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      <title>Nonfiction.fr le portail des livres et des idees</title>
      <link>http://www.nonfiction.fr/</link>
      <description>Le portail des livres et des idees</description>
      <language>fr</language>
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         <title>L'ins&#233;curit&#233; culturelle est-elle gauchocompatible ?</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5822-linsecurite_culturelle_est_elle_gauchocompatible_.htm</link>
         <description> Alors que Fran&#231;ois Hollande vient d&amp;rsquo;entrer en fonction, l&amp;rsquo;heure est encore (un peu) &#224; l&amp;rsquo;euphorie &#224; gauche. Ou n&amp;rsquo;oublie pas cependant que &quot;les choses difficiles ne font que commencer&quot;. Maintenant au pouvoir, le PS va devoir se frotter &#224; un des sujets les plus d&#233;licats : la r&#233;ponse &#224; donner au vote FN. 17,9% de la population a vot&#233; Marine Le Pen au premier tour. Chez les ouvriers, ce pourcentage monte &#224; 29%. Comment s&amp;rsquo;adresser &#224; ces classes populaires qui votent FN ? Et plus largement, parce que c&amp;rsquo;est l&#224; o&#249; le discours g&#234;ne : quel r&#244;le la peur de l&amp;rsquo;immigration joue-t-elle dans ce vote ? Faut-il en tenir compte, et si oui, comment ? Face &#224; ces questions, la gauche ne sait pas trop sur quel pied danser. &#13;&#10; La  &quot;gauche populaire&quot;  est le nom que s&amp;rsquo;est donn&#233; un collectif d&amp;rsquo;intellectuels qui s&amp;rsquo;est empar&#233; de ces probl&#233;matiques. L&amp;rsquo;id&#233;e : r&#233;pondre aux &quot;n&#233;o-populismes&quot; et ramener l&amp;rsquo;&#233;lectorat populaire dans le giron de la gauche, qu&amp;rsquo;il a d&#233;sert&#233;. L&amp;rsquo;&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur dans la constitution de ce groupe a &#233;t&#233; la publication d&amp;rsquo;un rapport de Terra Nova en mai 2011 : &quot; Gauche : quelle majorit&#233; &#233;lectorale pour 2012 ? &quot; &#160;D&#233;cortiquant les raisons des difficult&#233;s de la gauche, il mettait en avant que &quot;la coalition historique qui a port&#233; la gauche depuis pr&#232;s d&amp;rsquo;un si&#232;cle, fond&#233;e sur la classe ouvri&#232;re, est en d&#233;clin&quot;. Les ouvriers, note ce rapport, votent de moins en moins &#224; gauche, parce que leurs valeurs, conservatrices, ne sont plus celles de la gauche. Terra Nova conseille d&#232;s lors au camp socialiste de se tourner vers une autre majorit&#233;, &quot;plus jeune, plus diverse, plus f&#233;minis&#233;e&quot;, &quot;progressiste sur le plan culturel&quot; : dans l&amp;rsquo;ordre, les dipl&#244;m&#233;s, les jeunes, les minorit&#233;s et quartiers populaires, et les femmes. &#13;&#10; C&amp;rsquo;est contre ces conclusions, et sur la certitude que &quot;la gauche ne pouvait plus se satisfaire d&amp;rsquo;abandonner les cat&#233;gories populaires au Front National et &#224; l&amp;rsquo;abstention&quot; que la gauche populaire s&amp;rsquo;est constitu&#233;e. Pour elle, autant moralement que strat&#233;giquement, la gauche doit continuer &#224; s&amp;rsquo;adresser &#224; cet &#233;lectorat. Face au &quot;peuple de substitution&quot; constitu&#233; de minorit&#233;s mis en avant par Terra Nova, elle met en avant un peuple indivisible r&#233;publicain. Son message est contenu dans cette formule : &quot;plus de R&#233;publique, moins de soci&#233;t&#233;&quot;. Le groupe a d&#233;j&#224; pr&#233;sent&#233; ses id&#233;es dans un   Plaidoyer pour une gauche populaire  , ouvrage dirig&#233; par Laurent Baumel et Fran&#231;ois Kalfon. Derni&#232;rement, c&amp;rsquo;est Laurent Bouvet  1  qui les a le plus incarn&#233;es publiquement. Il avait d&#233;j&#224; pr&#233;sent&#233; ses id&#233;es dans son ouvrage   Le sens du peuple  &#160;et par plusieurs tribunes dans les m&#233;dias. Marianne2 s&amp;rsquo;est fait le principal porte-voix de leurs th&#232;ses. &#13;&#10; Pour expliquer le vote populaire pour Marine Le Pen, Laurent Bouvet avance le concept d&amp;rsquo; &quot;ins&#233;curit&#233; culturelle&quot;. Selon la gauche populaire, le fait que ces cat&#233;gories se tournent vers le Front National est explicable par les ins&#233;curit&#233;s qu&amp;rsquo;elle ressent, notamment vis-&#224;-vis de la mondialisation. La gauche, disent-ils, doit bien s&#251;r y r&#233;pondre au niveau socio-&#233;conomique mais cela ne suffit pas. Si les discours x&#233;nophobes tenus par le FN puis par l&amp;rsquo;UMP de la ligne Buisson ont trouv&#233; un &#233;cho au sein des cat&#233;gories populaires, c&amp;rsquo;est parce qu&amp;rsquo;ils r&#233;pondent &#224; une angoisse qui ne peut se r&#233;duire ni &#224; l&amp;rsquo;explication socio-&#233;conomique ni &#224; la manipulation de la droite. La gauche a du mal &#224; formuler un discours pour y r&#233;pondre, et a tendance &#224; coller &#224; cet &#233;lectorat l&amp;rsquo;&#233;tiquette caricaturale de racisme. Pour Laurent Bouvet et la gauche populaire, il faut r&#233;pondre &#224; ces probl&#232;mes et ces peurs par un discours r&#233;publicain en r&#233;introduisant un r&#233;cit national de la France  (alors qu&amp;rsquo;on a assist&#233; &#224; une &quot;d&#233;construction de l&amp;rsquo;histoire nationale au profit de m&#233;moires communautaris&#233;es&quot;). Ils se d&#233;fendent de jouer le m&#234;me jeu que la droite populaire, chez qui ce discours vient occulter la question sociale : pour eux, ces probl&#233;matiques sont profond&#233;ment li&#233;es. &#13;&#10; N&#233;anmoins, beaucoup &#224; gauche voient un danger dans l&amp;rsquo;appropriation de ces th&#233;matiques. Pour eux, ces notions n&amp;rsquo;existent que parce qu&amp;rsquo;on a bien voulu les faire exister, et continuer &#224; leur donner une place dans l&amp;rsquo;espace public revient &#224; jouer le jeu du FN. Ainsi, sur Twitter, Sylvain Bourmeau, directeur-adjoint de Lib&#233;ration, accuse la gauche populaire d&amp;rsquo;&#234;tre &quot;encore plus dangereu[se] que le FN&quot;. Il qualifie &quot;l&amp;rsquo;ins&#233;curit&#233; culturelle&quot; de &quot;concept d&amp;rsquo;extr&#234;me-droite&quot;. D&amp;rsquo;autres ont exprim&#233; leur scepticisme de fa&#231;on plus mesur&#233;e, comme Michel Feher, du collectif Cette France-l&#224;, lors d&amp;rsquo;un  d&#233;bat vid&#233;o  l&amp;rsquo;opposant &#224; Laurent Bouvet sur Mediapart. Il mart&#232;le que l&amp;rsquo;immigration ne constitue pas un probl&#232;me auquel il faut r&#233;pondre. Dans son livre  X&#233;nophobie d&amp;rsquo;en haut , il explique l&amp;rsquo;origine de ce discours par la place qu&amp;rsquo;a prise la politique d&amp;rsquo;immigration dans la rh&#233;torique de Sarkozy. &#13;&#10; Ce d&#233;bat cristallise une question qui g&#234;ne la gauche : le malaise exprim&#233; par un vote FN  2  est-il r&#233;ductible aux questions socio-&#233;conomiques, ou comprend-il une dimension identitaire ? Dans quelle mesure cette dimension identitaire rel&#232;ve-t-elle du racisme, dans quelle mesure d&amp;rsquo;une angoisse l&#233;gitimement recevable ? Comment y r&#233;pondre en restant fid&#232;le &#224; ses id&#233;es et sans verser dans le populisme ? Plus largement, cela pose la question de ce que doit &#234;tre l&amp;rsquo;Etat. De la place des identit&#233;s dans l&amp;rsquo;Etat r&#233;publicain de la Nation fran&#231;aise. La gauche ne devra &#233;videmment pas trouver une r&#233;ponse unique &#224; ces questions, mais elle sera amen&#233;e &#224; se positionner, aussi bien parce qu&amp;rsquo;elle dirige le pays que pour clarifier sa propre identit&#233;.&#160;   Notes :  1 - membre de nonfiction.fr 2 - Le fameux &quot;cri de col&#232;re&quot; auquel les dirigeants socialistes&#160; font souvent r&#233;f&#233;rence . </description>
         <pubDate>05/16/12 18:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5822-linsecurite_culturelle_est_elle_gauchocompatible_.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>Alors que Fran&ccedil;ois Hollande vient d&rsquo;entrer en fonction, l&rsquo;heure est encore (un peu) &agrave; l&rsquo;euphorie &agrave; gauche. Ou n&rsquo;oublie pas cependant que &quot;les choses difficiles ne font que commencer&quot;. Maintenant au pouvoir, le PS va devoir se frotter &agrave; un des sujets les plus d&eacute;licats : la r&eacute;ponse &agrave; donner au vote FN. 17,9% de la population a vot&eacute; Marine Le Pen au premier tour. Chez les ouvriers, ce pourcentage monte &agrave; 29%. Comment s&rsquo;adresser &agrave; ces classes populaires qui votent FN ? Et plus largement, parce que c&rsquo;est l&agrave; o&ugrave; le discours g&ecirc;ne : quel r&ocirc;le la peur de l&rsquo;immigration joue-t-elle dans ce vote ? Faut-il en tenir compte, et si oui, comment ? Face &agrave; ces questions, la gauche ne sait pas trop sur quel pied danser.</p>
<p>La <a href="http://gauchepopulaire.wordpress.com/qui-sommes-nous/">&quot;gauche populaire&quot;</a> est le nom que s&rsquo;est donn&eacute; un collectif d&rsquo;intellectuels qui s&rsquo;est empar&eacute; de ces probl&eacute;matiques. L&rsquo;id&eacute;e : r&eacute;pondre aux &quot;n&eacute;o-populismes&quot; et ramener l&rsquo;&eacute;lectorat populaire dans le giron de la gauche, qu&rsquo;il a d&eacute;sert&eacute;. L&rsquo;&eacute;l&eacute;ment d&eacute;clencheur dans la constitution de ce groupe a &eacute;t&eacute; la publication d&rsquo;un rapport de Terra Nova en mai 2011 : &quot;<a href="http://www.tnova.fr/essai/gauche-quelle-majorit-lectorale-pour-2012">Gauche : quelle majorit&eacute; &eacute;lectorale pour 2012 ?</a>&quot; &nbsp;D&eacute;cortiquant les raisons des difficult&eacute;s de la gauche, il mettait en avant que &quot;la coalition historique qui a port&eacute; la gauche depuis pr&egrave;s d&rsquo;un si&egrave;cle, fond&eacute;e sur la classe ouvri&egrave;re, est en d&eacute;clin&quot;. Les ouvriers, note ce rapport, votent de moins en moins &agrave; gauche, parce que leurs valeurs, conservatrices, ne sont plus celles de la gauche. Terra Nova conseille d&egrave;s lors au camp socialiste de se tourner vers une autre majorit&eacute;, &quot;plus jeune, plus diverse, plus f&eacute;minis&eacute;e&quot;, &quot;progressiste sur le plan culturel&quot; : dans l&rsquo;ordre, les dipl&ocirc;m&eacute;s, les jeunes, les minorit&eacute;s et quartiers populaires, et les femmes.</p>
<p>C&rsquo;est contre ces conclusions, et sur la certitude que &quot;la gauche ne pouvait plus se satisfaire d&rsquo;abandonner les cat&eacute;gories populaires au Front National et &agrave; l&rsquo;abstention&quot; que la gauche populaire s&rsquo;est constitu&eacute;e. Pour elle, autant moralement que strat&eacute;giquement, la gauche doit continuer &agrave; s&rsquo;adresser &agrave; cet &eacute;lectorat. Face au &quot;peuple de substitution&quot; constitu&eacute; de minorit&eacute;s mis en avant par Terra Nova, elle met en avant un peuple indivisible r&eacute;publicain. Son message est contenu dans cette formule : &quot;plus de R&eacute;publique, moins de soci&eacute;t&eacute;&quot;. Le groupe a d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sent&eacute; ses id&eacute;es dans un <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5231-pour_que_la_gauche_renoue_avec_les_classes_populaires.htm">Plaidoyer pour une gauche populaire</a></em>, ouvrage dirig&eacute; par Laurent Baumel et Fran&ccedil;ois Kalfon. Derni&egrave;rement, c&rsquo;est Laurent Bouvet <sup>1</sup> qui les a le plus incarn&eacute;es publiquement. Il avait d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sent&eacute; ses id&eacute;es dans son ouvrage <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5454-le_peuple_ou_la_mort_.htm">Le sens du peuple</a></em>&nbsp;et par plusieurs tribunes dans les m&eacute;dias. Marianne2 s&rsquo;est fait le principal porte-voix de leurs th&egrave;ses.</p>
<p>Pour expliquer le vote populaire pour Marine Le Pen, Laurent Bouvet avance le concept d&rsquo; &quot;ins&eacute;curit&eacute; culturelle&quot;. Selon la gauche populaire, le fait que ces cat&eacute;gories se tournent vers le Front National est explicable par les ins&eacute;curit&eacute;s qu&rsquo;elle ressent, notamment vis-&agrave;-vis de la mondialisation. La gauche, disent-ils, doit bien s&ucirc;r y r&eacute;pondre au niveau socio-&eacute;conomique mais cela ne suffit pas. Si les discours x&eacute;nophobes tenus par le FN puis par l&rsquo;UMP de la ligne Buisson ont trouv&eacute; un &eacute;cho au sein des cat&eacute;gories populaires, c&rsquo;est parce qu&rsquo;ils r&eacute;pondent &agrave; une angoisse qui ne peut se r&eacute;duire ni &agrave; l&rsquo;explication socio-&eacute;conomique ni &agrave; la manipulation de la droite. La gauche a du mal &agrave; formuler un discours pour y r&eacute;pondre, et a tendance &agrave; coller &agrave; cet &eacute;lectorat l&rsquo;&eacute;tiquette caricaturale de racisme. Pour Laurent Bouvet et la gauche populaire, il faut r&eacute;pondre &agrave; ces probl&egrave;mes et ces peurs par un discours r&eacute;publicain en r&eacute;introduisant un r&eacute;cit national de la France  (alors qu&rsquo;on a assist&eacute; &agrave; une &quot;d&eacute;construction de l&rsquo;histoire nationale au profit de m&eacute;moires communautaris&eacute;es&quot;). Ils se d&eacute;fendent de jouer le m&ecirc;me jeu que la droite populaire, chez qui ce discours vient occulter la question sociale : pour eux, ces probl&eacute;matiques sont profond&eacute;ment li&eacute;es.</p>
<p>N&eacute;anmoins, beaucoup &agrave; gauche voient un danger dans l&rsquo;appropriation de ces th&eacute;matiques. Pour eux, ces notions n&rsquo;existent que parce qu&rsquo;on a bien voulu les faire exister, et continuer &agrave; leur donner une place dans l&rsquo;espace public revient &agrave; jouer le jeu du FN. Ainsi, sur Twitter, Sylvain Bourmeau, directeur-adjoint de Lib&eacute;ration, accuse la gauche populaire d&rsquo;&ecirc;tre &quot;encore plus dangereu[se] que le FN&quot;. Il qualifie &quot;l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; culturelle&quot; de &quot;concept d&rsquo;extr&ecirc;me-droite&quot;. D&rsquo;autres ont exprim&eacute; leur scepticisme de fa&ccedil;on plus mesur&eacute;e, comme Michel Feher, du collectif Cette France-l&agrave;, lors d&rsquo;un <a href="http://www.mediapart.fr/journal/france/040512/mediapart-2012-la-gauche-et-le-peuple?onglet=commentaires">d&eacute;bat vid&eacute;o</a> l&rsquo;opposant &agrave; Laurent Bouvet sur Mediapart. Il mart&egrave;le que l&rsquo;immigration ne constitue pas un probl&egrave;me auquel il faut r&eacute;pondre. Dans son livre <em>X&eacute;nophobie d&rsquo;en haut</em>, il explique l&rsquo;origine de ce discours par la place qu&rsquo;a prise la politique d&rsquo;immigration dans la rh&eacute;torique de Sarkozy.</p>
<p>Ce d&eacute;bat cristallise une question qui g&ecirc;ne la gauche : le malaise exprim&eacute; par un vote FN <sup>2</sup> est-il r&eacute;ductible aux questions socio-&eacute;conomiques, ou comprend-il une dimension identitaire ? Dans quelle mesure cette dimension identitaire rel&egrave;ve-t-elle du racisme, dans quelle mesure d&rsquo;une angoisse l&eacute;gitimement recevable ? Comment y r&eacute;pondre en restant fid&egrave;le &agrave; ses id&eacute;es et sans verser dans le populisme ? Plus largement, cela pose la question de ce que doit &ecirc;tre l&rsquo;Etat. De la place des identit&eacute;s dans l&rsquo;Etat r&eacute;publicain de la Nation fran&ccedil;aise. La gauche ne devra &eacute;videmment pas trouver une r&eacute;ponse unique &agrave; ces questions, mais elle sera amen&eacute;e &agrave; se positionner, aussi bien parce qu&rsquo;elle dirige le pays que pour clarifier sa propre identit&eacute;.&nbsp;</p><br /><b>Notes :</b><br />1 - membre de nonfiction.fr<br />2 - Le fameux &quot;cri de col&egrave;re&quot; auquel les dirigeants socialistes&nbsp;<a href="http://www.lepoint.fr/politique/election-presidentielle-2012/hollande-sur-les-terres-du-fn-24-04-2012-1454715_324.php">font souvent r&eacute;f&eacute;rence</a>.<br /> 
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      </item>
      <item>
         <title>Cit&#233; des Livres avec Thomas Piketty le mercredi 23 mai</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5820-cite_des_livres_avec_thomas_piketty_le_mercredi_23_mai.htm</link>
         <description> La Cit&#233; des Livres vous invite &#224; un d&#233;bat avec Thomas Piketty, autour de son ouvrage  Peut-on sauver l&amp;rsquo;Europe ? Chroniques 2004-2012  (Les Liens qui Lib&#232;rent), le  mercredi 23 mai &#224; 18h45  &#224; la  Fondation Jean-Jaur&#232;s, 12 cit&#233; Malesherbes, 75009 Paris.  &#13;&#10; Extrait: &quot;L&amp;rsquo;Europe parviendra-t-elle &#224; devenir la puissance publique continentale et l&amp;rsquo;espace de souverainet&#233; d&#233;mocratique nous permettant de reprendre le contr&#244;le d&amp;rsquo;un capitalisme mondialis&#233; devenu fou ? Ou bien ne sera-t-elle, encore une fois, que l&amp;rsquo;instrument technocratique de la d&#233;r&#233;gulation, de la mise en concurrence g&#233;n&#233;ralis&#233;e et de l&amp;rsquo;abaissement des Etats face aux march&#233;s ?&quot; &#13;&#10; Thomas Piketty est professeur &#224; l&amp;rsquo;Ecole d&amp;rsquo;&#233;conomie de Paris et directeur d&amp;rsquo;&#233;tudes &#224; l&amp;rsquo;EHESS. &#13;&#10; L'acc&#232;s &#224; la Cit&#233; se fait par la rue des Martyrs. Il suffit d'appuyer sur n'importe quel bouton du digicode pour ouvrir la grille d'entr&#233;e &#224; la Cit&#233;. &#13;&#10; Inscriptions &#224;  citedeslivres@gmail.com.&#160;  </description>
         <pubDate>05/16/12 10:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5820-cite_des_livres_avec_thomas_piketty_le_mercredi_23_mai.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>La Cit&eacute; des Livres vous invite &agrave; un d&eacute;bat avec Thomas Piketty, autour de son ouvrage <em>Peut-on sauver l&rsquo;Europe ? Chroniques 2004-2012</em> (Les Liens qui Lib&egrave;rent), le <strong>mercredi 23 mai &agrave; 18h45 </strong>&agrave; la <strong>Fondation Jean-Jaur&egrave;s, 12 cit&eacute; Malesherbes, 75009 Paris.</strong></p>
<p>Extrait: &quot;L&rsquo;Europe parviendra-t-elle &agrave; devenir la puissance publique continentale et l&rsquo;espace de souverainet&eacute; d&eacute;mocratique nous permettant de reprendre le contr&ocirc;le d&rsquo;un capitalisme mondialis&eacute; devenu fou ? Ou bien ne sera-t-elle, encore une fois, que l&rsquo;instrument technocratique de la d&eacute;r&eacute;gulation, de la mise en concurrence g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e et de l&rsquo;abaissement des Etats face aux march&eacute;s ?&quot;</p>
<p>Thomas Piketty est professeur &agrave; l&rsquo;Ecole d&rsquo;&eacute;conomie de Paris et directeur d&rsquo;&eacute;tudes &agrave; l&rsquo;EHESS.</p>
<p>L'acc&egrave;s &agrave; la Cit&eacute; se fait par la rue des Martyrs. Il suffit d'appuyer sur n'importe quel bouton du digicode pour ouvrir la grille d'entr&eacute;e &agrave; la Cit&eacute;.</p>
<p>Inscriptions &agrave; <strong>citedeslivres@gmail.com.&nbsp;</strong></p> 
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      </item>
      <item>
         <title>Le lent d&#233;clin de Robert Mugabe</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5818-le_lent_declin_de_robert_mugabe.htm</link>
         <description> En avril 2008, Robert Mugabe, le pr&#233;sident du Zimbabwe au pouvoir depuis 1980  1  d&#233;clenchait le plan militaire CIBD ( Coercion. Intimidation. Beating. Displacement )  2  dans une tentative d&#233;sesp&#233;r&#233;e pour conserver le pouvoir. La commission &#233;lectorale venait d&amp;rsquo;annoncer la d&#233;faite de son parti- le  Zimbabwe African National Union - aux &#233;lections l&#233;gislatives au profit du parti d&amp;rsquo;opposition, le  Movement for Democratic Change . L&amp;rsquo;annonce officielle du r&#233;sultat du scrutin pr&#233;sidentiel, qui se tint le m&#234;me jour que l&amp;rsquo;&#233;lection des membres du Parlement, fut report&#233;e de cinq semaines &#224; cause de  la fuite en avant du r&#233;gime dans la r&#233;pression . Des centaines d&amp;rsquo;opposants furent abattus et des milliers furent tortur&#233;s dans cette p&#233;riode que les Zimbabw&#233;ens ont surnomm&#233; &quot;  The Fear  &quot; (La Peur). Le rival principal de Mugabe, Morgan Tsvangirai, renon&#231;a &#224; l&amp;rsquo;affronter au second tour devant l&amp;rsquo;intensit&#233; de la violence. Les deux hommes s&amp;rsquo;entendirent tout de m&#234;me pour former un gouvernement de coalition en 2009. A l&amp;rsquo;&#226;ge de 88 ans, atteint d&amp;rsquo;un cancer de la prostate  d&amp;rsquo;apr&#232;s les documents de  Wikileaks  , Robert Mugabe s&amp;rsquo;accroche encore au pouvoir. R&#233;solu &#224; organiser de nouvelles &#233;lections d&#232;s cette ann&#233;e, il cherche &#224; mieux asseoir  son autorit&#233; d&#233;clinante  en mettant fin &#224; cette coalition.  Pourra-t-il d&#233;clencher une nouvelle vague de violences pour an&#233;antir tout espoir d&amp;rsquo;&#233;lections d&#233;mocratiques ? &#13;&#10; Selon le journaliste Peter Godwin  3 , une d&#233;cision r&#233;cente de la Haute Cour de Justice de Pretoria pourrait l&amp;rsquo;en dissuader. Ce jugement ordonne aux autorit&#233;s sud-africaines d&amp;rsquo;enqu&#234;ter et de poursuivre en justice les membres du gouvernement de Mugabe qui ont tortur&#233; leurs opposants. L&amp;rsquo;Afrique du Sud est un passage oblig&#233; des &#233;lites politiques et &#233;conomiques du r&#233;gime de Mugabe qui y passent leurs vacances, s&amp;rsquo;y font soigner ou y prennent l&amp;rsquo;avion pour Londres et New York. Ceux qui font l&amp;rsquo;objet d&amp;rsquo;une enqu&#234;te peuvent donc &#234;tre arr&#234;t&#233;s s&amp;rsquo;ils se risquent &#224; franchir la fronti&#232;re. &#13;&#10; Peter Godwin signe n&#233;anmoins  une tribune dans le  New York Times   pour avertir ses lecteurs que cette ordonnance pourrait &#234;tre renvers&#233;e puisque les autorit&#233;s sud-africaines pr&#233;pareraient un recours devant la Cour Supr&#234;me d&amp;rsquo;Appel, en capacit&#233; de d&#233;savouer la Haute Cour. Jusqu&amp;rsquo;ici, des procureurs du gouvernement ont refus&#233; d&amp;rsquo;enqu&#234;ter sur des accusations de torture sous pr&#233;texte que cela g&#234;nerait les efforts diplomatiques de Jacob Zuma, le pr&#233;sident sud-africain, pour apaiser les tensions chez son voisin. C&amp;rsquo;est cet argument que la Cour de Pretoria a rejet&#233; en expliquant que de telles motivations politiques &#233;taient contraires &#224; la Constitution et ne devaient pas emp&#234;cher d&amp;rsquo;enqu&#234;ter sur des faits de cette gravit&#233;. &#13;&#10; Ce jugement pourrait donc cr&#233;er un pr&#233;c&#233;dent historique pour les d&#233;fenseurs des droits de l&amp;rsquo;homme en Afrique du Sud et au Zimbabwe. En comparaison, les Etats-Unis et de l&amp;rsquo;UE ne peuvent qu&amp;rsquo;imposer &#224; Robert Mugabe le gel de certains de ses biens et des interdictions de s&#233;jour relativement faciles &#224; contourner. Pour Peter Godwin, seules la mobilisation de la soci&#233;t&#233; civile et la volont&#233; politique du gouvernement de Jacob Zuma peuvent sanctuariser cette avanc&#233;e juridique. Alors que des signes de violence ressurgissent dans le pays, il serait temps. &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;  * Peter Godwin, &quot; A landmark ruling in South Africa &quot;,  New York Times , 14 mai 2012.&#160;    Notes :  1 - Premier ministre pendant sept ans, il est devenu le premier pr&#233;sident du Zimbabwe ind&#233;pendant en 1987 2 - Coercition. Intimidation. Agression. D&#233;portation 3 - actuel directeur du  PEN American Center  </description>
         <pubDate>05/15/12 16:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5818-le_lent_declin_de_robert_mugabe.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>En avril 2008, Robert Mugabe, le pr&eacute;sident du Zimbabwe au pouvoir depuis 1980 <sup>1</sup> d&eacute;clenchait le plan militaire CIBD (<em>Coercion. Intimidation. Beating. Displacement</em>) <sup>2</sup> dans une tentative d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e pour conserver le pouvoir. La commission &eacute;lectorale venait d&rsquo;annoncer la d&eacute;faite de son parti- le <em>Zimbabwe African National Union</em>- aux &eacute;lections l&eacute;gislatives au profit du parti d&rsquo;opposition, le <em>Movement for Democratic Change</em>. L&rsquo;annonce officielle du r&eacute;sultat du scrutin pr&eacute;sidentiel, qui se tint le m&ecirc;me jour que l&rsquo;&eacute;lection des membres du Parlement, fut report&eacute;e de cinq semaines &agrave; cause de <a href="http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2008/07/04/AR2008070402771.html">la fuite en avant du r&eacute;gime dans la r&eacute;pression</a>. Des centaines d&rsquo;opposants furent abattus et des milliers furent tortur&eacute;s dans cette p&eacute;riode que les Zimbabw&eacute;ens ont surnomm&eacute; &quot;<em><a href="http://www.nytimes.com/2011/03/27/books/review/book-review-the-fear-robert-mugabe-and-the-martyrdom-of-zimbabwe-by-peter-godwin.html">The Fear</a></em>&quot; (La Peur). Le rival principal de Mugabe, Morgan Tsvangirai, renon&ccedil;a &agrave; l&rsquo;affronter au second tour devant l&rsquo;intensit&eacute; de la violence. Les deux hommes s&rsquo;entendirent tout de m&ecirc;me pour former un gouvernement de coalition en 2009. A l&rsquo;&acirc;ge de 88 ans, atteint d&rsquo;un cancer de la prostate <a href="http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/wikileaks/8740721/Robert-Mugabe-is-dying-of-prostate-cancer-new-WikiLeaks-cables-show.html">d&rsquo;apr&egrave;s les documents de <em>Wikileaks</em></a>, Robert Mugabe s&rsquo;accroche encore au pouvoir. R&eacute;solu &agrave; organiser de nouvelles &eacute;lections d&egrave;s cette ann&eacute;e, il cherche &agrave; mieux asseoir <a href="http://www.rfi.fr/afrique/20120220-elections-presidentielles-zimbabwe-robert-mugabe-met-garde-adversaires">son autorit&eacute; d&eacute;clinante</a> en mettant fin &agrave; cette coalition.  Pourra-t-il d&eacute;clencher une nouvelle vague de violences pour an&eacute;antir tout espoir d&rsquo;&eacute;lections d&eacute;mocratiques ?</p>
<p>Selon le journaliste Peter Godwin <sup>3</sup>, une d&eacute;cision r&eacute;cente de la Haute Cour de Justice de Pretoria pourrait l&rsquo;en dissuader. Ce jugement ordonne aux autorit&eacute;s sud-africaines d&rsquo;enqu&ecirc;ter et de poursuivre en justice les membres du gouvernement de Mugabe qui ont tortur&eacute; leurs opposants. L&rsquo;Afrique du Sud est un passage oblig&eacute; des &eacute;lites politiques et &eacute;conomiques du r&eacute;gime de Mugabe qui y passent leurs vacances, s&rsquo;y font soigner ou y prennent l&rsquo;avion pour Londres et New York. Ceux qui font l&rsquo;objet d&rsquo;une enqu&ecirc;te peuvent donc &ecirc;tre arr&ecirc;t&eacute;s s&rsquo;ils se risquent &agrave; franchir la fronti&egrave;re.</p>
<p>Peter Godwin signe n&eacute;anmoins <a href="http://www.nytimes.com/2012/05/15/opinion/a-landmark-ruling-in-south-africa.html?_r=1&amp;ref=opinion">une tribune dans le <em>New York Times</em></a> pour avertir ses lecteurs que cette ordonnance pourrait &ecirc;tre renvers&eacute;e puisque les autorit&eacute;s sud-africaines pr&eacute;pareraient un recours devant la Cour Supr&ecirc;me d&rsquo;Appel, en capacit&eacute; de d&eacute;savouer la Haute Cour. Jusqu&rsquo;ici, des procureurs du gouvernement ont refus&eacute; d&rsquo;enqu&ecirc;ter sur des accusations de torture sous pr&eacute;texte que cela g&ecirc;nerait les efforts diplomatiques de Jacob Zuma, le pr&eacute;sident sud-africain, pour apaiser les tensions chez son voisin. C&rsquo;est cet argument que la Cour de Pretoria a rejet&eacute; en expliquant que de telles motivations politiques &eacute;taient contraires &agrave; la Constitution et ne devaient pas emp&ecirc;cher d&rsquo;enqu&ecirc;ter sur des faits de cette gravit&eacute;.</p>
<p>Ce jugement pourrait donc cr&eacute;er un pr&eacute;c&eacute;dent historique pour les d&eacute;fenseurs des droits de l&rsquo;homme en Afrique du Sud et au Zimbabwe. En comparaison, les Etats-Unis et de l&rsquo;UE ne peuvent qu&rsquo;imposer &agrave; Robert Mugabe le gel de certains de ses biens et des interdictions de s&eacute;jour relativement faciles &agrave; contourner. Pour Peter Godwin, seules la mobilisation de la soci&eacute;t&eacute; civile et la volont&eacute; politique du gouvernement de Jacob Zuma peuvent sanctuariser cette avanc&eacute;e juridique. Alors que des signes de violence ressurgissent dans le pays, il serait temps.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>* Peter Godwin, &quot;<a href="http://www.nytimes.com/2012/05/15/opinion/a-landmark-ruling-in-south-africa.html?_r=1&amp;ref=opinion">A landmark ruling in South Africa</a>&quot;, <em>New York Times</em>, 14 mai 2012.&nbsp;</strong></p><br /><b>Notes :</b><br />1 - Premier ministre pendant sept ans, il est devenu le premier pr&eacute;sident du Zimbabwe ind&eacute;pendant en 1987<br />2 - Coercition. Intimidation. Agression. D&eacute;portation<br />3 - actuel directeur du <a href="http://www.pen.org/">PEN American Center</a><br /> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>L'a&#233;roport Notre-Dame-des-Landes en suspens </title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5814-laeroport_notre_dame_des_landes_en_suspens.htm</link>
         <description> C&amp;rsquo;est une petite victoire que viennent d&amp;rsquo;obtenir les opposants au projet de l&amp;rsquo;a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes, dit a&#233;roport Grand Ouest. Depuis un  d&#233;cret du 9 f&#233;vrier 2008 , le projet est d&#233;clar&#233; d&amp;rsquo;utilit&#233; publique, la r&#233;alisation des travaux doit avoir lieu et les expropriations n&#233;cessaires aussi  1 . Cela fait pr&#232;s de quarante ans maintenant que les responsables locaux, d&amp;rsquo;abord de droite puis, de gauche (du Parti Socialiste) affrontent une mobilisation farouche bien d&#233;cid&#233;e &#224; ne pas voir &#233;merger cette infrastructure de transport. Pour les uns, cet a&#233;roport est le symbole d&amp;rsquo;une ouverture internationale et une alternative &#224; l&amp;rsquo;actuel a&#233;roport de Nantes, ((a&#233;roport Nantes-Atlantique) jug&#233; trop petit et dangereux.  Pour les autres, militants &#233;cologistes, agriculteurs concern&#233;s, riverains perplexes et &#233;lus dubitatifs, (( http://aeroportnddl.fr/ )), ce projet n&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;aucune utilit&#233;, et il prive &#233;galement les hommes de leur terre nourrici&#232;re.  Ces derni&#232;res semaines les gr&#232;ves de la faim des opposants au projet ont montr&#233; la difficult&#233; de la concertation sur ce dossier sensible. &#13;&#10; Le mardi 8 mai a &#233;t&#233; sign&#233; un accord entre les repr&#233;sentants des collectivit&#233;s territoriales concern&#233;es, des repr&#233;sentants locaux du Parti socialiste (Mairie de Nantes, Conseil G&#233;n&#233;ral de Loire-Atlantique et le Conseil R&#233;gional des Pays de la Loire) et de l&amp;rsquo; Acipa , association qui lutte contre la cr&#233;ation de l&amp;rsquo;a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes.  Cet accord &#160;suspend toute expulsion d&amp;rsquo;exploitants agricoles tant que la justice ne s&amp;rsquo;est pas prononc&#233;e sur les recours juridiques d&#233;pos&#233;s. Certes, ce compromis ne tranche pas sur le fond, &#224; savoir l&amp;rsquo;annulation ou la poursuite de la construction de l&amp;rsquo;A&#233;roport Grand-Ouest. Il permet n&#233;anmoins de faire cesser la gr&#232;ve de la faim entam&#233;e par des opposants au projet de l&amp;rsquo;a&#233;roport. C&amp;rsquo;est un r&#233;pit d&amp;rsquo;au moins deux ans pour ceux qui ne veulent pas des travaux d&amp;rsquo;ici &#224; 2014. &#13;&#10; Cet accord trouv&#233; n&amp;rsquo;est pas sans lien avec l&amp;rsquo;&#233;lection du nouveau pr&#233;sident de la R&#233;publique, Fran&#231;ois Hollande. Si les rumeurs se confirment, Jean-Marc Ayrault, maire de la ville de Nantes, doit &#234;tre nomm&#233; &#224; Matignon demain. Difficile pour lui de devenir Premier ministre avec une telle &#233;pine sous le pied. La suspension des expropriations le temps que la justice se prononce, rel&#232;ve d&amp;rsquo;une d&#233;cision de &#171; sagesse &#187; face aux risques (politiques et humains) que comporte une mobilisation port&#233;e par des gr&#233;vistes de la faim. L&amp;rsquo;accord du 8 mai a permis de d&#233;miner le terrain politique en ouvrant une possibilit&#233; de dialogue. C&amp;rsquo;est maintenant au droit de trancher d&#233;finitivement.   3 . &#13;&#10;&#160;   Notes :  1 - une d&#233;claration d&amp;rsquo;utilit&#233; publique est la phase administrative d&amp;rsquo;une proc&#233;dure d&amp;rsquo;expropriation pour cause d&amp;rsquo;utilit&#233; publique 2 - a&#233;roport Nantes-Atlantique) jug&#233; trop petit et dangereux.  Pour les autres, militants &#233;cologistes, agriculteurs concern&#233;s, riverains perplexes et &#233;lus dubitatifs,   http://aeroportnddl.fr/  3 -  http://www.rue89.com/rue89-planete/2012/05/10/comment-hollande-demine-notre-dame-des-landes-pour-ayrault-232036  </description>
         <pubDate>05/14/12 18:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5814-laeroport_notre_dame_des_landes_en_suspens.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>C&rsquo;est une petite victoire que viennent d&rsquo;obtenir les opposants au projet de l&rsquo;a&eacute;roport de Notre-Dame-des-Landes, dit a&eacute;roport Grand Ouest. Depuis un <a href="http://(http://aeroport-grandouest.fr/concertation/de-la-mise-a-l%E2%80%99etude-a-la-dup/dossier-dutilite-publique-et-procedures/dup-du-9-fevrier-2008/">d&eacute;cret du 9 f&eacute;vrier 2008</a>, le projet est d&eacute;clar&eacute; d&rsquo;utilit&eacute; publique, la r&eacute;alisation des travaux doit avoir lieu et les expropriations n&eacute;cessaires aussi <sup>1</sup>. Cela fait pr&egrave;s de quarante ans maintenant que les responsables locaux, d&rsquo;abord de droite puis, de gauche (du Parti Socialiste) affrontent une mobilisation farouche bien d&eacute;cid&eacute;e &agrave; ne pas voir &eacute;merger cette infrastructure de transport. Pour les uns, cet a&eacute;roport est le symbole d&rsquo;une ouverture internationale et une alternative &agrave; l&rsquo;actuel a&eacute;roport de Nantes, ((a&eacute;roport Nantes-Atlantique) jug&eacute; trop petit et dangereux.  Pour les autres, militants &eacute;cologistes, agriculteurs concern&eacute;s, riverains perplexes et &eacute;lus dubitatifs, ((<a href="http://aeroportnddl.fr/">http://aeroportnddl.fr/</a>)), ce projet n&rsquo;est d&rsquo;aucune utilit&eacute;, et il prive &eacute;galement les hommes de leur terre nourrici&egrave;re.  Ces derni&egrave;res semaines les gr&egrave;ves de la faim des opposants au projet ont montr&eacute; la difficult&eacute; de la concertation sur ce dossier sensible.</p>
<p>Le mardi 8 mai a &eacute;t&eacute; sign&eacute; un accord entre les repr&eacute;sentants des collectivit&eacute;s territoriales concern&eacute;es, des repr&eacute;sentants locaux du Parti socialiste (Mairie de Nantes, Conseil G&eacute;n&eacute;ral de Loire-Atlantique et le Conseil R&eacute;gional des Pays de la Loire) et de l&rsquo;<a href="http://acipa.free.fr/">Acipa</a>, association qui lutte contre la cr&eacute;ation de l&rsquo;a&eacute;roport de Notre-Dame-des-Landes. <a href="http://communiques-acipa.blogspot.fr/search/label/11-Gr%C3%A8ve%20de%20la%20faim">Cet accord</a>&nbsp;suspend toute expulsion d&rsquo;exploitants agricoles tant que la justice ne s&rsquo;est pas prononc&eacute;e sur les recours juridiques d&eacute;pos&eacute;s. Certes, ce compromis ne tranche pas sur le fond, &agrave; savoir l&rsquo;annulation ou la poursuite de la construction de l&rsquo;A&eacute;roport Grand-Ouest. Il permet n&eacute;anmoins de faire cesser la gr&egrave;ve de la faim entam&eacute;e par des opposants au projet de l&rsquo;a&eacute;roport. C&rsquo;est un r&eacute;pit d&rsquo;au moins deux ans pour ceux qui ne veulent pas des travaux d&rsquo;ici &agrave; 2014.</p>
<p>Cet accord trouv&eacute; n&rsquo;est pas sans lien avec l&rsquo;&eacute;lection du nouveau pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, Fran&ccedil;ois Hollande. Si les rumeurs se confirment, Jean-Marc Ayrault, maire de la ville de Nantes, doit &ecirc;tre nomm&eacute; &agrave; Matignon demain. Difficile pour lui de devenir Premier ministre avec une telle &eacute;pine sous le pied. La suspension des expropriations le temps que la justice se prononce, rel&egrave;ve d&rsquo;une d&eacute;cision de &laquo; sagesse &raquo; face aux risques (politiques et humains) que comporte une mobilisation port&eacute;e par des gr&eacute;vistes de la faim. L&rsquo;accord du 8 mai a permis de d&eacute;miner le terrain politique en ouvrant une possibilit&eacute; de dialogue. C&rsquo;est maintenant au droit de trancher d&eacute;finitivement.  <sup>3</sup>.<br />
&nbsp;</p><br /><b>Notes :</b><br />1 - une d&eacute;claration d&rsquo;utilit&eacute; publique est la phase administrative d&rsquo;une proc&eacute;dure d&rsquo;expropriation pour cause d&rsquo;utilit&eacute; publique<br />2 - a&eacute;roport Nantes-Atlantique) jug&eacute; trop petit et dangereux.  Pour les autres, militants &eacute;cologistes, agriculteurs concern&eacute;s, riverains perplexes et &eacute;lus dubitatifs, <abricoo><a href="http://aeroportnddl.fr/">http://aeroportnddl.fr/</a><br />3 - <a href="http://www.rue89.com/rue89-planete/2012/05/10/comment-hollande-demine-notre-dame-des-landes-pour-ayrault-232036">http://www.rue89.com/rue89-planete/2012/05/10/comment-hollande-demine-notre-dame-des-landes-pour-ayrault-232036</a><br /> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Le train &#224; haute vitesse, un projet controvers&#233;</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5812-le_train_a_haute_vitesse_un_projet_controverse.htm</link>
         <description> Dans les vall&#233;es italiennes du Nord Ouest, plusieurs terrains sont occup&#233;s par des chantiers ferm&#233;s. Ces chantiers sont l&#224; pour construire une ligne ferroviaire qui relie Turin &#224; Lyon. Le projet du Tav (Train &#224; haute vitesse) est devenu un v&#233;ritable &amp;ldquo;train de la discorde&amp;rdquo; qui au lieu de rapprocher deux villes, &#233;carte les hommes politiques de la soci&#233;t&#233; civile.  &#13;&#10;La gen&#232;se du projet de la ligne ferroviaire &#224; haute vitesse Turin &amp;ndash; Lyon remonte &#224; 1991. Le  trac&#233; &#233;tait initialement destin&#233; au transport de voyageurs, mais au vu de la nette diminution de la fr&#233;quentation, a &#233;t&#233; converti en transport de marchandises. La nouvelle ligne, selon le dernier projet 1  pr&#233;sent&#233; en juin 2010, passera &#224; travers un tunnel de cinquante-sept kilom&#232;tres entre les villages de Bussoleno et Saint Jean-de-Maurienne. Si le Pr&#233;sident du Conseil Mario Monti a fait marche arri&#232;re sur les Olympiades &#224; Rome et sur la construction du Pont entre la Calabre et la Sicile, il se montre, au contraire, tr&#232;s d&#233;termin&#233; &#224; poursuivre le projet du Tav. Il a d&#233;clar&#233; qu&amp;rsquo;abandonner le projet &#233;quivaut &#224; &amp;ldquo;plonger l&amp;rsquo;Italie dans la M&#233;diterran&#233;e&amp;rdquo;, en l'excluant ainsi de l&amp;rsquo;Europe. Mais le mouvement des opposants, les  No Tav , qui a d&#233;sormais 20 ans, ne se rend pas et jour apr&#232;s jour d&#233;fend les terres militaris&#233;es du Val de Suze. &#13;&#10;  Les raisons du gouvernement et des opposants  &#13;&#10; Suite &#224; la &amp;ldquo; bataille de Venaus &amp;rdquo; de 2006, &#224; l&amp;rsquo;issue de cette grande protestation organis&#233;e par les habitants concern&#233;s par le projet, est d&#233;cid&#233;e la cr&#233;ation d&amp;rsquo;un  Observatoire gouvernemental . Cette structure a pour but la mise en place d&amp;rsquo;une concertation entre citoyens pour &#233;tudier la faisabilit&#233; de l&amp;rsquo;&amp;oelig;uvre. Mais, progressivement, les repr&#233;sentants des communaut&#233;s locales oppos&#233;es au projet, en sont exclus. Le mouvement  No Tav   constitue d&#232;s lors la  Commission technique montagnarde   du Val de Suze et du Val de Sagone .  Malgr&#233; la forte opposition populaire, le  Gouvernement  a r&#233;p&#233;t&#233; sa volont&#233; de concr&#233;tiser la ligne &#224; haute vitesse et le 14 mars 2012 a publi&#233;, sur son site, un document qui r&#233;sume, en quatorze points, les raisons de cette d&#233;cision. En r&#233;action &#224; la publication institutionnelle, la   Commission technique montagnarde du Val de Suze et du Val de Sagone   a diffus&#233; un document, qui reprend et d&#233;monte tous les arguments du Gouvernement en s&amp;rsquo;appuyant sur des donn&#233;es tr&#232;s pr&#233;cises. &#13;&#10; &#13;&#10; La question de l&amp;rsquo;ouverture &#224; l&amp;rsquo;Europe  &#13;&#10; Le dossier du Gouvernement pr&#233;sente la nouvelle ligne comme un moyen indispensable d&amp;rsquo;ouverture &#224; l&amp;rsquo;Europe et comme un outil pr&#233;cieux pour &amp;ldquo;l&amp;rsquo;ouverture &#233;conomique et psychologique&amp;rdquo; des italiens. Les donn&#233;es institutionnelles tendent &#224; d&#233;montrer que l&amp;rsquo;actuelle organisation commerciale ne peut pas renoncer &#224; une augmentation de la capacit&#233; du fret des marchandises et &#224; une diminution cons&#233;quente du temps de transport. Au contraire le mouvement r&#233;p&#232;te que la ligne historique Turin-Modane et le tunnel du Fr&#233;jus supportent tr&#232;s bien le trafic commercial : le volume des produits &#233;chang&#233;s entre l&amp;rsquo;Italie et la France, comme l&amp;rsquo;a ponctuellement rappel&#233; le journaliste Marco Travaglio 2 , a augment&#233; jusqu&amp;rsquo;en 2000 et apr&#232;s est &amp;ldquo;descendu en pic&amp;rdquo;, en passant de huit mille tonnes &#224; deux mille tonnes et demie. Le renforcement des lignes et des routes d&#233;j&#224; existantes serait donc, selon la  Commission montagnarde , une meilleure solution. &#13;&#10;  Combien &#231;a coute ?  &#13;&#10; Le projet coutera &#224; l&amp;rsquo;Italie la somme de 8,2 milliards ce qui repr&#233;sente le 57,9% du co&#251;t total (la France payant le 42,% restant). En soutien de la th&#232;se pro Tav, on parle d&amp;rsquo;un financement europ&#233;en de 30 ou 40%. Le gouvernement voit ce train comme une ressource &#233;conomique dont les fruits seront recueillis plus tard. Le mouvement  No Tav  souligne au contraire qu'une telle d&#233;pense, dans cette p&#233;riode de crise, constitue une v&#233;ritable folie. Les activistes ont plusieurs fois affirm&#233; que les ressources &#233;conomiques destin&#233;es au Tav pourraient se transformer en &amp;ldquo;bancs d&amp;rsquo;&#233;cole, m&#233;decins de plus aux urgences, aides pour ceux qui n&amp;rsquo;ont plus de travail&amp;rdquo; 3 . &#13;&#10;  L&amp;rsquo;environnement  &#13;&#10; Tous les acteurs concern&#233;s par la question Tav apparaissent inquiets au sujet de l&amp;rsquo;&#233;cologie. Les partisans du projet affirment que le train est un moyen de transport moins polluant puisqu&amp;rsquo;il permet de diminuer le trafic des camions. Mais le probl&#232;me crucial n&amp;rsquo;est pas l&#224;: des &#233;tudes ont r&#233;v&#233;l&#233; la pr&#233;sence d&amp;rsquo;amiante et d'uranium dans la montagne qui devrait &#234;tre perc&#233;e. La question est brulante et tr&#232;s actuelle, il suffit de penser au r&#233;cent proc&#232;s de l'usine  Eternit  &#224; Monferrato  4 . Le Gouvernement se veut rassurant : &amp;ldquo;le projet n&amp;rsquo;entraine pas des risques environnementaux directs ou indirects &amp;rdquo;. Et le document r&#233;cemment publi&#233; sur le site du Gouvernement 5 , d&#233;clare que la pr&#233;sence d&amp;rsquo;uranium est en dessous du seuil &#233;tabli par la loi. Les activistes r&#233;agissent vivement avec une argumentation pr&#233;cise. Ils affirment que la loi italienne ne d&#233;termine pas des seuils mais des &amp;ldquo;niveaux de r&#233;f&#233;rences&amp;rdquo; qui ne sont pas applicables de mani&#232;re univoque. Les  No Tav  accusent les experts du Gouvernement d&amp;rsquo;avoir d&#233;j&#224; for&#233; des zones qu&amp;rsquo;on savait d&#233;pourvues d&amp;rsquo;amiante. &#13;&#10; &#13;&#10;Ce projet a ouvert une question politique qui va bien au del&#224; du train au c&amp;oelig;ur de la pol&#233;mique et d&#233;voile une grave impasse communicative entre les institutions et la soci&#233;t&#233; civile. L&amp;rsquo;absence d&amp;rsquo;un lieu de confrontation ouvert &#224; tous ne fait en effet qu&amp;rsquo;augmenter la tension sociale et l&amp;rsquo;opposition &#224; un projet qui est per&#231;u comme &amp;ldquo; inacceptable &amp;rdquo;.  &#13;&#10;Au d&#233;but d&amp;rsquo;avril l&amp;rsquo;expropriation des terrains pr&#232;s du chantier a d&#233;but&#233;, une partie de ces terrains ont &#233;t&#233; achet&#233;s par les activistes pendant les ann&#233;es de lutte. Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;une v&#233;ritable bataille, les deux parties ne semblent pas vouloir faire de pas en arri&#232;re. Dans cette &amp;ldquo;querelle&amp;rdquo; surgit un nouveau sujet social : le mouvement des  No Tav , qui propose un mod&#232;le de lutte diff&#233;rent et surtout appara&#238;t comme un ensemble de personnes h&#233;t&#233;rog&#232;nes. &#13;&#10;Dans une prochaine s&#233;rie d&amp;rsquo;approfondissements nous essayerons d&amp;rsquo;analyser le mouvement d&amp;rsquo;un point de vue sociologique et anthropologique, afin de comprendre comment il met en place un mod&#232;le de d&#233;mocratie participative.. &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;  &#13;&#10; Pour en savoir plus :  &#13;&#10;  &#13;&#10; http://governo.it/GovernoInforma/Dossier/tav/index.html  &#13;&#10; http://www.ltf-sas.com/index.php  &#13;&#10; http://www.notav.eu/  &#13;&#10; http://www.notav.info  &#13;&#10;&#160;   Notes :  1 - la documentation disponible sur Internet n&amp;rsquo;est pas satisfaisante; le site du Gouvernement ne donne pas acc&#232;s &#224; des documents techniques. Nous vous invitons donc &#224; consulter les sites sugg&#233;r&#233;s &#224; la fin de cet article. Par ailleurs une explication assez claire est pr&#233;sente sur Wikipedia :  http://it.wikipedia.org/wiki/Progetto_di_ferrovia_Torino-Lione  2 - Marco Travaglio, 2 mars 2012,  http://www.ilfattoquotidiano.it/2012/03/02/alta-voracita/195078/  3 - cf.  http://www.reset-italia.net/2012/03/03/notav-ovvero-la-protesta-pacifica-non-basta-piu/  4 - De 1906 &#224; 1986, une usine d'amiante appartenant &#224; la soci&#233;t&#233;  Eternit  a provoqu&#233; la mort de milliers d'ouvriers &#224; Monferrato, une petite ville du Pi&#233;mont. Le 13 f&#233;vrier 2012, le Tribunal de Turin a condamn&#233; &#224; 16 ans de prison l'ex-propri&#233;taire du groupe suisse  Eternit  et l'ancien administrateur d' Eternit-Italie  5 - cf.  http://governo.it/GovernoInforma/Dossier/tav/index.html  ; cf. dans le box  &#224; droite &amp;ldquo;domande e risposte&amp;rdquo; </description>
         <pubDate>05/14/12 12:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5812-le_train_a_haute_vitesse_un_projet_controverse.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>Dans les vall&eacute;es italiennes du Nord Ouest, plusieurs terrains sont occup&eacute;s par des chantiers ferm&eacute;s. Ces chantiers sont l&agrave; pour construire une ligne ferroviaire qui relie Turin &agrave; Lyon. Le projet du Tav (Train &agrave; haute vitesse) est devenu un v&eacute;ritable &ldquo;train de la discorde&rdquo; qui au lieu de rapprocher deux villes, &eacute;carte les hommes politiques de la soci&eacute;t&eacute; civile. <br />
La gen&egrave;se du projet de la ligne ferroviaire &agrave; haute vitesse Turin &ndash; Lyon remonte &agrave; 1991. Le  trac&eacute; &eacute;tait initialement destin&eacute; au transport de voyageurs, mais au vu de la nette diminution de la fr&eacute;quentation, a &eacute;t&eacute; converti en transport de marchandises. La nouvelle ligne, selon le dernier projet<sup>1</sup> pr&eacute;sent&eacute; en juin 2010, passera &agrave; travers un tunnel de cinquante-sept kilom&egrave;tres entre les villages de Bussoleno et Saint Jean-de-Maurienne. Si le Pr&eacute;sident du Conseil Mario Monti a fait marche arri&egrave;re sur les Olympiades &agrave; Rome et sur la construction du Pont entre la Calabre et la Sicile, il se montre, au contraire, tr&egrave;s d&eacute;termin&eacute; &agrave; poursuivre le projet du Tav. Il a d&eacute;clar&eacute; qu&rsquo;abandonner le projet &eacute;quivaut &agrave; &ldquo;plonger l&rsquo;Italie dans la M&eacute;diterran&eacute;e&rdquo;, en l'excluant ainsi de l&rsquo;Europe. Mais le mouvement des opposants, les <em>No Tav</em>, qui a d&eacute;sormais 20 ans, ne se rend pas et jour apr&egrave;s jour d&eacute;fend les terres militaris&eacute;es du Val de Suze.</p>
<p><strong>Les raisons du gouvernement et des opposants</strong></p>
<p>Suite &agrave; la &ldquo; bataille de Venaus &rdquo; de 2006, &agrave; l&rsquo;issue de cette grande protestation organis&eacute;e par les habitants concern&eacute;s par le projet, est d&eacute;cid&eacute;e la cr&eacute;ation d&rsquo;un <em>Observatoire gouvernemental</em>. Cette structure a pour but la mise en place d&rsquo;une concertation entre citoyens pour &eacute;tudier la faisabilit&eacute; de l&rsquo;&oelig;uvre. Mais, progressivement, les repr&eacute;sentants des communaut&eacute;s locales oppos&eacute;es au projet, en sont exclus. Le mouvement<em> No Tav</em>  constitue d&egrave;s lors la<em> Commission technique montagnarde</em><em> du Val de Suze et du Val de Sagone</em>.  Malgr&eacute; la forte opposition populaire, le <a href="http:// http://governo.it/GovernoInforma/Dossier/tav/index.html">Gouvernement </a>a r&eacute;p&eacute;t&eacute; sa volont&eacute; de concr&eacute;tiser la ligne &agrave; haute vitesse et le 14 mars 2012 a publi&eacute;, sur son site, un document qui r&eacute;sume, en quatorze points, les raisons de cette d&eacute;cision. En r&eacute;action &agrave; la publication institutionnelle, la<em><a href="http://www.notav.info/documenti/la-valle-risponde-al-governo-sui-14-punti-della-torino-lione-seriamente/"> Commission technique montagnarde du Val de Suze et du Val de Sagone</a></em> a diffus&eacute; un document, qui reprend et d&eacute;monte tous les arguments du Gouvernement en s&rsquo;appuyant sur des donn&eacute;es tr&egrave;s pr&eacute;cises.<br />
<br />
<strong>La question de l&rsquo;ouverture &agrave; l&rsquo;Europe</strong></p>
<p>Le dossier du Gouvernement pr&eacute;sente la nouvelle ligne comme un moyen indispensable d&rsquo;ouverture &agrave; l&rsquo;Europe et comme un outil pr&eacute;cieux pour &ldquo;l&rsquo;ouverture &eacute;conomique et psychologique&rdquo; des italiens. Les donn&eacute;es institutionnelles tendent &agrave; d&eacute;montrer que l&rsquo;actuelle organisation commerciale ne peut pas renoncer &agrave; une augmentation de la capacit&eacute; du fret des marchandises et &agrave; une diminution cons&eacute;quente du temps de transport. Au contraire le mouvement r&eacute;p&egrave;te que la ligne historique Turin-Modane et le tunnel du Fr&eacute;jus supportent tr&egrave;s bien le trafic commercial : le volume des produits &eacute;chang&eacute;s entre l&rsquo;Italie et la France, comme l&rsquo;a ponctuellement rappel&eacute; le journaliste Marco Travaglio<sup>2</sup>, a augment&eacute; jusqu&rsquo;en 2000 et apr&egrave;s est &ldquo;descendu en pic&rdquo;, en passant de huit mille tonnes &agrave; deux mille tonnes et demie. Le renforcement des lignes et des routes d&eacute;j&agrave; existantes serait donc, selon la <em>Commission montagnarde</em>, une meilleure solution.</p>
<p><strong>Combien &ccedil;a coute ?</strong></p>
<p>Le projet coutera &agrave; l&rsquo;Italie la somme de 8,2 milliards ce qui repr&eacute;sente le 57,9% du co&ucirc;t total (la France payant le 42,% restant). En soutien de la th&egrave;se pro Tav, on parle d&rsquo;un financement europ&eacute;en de 30 ou 40%. Le gouvernement voit ce train comme une ressource &eacute;conomique dont les fruits seront recueillis plus tard. Le mouvement<em> No Tav </em>souligne au contraire qu'une telle d&eacute;pense, dans cette p&eacute;riode de crise, constitue une v&eacute;ritable folie. Les activistes ont plusieurs fois affirm&eacute; que les ressources &eacute;conomiques destin&eacute;es au Tav pourraient se transformer en &ldquo;bancs d&rsquo;&eacute;cole, m&eacute;decins de plus aux urgences, aides pour ceux qui n&rsquo;ont plus de travail&rdquo;<sup>3</sup>.</p>
<p><strong>L&rsquo;environnement</strong></p>
<p>Tous les acteurs concern&eacute;s par la question Tav apparaissent inquiets au sujet de l&rsquo;&eacute;cologie. Les partisans du projet affirment que le train est un moyen de transport moins polluant puisqu&rsquo;il permet de diminuer le trafic des camions. Mais le probl&egrave;me crucial n&rsquo;est pas l&agrave;: des &eacute;tudes ont r&eacute;v&eacute;l&eacute; la pr&eacute;sence d&rsquo;amiante et d'uranium dans la montagne qui devrait &ecirc;tre perc&eacute;e. La question est brulante et tr&egrave;s actuelle, il suffit de penser au r&eacute;cent proc&egrave;s de l'usine<em> Eternit</em> &agrave; Monferrato <sup>4</sup>. Le Gouvernement se veut rassurant : &ldquo;le projet n&rsquo;entraine pas des risques environnementaux directs ou indirects &rdquo;. Et le document r&eacute;cemment publi&eacute; sur le site du Gouvernement<sup>5</sup>, d&eacute;clare que la pr&eacute;sence d&rsquo;uranium est en dessous du seuil &eacute;tabli par la loi. Les activistes r&eacute;agissent vivement avec une argumentation pr&eacute;cise. Ils affirment que la loi italienne ne d&eacute;termine pas des seuils mais des &ldquo;niveaux de r&eacute;f&eacute;rences&rdquo; qui ne sont pas applicables de mani&egrave;re univoque. Les <em>No Tav</em> accusent les experts du Gouvernement d&rsquo;avoir d&eacute;j&agrave; for&eacute; des zones qu&rsquo;on savait d&eacute;pourvues d&rsquo;amiante.<br />
<br />
Ce projet a ouvert une question politique qui va bien au del&agrave; du train au c&oelig;ur de la pol&eacute;mique et d&eacute;voile une grave impasse communicative entre les institutions et la soci&eacute;t&eacute; civile. L&rsquo;absence d&rsquo;un lieu de confrontation ouvert &agrave; tous ne fait en effet qu&rsquo;augmenter la tension sociale et l&rsquo;opposition &agrave; un projet qui est per&ccedil;u comme &ldquo; inacceptable &rdquo;. <br />
Au d&eacute;but d&rsquo;avril l&rsquo;expropriation des terrains pr&egrave;s du chantier a d&eacute;but&eacute;, une partie de ces terrains ont &eacute;t&eacute; achet&eacute;s par les activistes pendant les ann&eacute;es de lutte. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une v&eacute;ritable bataille, les deux parties ne semblent pas vouloir faire de pas en arri&egrave;re. Dans cette &ldquo;querelle&rdquo; surgit un nouveau sujet social : le mouvement des <em>No Tav</em>, qui propose un mod&egrave;le de lutte diff&eacute;rent et surtout appara&icirc;t comme un ensemble de personnes h&eacute;t&eacute;rog&egrave;nes.<br />
Dans une prochaine s&eacute;rie d&rsquo;approfondissements nous essayerons d&rsquo;analyser le mouvement d&rsquo;un point de vue sociologique et anthropologique, afin de comprendre comment il met en place un mod&egrave;le de d&eacute;mocratie participative..</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><br />
<strong>Pour en savoir plus :</strong></p>
<p><br />
<a href="http://governo.it/GovernoInforma/Dossier/tav/index.html">http://governo.it/GovernoInforma/Dossier/tav/index.html</a><br />
<a href="http://www.ltf-sas.com/index.php">http://www.ltf-sas.com/index.php</a><br />
<a href="http://www.notav.eu/">http://www.notav.eu/</a><br />
<a href="http://www.notav.info">http://www.notav.info</a><br />
&nbsp;</p><br /><b>Notes :</b><br />1 - la documentation disponible sur Internet n&rsquo;est pas satisfaisante; le site du Gouvernement ne donne pas acc&egrave;s &agrave; des documents techniques. Nous vous invitons donc &agrave; consulter les sites sugg&eacute;r&eacute;s &agrave; la fin de cet article. Par ailleurs une explication assez claire est pr&eacute;sente sur Wikipedia :<a href="http:// http://it.wikipedia.org/wiki/Progetto_di_ferrovia_Torino-Lione"> http://it.wikipedia.org/wiki/Progetto_di_ferrovia_Torino-Lione</a><br />2 - Marco Travaglio, 2 mars 2012, <a href="http://www.ilfattoquotidiano.it/2012/03/02/alta-voracita/195078/">http://www.ilfattoquotidiano.it/2012/03/02/alta-voracita/195078/</a><br />3 - cf. <a href="http://www.reset-italia.net/2012/03/03/notav-ovvero-la-protesta-pacifica-non-basta-piu/">http://www.reset-italia.net/2012/03/03/notav-ovvero-la-protesta-pacifica-non-basta-piu/</a><br />4 - De 1906 &agrave; 1986, une usine d'amiante appartenant &agrave; la soci&eacute;t&eacute; <em>Eternit</em> a provoqu&eacute; la mort de milliers d'ouvriers &agrave; Monferrato, une petite ville du Pi&eacute;mont. Le 13 f&eacute;vrier 2012, le Tribunal de Turin a condamn&eacute; &agrave; 16 ans de prison l'ex-propri&eacute;taire du groupe suisse<em> Eternit</em> et l'ancien administrateur d'<em>Eternit-Italie</em><br />5 - cf. <a href="http://governo.it/GovernoInforma/Dossier/tav/index.html">http://governo.it/GovernoInforma/Dossier/tav/index.html</a> ; cf. dans le box  &agrave; droite &ldquo;domande e risposte&rdquo;<br /> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Nonfiction.fr est sur &quot;J'aime l'info&quot;</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5666-nonfictionfr_est_sur_jaime_linfo.htm</link>
         <description> Ch&#232;res lectrices, chers lecteurs, &#13;&#10;  &#160;  &#13;&#10; Pour continuer &#224; vous proposer un contenu de qualit&#233;, et permettre la r&#233;alisation de projets &#233;ditoriaux nouveaux, Nonfiction.fr est d&#233;sormais inscrit sur   Jaimelinfo.fr .  &#13;&#10; Cette plateforme de financement communautaire ( crowdfunding ), cr&#233;&#233;e d&#233;but 2011 &#224; l&amp;rsquo;initiative de  Rue89 , permet &#224; qui le souhaite de faire un don pour contribuer au d&#233;veloppement de Nonfiction.fr. Vous pouvez aussi choisir de financer la r&#233;alisation d&amp;rsquo;un projet en particulier. Le montant des dons doit &#234;tre sup&#233;rieur ou &#233;gal &#224; 3 euros. &#13;&#10;   Inscrivez-vous gratuitement sur Jaimelinfo.fr pour soutenir Nonfiction.fr  . &#13;&#10; &#160; &#13;&#10; Si vous le souhaitez, vous pouvez &#233;galement soutenir Nonfiction.fr en devenant membre de l'association, ou en faisant un don&#160;via le syst&#232;me Paypal : pour plus de d&#233;tails, rendez-vous sur l&amp;rsquo;onglet  Adh&#233;sion . &#13;&#10;  &#160;  &#13;&#10; Cordialement &#13;&#10; &#160; &#13;&#10; La r&#233;daction &#13;&#10; &#160; </description>
         <pubDate>05/14/12 11:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5666-nonfictionfr_est_sur_jaime_linfo.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>Ch&egrave;res lectrices, chers lecteurs,</p>
<p class="MsoNormal" align="center" style="text-align:center"><o:p>&nbsp;</o:p></p>
<p class="MsoNormal">Pour continuer &agrave; vous proposer un contenu de qualit&eacute;, et permettre la r&eacute;alisation de projets &eacute;ditoriaux nouveaux, Nonfiction.fr est d&eacute;sormais inscrit sur <u><a href="http://jaimelinfo.fr">Jaimelinfo.fr</a>.</u></p>
<p class="MsoNormal">Cette plateforme de financement communautaire (<i>crowdfunding</i>), cr&eacute;&eacute;e d&eacute;but 2011 &agrave; l&rsquo;initiative de <i>Rue89</i>, permet &agrave; qui le souhaite de faire un don pour contribuer au d&eacute;veloppement de Nonfiction.fr. Vous pouvez aussi choisir de financer la r&eacute;alisation d&rsquo;un projet en particulier. Le montant des dons doit &ecirc;tre sup&eacute;rieur ou &eacute;gal &agrave; 3 euros.</p>
<p class="MsoNormal"><u><a href="http://jaimelinfo.fr/nonfiction/">Inscrivez-vous gratuitement sur Jaimelinfo.fr pour soutenir Nonfiction.fr</a></u>.</p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal">Si vous le souhaitez, vous pouvez &eacute;galement soutenir Nonfiction.fr en devenant membre de l'association, ou en faisant un don&nbsp;via le syst&egrave;me Paypal : pour plus de d&eacute;tails, rendez-vous sur l&rsquo;onglet <a href="http://nonfiction.fr/devenir-adherent-nonfiction.htm">Adh&eacute;sion</a>.</p>
<p class="MsoNormal"><o:p>&nbsp;</o:p></p>
<p class="MsoNormal">Cordialement</p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal">La r&eacute;daction</p>
<p>&nbsp;</p> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Arts et Sciences (50) : l&#146;artiste mexicain Gabriel Orozco</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5810-arts_et_sciences__50__lartiste_mexicain_gabriel_orozco.htm</link>
         <description> Un excellent article portant sur notre th&#232;me arts et sciences, mais appliqu&#233; au travail d&amp;rsquo;un artiste, nous arr&#234;te pour cette br&#232;ve. Il a &#233;t&#233; publi&#233; sur  Art et Science . &#13;&#10; L&amp;rsquo;auteur de l&amp;rsquo;article rel&#232;ve d&amp;rsquo;abord que cet artiste ne cesse d&amp;rsquo;utiliser dans ses &amp;oelig;uvres les figures g&#233;om&#233;triques de base : le cercle, la sph&#232;re, autant d&amp;rsquo;&#233;l&#233;ments qui seraient pr&#233;sents dans l&amp;rsquo;univers. Il &#233;tablit que ce travail se concentre sur ces figures, aussi bien dans  Corporal Coordinates  (2009),  Samurai Tree  (2004),  First Was the Spitting  (1993) ou la s&#233;rie  Atomists  (1996). Le cercle, avec toute la force de sa simplicit&#233;, recr&#233;e la complexit&#233; apparente de l'univers. Comme si lui, ou son homologue tridimensionnel, &#233;tait l'&#233;l&#233;ment indivisible et fondateur de la mati&#232;re. Et l&amp;rsquo;auteur de conclure : &quot;Rien d'&#233;tonnant alors que l'artiste se fasse le relais de D&#233;mocrite, penseur grec du V&#186; si&#232;cle av. J.-C., auteur de la th&#232;se de l&amp;rsquo;atomisme.&quot;  &#13;&#10; &#13;&#10;L&amp;rsquo;auteur insiste ensuite sur les formes engendr&#233;es &#224; l&amp;rsquo;aide de ces figures. Par exemple le cr&#226;ne recouvert d&amp;rsquo;un damier ( Black Kites , 1997) peut passer pour un v&#233;ritable exercice de topologie. &#13;&#10; Une autre probl&#233;matique qu'aborde l'artiste est celle de l'impact du temps sur la mati&#232;re. L'exp&#233;rimentation tient alors une place pr&#233;pond&#233;rante. Utilisant la plasticine, il cr&#233;e des formes que le temps corrompt et transforme ( Yielding Stones , 1992). C'est &#233;galement au cours d'&amp;oelig;uvres &#233;ph&#233;m&#232;res ( Ironing Board  et  Frozen Portable Puddle , 1994) qu'il explore l'irr&#233;versibilit&#233; et l'in&#233;vitabilit&#233; de l&amp;rsquo;action du temps sur la mati&#232;re. Que le commentaire soit bien ajust&#233; ou non, il n&amp;rsquo;en reste pas moins vrai qu&amp;rsquo;il pointe des &#233;l&#233;ments de d&#233;bat int&#233;ressants. &#13;&#10; L&amp;rsquo;auteur poursuit en relevant chez l&amp;rsquo;artiste des accointances avec la physique. L'artiste reprend en effet le th&#232;me de la gravit&#233; dans  Carambole with Pendulum  (1997). La carambole est un type de billard fran&#231;ais, qui se joue sur une table ovale avec trois boules. Le but est de toucher &#224; chaque coup les deux autres. La difficult&#233; du jeu r&#233;side dans la forme de la table qui rend plus difficile de pr&#233;voir les trajectoires. Orozco installe donc une carambole dans la chapelle du Centre de la vieille charit&#233; de Marseille, &#224; ceci pr&#232;s qu'il relie une des boules au plafond (tr&#232;s &#233;lev&#233;). La r&#233;f&#233;rence au pendule de Foucault ne laisse aucun doute, mais de plus, il ajoute un &#233;l&#233;ment source d'al&#233;a, comme une critique de la vision d&#233;terministe de Newton et de sa m&#233;canique. &#13;&#10; Plusieurs r&#233;f&#233;rences suivent. A la question de l&amp;rsquo;infini, &#224; celle du d&#233;terminisme et du hasard. Laissons cela de c&#244;t&#233;. Mais l&amp;rsquo;auteur reprend plus largement, en se demandant si finalement Gabriel Orozco est un artiste ou un scientifique ? Mais l&amp;rsquo;auteur h&#233;site et cette h&#233;sitation nous int&#233;resse. Il affirme : Pourtant Orozco n'offre pas un discours scientifique, il offre un discours, et personne d'autre ne pourrait le tenir. Nous sommes bien loin des auteurs scientifiques qui, th&#233;oriquement, sont interchangeables au sein d'une m&#234;me sp&#233;cialit&#233;. Car ce qui fait l'efficacit&#233; des sciences c'est cette adh&#233;sion unanime au sein d'un petit groupe &#224; un paradigme (pour reprendre le terme de Thomas Kuhn). &#13;&#10; Ce qui frappe le commentateur, ici, c&amp;rsquo;est que l&amp;rsquo;art de Orozco n&amp;rsquo;est pas sentimental ou sensible, qu&amp;rsquo;il est loin de produire des &#233;motions, et qu&amp;rsquo;il ne se contente pas d&amp;rsquo;explorer des compositions. En v&#233;rit&#233;, c&amp;rsquo;est sans doute la question qui est d&#233;cal&#233;e, supposant que l&amp;rsquo;art doit produire cela. Mais on peut d&#233;placer le point de vue. Et affirmer que l&amp;rsquo;art peut aussi forger un regard interrogateur, portant autant sur le monde que sur le savoir des hommes, voire sur les repr&#233;sentations scientifiques. &#13;&#10; Et l&amp;rsquo;auteur de conclure : &quot;Et si Gabriel Orozco posait, tranquillement, une pierre &#224; cet &#233;difice encore incertain de la culture scientifique ?&quot;. </description>
         <pubDate>05/14/12 10:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5810-arts_et_sciences__50__lartiste_mexicain_gabriel_orozco.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>Un excellent article portant sur notre th&egrave;me arts et sciences, mais appliqu&eacute; au travail d&rsquo;un artiste, nous arr&ecirc;te pour cette br&egrave;ve. Il a &eacute;t&eacute; publi&eacute; sur <a href="http://www.art-et-science.fr/cerebrart/2011/orozco.htm">Art et Science</a>.</p>
<p>L&rsquo;auteur de l&rsquo;article rel&egrave;ve d&rsquo;abord que cet artiste ne cesse d&rsquo;utiliser dans ses &oelig;uvres les figures g&eacute;om&eacute;triques de base : le cercle, la sph&egrave;re, autant d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments qui seraient pr&eacute;sents dans l&rsquo;univers. Il &eacute;tablit que ce travail se concentre sur ces figures, aussi bien dans <em>Corporal Coordinates</em> (2009), <em>Samurai Tree</em> (2004),<em> First Was the Spitting</em> (1993) ou la s&eacute;rie<em> Atomists</em> (1996). Le cercle, avec toute la force de sa simplicit&eacute;, recr&eacute;e la complexit&eacute; apparente de l'univers. Comme si lui, ou son homologue tridimensionnel, &eacute;tait l'&eacute;l&eacute;ment indivisible et fondateur de la mati&egrave;re. Et l&rsquo;auteur de conclure : &quot;Rien d'&eacute;tonnant alors que l'artiste se fasse le relais de D&eacute;mocrite, penseur grec du V&ordm; si&egrave;cle av. J.-C., auteur de la th&egrave;se de l&rsquo;atomisme.&quot; <br />
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L&rsquo;auteur insiste ensuite sur les formes engendr&eacute;es &agrave; l&rsquo;aide de ces figures. Par exemple le cr&acirc;ne recouvert d&rsquo;un damier (<em>Black Kites</em>, 1997) peut passer pour un v&eacute;ritable exercice de topologie.</p>
<p>Une autre probl&eacute;matique qu'aborde l'artiste est celle de l'impact du temps sur la mati&egrave;re. L'exp&eacute;rimentation tient alors une place pr&eacute;pond&eacute;rante. Utilisant la plasticine, il cr&eacute;e des formes que le temps corrompt et transforme (<em>Yielding Stones</em>, 1992). C'est &eacute;galement au cours d'&oelig;uvres &eacute;ph&eacute;m&egrave;res (<em>Ironing Board</em> et <em>Frozen Portable Puddle</em>, 1994) qu'il explore l'irr&eacute;versibilit&eacute; et l'in&eacute;vitabilit&eacute; de l&rsquo;action du temps sur la mati&egrave;re. Que le commentaire soit bien ajust&eacute; ou non, il n&rsquo;en reste pas moins vrai qu&rsquo;il pointe des &eacute;l&eacute;ments de d&eacute;bat int&eacute;ressants.</p>
<p>L&rsquo;auteur poursuit en relevant chez l&rsquo;artiste des accointances avec la physique. L'artiste reprend en effet le th&egrave;me de la gravit&eacute; dans <em>Carambole with Pendulum</em> (1997). La carambole est un type de billard fran&ccedil;ais, qui se joue sur une table ovale avec trois boules. Le but est de toucher &agrave; chaque coup les deux autres. La difficult&eacute; du jeu r&eacute;side dans la forme de la table qui rend plus difficile de pr&eacute;voir les trajectoires. Orozco installe donc une carambole dans la chapelle du Centre de la vieille charit&eacute; de Marseille, &agrave; ceci pr&egrave;s qu'il relie une des boules au plafond (tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;). La r&eacute;f&eacute;rence au pendule de Foucault ne laisse aucun doute, mais de plus, il ajoute un &eacute;l&eacute;ment source d'al&eacute;a, comme une critique de la vision d&eacute;terministe de Newton et de sa m&eacute;canique.</p>
<p>Plusieurs r&eacute;f&eacute;rences suivent. A la question de l&rsquo;infini, &agrave; celle du d&eacute;terminisme et du hasard. Laissons cela de c&ocirc;t&eacute;. Mais l&rsquo;auteur reprend plus largement, en se demandant si finalement Gabriel Orozco est un artiste ou un scientifique ? Mais l&rsquo;auteur h&eacute;site et cette h&eacute;sitation nous int&eacute;resse. Il affirme : Pourtant Orozco n'offre pas un discours scientifique, il offre un discours, et personne d'autre ne pourrait le tenir. Nous sommes bien loin des auteurs scientifiques qui, th&eacute;oriquement, sont interchangeables au sein d'une m&ecirc;me sp&eacute;cialit&eacute;. Car ce qui fait l'efficacit&eacute; des sciences c'est cette adh&eacute;sion unanime au sein d'un petit groupe &agrave; un paradigme (pour reprendre le terme de Thomas Kuhn).</p>
<p>Ce qui frappe le commentateur, ici, c&rsquo;est que l&rsquo;art de Orozco n&rsquo;est pas sentimental ou sensible, qu&rsquo;il est loin de produire des &eacute;motions, et qu&rsquo;il ne se contente pas d&rsquo;explorer des compositions. En v&eacute;rit&eacute;, c&rsquo;est sans doute la question qui est d&eacute;cal&eacute;e, supposant que l&rsquo;art doit produire cela. Mais on peut d&eacute;placer le point de vue. Et affirmer que l&rsquo;art peut aussi forger un regard interrogateur, portant autant sur le monde que sur le savoir des hommes, voire sur les repr&eacute;sentations scientifiques.</p>
<p>Et l&rsquo;auteur de conclure : &quot;Et si Gabriel Orozco posait, tranquillement, une pierre &agrave; cet &eacute;difice encore incertain de la culture scientifique ?&quot;.</p> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>La Cor&#233;e du Sud relance son programme nucl&#233;aire</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5807-la_coree_du_sud_relance_son_programme_nucleaire.htm</link>
         <description> Alors que le Japon vient tout juste de sortir temporairement du nucl&#233;aire, la Cor&#233;e du Sud elle vient de lancer la construction de deux r&#233;acteurs nucl&#233;aires dans la centrale de Ulchin, qui en contient d&#233;j&#224; six. &#13;&#10; C&amp;rsquo;est la premi&#232;re fois depuis la catastrophe de Fukushima qu&amp;rsquo;une telle d&#233;cision est prise dans la p&#233;ninsule. Le gouvernement envisage ainsi toujours de faire passer le nombre de r&#233;acteurs de vingt-trois actuellement, &#224; vingt-huit d&amp;rsquo;ici &#224; 2030. Ces r&#233;acteurs sont r&#233;partis dans quatre centrales nucl&#233;aires et le nucl&#233;aire repr&#233;sente environ 30 % de l&amp;rsquo;&#233;nergie produite en Cor&#233;e. La Cor&#233;e du Sud est tr&#232;s active ces derni&#232;res ann&#233;es dans le d&#233;veloppement de nouvelles technologies nucl&#233;aires et dans l&amp;rsquo;exportation de centrales, notamment vers la Jordanie ou les Emirats Arabes Unis. En Asie, elle cherche &#233;galement &#224; conqu&#233;rir le march&#233; indien, chinois et malaisien. &#13;&#10; Mais la d&#233;cision de relancer un programme nucl&#233;aire ne fait pourtant gu&#232;re consensus. Les Cor&#233;ens sont en effet tr&#232;s m&#233;fiants vis-&#224;-vis de cette &#233;nergie, alors que la catastrophe de Fukushima s&amp;rsquo;est produite &#224; quelques centaines de kilom&#232;tres de leurs c&#244;tes. Quant au mouvement anti-nucl&#233;aire sud-cor&#233;en, il a pris de l&amp;rsquo;ampleur depuis quelques mois. En janvier 2012, plusieurs groupes pacifistes d&amp;rsquo;ob&#233;dience catholiques ont cr&#233;&#233; le &quot; Groupe anti-nucl&#233;aire de solidarit&#233; de la c&#244;te Est &quot; qui est soutenu par diff&#233;rents dioc&#232;ses. Quand on connait l&amp;rsquo;importance du christianisme dans ce pays, on comprendra le poids que cela a dans la lutte anti-nucl&#233;aire. Ce groupe a demand&#233; au gouvernement d&amp;rsquo;abandonner la construction de deux nouvelles centrales &#224; Samcheok et YeongDeok et fermer les centrales de Wolseong et Gori. &#13;&#10; Le m&#234;me mois, vingt-deux associations de femmes cor&#233;ennes lanc&#232;rent un appel pour une sortie du nucl&#233;aire. &quot; Nous femmes cor&#233;ennes&quot;, &#233;crivent elles, &quot;avons un sens aigu de la crise et des suites de la catastrophe nucl&#233;aire de Fukishima Daiichi en mars 2011. Nous sommes encore une fois choqu&#233;es de la force des radiations vue dans la perte d&amp;rsquo;&#234;tres humains, la pollution environnementale et la contamination alimentaire. Nous sommes encore plus choqu&#233;es par la b&#234;tise de ceux qui ont continu&#233; &#224; construire des r&#233;acteurs nucl&#233;aires malgr&#233; que le danger de l&amp;rsquo;&#233;nergie nucl&#233;aire ait &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; &#224; Three Mile Island et Tchernobyl. &quot;. Le 10 mars 2012, pour les un an  de l&amp;rsquo;accident de Fukishima, plusieurs milliers de manifestants ont exprim&#233; dans les rues de S&#233;oul leur refus du nucl&#233;aire. Une manifestation d&amp;rsquo;une ampleur in&#233;dite pour ce pays.. &#13;&#10;&#160; &#13;&#10; * Article issu du blog :   Le Japon &#224; l'envers&#160;  </description>
         <pubDate>05/11/12 17:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5807-la_coree_du_sud_relance_son_programme_nucleaire.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>Alors que le Japon vient tout juste de sortir temporairement du nucl&eacute;aire, la Cor&eacute;e du Sud elle vient de lancer la construction de deux r&eacute;acteurs nucl&eacute;aires dans la centrale de Ulchin, qui en contient d&eacute;j&agrave; six.</p>
<p>C&rsquo;est la premi&egrave;re fois depuis la catastrophe de Fukushima qu&rsquo;une telle d&eacute;cision est prise dans la p&eacute;ninsule. Le gouvernement envisage ainsi toujours de faire passer le nombre de r&eacute;acteurs de vingt-trois actuellement, &agrave; vingt-huit d&rsquo;ici &agrave; 2030. Ces r&eacute;acteurs sont r&eacute;partis dans quatre centrales nucl&eacute;aires et le nucl&eacute;aire repr&eacute;sente environ 30 % de l&rsquo;&eacute;nergie produite en Cor&eacute;e. La Cor&eacute;e du Sud est tr&egrave;s active ces derni&egrave;res ann&eacute;es dans le d&eacute;veloppement de nouvelles technologies nucl&eacute;aires et dans l&rsquo;exportation de centrales, notamment vers la Jordanie ou les Emirats Arabes Unis. En Asie, elle cherche &eacute;galement &agrave; conqu&eacute;rir le march&eacute; indien, chinois et malaisien.</p>
<p>Mais la d&eacute;cision de relancer un programme nucl&eacute;aire ne fait pourtant gu&egrave;re consensus. Les Cor&eacute;ens sont en effet tr&egrave;s m&eacute;fiants vis-&agrave;-vis de cette &eacute;nergie, alors que la catastrophe de Fukushima s&rsquo;est produite &agrave; quelques centaines de kilom&egrave;tres de leurs c&ocirc;tes. Quant au mouvement anti-nucl&eacute;aire sud-cor&eacute;en, il a pris de l&rsquo;ampleur depuis quelques mois. En janvier 2012, plusieurs groupes pacifistes d&rsquo;ob&eacute;dience catholiques ont cr&eacute;&eacute; le &quot; Groupe anti-nucl&eacute;aire de solidarit&eacute; de la c&ocirc;te Est &quot; qui est soutenu par diff&eacute;rents dioc&egrave;ses. Quand on connait l&rsquo;importance du christianisme dans ce pays, on comprendra le poids que cela a dans la lutte anti-nucl&eacute;aire. Ce groupe a demand&eacute; au gouvernement d&rsquo;abandonner la construction de deux nouvelles centrales &agrave; Samcheok et YeongDeok et fermer les centrales de Wolseong et Gori.</p>
<p>Le m&ecirc;me mois, vingt-deux associations de femmes cor&eacute;ennes lanc&egrave;rent un appel pour une sortie du nucl&eacute;aire. &quot; Nous femmes cor&eacute;ennes&quot;, &eacute;crivent elles, &quot;avons un sens aigu de la crise et des suites de la catastrophe nucl&eacute;aire de Fukishima Daiichi en mars 2011. Nous sommes encore une fois choqu&eacute;es de la force des radiations vue dans la perte d&rsquo;&ecirc;tres humains, la pollution environnementale et la contamination alimentaire. Nous sommes encore plus choqu&eacute;es par la b&ecirc;tise de ceux qui ont continu&eacute; &agrave; construire des r&eacute;acteurs nucl&eacute;aires malgr&eacute; que le danger de l&rsquo;&eacute;nergie nucl&eacute;aire ait &eacute;t&eacute; d&eacute;montr&eacute; &agrave; Three Mile Island et Tchernobyl. &quot;. Le 10 mars 2012, pour les un an  de l&rsquo;accident de Fukishima, plusieurs milliers de manifestants ont exprim&eacute; dans les rues de S&eacute;oul leur refus du nucl&eacute;aire. Une manifestation d&rsquo;une ampleur in&eacute;dite pour ce pays..<br />
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<p>*<em>Article issu du blog : </em><a href="http://japon-gekokujo.over-blog.com/">Le Japon &agrave; l'envers&nbsp;</a></p> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>&quot;Remettre Jeanne dans le contexte de son &#233;poque&quot; - entretien avec Catherine Guyon</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5808-remettre_jeanne_dans_le_contexte_de_son_epoque___entretien_avec_catherine_guyon.htm</link>
         <description>  Sp&#233;cialiste d&amp;rsquo;histoire du christianisme au Moyen-&#194;ge, Catherine Guyon est ma&#238;tre de conf&#233;rences en histoire m&#233;di&#233;vale &#224; l&amp;rsquo;Universit&#233; de Lorraine. Auteur et co-auteur de plusieurs livres sur cette p&#233;riode, elle a publi&#233; r&#233;cemment  Jeanne d&amp;rsquo;Arc en son Eglise  1  et a particip&#233; &#224; l&amp;rsquo;organisation de l&amp;rsquo;exposition &quot;Grandir au Moyen-Age. L'enfance de Jeanne d'Arc&quot; 2 . &#13;&#10;  &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; Nonfiction.fr &amp;ndash;   Comment &#234;tes-vous devenue une des sp&#233;cialistes de Jeanne d&amp;rsquo;Arc ?  &#13;&#10; &#13;&#10; Catherine Guyon &amp;ndash;  J&amp;rsquo;ai crois&#233; Jeanne d&amp;rsquo;Arc il y a d&#233;j&#224; longtemps. D&amp;rsquo;abord pour des raisons universitaires. Je me suis, en effet, sp&#233;cialis&#233;e dans l&amp;rsquo;&#233;tude de la vie religieuse &#224; la fin du Moyen-&#194;ge et je m&amp;rsquo;int&#233;resse &#224; l&amp;rsquo;histoire des femmes et de la Lorraine. La rencontre avec Jeanne d&amp;rsquo;Arc &#233;tait donc de mise ! Il y a &#233;galement des raisons plus personnelles : Lun&#233;villoise, je suis paroissienne de l&amp;rsquo;&#233;glise Sainte-Jeanne-d&amp;rsquo;Arc, qui est la premi&#232;re &#233;glise de France consacr&#233;e &#224; Jeanne d&amp;rsquo;Arc, juste apr&#232;s sa b&#233;atification. Je contemple ses vitraux exceptionnels depuis mon enfance ! &#13;&#10; &#13;&#10; Nonfiction.fr &amp;ndash;   Comment s&amp;rsquo;int&#233;resse-t-on &#224; Jeanne d&amp;rsquo;Arc, en France et en Lorraine ? Comment les universitaires se sont-ils empar&#233;s de cette figure historique ?   &#13;&#10; &#13;&#10; Catherine Guyon &amp;ndash;  Jeanne d&amp;rsquo;Arc est un sujet qui a longtemps &#233;t&#233; laiss&#233; de c&#244;t&#233; par les universitaires. Colette Beaune et Philippe Contamine sont les premiers &#224; avoir approfondi le sujet, mais il a fallu un certain temps avant qu&amp;rsquo;ils ne s&amp;rsquo;y int&#233;ressent. En r&#233;alit&#233;, c&amp;rsquo;est surtout &#224; la suite des publications erron&#233;es de Marcel Gay que les universitaires ont &#233;prouv&#233; le besoin d&amp;rsquo;intervenir, afin de r&#233;tablir une approche historique, fond&#233;e sur la consultation et l&amp;rsquo;&#233;tude rigoureuse des documents anciens. &#13;&#10; &#13;&#10;En Lorraine, un int&#233;r&#234;t plus prononc&#233; pour l&amp;rsquo;h&#233;ro&#239;ne locale est apparue &#224; partir des ann&#233;es 1970, notamment avec les travaux de Pierre Marot et les articles de Francis Rapp. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, cet int&#233;r&#234;t s&amp;rsquo;est ensuite un peu estomp&#233;, tout en se maintenant &#224; Paris et &#224; Orl&#233;ans avec Olivier Bouzy, Philippe Contamine et Colette Beaune. Nous avons d&amp;rsquo;ailleurs &#233;crit ensemble un num&#233;ro sp&#233;cial de la revue Histoire du christianisme magazine en juillet 2008 pour r&#233;tablir la v&#233;rit&#233; historique suite &#224; un documentaire truff&#233; d&amp;rsquo;erreurs, diffus&#233; sur Arte.  &#13;&#10; &#13;&#10;Les coll&#232;gues modernistes et contemporan&#233;istes montrent &#233;galement souvent leur int&#233;r&#234;t pour le sujet, notamment Philippe Martin et Fran&#231;ois Roth qui ont men&#233; plusieurs colloques et ouvrages collectifs sur la m&#233;moire de Jeanne d&amp;rsquo;Arc en Lorraine. Quant au colloque que j&amp;rsquo;organise &#224; la fin du mois, avec Magali Delavenne, conservatrice du patrimoine, dans le cadre d&amp;rsquo;un partenariat entre l&amp;rsquo;Universit&#233; de Lorraine, et les conseils g&#233;n&#233;raux des Vosges et de la Meuse et la Ville de Vaucouleurs 3 , il s&amp;rsquo;agit de remettre Jeanne dans le contexte de son &#233;poque, celui des marches de Lorraine du XVe si&#232;cle, un secteur de passage, marqu&#233; par la guerre, mais aussi tr&#232;s actif et anciennement christianis&#233; en relation &#233;troite avec les clercs toulois. Il est important de rappeler le milieu dans lequel Jeanne est n&#233;e, a grandi, s&amp;rsquo;est structur&#233;e, et revenir &#224; ces fondements permet aussi de mieux comprendre la Lorraine d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui. &#13;&#10; &#13;&#10;La Lorraine a toujours manifest&#233; un int&#233;r&#234;t particulier pour Jeanne d&amp;rsquo;Arc et entretenu son souvenir, en particulier &#224; Domremy o&#249; sa maison natale, dot&#233;e de fresques relatant son &#233;pop&#233;e et d&amp;rsquo;une statue la repr&#233;sentant, a &#233;t&#233; conserv&#233;e et a re&#231;u, en 1580, la visite de Montaigne, tandis qu&amp;rsquo;une chapelle comm&#233;morative &#233;tait &#233;rig&#233;e au Bois-Chenu, et qu&amp;rsquo;une statue a &#233;t&#233; pos&#233;e &#224; la cath&#233;drale de Toul. De m&#234;me, l&amp;rsquo;Universit&#233; de Pont-&#224;-Mousson a beaucoup publi&#233; sur Jeanne d&amp;rsquo;Arc et des pi&#232;ces de th&#233;&#226;tres sur elle ont &#233;t&#233; r&#233;guli&#232;rement jou&#233;es devant la cour ducale d&#232;s la fin du XVIe si&#232;cle. Elle est alors consid&#233;r&#233;e comme un personnage historique d&amp;rsquo;envergure, mais beaucoup l&amp;rsquo;&#233;voquent aussi comme un mod&#232;le de saintet&#233;. Tout cela avant qu&amp;rsquo;on ne red&#233;couvre Jeanne d&amp;rsquo;Arc au XIXe et surtout apr&#232;s la guerre de 1870, au moment o&#249; elle devient une h&#233;ro&#239;ne nationale, figure de la r&#233;sistance et de la Lorraine, tandis que l&amp;rsquo;Eglise, &#224; la suite de Mgr Dupanloup, &#233;v&#234;que d&amp;rsquo;Orl&#233;ans, ouvre un proc&#232;s en b&#233;atification, qui aboutit le 18 avril 1909. Quelques ann&#233;es plus tard, le 16 mai 1920 Jeanne est canonis&#233;e et en 1922 proclam&#233;e patronne secondaire de la France. En Lorraine, sur les places publiques et dans les &#233;glises se multiplient alors les repr&#233;sentations de Jeanne d&amp;rsquo;Arc, tandis qu&amp;rsquo;est construite, peu apr&#232;s la b&#233;atification, l&amp;rsquo;&#233;glise Bienheureuse-Jeanne d&amp;rsquo;Arc de Lun&#233;ville (devenue Sainte-Jeanne d&amp;rsquo;Arc en 1920), que se termine la construction de la basilique du Bois-Chenu commenc&#233;e au XIXe si&#232;cle et celle de l&amp;rsquo;&#233;glise Notre-Dame des Vo&#251;tes de Vaucouleurs. &#13;&#10; &#13;&#10; Nonfiction.fr &amp;ndash;   Que pensez-vous de l&amp;rsquo;actualit&#233; &#233;ditoriale autour de Jeanne d&amp;rsquo;Arc ?  &#13;&#10; &#13;&#10; Catherine Guyon &amp;ndash;  L&amp;rsquo;ann&#233;e 2012 a &#233;t&#233; jusqu&amp;rsquo;ici l&amp;rsquo;occasion d&amp;rsquo;une s&#233;rie de publications, notamment le dictionnaire de Contamine, Bouzy et H&#233;lary dans la collection Bouquins. Ces approches scientifiques pointues font la synth&#232;se des publications des quinze derni&#232;res ann&#233;es, qui n&amp;rsquo;avaient jusqu&amp;rsquo;ici touch&#233; qu&amp;rsquo;un public restreint de scientifiques. S&amp;rsquo;appuyant sur des archives, des chroniques, tout le monde peut enfin &#234;tre inform&#233; sur Jeanne d&amp;rsquo;Arc. &#13;&#10; &#13;&#10; Nonfiction.fr &amp;ndash;   Les d&#233;bats historiographiques autour de Jeanne se sont-ils apais&#233;s ?  &#13;&#10; &#13;&#10; Catherine Guyon &amp;ndash;  Les historiens amateurs ont sem&#233; le trouble par leurs falsifications et leurs fantasmes : Jeanne d&amp;rsquo;Arc qui serait d&amp;rsquo;ascendance noble, demi-s&amp;oelig;ur de Charles VII, pas morte &#224; Reims, Jeanne d&amp;rsquo;Arc en homme&amp;hellip; Les travaux historiques qui viennent de sortir permettent de r&#233;tablir la v&#233;rit&#233;, pour un temps seulement sans doute. Car c&amp;rsquo;est le lot de ces grands personnages : ils fascinent et sont l&amp;rsquo;objet de mythes d&#233;constructeurs qui font vendre du papier. Ainsi apprend-on r&#233;guli&#232;rement que Napol&#233;on n&amp;rsquo;est pas enterr&#233; aux Invalides, que Louis XVII n&amp;rsquo;est pas mort au Temple,&#160; qu&amp;rsquo;Anastasia a &#233;chapp&#233; au massacre d&amp;rsquo;Ekaterinbourg. Cette d&#233;construction avait &#233;t&#233; tr&#232;s loin avec Jeanne d&amp;rsquo;Arc, sur l&amp;rsquo;histoire de laquelle r&#233;gnaient un relativisme et un doute absolus. &#13;&#10; &#13;&#10;Ceux-ci &#233;taient d&amp;rsquo;autant plus renforc&#233;s avec la r&#233;forme des programmes d&amp;rsquo;histoire dans le secondaire, o&#249; la portion congrue est r&#233;serv&#233;e au Moyen-&#194;ge. Jeanne d&amp;rsquo;Arc ne fait plus partie que des exemples &#171; au choix &#187; en classe de 5&#232;me et la Guerre de Cent Ans n&amp;rsquo;est pas abord&#233;e au lyc&#233;e. On peut donc d&#233;sormais avoir son bac et ne jamais avoir eu une information claire et fiable sur Jeanne d&amp;rsquo;Arc. Les sources d&amp;rsquo;information peuvent alors &#234;tre les jeux vid&#233;os ou les bandes dessin&#233;es, puisque l&amp;rsquo;&#233;pop&#233;e johannique conna&#238;t un certain succ&#232;s sur ces supports.  &#13;&#10; &#13;&#10; Nonfiction.fr &amp;ndash;   Pourriez-vous nous pr&#233;senter votre livre, Jeanne d&amp;rsquo;Arc en son &#233;glise 4  ?  &#13;&#10; &#13;&#10; Catherine Guyon &amp;ndash;  C&amp;rsquo;est un livre r&#233;alis&#233; pour le centenaire de l&amp;rsquo;&#233;glise Sainte-Jeanne-d&amp;rsquo;Arc de Lun&#233;ville. Il retrace l&amp;rsquo;histoire de ce lieu dont la construction est d&#233;cid&#233;e en 1910 &amp;ndash; juste apr&#232;s la b&#233;atification de Jeanne d&amp;rsquo;Arc &amp;ndash; et est rapidement achev&#233;e, en 1912. L&amp;rsquo;&#233;glise est construite dans un quartier qui s&amp;rsquo;est d&#233;velopp&#233; apr&#232;s la guerre de 1870, dans un enthousiasme incroyable. Elle a b&#233;n&#233;fici&#233; d&amp;rsquo;une dispense papale comme c&amp;rsquo;est le cas lorsqu&amp;rsquo;on consacre une &#233;glise &#224; un bienheureux. La particularit&#233; sur laquelle s&amp;rsquo;arr&#234;te mon &#233;tude est le cycle johannique compos&#233; de 26 vitraux &amp;ndash; sur les 28 que compte l&amp;rsquo;&#233;glise &amp;ndash;, qui constitue l&amp;rsquo;ensemble le plus important sur Jeanne d&amp;rsquo;Arc en France. Les vitraux mettent en valeur les sc&#232;nes lorraines et pr&#233;sentent avant tout un parcours spirituel de Jeanne d&amp;rsquo;Arc qui puise sa force dans la pri&#232;re et les sacrements. Les vitraux sont magnifiques, les couleurs &#233;clatantes, caract&#233;ristiques des styles Art nouveau et Art d&#233;co, en plein essor &#224; l&amp;rsquo;&#233;poque. Ces repr&#233;sentations de Jeanne d&amp;rsquo;Arc utilisant les techniques et les th&#232;mes artistiques modernes permettent du reste d&amp;rsquo;actualiser le message de celle-ci au d&#233;but du XXe si&#232;cle. &#13;&#10; &#13;&#10; Nonfiction.fr &amp;ndash;   Pourquoi Jeanne d&amp;rsquo;Arc a-t-elle toujours int&#233;ress&#233; les Fran&#231;ais ?  &#13;&#10; &#13;&#10; Catherine Guyon &amp;ndash;  Justement parce que sa figure peut toujours &#234;tre actualis&#233;e. Je me suis rendue compte autour de moi que l&amp;rsquo;int&#233;r&#234;t pour Jeanne cette ann&#233;e est encore plus important que nous pouvions le penser. Depuis le mois de janvier, les sollicitations&#160; ont &#233;t&#233; tr&#232;s nombreuses tant de la part de journalistes fran&#231;ais &amp;ndash; sur demande de leur lectorat &amp;ndash; que de journalistes &#233;trangers (su&#233;dois, danois, canadiens&amp;hellip;). Il y avait ainsi par exemple plus de 5000 personnes lors de la f&#234;te comm&#233;morant le d&#233;part de Jeanne de Vaucouleurs le 26 f&#233;vrier dernier. C&amp;rsquo;est une figure majeure de l&amp;rsquo;histoire de France, une figure du courage, de r&#233;sistance dans un pays occup&#233; par les Anglais, de r&#233;solution aussi face &#224; la fatalit&#233; d&amp;rsquo;une situation qui semble d&#233;sesp&#233;r&#233;e. Jeanne d&amp;rsquo;Arc, c&amp;rsquo;est la figure d&amp;rsquo;une femme qui se l&#232;ve quand tout le monde s&amp;rsquo;est d&#233;courag&#233;. Pour les chr&#233;tiens, c&amp;rsquo;est une figure de foi, qui leur montre que Dieu ne les abandonne pas et peut leur susciter un homme &amp;ndash; ou ici une femme &amp;ndash; providentiel. On peut dire finalement que Jeanne peut toucher, par un aspect ou par un autre, tous les Fran&#231;ais : elle permet le consensus autour d&amp;rsquo;elle. &#13;&#10; &#13;&#10; Nonfiction.fr &amp;ndash;   Et les &#233;trangers ?  &#13;&#10; &#13;&#10; Catherine Guyon &amp;ndash;  De m&#234;me chez les &#233;trangers, Jeanne appara&#238;t comme une figure de libert&#233;, qui n&amp;rsquo;accepte pas la fatalit&#233;, surtout dans un contexte de crise. Jeanne d&amp;rsquo;Arc est connue sur les cinq continents, et fait l&amp;rsquo;objet d&amp;rsquo;une extraordinaire popularit&#233; au Japon et en Chine&amp;hellip; Certes, tout pays a sa figure nationale, ses h&#233;ros, ses saints, embl&#233;matiques d&amp;rsquo;une identit&#233;, d&amp;rsquo;un moment cl&#233; de l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un pays. Mais il para&#238;t difficile de trouver un personnage historique qui ait tant de rayonnement international que celui de Jeanne d&amp;rsquo;Arc. Sa mission est en effet &#224; la fois temporelle et spirituelle. On ne revient pas sur la mission temporelle, &#233;vidente. Mais la mission spirituelle est essentielle. Le XVe si&#232;cle est tr&#232;s religieux, mais la qualit&#233; de la pratique et le niveau du clerg&#233; laissent alors &#224; d&#233;sirer. Jeanne ram&#232;ne les gens du XVe si&#232;cle vers Dieu, mission ensuite r&#233;activ&#233;e au XXe si&#232;cle avec sa canonisation. &#13;&#10; &#13;&#10; Nonfiction.fr &amp;ndash;   La personne de Jeanne d&amp;rsquo;Arc cristallise-t-elle aujourd&amp;rsquo;hui des int&#233;r&#234;ts divergents et pourquoi ?  &#13;&#10; &#13;&#10; Catherine Guyon &amp;ndash;  Jeanne rassemble incontestablement des courants tr&#232;s diff&#233;rents. Au XIXe si&#232;cle, tant les r&#233;publicains que les catholiques s&amp;rsquo;en r&#233;clament. Lors de la b&#233;atification en 1909, le pape Pie X, par exemple, appelle tous les Fran&#231;ais, c&amp;rsquo;est-&#224;-dire aussi les R&#233;publicains, &#224; se rassembler autour de Jeanne d&amp;rsquo;Arc. Elle devient une figure de consensus lors de la Premi&#232;re Guerre mondiale. En 1920, lorsqu&amp;rsquo;elle est canonis&#233;e, elle cristallise l&amp;rsquo;unit&#233; autour d&amp;rsquo;elle. &#192; une &#233;poque plus r&#233;cente, on peut constater que tous les pr&#233;sidents de la V&#232;me R&#233;publique &amp;ndash; sauf Georges Pompidou &amp;ndash; sont venus &#224; Orl&#233;ans pour y prononcer un discours en son honneur. Des hommes politiques de tout bord s&amp;rsquo;y sont r&#233;f&#233;r&#233;s : Edouard Balladur, Alain Jupp&#233;, S&#233;gol&#232;ne Royal, Robert Badinter et plus r&#233;cemment Nicolas Sarkozy&amp;hellip; Elle a aussi beaucoup inspir&#233; les intellectuels et &#233;crivains, comme Lamartine, Alexandre Dumas, Charles P&#233;guy, Paul Claudel, Georges Bernanos, Jean Anouilh, Andr&#233; Malraux, ou Bernard Shaw, qui ont &#233;crit des textes magnifiques sur Jeanne, sans oublier les musiciens (Gounod, Verdi, ou Guy Ropartz en Lorraine) et les cin&#233;astes (M&#233;li&#232;s, Dreyer, Rossellini, Delannoy, Rivette&amp;hellip;) &#13;&#10; &#13;&#10; Nonfiction.fr &amp;ndash;   Enfin, pourriez-vous nous donner le programme des &#233;v&#233;nements autour de Jeanne d&amp;rsquo;Arc et plus particuli&#232;rement en Lorraine (&#224; Lun&#233;ville et Domremy) ?  &#13;&#10; &#13;&#10; Catherine Guyon &amp;ndash;  Oui, bien-s&#251;r : &#13;&#10; &#13;&#10;27 avril : inauguration du centre Jeanne d&amp;rsquo;Arc de Domremy, qui vient d&amp;rsquo;&#234;tre r&#233;nov&#233;, et nouvelle exposition &#171; Grandir au Moyen-&#194;ge : l&amp;rsquo;enfance de Jeanne d&amp;rsquo;Arc &#187; dont le catalogue doit sortir d&#233;but mai. &#13;&#10; &#13;&#10;9 et 10 mai : colloque universitaire &#224; Orl&#233;ans sous la direction de J.P. Boudet : &#171; Jeanne d&amp;rsquo;Arc : histoire et mythe &#187; &#13;&#10; &#13;&#10;12 mai : F&#234;tes de Jeanne d'Arc &#224; Orl&#233;ans, avec plusieurs dizaines de milliers de personnes attendues. &#13;&#10; &#13;&#10;13 mai&#160; : grande f&#234;te de Sainte Jeanne d&amp;rsquo;Arc &#224; Domremy, avec de nombreuses animations (ateliers du dioc&#232;se de St-Di&#233; sur ste Jeanne d&amp;rsquo;Arc, stands&amp;hellip;) pr&#232;s de la basilique. Dans la basilique, je propose une premi&#232;re conf&#233;rence le matin (&quot;Ste Jeanne d&amp;rsquo;Arc : un parcours historique et spirituel&quot;), puis nous projetterons &quot;Les vitraux de l&amp;rsquo;&#233;glise Ste-Jeanne d&amp;rsquo;Arc de Lun&#233;ville&quot; de Dominique Vasbien avant la messe pontificale de 15h 30 sur l&amp;rsquo;esplanade de la basilique, pr&#233;sid&#233;e par Mgr Andr&#233; Vingt-Trois, cardinal et archev&#234;que de Paris, avec plusieurs &#233;v&#234;ques, notamment lorrains, et de nombreux pr&#234;tres. &#13;&#10; &#13;&#10;2 et 3 juin : 2e sortie officielle du timbre de Jeanne d&amp;rsquo;Arc dans l&amp;rsquo;&#233;glise Ste-Jeanne d&amp;rsquo;Arc de Lun&#233;ville, pr&#233;sent&#233;e par Michel Brungard, Pr&#233;sident du Club philat&#233;lique de Lun&#233;ville, avec des expositions (timbres, cartes postales sur Jeanne d&amp;rsquo;Arc et ses &#233;glises, photos de statues, vitraux, tableaux, images d&amp;rsquo;Epinal...) et des animations dans l&amp;rsquo;&#233;glise (visite guid&#233;e le samedi 2 juin &#224; 15h, puis &#224; 17h, projection du diaporama sur l&amp;rsquo;&#233;glise par Dominique Vasbien ; le dimanche, je pr&#233;sente une seconde conf&#233;rence sur &#171; Les repr&#233;sentations de sainte Jeanne d&amp;rsquo;Arc en Lorraine : statues, vitraux, peintures &#187;). &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; A lire aussi sur  nonfiction.fr :  &#13;&#10; Une  lecture crois&#233;e de six livres parmi les nombreux ouvrages publi&#233;s &#224; l'occasion du 600e anniversaire de la naissance de Jeanne d'Arc , par Zohra Picard-Mawji &#13;&#10;  &#13;&#10;&#160;   Notes :  1 -  G&#233;rard Louis, 2011  2 -  catalogue : IAC Editions, 2012  3 - &quot;De Domremy &#224; Tokyo, Jeanne d&amp;rsquo;Arc et la Lorraine&quot;, programme disponible sur le site du  CRULH  4 - &#233;d. G&#233;rard Louis, 2011 </description>
         <pubDate>05/11/12 17:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5808-remettre_jeanne_dans_le_contexte_de_son_epoque___entretien_avec_catherine_guyon.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p><em>Sp&eacute;cialiste d&rsquo;histoire du christianisme au Moyen-&Acirc;ge, Catherine Guyon est ma&icirc;tre de conf&eacute;rences en histoire m&eacute;di&eacute;vale &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Lorraine. Auteur et co-auteur de plusieurs livres sur cette p&eacute;riode, elle a publi&eacute; r&eacute;cemment </em>Jeanne d&rsquo;Arc en son Eglise<em><sup>1</sup> et a particip&eacute; &agrave; l&rsquo;organisation de l&rsquo;exposition &quot;Grandir au Moyen-Age. L'enfance de Jeanne d'Arc&quot;<sup>2</sup>.<br />
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<strong>Nonfiction.fr &ndash;</strong> <em>Comment &ecirc;tes-vous devenue une des sp&eacute;cialistes de Jeanne d&rsquo;Arc ?</em><br />
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<strong>Catherine Guyon &ndash;</strong> J&rsquo;ai crois&eacute; Jeanne d&rsquo;Arc il y a d&eacute;j&agrave; longtemps. D&rsquo;abord pour des raisons universitaires. Je me suis, en effet, sp&eacute;cialis&eacute;e dans l&rsquo;&eacute;tude de la vie religieuse &agrave; la fin du Moyen-&Acirc;ge et je m&rsquo;int&eacute;resse &agrave; l&rsquo;histoire des femmes et de la Lorraine. La rencontre avec Jeanne d&rsquo;Arc &eacute;tait donc de mise ! Il y a &eacute;galement des raisons plus personnelles : Lun&eacute;villoise, je suis paroissienne de l&rsquo;&eacute;glise Sainte-Jeanne-d&rsquo;Arc, qui est la premi&egrave;re &eacute;glise de France consacr&eacute;e &agrave; Jeanne d&rsquo;Arc, juste apr&egrave;s sa b&eacute;atification. Je contemple ses vitraux exceptionnels depuis mon enfance !<br />
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<strong>Nonfiction.fr &ndash; </strong><em>Comment s&rsquo;int&eacute;resse-t-on &agrave; Jeanne d&rsquo;Arc, en France et en Lorraine ? Comment les universitaires se sont-ils empar&eacute;s de cette figure historique ? </em><br />
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<strong>Catherine Guyon &ndash;</strong> Jeanne d&rsquo;Arc est un sujet qui a longtemps &eacute;t&eacute; laiss&eacute; de c&ocirc;t&eacute; par les universitaires. Colette Beaune et Philippe Contamine sont les premiers &agrave; avoir approfondi le sujet, mais il a fallu un certain temps avant qu&rsquo;ils ne s&rsquo;y int&eacute;ressent. En r&eacute;alit&eacute;, c&rsquo;est surtout &agrave; la suite des publications erron&eacute;es de Marcel Gay que les universitaires ont &eacute;prouv&eacute; le besoin d&rsquo;intervenir, afin de r&eacute;tablir une approche historique, fond&eacute;e sur la consultation et l&rsquo;&eacute;tude rigoureuse des documents anciens.<br />
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En Lorraine, un int&eacute;r&ecirc;t plus prononc&eacute; pour l&rsquo;h&eacute;ro&iuml;ne locale est apparue &agrave; partir des ann&eacute;es 1970, notamment avec les travaux de Pierre Marot et les articles de Francis Rapp. De mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, cet int&eacute;r&ecirc;t s&rsquo;est ensuite un peu estomp&eacute;, tout en se maintenant &agrave; Paris et &agrave; Orl&eacute;ans avec Olivier Bouzy, Philippe Contamine et Colette Beaune. Nous avons d&rsquo;ailleurs &eacute;crit ensemble un num&eacute;ro sp&eacute;cial de la revue Histoire du christianisme magazine en juillet 2008 pour r&eacute;tablir la v&eacute;rit&eacute; historique suite &agrave; un documentaire truff&eacute; d&rsquo;erreurs, diffus&eacute; sur Arte. <br />
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Les coll&egrave;gues modernistes et contemporan&eacute;istes montrent &eacute;galement souvent leur int&eacute;r&ecirc;t pour le sujet, notamment Philippe Martin et Fran&ccedil;ois Roth qui ont men&eacute; plusieurs colloques et ouvrages collectifs sur la m&eacute;moire de Jeanne d&rsquo;Arc en Lorraine. Quant au colloque que j&rsquo;organise &agrave; la fin du mois, avec Magali Delavenne, conservatrice du patrimoine, dans le cadre d&rsquo;un partenariat entre l&rsquo;Universit&eacute; de Lorraine, et les conseils g&eacute;n&eacute;raux des Vosges et de la Meuse et la Ville de Vaucouleurs<sup>3</sup>, il s&rsquo;agit de remettre Jeanne dans le contexte de son &eacute;poque, celui des marches de Lorraine du XVe si&egrave;cle, un secteur de passage, marqu&eacute; par la guerre, mais aussi tr&egrave;s actif et anciennement christianis&eacute; en relation &eacute;troite avec les clercs toulois. Il est important de rappeler le milieu dans lequel Jeanne est n&eacute;e, a grandi, s&rsquo;est structur&eacute;e, et revenir &agrave; ces fondements permet aussi de mieux comprendre la Lorraine d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<br />
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La Lorraine a toujours manifest&eacute; un int&eacute;r&ecirc;t particulier pour Jeanne d&rsquo;Arc et entretenu son souvenir, en particulier &agrave; Domremy o&ugrave; sa maison natale, dot&eacute;e de fresques relatant son &eacute;pop&eacute;e et d&rsquo;une statue la repr&eacute;sentant, a &eacute;t&eacute; conserv&eacute;e et a re&ccedil;u, en 1580, la visite de Montaigne, tandis qu&rsquo;une chapelle comm&eacute;morative &eacute;tait &eacute;rig&eacute;e au Bois-Chenu, et qu&rsquo;une statue a &eacute;t&eacute; pos&eacute;e &agrave; la cath&eacute;drale de Toul. De m&ecirc;me, l&rsquo;Universit&eacute; de Pont-&agrave;-Mousson a beaucoup publi&eacute; sur Jeanne d&rsquo;Arc et des pi&egrave;ces de th&eacute;&acirc;tres sur elle ont &eacute;t&eacute; r&eacute;guli&egrave;rement jou&eacute;es devant la cour ducale d&egrave;s la fin du XVIe si&egrave;cle. Elle est alors consid&eacute;r&eacute;e comme un personnage historique d&rsquo;envergure, mais beaucoup l&rsquo;&eacute;voquent aussi comme un mod&egrave;le de saintet&eacute;. Tout cela avant qu&rsquo;on ne red&eacute;couvre Jeanne d&rsquo;Arc au XIXe et surtout apr&egrave;s la guerre de 1870, au moment o&ugrave; elle devient une h&eacute;ro&iuml;ne nationale, figure de la r&eacute;sistance et de la Lorraine, tandis que l&rsquo;Eglise, &agrave; la suite de Mgr Dupanloup, &eacute;v&ecirc;que d&rsquo;Orl&eacute;ans, ouvre un proc&egrave;s en b&eacute;atification, qui aboutit le 18 avril 1909. Quelques ann&eacute;es plus tard, le 16 mai 1920 Jeanne est canonis&eacute;e et en 1922 proclam&eacute;e patronne secondaire de la France. En Lorraine, sur les places publiques et dans les &eacute;glises se multiplient alors les repr&eacute;sentations de Jeanne d&rsquo;Arc, tandis qu&rsquo;est construite, peu apr&egrave;s la b&eacute;atification, l&rsquo;&eacute;glise Bienheureuse-Jeanne d&rsquo;Arc de Lun&eacute;ville (devenue Sainte-Jeanne d&rsquo;Arc en 1920), que se termine la construction de la basilique du Bois-Chenu commenc&eacute;e au XIXe si&egrave;cle et celle de l&rsquo;&eacute;glise Notre-Dame des Vo&ucirc;tes de Vaucouleurs.<br />
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<strong>Nonfiction.fr &ndash;</strong> <em>Que pensez-vous de l&rsquo;actualit&eacute; &eacute;ditoriale autour de Jeanne d&rsquo;Arc ?</em><br />
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<strong>Catherine Guyon &ndash;</strong> L&rsquo;ann&eacute;e 2012 a &eacute;t&eacute; jusqu&rsquo;ici l&rsquo;occasion d&rsquo;une s&eacute;rie de publications, notamment le dictionnaire de Contamine, Bouzy et H&eacute;lary dans la collection Bouquins. Ces approches scientifiques pointues font la synth&egrave;se des publications des quinze derni&egrave;res ann&eacute;es, qui n&rsquo;avaient jusqu&rsquo;ici touch&eacute; qu&rsquo;un public restreint de scientifiques. S&rsquo;appuyant sur des archives, des chroniques, tout le monde peut enfin &ecirc;tre inform&eacute; sur Jeanne d&rsquo;Arc.<br />
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<strong>Nonfiction.fr &ndash;</strong> <em>Les d&eacute;bats historiographiques autour de Jeanne se sont-ils apais&eacute;s ?</em><br />
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<strong>Catherine Guyon &ndash; </strong>Les historiens amateurs ont sem&eacute; le trouble par leurs falsifications et leurs fantasmes : Jeanne d&rsquo;Arc qui serait d&rsquo;ascendance noble, demi-s&oelig;ur de Charles VII, pas morte &agrave; Reims, Jeanne d&rsquo;Arc en homme&hellip; Les travaux historiques qui viennent de sortir permettent de r&eacute;tablir la v&eacute;rit&eacute;, pour un temps seulement sans doute. Car c&rsquo;est le lot de ces grands personnages : ils fascinent et sont l&rsquo;objet de mythes d&eacute;constructeurs qui font vendre du papier. Ainsi apprend-on r&eacute;guli&egrave;rement que Napol&eacute;on n&rsquo;est pas enterr&eacute; aux Invalides, que Louis XVII n&rsquo;est pas mort au Temple,&nbsp; qu&rsquo;Anastasia a &eacute;chapp&eacute; au massacre d&rsquo;Ekaterinbourg. Cette d&eacute;construction avait &eacute;t&eacute; tr&egrave;s loin avec Jeanne d&rsquo;Arc, sur l&rsquo;histoire de laquelle r&eacute;gnaient un relativisme et un doute absolus.<br />
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Ceux-ci &eacute;taient d&rsquo;autant plus renforc&eacute;s avec la r&eacute;forme des programmes d&rsquo;histoire dans le secondaire, o&ugrave; la portion congrue est r&eacute;serv&eacute;e au Moyen-&Acirc;ge. Jeanne d&rsquo;Arc ne fait plus partie que des exemples &laquo; au choix &raquo; en classe de 5&egrave;me et la Guerre de Cent Ans n&rsquo;est pas abord&eacute;e au lyc&eacute;e. On peut donc d&eacute;sormais avoir son bac et ne jamais avoir eu une information claire et fiable sur Jeanne d&rsquo;Arc. Les sources d&rsquo;information peuvent alors &ecirc;tre les jeux vid&eacute;os ou les bandes dessin&eacute;es, puisque l&rsquo;&eacute;pop&eacute;e johannique conna&icirc;t un certain succ&egrave;s sur ces supports. <br />
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<strong>Nonfiction.fr &ndash; </strong><em>Pourriez-vous nous pr&eacute;senter votre livre, Jeanne d&rsquo;Arc en son &eacute;glise<sup>4</sup> ?</em><br />
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<strong>Catherine Guyon &ndash;</strong> C&rsquo;est un livre r&eacute;alis&eacute; pour le centenaire de l&rsquo;&eacute;glise Sainte-Jeanne-d&rsquo;Arc de Lun&eacute;ville. Il retrace l&rsquo;histoire de ce lieu dont la construction est d&eacute;cid&eacute;e en 1910 &ndash; juste apr&egrave;s la b&eacute;atification de Jeanne d&rsquo;Arc &ndash; et est rapidement achev&eacute;e, en 1912. L&rsquo;&eacute;glise est construite dans un quartier qui s&rsquo;est d&eacute;velopp&eacute; apr&egrave;s la guerre de 1870, dans un enthousiasme incroyable. Elle a b&eacute;n&eacute;fici&eacute; d&rsquo;une dispense papale comme c&rsquo;est le cas lorsqu&rsquo;on consacre une &eacute;glise &agrave; un bienheureux. La particularit&eacute; sur laquelle s&rsquo;arr&ecirc;te mon &eacute;tude est le cycle johannique compos&eacute; de 26 vitraux &ndash; sur les 28 que compte l&rsquo;&eacute;glise &ndash;, qui constitue l&rsquo;ensemble le plus important sur Jeanne d&rsquo;Arc en France. Les vitraux mettent en valeur les sc&egrave;nes lorraines et pr&eacute;sentent avant tout un parcours spirituel de Jeanne d&rsquo;Arc qui puise sa force dans la pri&egrave;re et les sacrements. Les vitraux sont magnifiques, les couleurs &eacute;clatantes, caract&eacute;ristiques des styles Art nouveau et Art d&eacute;co, en plein essor &agrave; l&rsquo;&eacute;poque. Ces repr&eacute;sentations de Jeanne d&rsquo;Arc utilisant les techniques et les th&egrave;mes artistiques modernes permettent du reste d&rsquo;actualiser le message de celle-ci au d&eacute;but du XXe si&egrave;cle.<br />
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<strong>Nonfiction.fr &ndash;</strong> <em>Pourquoi Jeanne d&rsquo;Arc a-t-elle toujours int&eacute;ress&eacute; les Fran&ccedil;ais ?</em><br />
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<strong>Catherine Guyon &ndash; </strong>Justement parce que sa figure peut toujours &ecirc;tre actualis&eacute;e. Je me suis rendue compte autour de moi que l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t pour Jeanne cette ann&eacute;e est encore plus important que nous pouvions le penser. Depuis le mois de janvier, les sollicitations&nbsp; ont &eacute;t&eacute; tr&egrave;s nombreuses tant de la part de journalistes fran&ccedil;ais &ndash; sur demande de leur lectorat &ndash; que de journalistes &eacute;trangers (su&eacute;dois, danois, canadiens&hellip;). Il y avait ainsi par exemple plus de 5000 personnes lors de la f&ecirc;te comm&eacute;morant le d&eacute;part de Jeanne de Vaucouleurs le 26 f&eacute;vrier dernier. C&rsquo;est une figure majeure de l&rsquo;histoire de France, une figure du courage, de r&eacute;sistance dans un pays occup&eacute; par les Anglais, de r&eacute;solution aussi face &agrave; la fatalit&eacute; d&rsquo;une situation qui semble d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e. Jeanne d&rsquo;Arc, c&rsquo;est la figure d&rsquo;une femme qui se l&egrave;ve quand tout le monde s&rsquo;est d&eacute;courag&eacute;. Pour les chr&eacute;tiens, c&rsquo;est une figure de foi, qui leur montre que Dieu ne les abandonne pas et peut leur susciter un homme &ndash; ou ici une femme &ndash; providentiel. On peut dire finalement que Jeanne peut toucher, par un aspect ou par un autre, tous les Fran&ccedil;ais : elle permet le consensus autour d&rsquo;elle.<br />
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<strong>Nonfiction.fr &ndash; </strong><em>Et les &eacute;trangers ?</em><br />
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<strong>Catherine Guyon &ndash;</strong> De m&ecirc;me chez les &eacute;trangers, Jeanne appara&icirc;t comme une figure de libert&eacute;, qui n&rsquo;accepte pas la fatalit&eacute;, surtout dans un contexte de crise. Jeanne d&rsquo;Arc est connue sur les cinq continents, et fait l&rsquo;objet d&rsquo;une extraordinaire popularit&eacute; au Japon et en Chine&hellip; Certes, tout pays a sa figure nationale, ses h&eacute;ros, ses saints, embl&eacute;matiques d&rsquo;une identit&eacute;, d&rsquo;un moment cl&eacute; de l&rsquo;histoire d&rsquo;un pays. Mais il para&icirc;t difficile de trouver un personnage historique qui ait tant de rayonnement international que celui de Jeanne d&rsquo;Arc. Sa mission est en effet &agrave; la fois temporelle et spirituelle. On ne revient pas sur la mission temporelle, &eacute;vidente. Mais la mission spirituelle est essentielle. Le XVe si&egrave;cle est tr&egrave;s religieux, mais la qualit&eacute; de la pratique et le niveau du clerg&eacute; laissent alors &agrave; d&eacute;sirer. Jeanne ram&egrave;ne les gens du XVe si&egrave;cle vers Dieu, mission ensuite r&eacute;activ&eacute;e au XXe si&egrave;cle avec sa canonisation.<br />
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<strong>Nonfiction.fr &ndash;</strong> <em>La personne de Jeanne d&rsquo;Arc cristallise-t-elle aujourd&rsquo;hui des int&eacute;r&ecirc;ts divergents et pourquoi ?</em><br />
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<strong>Catherine Guyon &ndash;</strong> Jeanne rassemble incontestablement des courants tr&egrave;s diff&eacute;rents. Au XIXe si&egrave;cle, tant les r&eacute;publicains que les catholiques s&rsquo;en r&eacute;clament. Lors de la b&eacute;atification en 1909, le pape Pie X, par exemple, appelle tous les Fran&ccedil;ais, c&rsquo;est-&agrave;-dire aussi les R&eacute;publicains, &agrave; se rassembler autour de Jeanne d&rsquo;Arc. Elle devient une figure de consensus lors de la Premi&egrave;re Guerre mondiale. En 1920, lorsqu&rsquo;elle est canonis&eacute;e, elle cristallise l&rsquo;unit&eacute; autour d&rsquo;elle. &Agrave; une &eacute;poque plus r&eacute;cente, on peut constater que tous les pr&eacute;sidents de la V&egrave;me R&eacute;publique &ndash; sauf Georges Pompidou &ndash; sont venus &agrave; Orl&eacute;ans pour y prononcer un discours en son honneur. Des hommes politiques de tout bord s&rsquo;y sont r&eacute;f&eacute;r&eacute;s : Edouard Balladur, Alain Jupp&eacute;, S&eacute;gol&egrave;ne Royal, Robert Badinter et plus r&eacute;cemment Nicolas Sarkozy&hellip; Elle a aussi beaucoup inspir&eacute; les intellectuels et &eacute;crivains, comme Lamartine, Alexandre Dumas, Charles P&eacute;guy, Paul Claudel, Georges Bernanos, Jean Anouilh, Andr&eacute; Malraux, ou Bernard Shaw, qui ont &eacute;crit des textes magnifiques sur Jeanne, sans oublier les musiciens (Gounod, Verdi, ou Guy Ropartz en Lorraine) et les cin&eacute;astes (M&eacute;li&egrave;s, Dreyer, Rossellini, Delannoy, Rivette&hellip;)<br />
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<strong>Nonfiction.fr &ndash;</strong> <em>Enfin, pourriez-vous nous donner le programme des &eacute;v&eacute;nements autour de Jeanne d&rsquo;Arc et plus particuli&egrave;rement en Lorraine (&agrave; Lun&eacute;ville et Domremy) ?</em><br />
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<strong>Catherine Guyon &ndash;</strong> Oui, bien-s&ucirc;r :<br />
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27 avril : inauguration du centre Jeanne d&rsquo;Arc de Domremy, qui vient d&rsquo;&ecirc;tre r&eacute;nov&eacute;, et nouvelle exposition &laquo; Grandir au Moyen-&Acirc;ge : l&rsquo;enfance de Jeanne d&rsquo;Arc &raquo; dont le catalogue doit sortir d&eacute;but mai.<br />
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9 et 10 mai : colloque universitaire &agrave; Orl&eacute;ans sous la direction de J.P. Boudet : &laquo; Jeanne d&rsquo;Arc : histoire et mythe &raquo;<br />
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12 mai : F&ecirc;tes de Jeanne d'Arc &agrave; Orl&eacute;ans, avec plusieurs dizaines de milliers de personnes attendues.<br />
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13 mai&nbsp; : grande f&ecirc;te de Sainte Jeanne d&rsquo;Arc &agrave; Domremy, avec de nombreuses animations (ateliers du dioc&egrave;se de St-Di&eacute; sur ste Jeanne d&rsquo;Arc, stands&hellip;) pr&egrave;s de la basilique. Dans la basilique, je propose une premi&egrave;re conf&eacute;rence le matin (&quot;Ste Jeanne d&rsquo;Arc : un parcours historique et spirituel&quot;), puis nous projetterons &quot;Les vitraux de l&rsquo;&eacute;glise Ste-Jeanne d&rsquo;Arc de Lun&eacute;ville&quot; de Dominique Vasbien avant la messe pontificale de 15h 30 sur l&rsquo;esplanade de la basilique, pr&eacute;sid&eacute;e par Mgr Andr&eacute; Vingt-Trois, cardinal et archev&ecirc;que de Paris, avec plusieurs &eacute;v&ecirc;ques, notamment lorrains, et de nombreux pr&ecirc;tres.<br />
<br />
2 et 3 juin : 2e sortie officielle du timbre de Jeanne d&rsquo;Arc dans l&rsquo;&eacute;glise Ste-Jeanne d&rsquo;Arc de Lun&eacute;ville, pr&eacute;sent&eacute;e par Michel Brungard, Pr&eacute;sident du Club philat&eacute;lique de Lun&eacute;ville, avec des expositions (timbres, cartes postales sur Jeanne d&rsquo;Arc et ses &eacute;glises, photos de statues, vitraux, tableaux, images d&rsquo;Epinal...) et des animations dans l&rsquo;&eacute;glise (visite guid&eacute;e le samedi 2 juin &agrave; 15h, puis &agrave; 17h, projection du diaporama sur l&rsquo;&eacute;glise par Dominique Vasbien ; le dimanche, je pr&eacute;sente une seconde conf&eacute;rence sur &laquo; Les repr&eacute;sentations de sainte Jeanne d&rsquo;Arc en Lorraine : statues, vitraux, peintures &raquo;).<br />
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<strong>A lire aussi sur <em>nonfiction.fr</em>:</strong></p>
<p>Une <a href="http://www.nonfiction.fr/article-5802-lannee_de_jeanne_darc.htm">lecture crois&eacute;e de six livres parmi les nombreux ouvrages publi&eacute;s &agrave; l'occasion du 600e anniversaire de la naissance de Jeanne d'Arc</a>, par Zohra Picard-Mawji</p>
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&nbsp;</p><br /><b>Notes :</b><br />1 - </em>G&eacute;rard Louis, 2011<em><br />2 - </em>catalogue : IAC Editions, 2012<em><br />3 - &quot;De Domremy &agrave; Tokyo, Jeanne d&rsquo;Arc et la Lorraine&quot;, programme disponible sur le site du <a href="http://crulh.univ-nancy2.fr/contentId=8505">CRULH</a><br />4 - &eacute;d. G&eacute;rard Louis, 2011<br /> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Les critiques de la semaine</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5805-les_critiques_de_la_semaine.htm</link>
         <description>  Arts :  &#13;&#10; - Jean-Marc Lachaud,   Art et Ali&#233;nation  , par Christian Ruby. &#13;&#10; Comment entendre l&amp;rsquo;id&#233;e d&amp;rsquo;une &#233;mancipation par l&amp;rsquo;art &#224; partir d&amp;rsquo;un marxisme revisit&#233; ? &#13;&#10;  - Recherches en esth&#233;tique  N&#176;14, &quot; Le trouble &quot;, par Christian Ruby. &#13;&#10; Une esth&#233;tique du trouble doit &#234;tre d&#233;finie en cette &#233;poque o&#249; le spectateur est devenu le n&amp;oelig;ud des travaux artistiques. &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;  Edition :  &#13;&#10; - Thierry Discepolo,   La trahison des &#233;diteurs  , par Val&#233;rie Manteau. &#13;&#10; Thierry Discepolo, co-fondateur des &#233;ditions Agone, analyse, dans une perspective anticapitaliste et chomskyste, la concentration de l'industrie du livre et ses cons&#233;quences sur l'offre &#233;ditoriale contemporaine. &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;  Europe :  &#13;&#10; - Luuk van Middelaar,   Le passage &#224; l&amp;rsquo;Europe. Histoire d&amp;rsquo;un commencement  , par Philippe Perchoc. &#13;&#10; Luuk van Middelaar, conseiller d'Herman Van Rompuy, pr&#233;sident du Conseil d'europe, r&#233;interpr&#232;te l'histoire de la construction europ&#233;enne. &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;  Graphisme :   &#13;&#10; - Catherine de Smet,   Pour une critique du design graphique  , par Charles Gautier.&#160; &#13;&#10; Pour une  facult&#233; de critiquer qui inventerait des formes nouvelles en graphisme... &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;  Histoire :  &#13;&#10; - Vincent Puech,   Constantin, le premier empereur chr&#233;tien  , par Eric Limousin. &#13;&#10; Un livre accessible et bien inform&#233; o&#249; la question du christianisme est toujours sous-jacente. &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;  Litt&#233;rature :  &#13;&#10; - Laure Adler et Stefan Bollmann,   Les femmes qui lisent sont de plus en plus dangereuses  , par Anne Coudreuse. &#13;&#10; La suite d&amp;rsquo;une exploration passionnante des repr&#233;sentations de la lecture f&#233;minine. &#13;&#10; - Ren&#233; Heyer (dir),   Le voyage des paraboles  , par Magdalena Delescu. &#13;&#10; &#192; travers des &#233;tudes ayant pour objet les paraboles tir&#233;es des livres saints, cet ouvrage rend compte du pouvoir transcendant du r&#233;cit parabolique s&amp;rsquo;ouvrant vers des significations possibles mais jamais d&#233;finitives. &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;  Relations internationales :  &#13;&#10; - Magali Balent,   Le monde selon Marine  , par Fran&#231;ois Danglin. &#13;&#10; Un des rares livres sur le Front national qui s'int&#233;resse &#224; sa vision du monde et des relations internationales. &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;  Russie :&#160;  &#13;&#10; - Julie Grandhaye,   La R&#233;publique interdite. Le moment d&#233;cembriste et ses enjeux (XVIIIe-XXIe si&#232;cles)  , par Myriam Truel.&#160; &#13;&#10; Une analyse approfondie des projets politiques des &quot;d&#233;cembristes&quot;, ces officiers russes r&#233;volt&#233;s contre le tsar en 1825. &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;  Science politique :  &#13;&#10; - Serge Audier,   N&#233;o-lib&#233;ralisme(s)  , par Alain Policar. &#13;&#10; Un ouvrage d&#233;cisif pour tous ceux qui souhaitent restituer &#224; l&amp;rsquo;histoire du n&#233;o-lib&#233;ralisme toute sa complexit&#233;. &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;  Sociologie :  &#13;&#10; - St&#233;phane Dufoix,   La dispersion. Une histoire des usages du mot    diaspora , par Gis&#232;le Moret. &#13;&#10; St&#233;phane Dufoix offre dans ce livre une analyse, sur les plans s&#233;mantique, historique et social, des diff&#233;rents usages du terme &quot;diaspora&quot; depuis l&amp;rsquo;Antiquit&#233;. </description>
         <pubDate>05/11/12 12:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5805-les_critiques_de_la_semaine.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p><strong>Arts :</strong></p>
<p>- Jean-Marc Lachaud, <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5798-lart_a_t_il_encore_vocation_a_emanciper_quoi_que_ce_soit_.htm">Art et Ali&eacute;nation</a></em>, par Christian Ruby.</p>
<p>Comment entendre l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une &eacute;mancipation par l&rsquo;art &agrave; partir d&rsquo;un marxisme revisit&eacute; ?</p>
<p><em>- Recherches en esth&eacute;tique</em> N&deg;14, &quot;<a href="http://www.nonfiction.fr/article-5797-de_quel_trouble_lart_est_il_le_nom_.htm">Le trouble</a>&quot;, par Christian Ruby.</p>
<p>Une esth&eacute;tique du trouble doit &ecirc;tre d&eacute;finie en cette &eacute;poque o&ugrave; le spectateur est devenu le n&oelig;ud des travaux artistiques.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Edition :</strong></p>
<p>- Thierry Discepolo, <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5792-a_la_recherche_de_ledition_independante.htm">La trahison des &eacute;diteurs</a></em>, par Val&eacute;rie Manteau.</p>
<p>Thierry Discepolo, co-fondateur des &eacute;ditions Agone, analyse, dans une perspective anticapitaliste et chomskyste, la concentration de l'industrie du livre et ses cons&eacute;quences sur l'offre &eacute;ditoriale contemporaine.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Europe :</strong></p>
<p>- Luuk van Middelaar, <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5794-le_secret_de_la_table.htm">Le passage &agrave; l&rsquo;Europe. Histoire d&rsquo;un commencement</a></em>, par Philippe Perchoc.</p>
<p>Luuk van Middelaar, conseiller d'Herman Van Rompuy, pr&eacute;sident du Conseil d'europe, r&eacute;interpr&egrave;te l'histoire de la construction europ&eacute;enne.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Graphisme : </strong></p>
<p>- Catherine de Smet, <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5806-du_graphisme_comme_objet_singulier.htm">Pour une critique du design graphique</a></em>, par Charles Gautier.&nbsp;</p>
<p>Pour une  facult&eacute; de critiquer qui inventerait des formes nouvelles en graphisme...</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Histoire :</strong></p>
<p>- Vincent Puech, <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5791-entre_empire_romain_et_empire_byzantin.htm">Constantin, le premier empereur chr&eacute;tien</a></em>, par Eric Limousin.</p>
<p>Un livre accessible et bien inform&eacute; o&ugrave; la question du christianisme est toujours sous-jacente.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Litt&eacute;rature :</strong></p>
<p>- Laure Adler et Stefan Bollmann, <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5801-libres_et_lectrices.htm">Les femmes qui lisent sont de plus en plus dangereuses</a></em>, par Anne Coudreuse.</p>
<p>La suite d&rsquo;une exploration passionnante des repr&eacute;sentations de la lecture f&eacute;minine.</p>
<p>- Ren&eacute; Heyer (dir), <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5796-les_paraboles_bibliques_modeles_litteraires_et_culturels_perennes.htm">Le voyage des paraboles</a></em>, par Magdalena Delescu.</p>
<p>&Agrave; travers des &eacute;tudes ayant pour objet les paraboles tir&eacute;es des livres saints, cet ouvrage rend compte du pouvoir transcendant du r&eacute;cit parabolique s&rsquo;ouvrant vers des significations possibles mais jamais d&eacute;finitives.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Relations internationales :</strong></p>
<p>- Magali Balent, <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5787-un_monde_bleu_marine.htm">Le monde selon Marine</a></em>, par Fran&ccedil;ois Danglin.</p>
<p>Un des rares livres sur le Front national qui s'int&eacute;resse &agrave; sa vision du monde et des relations internationales.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Russie :&nbsp;</strong></p>
<p>- Julie Grandhaye, <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5804-projets_republicains_en_russie_au_xixe_siecle.htm">La R&eacute;publique interdite. Le moment d&eacute;cembriste et ses enjeux (XVIIIe-XXIe si&egrave;cles)</a></em>, par Myriam Truel.&nbsp;</p>
<p>Une analyse approfondie des projets politiques des &quot;d&eacute;cembristes&quot;, ces officiers russes r&eacute;volt&eacute;s contre le tsar en 1825.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Science politique :</strong></p>
<p>- Serge Audier, <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5789-migrations_du_recit_sur_le_neo_liberalisme.htm">N&eacute;o-lib&eacute;ralisme(s)</a></em>, par Alain Policar.</p>
<p>Un ouvrage d&eacute;cisif pour tous ceux qui souhaitent restituer &agrave; l&rsquo;histoire du n&eacute;o-lib&eacute;ralisme toute sa complexit&eacute;.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Sociologie :</strong></p>
<p>- St&eacute;phane Dufoix, <em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5800-les_trajectoires_dun_mot_seduisant__diaspora.htm">La dispersion. Une histoire des usages du mot </a></em><a href="http://www.nonfiction.fr/article-5800-les_trajectoires_dun_mot_seduisant__diaspora.htm">diaspora</a>, par Gis&egrave;le Moret.</p>
<p>St&eacute;phane Dufoix offre dans ce livre une analyse, sur les plans s&eacute;mantique, historique et social, des diff&eacute;rents usages du terme &quot;diaspora&quot; depuis l&rsquo;Antiquit&eacute;.</p> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Le ma&#238;tre et l'&#233;l&#232;ve : Mitterrand 1981 et Hollande 2012</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-5803-le_maitre_et_leleve__mitterrand_1981_et_hollande_2012.htm</link>
         <description> Le r&#233;sultat du 6 mai 2012 et la victoire de Fran&#231;ois Hollande, avec 51,62 % des suffrages exprim&#233;s, a &#233;t&#233; salu&#233;e comme une victoire assez nette, bien que plus &#233;triqu&#233;e que les pr&#233;visions des instituts de sondages ne le laissaient entendre, et rappelle le score de Fran&#231;ois Mitterrand, &#233;lu le 10 mai 1981 avec 51,75 %. &#13;&#10; Au-del&#224; de ces deux chiffres tr&#232;s proches, certains observateurs ont remarqu&#233; une ressemblance parfois troublante entre les victoires socialistes de Fran&#231;ois Mitterrand et de Fran&#231;ois Hollande, avec pourtant plus de trente ans d'intervalle, bien que l'alternance f&#251;t plus in&#233;dite en 1981 qu'en 2012. &#13;&#10; En mai 1981, selon l'expression rest&#233;e c&#233;l&#232;bre de Fran&#231;ois Mitterrand, une majorit&#233; sociologique &#233;tait parvenue &#224; trouver sa majorit&#233; politique, apr&#232;s plusieurs tentatives infructueuses (&#233;lections pr&#233;sidentielles de 1974, &#233;lections l&#233;gislatives de 1978). En mai 2012, le contexte politique est diff&#233;rent et le changement &amp;ndash; on parle moins d'ailleurs d'alternance qu'en 1981 &amp;ndash; &#233;tait largement attendu apr&#232;s un quinquennat sarkozyste marqu&#233; par de fortes tensions, des d&#233;faites de la majorit&#233; pr&#233;sidentielle aux &#233;lections dites &quot;interm&#233;diaires&quot; et une crise &#233;conomique tr&#232;s aigu&#235;. De ce point de vue, comme toute &#233;lection pr&#233;sidentielle, celle de 2012 a pr&#233;sent&#233; une sp&#233;cificit&#233; &amp;ndash; en particulier le poids important de l'extr&#234;me droite au premier tour. Cependant, il reste assez frappant que sur plusieurs points, c'est bien de celle de 1981 qu'elle se rapproche le plus. &#13;&#10; Tout d'abord, la victoire du 6 mai 2012 est intervenue apr&#232;s une phase de t&#226;tonnements programmatiques et de recherche d'un candidat. En 1981, c'est assez tardivement, durant l'hiver,  que Fran&#231;ois Mitterrand, premier secr&#233;taire du Parti socialiste depuis le congr&#232;s d'Epinay (1971), dix ans plus t&#244;t, avait pris  le dessus sur Michel Rocard , longtemps donn&#233; favori dans les sondages, et son programme pr&#233;sidentiel a d&#251; &#234;tre l'objet d'un travail rapide car le programme commun de gouvernement, sign&#233; en 1972 entre le PS et le PCF, fut rompu &#224; l'initiative des communistes en septembre 1977, notamment &#224; la suite de victoires socialistes aux &#233;lections municipales. En 2011, c'est par  des primaires ouvertes in&#233;dites  que le candidat Fran&#231;ois Hollande, tr&#232;s largement distanc&#233; dans les sondages jusqu'&#224; l'affaire Strauss-Kahn de mai 2011, a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; alors que le projet socialiste avait &#233;t&#233; &#233;labor&#233; pr&#233;alablement par le Parti socialiste men&#233; par Martine Aubry &amp;ndash; et de fait, le programme du candidat fut, sur certains points, assez diff&#233;rent. &#13;&#10; Comme lors de la victoire de 1981, celle de 2012 fut permise par une importante unit&#233; des socialistes et le talent de rassemblement de Fran&#231;ois Hollande n'est pas sans rappeler, de ce point de vue, celui de son illustre pr&#233;d&#233;cesseur socialiste. La similitude entre les deux hommes s'explique d'ailleurs pour une bonne part par leur parcours &#233;quivalent au sein du Parti socialiste, en tant que Premiers secr&#233;taires : 10 ans pour Fran&#231;ois Mitterrand (1971-1981) et 11 ans pour Fran&#231;ois Hollande (1997-2008), marqu&#233;s pour l'un comme l'autre par d'importantes victoires locales mais aussi par des d&#233;faites aux &#233;lections nationales (pr&#233;sidentielles de 1974, 2002 et 2007, l&#233;gislatives de 1978, 2002 et 2007). La le&#231;on de la d&#233;faite de 2007 et du manque du soutien des socialistes &#224; la candidate S&#233;gol&#232;ne Royal fut ainsi, d'une certaine mani&#232;re, tir&#233;e par celui qui, alors &#224; la t&#234;te du PS, avait &#233;t&#233; en partie responsable de cette troisi&#232;me d&#233;faite cons&#233;cutive &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, apr&#232;s les candidatures malheureuses de Lionel Jospin en 1995 et en 2002. Fran&#231;ois Mitterrand &#233;tait convaincu, en 1974 puis en 1981, de la n&#233;cessit&#233; d'une candidature unique et rassembl&#233;e apr&#232;s le s&#233;v&#232;re d&#233;saveu des forces politiques de la gauche, absente du deuxi&#232;me tour des &#233;lections de 1969. Mitterrand comme Hollande ont en t&#234;te lorsqu'ils remportent la victoire &#224; la magistrature supr&#234;me qu'une &#233;lection pr&#233;sidentielle se gagne d'abord au premier tour et cette conviction, m&#251;rement r&#233;fl&#233;chie, a &#233;t&#233; forg&#233;e par l'exp&#233;rience des d&#233;faites et des divisions. &#13;&#10; Comme Mitterrand en 1981, Fran&#231;ois Hollande ne s'est pas tromp&#233; de cible en 2012 : le &quot;pr&#233;sident sortant&quot;, comme il l'appelait, &#233;tait d'ailleurs une expression largement reprise du vainqueur de Giscard. D&#232;s le d&#233;but des deux campagnes, l'effort fut directement dirig&#233; contre le bilan du pr&#233;sident-candidat. Alors que Fran&#231;ois Mitterrand avait le moins possible parl&#233; de Jacques Chirac et  de Georges Marchais, d'une mani&#232;re assez &#233;quivalente, Fran&#231;ois Hollande a, dans ses meetings et interventions, largement &#233;pargn&#233; Fran&#231;ois Bayrou et Jean-Luc M&#233;lenchon, dont il savait qu'ils pourraient lui &#234;tre utiles au second tour. Comme Mitterrand contre Giscard, Hollande ne porta qu'assez rarement ses attaques d'un point de vue personnel mais cibla ses coups sur le point faible de son adversaire, l&#224; o&#249; il &#233;tait largement vuln&#233;rable : son bilan &#233;conomique et social et sa pratique vue comme &quot;anormale&quot; du pouvoir. En 1981, Mitterrand &#233;voquait l'accroissement spectaculaire des in&#233;galit&#233;s, &quot;l'insolence du luxe&quot; et &quot;les b&#233;n&#233;fices insens&#233;s remport&#233;s par tel ou tel groupe financier&quot; et consid&#233;rait que &quot;le d&#233;sordre est partout, il est dans le ch&#244;mage, il est dans la vie ch&#232;re, il est dans une soci&#233;t&#233; qui jette sa jeunesse&quot;... Le parall&#232;le est assez frappant, &#224; la fois en termes de contenu et de registre discursif, avec Fran&#231;ois Hollande qui, en 2012, a ax&#233; sa campagne sur les chiffres du ch&#244;mage, le &quot;pr&#233;sident des riches&quot; et des cadeaux fiscaux, ainsi que sur le n&#233;cessaire redressement &#233;conomique en misant sur la jeunesse. &#13;&#10; En termes de techniques de communication, au-del&#224; des postures physiques (notamment lors des harangues des meetings), l'exemple de 1981 et de Fran&#231;ois Mitterrand est &#233;vident dans la strat&#233;gie de Fran&#231;ois Hollande. Ainsi, lorsqu'il &#233;voque, d&#232;s 2010, la n&#233;cessit&#233; d'une &quot;pr&#233;sidence normale&quot;,  en &#233;cho &#224; &quot;l'hyperpr&#233;sidence&quot; sarkozyste, mais aussi dans le but de se d&#233;marquer de Dominique Strauss-Kahn, alors donn&#233; largement favori, il a sans doute en t&#234;te le slogan &quot;la force tranquille&quot; de Fran&#231;ois Mitterrand. De fait, Aquilino Morelle, qui apr&#232;s avoir &#233;t&#233; directeur de la campagne d'Arnaud Montebourg pendant les primaires, est devenu responsable des discours au sein de l'&#233;quipe du candidat en 2012, a repris de nombreuses formules issues de discours et d'interventions de Fran&#231;ois Mitterrand &amp;ndash; il n'&#233;tait pas rare de le croiser, dit-on, avec les deux c&#233;l&#232;bres tomes de recueil ( Politique I , Fayard, 1977 et  Politique II , Fayard, 1981). &#13;&#10; De mani&#232;re moins attendue &amp;ndash; et encore moins voulue, sans doute ! &amp;ndash;, le parall&#232;le avec la campagne de 1981 vaut aussi pour celle de Val&#233;ry Giscard d'Estaing, compar&#233;e &#224; celle de Nicolas Sarkozy en 2012. Comme Giscard, le pr&#233;sident-candidat de 2012 a choisi comme slogan et th&#232;me de campagne celui de &quot;la France forte&quot; en cherchant &#224; la fois &#224; renforcer sa cr&#233;dibilit&#233; d'homme d'Etat face aux temp&#234;tes &#233;conomiques et financi&#232;res et &#224; critiquer en creux une inexp&#233;rience et une faiblesse chez son adversaire socialiste. Comme Giscard, &#233;lu en 1974 gr&#226;ce &#224; une campagne moderne et efficace qui avait marqu&#233; les esprits en portant &#224; la pr&#233;sidence un homme jeune et dynamique, Nicolas Sarkozy avait &#233;t&#233; &#233;lu en 2007 de mani&#232;re incontestable sur une promesse de rupture et de modernisation du pays. Et comme Giscard en 1981, Sarkozy en 2012 n'a pas su retrouver l'&#233;lan de sa premi&#232;re campagne victorieuse. Il s'est d'ailleurs aussi (involontairement ?) inspir&#233; du Giscard de 1981 lorsqu'il a demand&#233;, le soir du premier tour, la tenue de plusieurs d&#233;bats avec son concurrent, essuyant le m&#234;me refus, aussi cat&#233;gorique que strat&#233;gique, de la part de Fran&#231;ois Hollande que Giscard de la part de Fran&#231;ois Mitterrand durant l'entre-deux-tours de 1981. &#13;&#10; Pr&#233;cis&#233;ment, lors du d&#233;bat d'entre-deux-tours, la comparaison semble encore assez int&#233;ressante entre celui de 1981 et celui de 2012. Alors qu'il avait sembl&#233; maladroit et peu &#224; l'aise face &#224; Giscard en 1974, Fran&#231;ois Mitterrand s'&#233;tait m&#233;thodiquement pr&#233;par&#233; sept ans plus tard, ne rechignant pas &#224; jeter par &#233;crit des formules qui pourraient faire mouche le jour J (il a d'ailleurs &#233;t&#233; retrouv&#233; dans ses notes personnelles une phrase bien connue qu'il avait volontairement encadr&#233;e : &quot;Vous &#234;tes l'homme du passif&quot; en r&#233;f&#233;rence &#224; l'interpellation de son adversaire &quot;Vous &#234;tes l'homme du pass&#233;&quot; en 1974). Lorsque Mitterrand d&#233;gaina cette petite phrase bien travaill&#233;e, Val&#233;ry Giscard d'Estaing resta d'ailleurs sans voix &amp;ndash; bien que l'interdiction de plans de coupes, minutieusement d&#233;cid&#233;e par Serge Moati lors des pr&#233;paratifs de l'&#233;mission, ne permette pas de conna&#238;tre l'expression de son visage &#224; ce moment-l&#224; du d&#233;bat. De m&#234;me, lors du d&#233;bat du 2 mai 2012, il semble assez frappant de voir &#224; quel point la d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre anaphore de Fran&#231;ois Hollande (&quot;Moi, pr&#233;sident de la R&#233;publique...&quot;), martel&#233;e &#224; seize reprises face &#224; un Nicolas Sarkozy aphone et presque groggy, a certainement fait l'objet d'un travail rh&#233;torique pr&#233;paratoire. Dans les deux cas, m&#234;me s'il est bien entendu &#233;vident que ce ne sont pas ce type d'accessoires discursifs qui font ni ne d&#233;font une &#233;lection pr&#233;sidentielle, l'effet a &#233;t&#233; r&#233;ussi, malgr&#233; un aspect n&#233;cessairement artificiel. &#13;&#10; Comme lors de la campagne victorieuse des socialistes en 1981, l'organisation et la machine &#233;lectorale du Parti furent particuli&#232;rement efficaces en 2012. Mieux qu'en 1974, o&#249; il avait d&#251; beaucoup improviser &amp;ndash;  car la campagne suivant le d&#233;c&#232;s de Georges Pompidou fut particuli&#232;rement courte &amp;ndash;, Mitterrand avait su magistralement g&#233;rer son temps et imprimer son rythme &#224; la campagne  pr&#233;sidentielle en 1981. De m&#234;me, en 2012, Fran&#231;ois Hollande, donn&#233; gagnant par tous les instituts de sondages au deuxi&#232;me tour durant toute la campagne depuis sa d&#233;signation en octobre 2011, a cherch&#233; &#224; r&#233;duire au maximum ses prises de risques et ses effets de surprise &amp;ndash; quitte &#224; ce que la ferveur des meetings soit moins vive qu'en 2007 &amp;ndash;, &#224; l'exception notable de la proposition de taxation &#224; 75% des plus hauts revenus, et n'a pas d&#233;vi&#233; de sa ligne ni de son programme du d&#233;but &#224; la fin de sa campagne, contrairement &#224; son adversaire qui, parti aussi tardivement que Giscard en 1981 et naviguant &#224; vue, n'a pas su donner de coh&#233;rence globale &#224; sa r&#233;&#233;lection ni &#224; son projet pr&#233;sidentiel pour les cinq ann&#233;es &#224; venir. &#13;&#10; Comme Mitterrand en 1981, Hollande en 2012 a agi en strat&#232;ge, parfois machiav&#233;lien, en se gardant de r&#233;pondre de mani&#232;re trop pr&#233;cise &#224; certains points du changement qu'il proposait. Ainsi, sur des questions politiques et sociales importantes, Hollande s'est montr&#233; aussi prudent sur certains sujets (politique europ&#233;enne, immigration, r&#233;pression des drogues douces, vote des &#233;trangers aux &#233;lections locales) que Mitterrand en 1981 sur d'autres questions tout aussi sensibles &#224; l'&#233;poque (peine de mort, institutions de la Ve R&#233;publique, rapport avec les communistes...). &#13;&#10; La liste de parall&#232;les pourrait &#234;tre encore plus longue mais il faut bien entendu avoir &#224; l'esprit qu'en mati&#232;re d'&#233;lections pr&#233;sidentielles, comparaison n'est pas (toujours) raison. N&#233;anmoins, il nous semble utile de consid&#233;rer que, d'un point de vue global, et m&#234;me si le contexte est fort diff&#233;rent &amp;ndash; personne n'&#233;voque bien &#233;videmment l'arriv&#233;e de chars sovi&#233;tiques &#224; Paris en 2012 (!), quoique certains n'en sont pas loin...  &amp;ndash;, les principales donn&#233;es de la strat&#233;gie &#233;lectorale, qui ont &#233;t&#233; d&#233;terminantes dans la victoire finale, ne sont pas fondamentalement tr&#232;s &#233;loign&#233;es entre mai 1981 et mai 2012. Comme Mitterrand en 1981 &amp;ndash; pour qui il a travaill&#233; &#224; l'Elys&#233;e et qu'il a d'ailleurs toujours vu comme son mod&#232;le politique, avec Jacques Delors &amp;ndash;, Fran&#231;ois Hollande a commis tr&#232;s peu d'erreurs tactiques et aucune faute politique, notamment &#224; l'&#233;gard de ses partenaires potentiels. Sa ma&#238;trise du temps, sa connaissance des dossiers &amp;ndash; il a rarement &#233;t&#233; mis en difficult&#233;, par les journalistes en particulier &amp;ndash; et son ind&#233;niable chance &amp;ndash; facteur indispensable, dont certains diront qu'il a su la provoquer &amp;ndash; ont fait le reste. Alors qu'il &#233;tait volontiers moqu&#233; comme l'homme des synth&#232;ses molles au moment des congr&#232;s socialistes, peu sont ceux qui croyaient en Fran&#231;ois Hollande lors de la fin de son long mandat au PS en 2008 &amp;ndash; ils doivent se compter sur les doigts d'une main &amp;ndash; et, parall&#232;lement, rares &#233;taient les commentateurs, m&#234;me les plus avis&#233;s, qui misaient encore sur &quot;l'homme du pass&#233;&quot; qu'&#233;tait Mitterrand apr&#232;s ses d&#233;faites pr&#233;sidentielles de 1965 et 1974... &#13;&#10; En d&#233;finitive, m&#234;me si les circonstances et le contexte politique sont toujours d&#233;terminants dans une &#233;lection, il semble que, parmi les facteurs plus subjectifs, la volont&#233; et la croyance profonde en un destin personnel peuvent, &#224; un moment voulu, faire ou non la diff&#233;rence. C'est peut-&#234;tre, parmi bien d'autres, cette le&#231;on de son ma&#238;tre Fran&#231;ois Mitterrand qui a le plus marqu&#233; l'&#233;l&#232;ve Fran&#231;ois Hollande. </description>
         <pubDate>05/11/12 11:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-5803-le_maitre_et_leleve__mitterrand_1981_et_hollande_2012.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>Le r&eacute;sultat du 6 mai 2012 et la victoire de Fran&ccedil;ois Hollande, avec 51,62 % des suffrages exprim&eacute;s, a &eacute;t&eacute; salu&eacute;e comme une victoire assez nette, bien que plus &eacute;triqu&eacute;e que les pr&eacute;visions des instituts de sondages ne le laissaient entendre, et rappelle le score de Fran&ccedil;ois Mitterrand, &eacute;lu le 10 mai 1981 avec 51,75 %.</p>
<p>Au-del&agrave; de ces deux chiffres tr&egrave;s proches, certains observateurs ont remarqu&eacute; une ressemblance parfois troublante entre les victoires socialistes de Fran&ccedil;ois Mitterrand et de Fran&ccedil;ois Hollande, avec pourtant plus de trente ans d'intervalle, bien que l'alternance f&ucirc;t plus in&eacute;dite en 1981 qu'en 2012.</p>
<p>En mai 1981, selon l'expression rest&eacute;e c&eacute;l&egrave;bre de Fran&ccedil;ois Mitterrand, une majorit&eacute; sociologique &eacute;tait parvenue &agrave; trouver sa majorit&eacute; politique, apr&egrave;s plusieurs tentatives infructueuses (&eacute;lections pr&eacute;sidentielles de 1974, &eacute;lections l&eacute;gislatives de 1978). En mai 2012, le contexte politique est diff&eacute;rent et le changement &ndash; on parle moins d'ailleurs d'alternance qu'en 1981 &ndash; &eacute;tait largement attendu apr&egrave;s un quinquennat sarkozyste marqu&eacute; par de fortes tensions, des d&eacute;faites de la majorit&eacute; pr&eacute;sidentielle aux &eacute;lections dites &quot;interm&eacute;diaires&quot; et une crise &eacute;conomique tr&egrave;s aigu&euml;. De ce point de vue, comme toute &eacute;lection pr&eacute;sidentielle, celle de 2012 a pr&eacute;sent&eacute; une sp&eacute;cificit&eacute; &ndash; en particulier le poids important de l'extr&ecirc;me droite au premier tour. Cependant, il reste assez frappant que sur plusieurs points, c'est bien de celle de 1981 qu'elle se rapproche le plus.</p>
<p>Tout d'abord, la victoire du 6 mai 2012 est intervenue apr&egrave;s une phase de t&acirc;tonnements programmatiques et de recherche d'un candidat. En 1981, c'est assez tardivement, durant l'hiver,  que Fran&ccedil;ois Mitterrand, premier secr&eacute;taire du Parti socialiste depuis le congr&egrave;s d'Epinay (1971), dix ans plus t&ocirc;t, avait pris <a href="http://www.nonfiction.fr/article-5476-une_autre_histoire_des_presidentielles.htm">le dessus sur Michel Rocard</a>, longtemps donn&eacute; favori dans les sondages, et son programme pr&eacute;sidentiel a d&ucirc; &ecirc;tre l'objet d'un travail rapide car le programme commun de gouvernement, sign&eacute; en 1972 entre le PS et le PCF, fut rompu &agrave; l'initiative des communistes en septembre 1977, notamment &agrave; la suite de victoires socialistes aux &eacute;lections municipales. En 2011, c'est par <a href="http://www.nonfiction.fr/article-5092-la_democratie_ne_se_reduit_pas_au_vote_entretien_sur_les_primaires_avec_remi_lefebvre.htm">des primaires ouvertes in&eacute;dites</a> que le candidat Fran&ccedil;ois Hollande, tr&egrave;s largement distanc&eacute; dans les sondages jusqu'&agrave; l'affaire Strauss-Kahn de mai 2011, a &eacute;t&eacute; d&eacute;sign&eacute; alors que le projet socialiste avait &eacute;t&eacute; &eacute;labor&eacute; pr&eacute;alablement par le Parti socialiste men&eacute; par Martine Aubry &ndash; et de fait, le programme du candidat fut, sur certains points, assez diff&eacute;rent.</p>
<p>Comme lors de la victoire de 1981, celle de 2012 fut permise par une importante unit&eacute; des socialistes et le talent de rassemblement de Fran&ccedil;ois Hollande n'est pas sans rappeler, de ce point de vue, celui de son illustre pr&eacute;d&eacute;cesseur socialiste. La similitude entre les deux hommes s'explique d'ailleurs pour une bonne part par leur parcours &eacute;quivalent au sein du Parti socialiste, en tant que Premiers secr&eacute;taires : 10 ans pour Fran&ccedil;ois Mitterrand (1971-1981) et 11 ans pour Fran&ccedil;ois Hollande (1997-2008), marqu&eacute;s pour l'un comme l'autre par d'importantes victoires locales mais aussi par des d&eacute;faites aux &eacute;lections nationales (pr&eacute;sidentielles de 1974, 2002 et 2007, l&eacute;gislatives de 1978, 2002 et 2007). La le&ccedil;on de la d&eacute;faite de 2007 et du manque du soutien des socialistes &agrave; la candidate S&eacute;gol&egrave;ne Royal fut ainsi, d'une certaine mani&egrave;re, tir&eacute;e par celui qui, alors &agrave; la t&ecirc;te du PS, avait &eacute;t&eacute; en partie responsable de cette troisi&egrave;me d&eacute;faite cons&eacute;cutive &agrave; l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle, apr&egrave;s les candidatures malheureuses de Lionel Jospin en 1995 et en 2002. Fran&ccedil;ois Mitterrand &eacute;tait convaincu, en 1974 puis en 1981, de la n&eacute;cessit&eacute; d'une candidature unique et rassembl&eacute;e apr&egrave;s le s&eacute;v&egrave;re d&eacute;saveu des forces politiques de la gauche, absente du deuxi&egrave;me tour des &eacute;lections de 1969. Mitterrand comme Hollande ont en t&ecirc;te lorsqu'ils remportent la victoire &agrave; la magistrature supr&ecirc;me qu'une &eacute;lection pr&eacute;sidentielle se gagne d'abord au premier tour et cette conviction, m&ucirc;rement r&eacute;fl&eacute;chie, a &eacute;t&eacute; forg&eacute;e par l'exp&eacute;rience des d&eacute;faites et des divisions.</p>
<p>Comme Mitterrand en 1981, Fran&ccedil;ois Hollande ne s'est pas tromp&eacute; de cible en 2012 : le &quot;pr&eacute;sident sortant&quot;, comme il l'appelait, &eacute;tait d'ailleurs une expression largement reprise du vainqueur de Giscard. D&egrave;s le d&eacute;but des deux campagnes, l'effort fut directement dirig&eacute; contre le bilan du pr&eacute;sident-candidat. Alors que Fran&ccedil;ois Mitterrand avait le moins possible parl&eacute; de Jacques Chirac et  de Georges Marchais, d'une mani&egrave;re assez &eacute;quivalente, Fran&ccedil;ois Hollande a, dans ses meetings et interventions, largement &eacute;pargn&eacute; Fran&ccedil;ois Bayrou et Jean-Luc M&eacute;lenchon, dont il savait qu'ils pourraient lui &ecirc;tre utiles au second tour. Comme Mitterrand contre Giscard, Hollande ne porta qu'assez rarement ses attaques d'un point de vue personnel mais cibla ses coups sur le point faible de son adversaire, l&agrave; o&ugrave; il &eacute;tait largement vuln&eacute;rable : son bilan &eacute;conomique et social et sa pratique vue comme &quot;anormale&quot; du pouvoir. En 1981, Mitterrand &eacute;voquait l'accroissement spectaculaire des in&eacute;galit&eacute;s, &quot;l'insolence du luxe&quot; et &quot;les b&eacute;n&eacute;fices insens&eacute;s remport&eacute;s par tel ou tel groupe financier&quot; et consid&eacute;rait que &quot;le d&eacute;sordre est partout, il est dans le ch&ocirc;mage, il est dans la vie ch&egrave;re, il est dans une soci&eacute;t&eacute; qui jette sa jeunesse&quot;... Le parall&egrave;le est assez frappant, &agrave; la fois en termes de contenu et de registre discursif, avec Fran&ccedil;ois Hollande qui, en 2012, a ax&eacute; sa campagne sur les chiffres du ch&ocirc;mage, le &quot;pr&eacute;sident des riches&quot; et des cadeaux fiscaux, ainsi que sur le n&eacute;cessaire redressement &eacute;conomique en misant sur la jeunesse.</p>
<p>En termes de techniques de communication, au-del&agrave; des postures physiques (notamment lors des harangues des meetings), l'exemple de 1981 et de Fran&ccedil;ois Mitterrand est &eacute;vident dans la strat&eacute;gie de Fran&ccedil;ois Hollande. Ainsi, lorsqu'il &eacute;voque, d&egrave;s 2010, la n&eacute;cessit&eacute; d'une &quot;pr&eacute;sidence normale&quot;,  en &eacute;cho &agrave; &quot;l'hyperpr&eacute;sidence&quot; sarkozyste, mais aussi dans le but de se d&eacute;marquer de Dominique Strauss-Kahn, alors donn&eacute; largement favori, il a sans doute en t&ecirc;te le slogan &quot;la force tranquille&quot; de Fran&ccedil;ois Mitterrand. De fait, Aquilino Morelle, qui apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; directeur de la campagne d'Arnaud Montebourg pendant les primaires, est devenu responsable des discours au sein de l'&eacute;quipe du candidat en 2012, a repris de nombreuses formules issues de discours et d'interventions de Fran&ccedil;ois Mitterrand &ndash; il n'&eacute;tait pas rare de le croiser, dit-on, avec les deux c&eacute;l&egrave;bres tomes de recueil (<em>Politique I</em>, Fayard, 1977 et <em>Politique II</em>, Fayard, 1981).</p>
<p>De mani&egrave;re moins attendue &ndash; et encore moins voulue, sans doute ! &ndash;, le parall&egrave;le avec la campagne de 1981 vaut aussi pour celle de Val&eacute;ry Giscard d'Estaing, compar&eacute;e &agrave; celle de Nicolas Sarkozy en 2012. Comme Giscard, le pr&eacute;sident-candidat de 2012 a choisi comme slogan et th&egrave;me de campagne celui de &quot;la France forte&quot; en cherchant &agrave; la fois &agrave; renforcer sa cr&eacute;dibilit&eacute; d'homme d'Etat face aux temp&ecirc;tes &eacute;conomiques et financi&egrave;res et &agrave; critiquer en creux une inexp&eacute;rience et une faiblesse chez son adversaire socialiste. Comme Giscard, &eacute;lu en 1974 gr&acirc;ce &agrave; une campagne moderne et efficace qui avait marqu&eacute; les esprits en portant &agrave; la pr&eacute;sidence un homme jeune et dynamique, Nicolas Sarkozy avait &eacute;t&eacute; &eacute;lu en 2007 de mani&egrave;re incontestable sur une promesse de rupture et de modernisation du pays. Et comme Giscard en 1981, Sarkozy en 2012 n'a pas su retrouver l'&eacute;lan de sa premi&egrave;re campagne victorieuse. Il s'est d'ailleurs aussi (involontairement ?) inspir&eacute; du Giscard de 1981 lorsqu'il a demand&eacute;, le soir du premier tour, la tenue de plusieurs d&eacute;bats avec son concurrent, essuyant le m&ecirc;me refus, aussi cat&eacute;gorique que strat&eacute;gique, de la part de Fran&ccedil;ois Hollande que Giscard de la part de Fran&ccedil;ois Mitterrand durant l'entre-deux-tours de 1981.</p>
<p>Pr&eacute;cis&eacute;ment, lors du d&eacute;bat d'entre-deux-tours, la comparaison semble encore assez int&eacute;ressante entre celui de 1981 et celui de 2012. Alors qu'il avait sembl&eacute; maladroit et peu &agrave; l'aise face &agrave; Giscard en 1974, Fran&ccedil;ois Mitterrand s'&eacute;tait m&eacute;thodiquement pr&eacute;par&eacute; sept ans plus tard, ne rechignant pas &agrave; jeter par &eacute;crit des formules qui pourraient faire mouche le jour J (il a d'ailleurs &eacute;t&eacute; retrouv&eacute; dans ses notes personnelles une phrase bien connue qu'il avait volontairement encadr&eacute;e : &quot;Vous &ecirc;tes l'homme du passif&quot; en r&eacute;f&eacute;rence &agrave; l'interpellation de son adversaire &quot;Vous &ecirc;tes l'homme du pass&eacute;&quot; en 1974). Lorsque Mitterrand d&eacute;gaina cette petite phrase bien travaill&eacute;e, Val&eacute;ry Giscard d'Estaing resta d'ailleurs sans voix &ndash; bien que l'interdiction de plans de coupes, minutieusement d&eacute;cid&eacute;e par Serge Moati lors des pr&eacute;paratifs de l'&eacute;mission, ne permette pas de conna&icirc;tre l'expression de son visage &agrave; ce moment-l&agrave; du d&eacute;bat. De m&ecirc;me, lors du d&eacute;bat du 2 mai 2012, il semble assez frappant de voir &agrave; quel point la d&eacute;sormais c&eacute;l&egrave;bre anaphore de Fran&ccedil;ois Hollande (&quot;Moi, pr&eacute;sident de la R&eacute;publique...&quot;), martel&eacute;e &agrave; seize reprises face &agrave; un Nicolas Sarkozy aphone et presque groggy, a certainement fait l'objet d'un travail rh&eacute;torique pr&eacute;paratoire. Dans les deux cas, m&ecirc;me s'il est bien entendu &eacute;vident que ce ne sont pas ce type d'accessoires discursifs qui font ni ne d&eacute;font une &eacute;lection pr&eacute;sidentielle, l'effet a &eacute;t&eacute; r&eacute;ussi, malgr&eacute; un aspect n&eacute;cessairement artificiel.</p>
<p>Comme lors de la campagne victorieuse des socialistes en 1981, l'organisation et la machine &eacute;lectorale du Parti furent particuli&egrave;rement efficaces en 2012. Mieux qu'en 1974, o&ugrave; il avait d&ucirc; beaucoup improviser &ndash;  car la campagne suivant le d&eacute;c&egrave;s de Georges Pompidou fut particuli&egrave;rement courte &ndash;, Mitterrand avait su magistralement g&eacute;rer son temps et imprimer son rythme &agrave; la campagne  pr&eacute;sidentielle en 1981. De m&ecirc;me, en 2012, Fran&ccedil;ois Hollande, donn&eacute; gagnant par tous les instituts de sondages au deuxi&egrave;me tour durant toute la campagne depuis sa d&eacute;signation en octobre 2011, a cherch&eacute; &agrave; r&eacute;duire au maximum ses prises de risques et ses effets de surprise &ndash; quitte &agrave; ce que la ferveur des meetings soit moins vive qu'en 2007 &ndash;, &agrave; l'exception notable de la proposition de taxation &agrave; 75% des plus hauts revenus, et n'a pas d&eacute;vi&eacute; de sa ligne ni de son programme du d&eacute;but &agrave; la fin de sa campagne, contrairement &agrave; son adversaire qui, parti aussi tardivement que Giscard en 1981 et naviguant &agrave; vue, n'a pas su donner de coh&eacute;rence globale &agrave; sa r&eacute;&eacute;lection ni &agrave; son projet pr&eacute;sidentiel pour les cinq ann&eacute;es &agrave; venir.</p>
<p>Comme Mitterrand en 1981, Hollande en 2012 a agi en strat&egrave;ge, parfois machiav&eacute;lien, en se gardant de r&eacute;pondre de mani&egrave;re trop pr&eacute;cise &agrave; certains points du changement qu'il proposait. Ainsi, sur des questions politiques et sociales importantes, Hollande s'est montr&eacute; aussi prudent sur certains sujets (politique europ&eacute;enne, immigration, r&eacute;pression des drogues douces, vote des &eacute;trangers aux &eacute;lections locales) que Mitterrand en 1981 sur d'autres questions tout aussi sensibles &agrave; l'&eacute;poque (peine de mort, institutions de la Ve R&eacute;publique, rapport avec les communistes...).</p>
<p>La liste de parall&egrave;les pourrait &ecirc;tre encore plus longue mais il faut bien entendu avoir &agrave; l'esprit qu'en mati&egrave;re d'&eacute;lections pr&eacute;sidentielles, comparaison n'est pas (toujours) raison. N&eacute;anmoins, il nous semble utile de consid&eacute;rer que, d'un point de vue global, et m&ecirc;me si le contexte est fort diff&eacute;rent &ndash; personne n'&eacute;voque bien &eacute;videmment l'arriv&eacute;e de chars sovi&eacute;tiques &agrave; Paris en 2012 (!), quoique certains n'en sont pas loin...  &ndash;, les principales donn&eacute;es de la strat&eacute;gie &eacute;lectorale, qui ont &eacute;t&eacute; d&eacute;terminantes dans la victoire finale, ne sont pas fondamentalement tr&egrave;s &eacute;loign&eacute;es entre mai 1981 et mai 2012. Comme Mitterrand en 1981 &ndash; pour qui il a travaill&eacute; &agrave; l'Elys&eacute;e et qu'il a d'ailleurs toujours vu comme son mod&egrave;le politique, avec Jacques Delors &ndash;, Fran&ccedil;ois Hollande a commis tr&egrave;s peu d'erreurs tactiques et aucune faute politique, notamment &agrave; l'&eacute;gard de ses partenaires potentiels. Sa ma&icirc;trise du temps, sa connaissance des dossiers &ndash; il a rarement &eacute;t&eacute; mis en difficult&eacute;, par les journalistes en particulier &ndash; et son ind&eacute;niable chance &ndash; facteur indispensable, dont certains diront qu'il a su la provoquer &ndash; ont fait le reste. Alors qu'il &eacute;tait volontiers moqu&eacute; comme l'homme des synth&egrave;ses molles au moment des congr&egrave;s socialistes, peu sont ceux qui croyaient en Fran&ccedil;ois Hollande lors de la fin de son long mandat au PS en 2008 &ndash; ils doivent se compter sur les doigts d'une main &ndash; et, parall&egrave;lement, rares &eacute;taient les commentateurs, m&ecirc;me les plus avis&eacute;s, qui misaient encore sur &quot;l'homme du pass&eacute;&quot; qu'&eacute;tait Mitterrand apr&egrave;s ses d&eacute;faites pr&eacute;sidentielles de 1965 et 1974...</p>
<p>En d&eacute;finitive, m&ecirc;me si les circonstances et le contexte politique sont toujours d&eacute;terminants dans une &eacute;lection, il semble que, parmi les facteurs plus subjectifs, la volont&eacute; et la croyance profonde en un destin personnel peuvent, &agrave; un moment voulu, faire ou non la diff&eacute;rence. C'est peut-&ecirc;tre, parmi bien d'autres, cette le&ccedil;on de son ma&icirc;tre Fran&ccedil;ois Mitterrand qui a le plus marqu&eacute; l'&eacute;l&egrave;ve Fran&ccedil;ois Hollande.</p> 
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