient dans le fait que, pour une majorit&#233; du personnel politique comme de la presse, son pr&#233;sident est per&#231;u comme l'interlocuteur juif et l&amp;rsquo;incarnation d&amp;rsquo;un chapitre fondamental de l&amp;rsquo;histoire nationale. &#13;&#10;  &#13;&#10;  Nonfiction. fr -&#160;   &#160;Comment qualifier l&amp;rsquo;influence du d&#238;ner du CRIF dans la politique int&#233;rieure de la France ?  &#13;&#10;  &#13;&#10; Samuel Ghiles-Meilhac - &#160;Si le pouvoir politique, le premier Ministre, le Pr&#233;sident de la R&#233;publique depuis 2008 et des membres du gouvernement et de l'opposition s'y rendent, c'est bien qu'ils pensent y avoir un int&#233;r&#234;t.  Le d&#238;ner, qui rev&#234;t aussi les fonctions d&amp;rsquo;un rendez-vous mondain o&#249; des &#233;changes politiques informels peuvent se d&#233;rouler, est aussi devenu une tribune permettant de s'exprimer sur des enjeux politiques forts, m&#234;me quand ils ne concernent pas directement les Juifs. Ainsi, en 2000, c'est au d&#238;ner du CRIF que Lionel Jospin parle d'un n&#233;cessaire &quot;devoir de v&#233;rit&#233; &quot; sur la guerre d'Alg&#233;rie. En 2008, Nicolas Sarkozy y d&#233;veloppe son concept de &quot;la&#239;cit&#233; positive &quot;. Pour le CRIF, le diner offre une occasion unique de diffuser un discours politique, notamment pour exprimer un soutien politique &#224; Isra&#235;l. &#13;&#10;  &#13;&#10;  Nonfiction. fr -   &#160;Que peut-on attendre de la pr&#233;sence du candidat-pr&#233;sident de la R&#233;publique au d&#238;ner du CRIF ce mercredi 8 f&#233;vrier ?  &#13;&#10;  &#13;&#10; Samuel Ghiles-Meilhac - &#160;&#160;De 1985 &#224; 2007, le premier Ministre y pronon&#231;ait un discours. Nicolas Sarkozy a b&#233;n&#233;fici&#233;, au d&#233;but de son mandat, d'une tr&#232;s forte popularit&#233; dans la communaut&#233; juive organis&#233;e. Il est alors per&#231;u comme plus proche d'Isra&#235;l que Jacques Chirac et ayant d&#233;ploy&#233; une grande &#233;nergie &#224; lutter contre l'antis&#233;mitisme quand la gauche a eu des difficult&#233;s &#224; convaincre sur ce th&#232;me aux d&#233;buts des ann&#233;es 2000. Le CRIF d&#233;cide d&amp;rsquo;en faire son invit&#233; &#224; partir de 2008 et le d&#238;ner prend une autre dimension. A quelques semaines de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, ce dispositif est maintenu, cela malgr&#233; des d&#233;bats en interne. Alors pourquoi est-ce qu'une si imposante d&#233;l&#233;gation de cette organisation est all&#233;e voir le candidat socialiste  Fran&#231;ois Hollande   ? Ce n'est pas qu'une visite de courtoisie. L'histoire des relations entre les communaut&#233;s juives et le pouvoir se r&#233;sume &#224; une question : est-ce que celui ou celle qui est ou sera au pouvoir peut prot&#233;ger les Juifs ? Ce rapport &#224; l'&#201;tat est fondamental pour un groupe minoritaire. En allant voir Fran&#231;ois Hollande, les membres du CRIF, qui lisent les sondages comme tout le monde, ne veulent pas insulter l'avenir et certains sont bien conscients qu&amp;rsquo;ils sont apparus ces derni&#232;res ann&#233;es comme des soutiens r&#233;guliers du pr&#233;sident de la R&#233;publique.   Notes :  1 - Tony Judt, Apr&#232;s guerre: Une histoire de l'Europe depuis 1945, Paris, Armand Colin, 2007 </description>
         <pubDate>02/07/12 11:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5460-le_diner_du_crif__entre_fantasmes_et_realites_interview_de_samuel_ghiles_meilhac.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p><strong>*Samuel Ghiles-Meilhac est enseignant &agrave; l'IEP de Lille et de Paris. Il est l'auteur de : </strong><em><strong>Le CRIF. De la R&eacute;sistance juive &agrave; la tentation du lobby (Paris, Robert Laffont, 2011)</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em><strong>Nonfiction. fr -</strong></em> <em>Comment justifiez-vous la reconnaissance quasi unanime qui entoure le d&icirc;ner CRIF dans la majorit&eacute; de la classe politique ?</em></p>
<p><br />
<strong>Samuel Ghiles-Meilhac - </strong>Justifier ou expliquer ? Mon r&ocirc;le est de comprendre ce qui se joue et non de porter un jugement favorable ou n&eacute;gatif sur un ph&eacute;nom&egrave;ne. Si l&rsquo;on reprend revient &agrave; 1985, quand Th&eacute;o Klein propose &agrave; Laurent Fabius de participer &agrave; un d&icirc;ner, il souhaite mettre en place une rencontre publique entre les institutions juives, organis&eacute;es  au sein du CRIF, et le pouvoir politique. La premi&egrave;re &eacute;dition du d&icirc;ner rassemble une cinquantaine de personnes dans un salon du S&eacute;nat. Qu'est ce qui explique qu'au fil des ann&eacute;es, cette rencontre devenue un rituel, rassemble un public toujours plus large, du ministre du logement &agrave; l'ambassadeur de Tunisie en passant par le repr&eacute;sentant de la conf&eacute;rence des &eacute;v&ecirc;ques de France ?</p>
<p>Le CRIF se constitue dans la clandestinit&eacute; &agrave; la fin de l'<a href="http:// http://bcrfj.revues.org/index6178.html">ann&eacute;e 1943</a>. Sans cet &eacute;l&eacute;ment de contexte historique il n'est pas possible de comprendre l'engouement politique pour ce d&icirc;ner depuis les ann&eacute;es 1990. La Shoah joue un r&ocirc;le important dans le discours politique europ&eacute;en aujourd'hui. Nicole Lapierre la d&eacute;finit comme un &quot;cadre r&eacute;f&eacute;rentiel&quot; en France. C'est autour de la m&eacute;moire des Juifs disparus, qui en France, va avec la culpabilit&eacute; li&eacute;e aux autorit&eacute;s de Vichy et la reconnaissance du r&ocirc;le jou&eacute; par les Justes, que se rassemblent les personnalit&eacute;s politiques se rendant au CRIF, l&agrave; o&ugrave; Alain Jupp&eacute; a annonc&eacute; en 1997 la mise en place de la mission d&rsquo;&eacute;tude sur la spoliation des Juifs en France. Cela explique, par exemple, la pr&eacute;sence du pr&eacute;sident de la SNCF. On peut aussi y voir le sens de la pr&eacute;sence de membres de l'&Eacute;glise catholique comme de l'ambassadeur de Pologne. Comme l'&eacute;crit Tony Judt dans Apr&egrave;s Guerre <sup>1</sup>, l'Europe s'est aussi r&eacute;concili&eacute;e depuis vingt ans autour d'une m&eacute;moire commune : celle du g&eacute;nocide contre les Juifs.</p>
<p>La dimension internationale tient aussi au r&ocirc;le historique de la France au Moyen-Orient. Viennent donc, au gr&eacute; du processus de paix isra&eacute;lo-arabe, des ambassadeurs de pays arabes qui voient dans ce rassemblement organis&eacute; par une organisation juive, un acc&egrave;s symbolique &agrave; Isra&euml;l. En 1999 l'ambassadeur d'Alg&eacute;rie s'y rend dans le cadre d'un rapprochement qui s'esquisse avec l'&Eacute;tat h&eacute;breu.   On voit que c'est une occasion investie par des enjeux tr&egrave;s diff&eacute;rents et que des acteurs politiques tr&egrave;s diff&eacute;rents peuvent s'y rendre avec des objectifs qui ne se rencontrent pas forc&eacute;ment.</p>
<p>Enfin, il faut relativiser cette image qui fait du d&icirc;ner un lieu de consensus permanent o&ugrave; se rendait tout le personnel politique. Le Front national n'y a jamais &eacute;t&eacute; invit&eacute; Les Verts et les Communistes n'y sont plus convi&eacute;s depuis trois ans. Enfin, on oublie que sous la cohabitation de 1997 &agrave; 2002, certains t&eacute;nors de la droite, comme Philippe Seguin, pratiquent la politique de la chaise vide en estimant alors que le premier Ministre socialiste utilise le d&icirc;ner comme une tribune partisane.</p>
<p><strong><em>Nonfiction -</em></strong> <em>Dans quelle mesure le CRIF est-il devenu le lobby d&rsquo;une communaut&eacute; dans un pays r&eacute;publicain comme le n&ocirc;tre ?</em></p>
<p><br />
<strong>Samuel Ghiles-Meilhac -</strong>&nbsp;&nbsp;Le CRIF m&egrave;ne des actions qui sont celles d'un groupe d'int&eacute;r&ecirc;t. L&agrave; encore, il faut r&eacute;fl&eacute;chir aux repr&eacute;sentations que l'on met derri&egrave;re les mots : si lobby implique une toute puissance politique et financi&egrave;re, alors cet usage du terme emp&ecirc;che toute r&eacute;flexion.  Je consacre un chapitre entier &agrave; la question des moyens financiers et mat&eacute;riels du CRIF (bien peu de chose r&eacute;alit&eacute;) et de son &eacute;ventuelle influence politique qui est al&eacute;atoire. Un exemple r&eacute;cent qui montre que la comparaison avec le lobby am&eacute;ricain AIPAC ( <a href="http://www.nonfiction.fr/article-335-une_inquietude_legitime.htm">American Israel Political Affairs Committee</a>  ). Les institutions juives ont constat&eacute; lors impuissance lorsque la France vote en faveur de l&rsquo;adh&eacute;sion de la Palestine &agrave; l&rsquo;Unesco. La force symbolique du CRIF tient dans le fait que, pour une majorit&eacute; du personnel politique comme de la presse, son pr&eacute;sident est per&ccedil;u comme l'interlocuteur juif et l&rsquo;incarnation d&rsquo;un chapitre fondamental de l&rsquo;histoire nationale.</p>
<p><br />
<strong><em>Nonfiction. fr -&nbsp;</em></strong><em>&nbsp;Comment qualifier l&rsquo;influence du d&icirc;ner du CRIF dans la politique int&eacute;rieure de la France ?</em></p>
<p><br />
<strong>Samuel Ghiles-Meilhac -</strong>&nbsp;Si le pouvoir politique, le premier Ministre, le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique depuis 2008 et des membres du gouvernement et de l'opposition s'y rendent, c'est bien qu'ils pensent y avoir un int&eacute;r&ecirc;t.  Le d&icirc;ner, qui rev&ecirc;t aussi les fonctions d&rsquo;un rendez-vous mondain o&ugrave; des &eacute;changes politiques informels peuvent se d&eacute;rouler, est aussi devenu une tribune permettant de s'exprimer sur des enjeux politiques forts, m&ecirc;me quand ils ne concernent pas directement les Juifs. Ainsi, en 2000, c'est au d&icirc;ner du CRIF que Lionel Jospin parle d'un n&eacute;cessaire &quot;devoir de v&eacute;rit&eacute; &quot; sur la guerre d'Alg&eacute;rie. En 2008, Nicolas Sarkozy y d&eacute;veloppe son concept de &quot;la&iuml;cit&eacute; positive &quot;. Pour le CRIF, le diner offre une occasion unique de diffuser un discours politique, notamment pour exprimer un soutien politique &agrave; Isra&euml;l.</p>
<p><br />
<strong><em>Nonfiction. fr -</em></strong><em>&nbsp;Que peut-on attendre de la pr&eacute;sence du candidat-pr&eacute;sident de la R&eacute;publique au d&icirc;ner du CRIF ce mercredi 8 f&eacute;vrier ?</em></p>
<p><br />
<strong>Samuel Ghiles-Meilhac -</strong>&nbsp;&nbsp;De 1985 &agrave; 2007, le premier Ministre y pronon&ccedil;ait un discours. Nicolas Sarkozy a b&eacute;n&eacute;fici&eacute;, au d&eacute;but de son mandat, d'une tr&egrave;s forte popularit&eacute; dans la communaut&eacute; juive organis&eacute;e. Il est alors per&ccedil;u comme plus proche d'Isra&euml;l que Jacques Chirac et ayant d&eacute;ploy&eacute; une grande &eacute;nergie &agrave; lutter contre l'antis&eacute;mitisme quand la gauche a eu des difficult&eacute;s &agrave; convaincre sur ce th&egrave;me aux d&eacute;buts des ann&eacute;es 2000. Le CRIF d&eacute;cide d&rsquo;en faire son invit&eacute; &agrave; partir de 2008 et le d&icirc;ner prend une autre dimension. A quelques semaines de l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle, ce dispositif est maintenu, cela malgr&eacute; des d&eacute;bats en interne. Alors pourquoi est-ce qu'une si imposante d&eacute;l&eacute;gation de cette organisation est all&eacute;e voir le candidat socialiste <a href="http:// http://www.crif.org/fr/lecrifenaction/fran%C3%A7ois-hollande-re%C3%A7oit-le-crif">Fran&ccedil;ois Hollande</a>  ? Ce n'est pas qu'une visite de courtoisie. L'histoire des relations entre les communaut&eacute;s juives et le pouvoir se r&eacute;sume &agrave; une question : est-ce que celui ou celle qui est ou sera au pouvoir peut prot&eacute;ger les Juifs ? Ce rapport &agrave; l'&Eacute;tat est fondamental pour un groupe minoritaire. En allant voir Fran&ccedil;ois Hollande, les membres du CRIF, qui lisent les sondages comme tout le monde, ne veulent pas insulter l'avenir et certains sont bien conscients qu&rsquo;ils sont apparus ces derni&egrave;res ann&eacute;es comme des soutiens r&eacute;guliers du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique.</p><br /><b>Notes :</b><br />1 - Tony Judt, Apr&egrave;s guerre: Une histoire de l'Europe depuis 1945, Paris, Armand Colin, 2007<br /> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>&quot;L'id&#233;ologie du sarkozysme&quot;. Journ&#233;e d'&#233;tudes le samedi 11 f&#233;vrier</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5440-lideologie_du_sarkozysme_journee_detudes_le_samedi_11_fevrier.htm</link>
         <description> Ch&#232;res lectrices et chers lecteurs, &#13;&#10; Nonfiction.fr a pris l'initiative de rassembler une vingtaine d'intellectuels de premier plan afin de r&#233;fl&#233;chir, lors d'une journ&#233;e d'&#233;tude sp&#233;ciale organis&#233;e avec la Fondation Jean-Jaur&#232;s, le Huffington Post et les Inrockuptibles, sur &quot;L'id&#233;ologie du sarkozysme&quot;. Quels sont ses fondements intellectuels et quelle est son application politique dans des champs aussi divers que la culture, l&amp;rsquo;&#233;conomie et l&amp;rsquo;int&#233;gration ? Nous avons souhait&#233; vous inviter &#224; cette journ&#233;e sp&#233;ciale en priorit&#233;, pour vous remercier de votre fid&#233;lit&#233;. Les places &#233;tant limit&#233;es, il est recommand&#233; de s&amp;rsquo;inscrire rapidement &#224; rencontres@jean-jaures.org / 01 40 23 24 06, en pr&#233;cisant si vous serez pr&#233;sent(e) le matin et/ou l'apr&#232;s-midi. Vous trouverez le programme complet ci-dessous. &#13;&#10; Cordialement, &#13;&#10; Fr&#233;d&#233;ric Martel, directeur de la r&#233;daction, et Pierre Testard, r&#233;dacteur en chef. &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;  Nonfiction.fr, la Fondation Jean-Jaur&#232;s, le Huffington Post et les Inrockuptibles organisent une journ&#233;e d'&#233;tudes sur &quot;L'id&#233;ologie du sarkozysme&quot; :  &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;  Le samedi 11 f&#233;vrier au&#160;Palais du Luxembourg (Salle Gaston Monnerville).  &#13;&#10; &#160; &#13;&#10; 9h30 :  Accueil et introduction  (David Kessler / Gilles Finchelstein / Bariza Khiari, s&#233;natrice de Paris). &#13;&#10; 10h-11h :  Y a-t-il une id&#233;ologie du sarkozysme ?  &#13;&#10; Avec Jean Baub&#233;rot, Laurent Bouvet, Myriam Revault d&amp;rsquo;Allonnes.&#160; &#13;&#10; Animation : Fr&#233;d&#233;ric M&#233;nager-Aranyi.&#160; &#13;&#10; 11h-12h :  Le mandat pr&#233;sidentiel de Nicolas Sarkozy en perspective historique.  &#13;&#10; Avec Alain Bergounioux, Marion Fontaine, Christophe Prochasson. &#13;&#10; Animation : Emmanuel Jousse.&#160; &#13;&#10; 12h-13h :  La politique &#233;conomique de Nicolas Sarkozy.  &#13;&#10; Avec Julia Cag&#233;, Daniel Cohen, Thierry Pech. &#13;&#10; Animation : Thomas Melonio.&#160; &#13;&#10; 14h30-15h30 :  La politique d&amp;rsquo;int&#233;gration de Nicolas Sarkozy.  &#13;&#10; Avec Fr&#233;d&#233;ric Gilli, Gilles Kepel, Michel Wieviorka. &#13;&#10; Animation : Ivoa Alavoine. &#13;&#10; 15h30-16h30 :  La politique culturelle et d&amp;rsquo;&#233;ducation de Nicolas Sarkozy.  &#13;&#10; Avec Fr&#233;d&#233;ric Martel, Olivier Poivre d&amp;rsquo;Arvor et Olivier Py. &#13;&#10; Animation : Jean-Marie Durand (Les Inrocks).&#160; &#13;&#10; 16h30 :  En guise de conclusion.  &#13;&#10; Gilles Finchelstein.  &#13;&#10;  &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;  Inscriptions closes.&#160;  &#13;&#10;  Entr&#233;e du Palais du Luxembourg : 15 ter rue de Vaugirard, 75006 Paris.  </description>
         <pubDate>02/07/12 08:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5440-lideologie_du_sarkozysme_journee_detudes_le_samedi_11_fevrier.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>Ch&egrave;res lectrices et chers lecteurs,</p>
<p>Nonfiction.fr a pris l'initiative de rassembler une vingtaine d'intellectuels de premier plan afin de r&eacute;fl&eacute;chir, lors d'une journ&eacute;e d'&eacute;tude sp&eacute;ciale organis&eacute;e avec la Fondation Jean-Jaur&egrave;s, le Huffington Post et les Inrockuptibles, sur &quot;L'id&eacute;ologie du sarkozysme&quot;. Quels sont ses fondements intellectuels et quelle est son application politique dans des champs aussi divers que la culture, l&rsquo;&eacute;conomie et l&rsquo;int&eacute;gration ? Nous avons souhait&eacute; vous inviter &agrave; cette journ&eacute;e sp&eacute;ciale en priorit&eacute;, pour vous remercier de votre fid&eacute;lit&eacute;. Les places &eacute;tant limit&eacute;es, il est recommand&eacute; de s&rsquo;inscrire rapidement &agrave; rencontres@jean-jaures.org / 01 40 23 24 06, en pr&eacute;cisant si vous serez pr&eacute;sent(e) le matin et/ou l'apr&egrave;s-midi. Vous trouverez le programme complet ci-dessous.</p>
<p>Cordialement,</p>
<p>Fr&eacute;d&eacute;ric Martel, directeur de la r&eacute;daction, et Pierre Testard, r&eacute;dacteur en chef.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Nonfiction.fr, la Fondation Jean-Jaur&egrave;s, le Huffington Post et les Inrockuptibles organisent une journ&eacute;e d'&eacute;tudes sur &quot;L'id&eacute;ologie du sarkozysme&quot; :</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Le samedi 11 f&eacute;vrier au&nbsp;Palais du Luxembourg (Salle Gaston Monnerville).</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>9h30 : <strong>Accueil et introduction</strong> (David Kessler / Gilles Finchelstein / Bariza Khiari, s&eacute;natrice de Paris).</p>
<p>10h-11h : <strong>Y a-t-il une id&eacute;ologie du sarkozysme ?</strong></p>
<p>Avec Jean Baub&eacute;rot, Laurent Bouvet, Myriam Revault d&rsquo;Allonnes.&nbsp;</p>
<p>Animation : Fr&eacute;d&eacute;ric M&eacute;nager-Aranyi.&nbsp;</p>
<p>11h-12h : <strong>Le mandat pr&eacute;sidentiel de Nicolas Sarkozy en perspective historique.</strong></p>
<p>Avec Alain Bergounioux, Marion Fontaine, Christophe Prochasson.</p>
<p>Animation : Emmanuel Jousse.&nbsp;</p>
<p>12h-13h : <strong>La politique &eacute;conomique de Nicolas Sarkozy.</strong></p>
<p>Avec Julia Cag&eacute;, Daniel Cohen, Thierry Pech.</p>
<p>Animation : Thomas Melonio.&nbsp;</p>
<p>14h30-15h30 : <strong>La politique d&rsquo;int&eacute;gration de Nicolas Sarkozy.</strong></p>
<p>Avec Fr&eacute;d&eacute;ric Gilli, Gilles Kepel, Michel Wieviorka.</p>
<p>Animation : Ivoa Alavoine.</p>
<p>15h30-16h30 : <strong>La politique culturelle et d&rsquo;&eacute;ducation de Nicolas Sarkozy.</strong></p>
<p>Avec Fr&eacute;d&eacute;ric Martel, Olivier Poivre d&rsquo;Arvor et Olivier Py.</p>
<p>Animation : Jean-Marie Durand (Les Inrocks).&nbsp;</p>
<p>16h30 : <strong>En guise de conclusion.</strong></p>
<p>Gilles Finchelstein.<i><br />
</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Inscriptions closes.&nbsp;</strong></p>
<p><strong>Entr&eacute;e du Palais du Luxembourg : 15 ter rue de Vaugirard, 75006 Paris.</strong></p> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Une d&#233;centralisation inachev&#233;e</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5448-une_decentralisation_inachevee.htm</link>
         <description> Quel que soit le r&#233;sultat de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2012, l'avenir des collectivit&#233;s territoriales &amp;ndash; de leur organisation, de leur &#171;&#160;gouvernance&#160;&#187; et de leurs comp&#233;tences &amp;ndash;, sera une question rapidement port&#233;e &#224; l'agenda du futur locataire de l'&#201;lys&#233;e et de la prochaine &#233;quipe gouvernementale. &#13;&#10; Ne constituant l'apanage ni de la droite ni de la gauche, la d&#233;centralisation est aujourd'hui &#224; la crois&#233;e des chemins. Des choix doivent &#234;tre faits dans les prochaines ann&#233;es pour am&#233;liorer le fonctionnement et la vie d&#233;mocratique des communes, d&#233;partements et r&#233;gions &amp;ndash; mais aussi des intercommunalit&#233;s &amp;ndash; qui sont en France les premiers investisseurs publics et le moteur de politiques publiques ambitieuses, tant en termes d'am&#233;nagement du territoire que de d&#233;veloppement &#233;conomique, de transports, d'&#233;ducation, d'action sociale ou encore de culture. Aujourd'hui, les incertitudes issues de la &#171;&#160;r&#233;forme territoriale&#160;&#187; (loi du 16 d&#233;cembre 2010) sont trop nombreuses, en particulier sur le plan financier, pour que la question d'un &#171;&#160;acte III&#160;&#187; de la d&#233;centralisation, apr&#232;s les lois Defferre de 1982-1983 et la r&#233;forme Raffarin de 2003-2004, ne soit pas directement pos&#233;e d&#232;s apr&#232;s les &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales du printemps. Ces questions seront d'autant plus br&#251;lantes que se pr&#233;parent d&#233;j&#224; les premi&#232;res &#171;&#160;&#233;lections territoriales&#160;&#187; de 2014, qui concernent une grande majorit&#233; des parlementaires et des ministres, eu &#233;gard &#224; l'importance du cumul des mandats &amp;ndash; une vraie &#171;&#160;exception fran&#231;aise&#160;&#187; en Europe. &#13;&#10; D'aucuns peuvent consid&#233;rer que la r&#233;forme des collectivit&#233;s territoriales a d&#233;j&#224; constitu&#233; un chantier important du quinquennat finissant et que, par cons&#233;quent, d'autres priorit&#233;s doivent &#234;tre port&#233;es d&#233;sormais. Ce serait ignorer &#224; quel point la r&#233;forme territoriale du gouvernement actuel a &#233;t&#233; inachev&#233;e. &#13;&#10; Si, en apparence, les ambitions initiales de la loi du 16 d&#233;cembre 2010 &#233;taient louables, en particulier en temps de crise des finances publiques, puisqu'il s'agissait de r&#233;duire le &#171;&#160;millefeuille territorial&#160;&#187; et de d&#233;gager des &#233;conomies, il faut constater qu'au regard de ces intentions, les avanc&#233;es restent minces et peuvent se r&#233;sumer &#224; la rationalisation de l'organisation politique et administrative du &#171;&#160;bloc communal &#187;, avec la programmation d'un ach&#232;vement et d'une refonte de la carte intercommunale d'ici 2013. En pratique, toutefois, les d&#233;lais laiss&#233;s aux pr&#233;fets pour mettre en place, en concertation avec les &#233;lus locaux, les sch&#233;mas d&#233;partementaux de coop&#233;ration intercommunale (SDCI) ont &#233;t&#233; allong&#233;s, principalement en raison du m&#233;contentement des &#233;diles qui, par le biais des s&#233;nateurs en particulier, ont r&#233;ussi &#224; infl&#233;chir le contenu de la r&#233;forme territoriale. Or, quelle que soit la l&#233;gitimit&#233; du pr&#233;fet comme repr&#233;sentant de l'Etat au niveau local, il semble difficile voire impossible de r&#233;former le bloc communal sans l'assentiment des maires et des conseillers municipaux, ces &#233;lus qui font vivre la &#171;&#160;d&#233;mocratie de proximit&#233;&#160;&#187; en France. La concertation ne doit pas se faire sous la contrainte, cette voie choisie par le gouvernement semble contraire &#224; l'esprit de la d&#233;centralisation. &#13;&#10; Concernant les Conseils g&#233;n&#233;raux et r&#233;gionaux, au-del&#224; de la cr&#233;ation embl&#233;matique des &#171;&#160;conseillers territoriaux&#160;&#187; &amp;ndash; fusionnant les &#233;lus d&#233;partementaux et r&#233;gionaux et non les comp&#233;tences d&#233;partementales et r&#233;gionales &amp;ndash;, la r&#233;forme territoriale du 16 d&#233;cembre 2010 ne fait qu'esquisser l'articulation d'un bloc &#171;&#160;r&#233;gions-d&#233;partements&#160;&#187;. Le dispositif repose sur la base du volontariat &amp;ndash; l'exemple actuel de la tentative de cr&#233;ation d'une collectivit&#233; unique en Alsace, &#224; la place du Conseil r&#233;gional et des deux Conseils g&#233;n&#233;raux, en t&#233;moigne &amp;ndash;, contrairement &#224; la constitution des intercommunalit&#233;s, fond&#233;e sur la contrainte pr&#233;fectorale. Pourquoi avoir choisi deux m&#233;thodes diff&#233;rentes, chacune r&#233;v&#233;lant des lacunes importantes en termes d'efficacit&#233; ? Les choix semblent ainsi &#234;tre peu clairs ou, ce qui est sans doute pire, peu assum&#233;s. &#13;&#10; Enfin, et peut-&#234;tre surtout, la clarification attendue des comp&#233;tences et des financements qui leur sont corr&#233;l&#233;s appara&#238;t comme la grande faiblesse d'une r&#233;forme qui n'a sans doute pas &#233;t&#233; assez r&#233;fl&#233;chie &amp;ndash; malgr&#233; la constitution d'une Commission  ad hoc  pr&#233;sid&#233;e par Edouard Balladur en 2008-2009 &amp;ndash; et qui, &#224; tout le moins, n'a pas assez associ&#233; les acteurs locaux &#224; la prise de d&#233;cision. &#13;&#10; Le basculement &#224; gauche de la haute assembl&#233;e lors des &#233;lections s&#233;natoriales de septembre 2011 &amp;ndash; une premi&#232;re sous la Ve R&#233;publique ! &amp;ndash; a &#233;t&#233;, pour une bonne part, le r&#233;sultat du m&#233;contentement des &#233;lus locaux concernant une r&#233;forme de la d&#233;centralisation dont ils attendaient autre chose. &#192; la diff&#233;rence, sans doute, des pr&#233;c&#233;dentes &#233;tapes de 1982-1983 et de 2003-2004, le manque de concertation et d'&#233;coute a &#233;t&#233; l'objet de vives critiques alors que les assises des libert&#233;s locales en 2002, malgr&#233; leur manque d'ambition par rapport &#224; l'acte I d'il y a trente ans, avaient au moins su faire participer davantage les pouvoirs locaux &#224; la r&#233;flexion que la r&#233;forme territoriale du gouvernement actuel. &#13;&#10; Pomme de discorde entre les &#233;lus locaux et le gouvernement, la situation financi&#232;re des collectivit&#233;s territoriales est aujourd'hui loin d'&#234;tre r&#233;gl&#233;e, ce qui laisse en suspens la question de leurs relations avec l'Etat central. &#192; la rar&#233;faction des ressources publiques et &#224; la disparition de l'autonomie financi&#232;re r&#233;elle, s'est ajout&#233;e r&#233;cemment la crise de liquidit&#233;s, cons&#233;quence de la crise financi&#232;re nationale et internationale, d&#233;montrant que les pouvoirs locaux sont moins menac&#233;s par un probl&#232;me d'endettement &amp;ndash; &#224; la diff&#233;rence de l'Etat &amp;ndash; que par une r&#233;elle difficult&#233; d'acc&#232;s au cr&#233;dit bancaire, alors m&#234;me que leur r&#244;le de premiers investisseurs publics n'est plus &#224; d&#233;montrer. Cela a pour cons&#233;quence de tendre davantage les relations entre l'Etat et les collectivit&#233;s territoriales, l'affrontement se cristallisant en particulier sur la r&#233;forme de la taxe professionnelle &amp;ndash; supprim&#233;e &#224; la hussarde, sans concertation et sans que le comit&#233; Balladur ne l'ait propos&#233;e, privant ainsi les collectivit&#233;s d'une ressources essentielle &amp;ndash;, les transferts de comp&#233;tences non compens&#233;s et le gel et ou la baisse des dotations d'Etat, y compris pour les territoires en difficult&#233;, qu'il s'agisse des nouveaux &#171;&#160;d&#233;serts ruraux&#160;&#187; ou des banlieues relevant de la politique de la ville, pourtant en d&#233;ficit de services publics.  &#13;&#10;Concernant la gouvernance locale, il est patent que la voie choisie par le l&#233;gislateur est d&#233;licate car, on a vu que, d'une part, la question de la fusion des d&#233;partements et r&#233;gions n'a pas &#233;t&#233; clairement assum&#233;e et, d'autre part, la refonte du bloc communal par l'acc&#233;l&#233;ration du regroupement intercommunal rencontre des difficult&#233;s nombreuses. D'un point de vue juridique, ces choix hasardeux et p&#233;rilleux posent &#233;galement la question de leur compatibilit&#233; avec le principe, de valeur constitutionnelle, de libre administration des collectivit&#233;s territoriales. De surcro&#238;t, la dispersion des modes &#233;lectifs entre scrutins majoritaire et proportionnel, uninominal et de listes, r&#233;cemment accentu&#233;e, entretient une confusion d&#233;mocratique et ne r&#232;gle pas davantage la question de la d&#233;mocratie territoriale, contrairement au dessein originel. Si le renforcement de l'intercommunalit&#233; de projet prend tout son sens au regard de l'&#233;miettement communal, tr&#232;s important en France pour des raisons historiques, afin de cr&#233;er des mutualisations fonctionnelles et des &#233;conomies budg&#233;taires, il doit davantage s'accompagner d'une r&#233;elle d&#233;mocratisation &amp;ndash; le &#171;&#160;fl&#233;chage&#160;&#187; des &#233;lus intercommunaux lors des &#233;lections municipales est de ce point de vue un bon d&#233;but &amp;ndash; car les citoyens restent les grands absents des intercommunalit&#233;s, comme l'ont soulign&#233; r&#233;cemment deux chercheurs en science politique dans un ouvrage &#233;clairant (Fabien Desage, David Gu&#233;ranger,  La politique confisqu&#233;e. Sociologie des r&#233;formes et des institutions intercommunales , &#233;ditions du Croquant, 2011). &#13;&#10; Enfin, il appara&#238;t que la volont&#233; de l'Etat est actuellement de rapprocher les pratiques manag&#233;riales des collectivit&#233;s de celles mises en &amp;oelig;uvre depuis 2007 au niveau des administrations centrales, jug&#233;s trop co&#251;teuses, par le biais de la r&#233;vision g&#233;n&#233;rale des politiques publiques (RGPP). Bien qu'une telle orientation ne rel&#232;ve pas du bon vouloir gouvernemental mais reste une pr&#233;rogative des &#233;lus locaux, l'Etat b&#233;n&#233;ficie, avec les divers concours et dotations d'ordre financier, d'un levier important pour faire appliquer une politique de rigueur budg&#233;taire aux pouvoirs locaux. Les coupes budg&#233;taires de l'Etat vers les collectivit&#233;s ont par ailleurs &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;es par de nombreux &#233;lus locaux, de gauche comme de droite, et en particulier plusieurs pr&#233;sidents de Conseils g&#233;n&#233;raux, qui ont obtenu gain de cause aupr&#232;s des tribunaux, les juges administratifs ayant condamn&#233; l'Etat &#224; rembourser les d&#233;partements pour des transferts de charges non compens&#233;s, datant des lois de 2004. &#13;&#10; Pour toutes ces raisons, Jean-Pierre Bel, pr&#233;sident du S&#233;nat &amp;ndash; la chambre haute &#233;tant la repr&#233;sentante des collectivit&#233;s selon la lettre de la Constitution &amp;ndash; depuis le 1er octobre 2011, avec l'appui de la nouvelle majorit&#233; qui l'a &#233;lu, consid&#232;re que des &#233;tats g&#233;n&#233;raux sont aujourd'hui indispensables pour faire vivre la d&#233;mocratie territoriale, pour rendre la parole aux &#233;lus locaux et pour s'entendre sur une nouvelle &#233;tape de la d&#233;centralisation. Si cet appel salutaire n'a pas &#233;t&#233; relay&#233; pour l'instant, ni par la majorit&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale, ni par le gouvernement, il semble envisageable qu'il le soit davantage apr&#232;s les &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales de cette ann&#233;e. Il s'agira alors d'une opportunit&#233; &#224; ne pas manquer pour une d&#233;centralisation qui est aujourd'hui au milieu du gu&#233; et qui a besoin de nouvelles avanc&#233;es claires et urgentes afin de mieux fonctionner sur un plan gestionnaire, mais aussi et surtout d'un point de vue d&#233;mocratique, pour mieux associer les citoyens aux politiques men&#233;es au niveau des territoires. </description>
         <pubDate>02/07/12 00:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5448-une_decentralisation_inachevee.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>Quel que soit le r&eacute;sultat de l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle de 2012, l'avenir des collectivit&eacute;s territoriales &ndash; de leur organisation, de leur &laquo;&nbsp;gouvernance&nbsp;&raquo; et de leurs comp&eacute;tences &ndash;, sera une question rapidement port&eacute;e &agrave; l'agenda du futur locataire de l'&Eacute;lys&eacute;e et de la prochaine &eacute;quipe gouvernementale.</p>
<p>Ne constituant l'apanage ni de la droite ni de la gauche, la d&eacute;centralisation est aujourd'hui &agrave; la crois&eacute;e des chemins. Des choix doivent &ecirc;tre faits dans les prochaines ann&eacute;es pour am&eacute;liorer le fonctionnement et la vie d&eacute;mocratique des communes, d&eacute;partements et r&eacute;gions &ndash; mais aussi des intercommunalit&eacute;s &ndash; qui sont en France les premiers investisseurs publics et le moteur de politiques publiques ambitieuses, tant en termes d'am&eacute;nagement du territoire que de d&eacute;veloppement &eacute;conomique, de transports, d'&eacute;ducation, d'action sociale ou encore de culture. Aujourd'hui, les incertitudes issues de la &laquo;&nbsp;r&eacute;forme territoriale&nbsp;&raquo; (loi du 16 d&eacute;cembre 2010) sont trop nombreuses, en particulier sur le plan financier, pour que la question d'un &laquo;&nbsp;acte III&nbsp;&raquo; de la d&eacute;centralisation, apr&egrave;s les lois Defferre de 1982-1983 et la r&eacute;forme Raffarin de 2003-2004, ne soit pas directement pos&eacute;e d&egrave;s apr&egrave;s les &eacute;ch&eacute;ances &eacute;lectorales du printemps. Ces questions seront d'autant plus br&ucirc;lantes que se pr&eacute;parent d&eacute;j&agrave; les premi&egrave;res &laquo;&nbsp;&eacute;lections territoriales&nbsp;&raquo; de 2014, qui concernent une grande majorit&eacute; des parlementaires et des ministres, eu &eacute;gard &agrave; l'importance du cumul des mandats &ndash; une vraie &laquo;&nbsp;exception fran&ccedil;aise&nbsp;&raquo; en Europe.</p>
<p>D'aucuns peuvent consid&eacute;rer que la r&eacute;forme des collectivit&eacute;s territoriales a d&eacute;j&agrave; constitu&eacute; un chantier important du quinquennat finissant et que, par cons&eacute;quent, d'autres priorit&eacute;s doivent &ecirc;tre port&eacute;es d&eacute;sormais. Ce serait ignorer &agrave; quel point la r&eacute;forme territoriale du gouvernement actuel a &eacute;t&eacute; inachev&eacute;e.</p>
<p>Si, en apparence, les ambitions initiales de la loi du 16 d&eacute;cembre 2010 &eacute;taient louables, en particulier en temps de crise des finances publiques, puisqu'il s'agissait de r&eacute;duire le &laquo;&nbsp;millefeuille territorial&nbsp;&raquo; et de d&eacute;gager des &eacute;conomies, il faut constater qu'au regard de ces intentions, les avanc&eacute;es restent minces et peuvent se r&eacute;sumer &agrave; la rationalisation de l'organisation politique et administrative du &laquo;&nbsp;bloc communal &raquo;, avec la programmation d'un ach&egrave;vement et d'une refonte de la carte intercommunale d'ici 2013. En pratique, toutefois, les d&eacute;lais laiss&eacute;s aux pr&eacute;fets pour mettre en place, en concertation avec les &eacute;lus locaux, les sch&eacute;mas d&eacute;partementaux de coop&eacute;ration intercommunale (SDCI) ont &eacute;t&eacute; allong&eacute;s, principalement en raison du m&eacute;contentement des &eacute;diles qui, par le biais des s&eacute;nateurs en particulier, ont r&eacute;ussi &agrave; infl&eacute;chir le contenu de la r&eacute;forme territoriale. Or, quelle que soit la l&eacute;gitimit&eacute; du pr&eacute;fet comme repr&eacute;sentant de l'Etat au niveau local, il semble difficile voire impossible de r&eacute;former le bloc communal sans l'assentiment des maires et des conseillers municipaux, ces &eacute;lus qui font vivre la &laquo;&nbsp;d&eacute;mocratie de proximit&eacute;&nbsp;&raquo; en France. La concertation ne doit pas se faire sous la contrainte, cette voie choisie par le gouvernement semble contraire &agrave; l'esprit de la d&eacute;centralisation.</p>
<p>Concernant les Conseils g&eacute;n&eacute;raux et r&eacute;gionaux, au-del&agrave; de la cr&eacute;ation embl&eacute;matique des &laquo;&nbsp;conseillers territoriaux&nbsp;&raquo; &ndash; fusionnant les &eacute;lus d&eacute;partementaux et r&eacute;gionaux et non les comp&eacute;tences d&eacute;partementales et r&eacute;gionales &ndash;, la r&eacute;forme territoriale du 16 d&eacute;cembre 2010 ne fait qu'esquisser l'articulation d'un bloc &laquo;&nbsp;r&eacute;gions-d&eacute;partements&nbsp;&raquo;. Le dispositif repose sur la base du volontariat &ndash; l'exemple actuel de la tentative de cr&eacute;ation d'une collectivit&eacute; unique en Alsace, &agrave; la place du Conseil r&eacute;gional et des deux Conseils g&eacute;n&eacute;raux, en t&eacute;moigne &ndash;, contrairement &agrave; la constitution des intercommunalit&eacute;s, fond&eacute;e sur la contrainte pr&eacute;fectorale. Pourquoi avoir choisi deux m&eacute;thodes diff&eacute;rentes, chacune r&eacute;v&eacute;lant des lacunes importantes en termes d'efficacit&eacute; ? Les choix semblent ainsi &ecirc;tre peu clairs ou, ce qui est sans doute pire, peu assum&eacute;s.</p>
<p>Enfin, et peut-&ecirc;tre surtout, la clarification attendue des comp&eacute;tences et des financements qui leur sont corr&eacute;l&eacute;s appara&icirc;t comme la grande faiblesse d'une r&eacute;forme qui n'a sans doute pas &eacute;t&eacute; assez r&eacute;fl&eacute;chie &ndash; malgr&eacute; la constitution d'une Commission <em>ad hoc</em> pr&eacute;sid&eacute;e par Edouard Balladur en 2008-2009 &ndash; et qui, &agrave; tout le moins, n'a pas assez associ&eacute; les acteurs locaux &agrave; la prise de d&eacute;cision.</p>
<p>Le basculement &agrave; gauche de la haute assembl&eacute;e lors des &eacute;lections s&eacute;natoriales de septembre 2011 &ndash; une premi&egrave;re sous la Ve R&eacute;publique ! &ndash; a &eacute;t&eacute;, pour une bonne part, le r&eacute;sultat du m&eacute;contentement des &eacute;lus locaux concernant une r&eacute;forme de la d&eacute;centralisation dont ils attendaient autre chose. &Agrave; la diff&eacute;rence, sans doute, des pr&eacute;c&eacute;dentes &eacute;tapes de 1982-1983 et de 2003-2004, le manque de concertation et d'&eacute;coute a &eacute;t&eacute; l'objet de vives critiques alors que les assises des libert&eacute;s locales en 2002, malgr&eacute; leur manque d'ambition par rapport &agrave; l'acte I d'il y a trente ans, avaient au moins su faire participer davantage les pouvoirs locaux &agrave; la r&eacute;flexion que la r&eacute;forme territoriale du gouvernement actuel.</p>
<p>Pomme de discorde entre les &eacute;lus locaux et le gouvernement, la situation financi&egrave;re des collectivit&eacute;s territoriales est aujourd'hui loin d'&ecirc;tre r&eacute;gl&eacute;e, ce qui laisse en suspens la question de leurs relations avec l'Etat central. &Agrave; la rar&eacute;faction des ressources publiques et &agrave; la disparition de l'autonomie financi&egrave;re r&eacute;elle, s'est ajout&eacute;e r&eacute;cemment la crise de liquidit&eacute;s, cons&eacute;quence de la crise financi&egrave;re nationale et internationale, d&eacute;montrant que les pouvoirs locaux sont moins menac&eacute;s par un probl&egrave;me d'endettement &ndash; &agrave; la diff&eacute;rence de l'Etat &ndash; que par une r&eacute;elle difficult&eacute; d'acc&egrave;s au cr&eacute;dit bancaire, alors m&ecirc;me que leur r&ocirc;le de premiers investisseurs publics n'est plus &agrave; d&eacute;montrer. Cela a pour cons&eacute;quence de tendre davantage les relations entre l'Etat et les collectivit&eacute;s territoriales, l'affrontement se cristallisant en particulier sur la r&eacute;forme de la taxe professionnelle &ndash; supprim&eacute;e &agrave; la hussarde, sans concertation et sans que le comit&eacute; Balladur ne l'ait propos&eacute;e, privant ainsi les collectivit&eacute;s d'une ressources essentielle &ndash;, les transferts de comp&eacute;tences non compens&eacute;s et le gel et ou la baisse des dotations d'Etat, y compris pour les territoires en difficult&eacute;, qu'il s'agisse des nouveaux &laquo;&nbsp;d&eacute;serts ruraux&nbsp;&raquo; ou des banlieues relevant de la politique de la ville, pourtant en d&eacute;ficit de services publics. <br />
Concernant la gouvernance locale, il est patent que la voie choisie par le l&eacute;gislateur est d&eacute;licate car, on a vu que, d'une part, la question de la fusion des d&eacute;partements et r&eacute;gions n'a pas &eacute;t&eacute; clairement assum&eacute;e et, d'autre part, la refonte du bloc communal par l'acc&eacute;l&eacute;ration du regroupement intercommunal rencontre des difficult&eacute;s nombreuses. D'un point de vue juridique, ces choix hasardeux et p&eacute;rilleux posent &eacute;galement la question de leur compatibilit&eacute; avec le principe, de valeur constitutionnelle, de libre administration des collectivit&eacute;s territoriales. De surcro&icirc;t, la dispersion des modes &eacute;lectifs entre scrutins majoritaire et proportionnel, uninominal et de listes, r&eacute;cemment accentu&eacute;e, entretient une confusion d&eacute;mocratique et ne r&egrave;gle pas davantage la question de la d&eacute;mocratie territoriale, contrairement au dessein originel. Si le renforcement de l'intercommunalit&eacute; de projet prend tout son sens au regard de l'&eacute;miettement communal, tr&egrave;s important en France pour des raisons historiques, afin de cr&eacute;er des mutualisations fonctionnelles et des &eacute;conomies budg&eacute;taires, il doit davantage s'accompagner d'une r&eacute;elle d&eacute;mocratisation &ndash; le &laquo;&nbsp;fl&eacute;chage&nbsp;&raquo; des &eacute;lus intercommunaux lors des &eacute;lections municipales est de ce point de vue un bon d&eacute;but &ndash; car les citoyens restent les grands absents des intercommunalit&eacute;s, comme l'ont soulign&eacute; r&eacute;cemment deux chercheurs en science politique dans un ouvrage &eacute;clairant (Fabien Desage, David Gu&eacute;ranger, <em>La politique confisqu&eacute;e. Sociologie des r&eacute;formes et des institutions intercommunales</em>, &eacute;ditions du Croquant, 2011).</p>
<p>Enfin, il appara&icirc;t que la volont&eacute; de l'Etat est actuellement de rapprocher les pratiques manag&eacute;riales des collectivit&eacute;s de celles mises en &oelig;uvre depuis 2007 au niveau des administrations centrales, jug&eacute;s trop co&ucirc;teuses, par le biais de la r&eacute;vision g&eacute;n&eacute;rale des politiques publiques (RGPP). Bien qu'une telle orientation ne rel&egrave;ve pas du bon vouloir gouvernemental mais reste une pr&eacute;rogative des &eacute;lus locaux, l'Etat b&eacute;n&eacute;ficie, avec les divers concours et dotations d'ordre financier, d'un levier important pour faire appliquer une politique de rigueur budg&eacute;taire aux pouvoirs locaux. Les coupes budg&eacute;taires de l'Etat vers les collectivit&eacute;s ont par ailleurs &eacute;t&eacute; d&eacute;nonc&eacute;es par de nombreux &eacute;lus locaux, de gauche comme de droite, et en particulier plusieurs pr&eacute;sidents de Conseils g&eacute;n&eacute;raux, qui ont obtenu gain de cause aupr&egrave;s des tribunaux, les juges administratifs ayant condamn&eacute; l'Etat &agrave; rembourser les d&eacute;partements pour des transferts de charges non compens&eacute;s, datant des lois de 2004.</p>
<p>Pour toutes ces raisons, Jean-Pierre Bel, pr&eacute;sident du S&eacute;nat &ndash; la chambre haute &eacute;tant la repr&eacute;sentante des collectivit&eacute;s selon la lettre de la Constitution &ndash; depuis le 1er octobre 2011, avec l'appui de la nouvelle majorit&eacute; qui l'a &eacute;lu, consid&egrave;re que des &eacute;tats g&eacute;n&eacute;raux sont aujourd'hui indispensables pour faire vivre la d&eacute;mocratie territoriale, pour rendre la parole aux &eacute;lus locaux et pour s'entendre sur une nouvelle &eacute;tape de la d&eacute;centralisation. Si cet appel salutaire n'a pas &eacute;t&eacute; relay&eacute; pour l'instant, ni par la majorit&eacute; &agrave; l'Assembl&eacute;e nationale, ni par le gouvernement, il semble envisageable qu'il le soit davantage apr&egrave;s les &eacute;ch&eacute;ances &eacute;lectorales de cette ann&eacute;e. Il s'agira alors d'une opportunit&eacute; &agrave; ne pas manquer pour une d&eacute;centralisation qui est aujourd'hui au milieu du gu&eacute; et qui a besoin de nouvelles avanc&eacute;es claires et urgentes afin de mieux fonctionner sur un plan gestionnaire, mais aussi et surtout d'un point de vue d&eacute;mocratique, pour mieux associer les citoyens aux politiques men&eacute;es au niveau des territoires.</p> 
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