<?xml version="1.0" encoding="ISO-8859-1"?>

<!-- Powered by Blogomaniac -->
<rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/">
   <channel>
      <title>Nonfiction.fr le portail des livres et des idees</title>
      <link>http://www.nonfiction.fr/</link>
      <description>Le portail des livres et des idees</description>
      <language>fr</language>
      <docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>
      <generator>Blogomaniac</generator>
      <item>
         <title>La Turquie &#224; la crois&#233;e des chemins</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-3235-la_turquie_a_la_croisee_des_chemins.htm</link>
         <description> Dans sa derni&#232;re livraison,  Politique Etrang&#232;re  revient sur les enjeux internationaux qui se posent &#224; la Turquie, et en Turquie m&#234;me, dans la fa&#231;on dont elle d&#233;finit sa relation &#224; l'ext&#233;rieur. Alors que, au moins pour un temps, le d&#233;bat passionnel sur l'adh&#233;sion &#233;ventuelle de la R&#233;publique turque &#224; l'Union Europ&#233;enne est en sommeil, il est int&#233;ressant de revenir, calmement, pr&#233;cis&#233;ment, sur les &#233;volutions des rapports entre la puissance des D&#233;troits et ses diff&#233;rentes composantes vis-&#224;-vis de sont entourage.  &#13;&#10; A travers quatre th&#232;mes majeurs, l'Union Europ&#233;enne, l'alliance avec Isra&#235;l, l'affaire Ergenekon, et le probl&#232;me kurde, les auteurs dressent un tableau des &#233;volutions &#224; l'oeuvre en Turquie. Celle-ci n'est pas &#224; prendre comme un boc, bien entendu, elle est soumise &#224; des tensions, des d&#233;bats, parfois des forces plus souterraines, et se trouve dans une p&#233;riode o&#249; ses relations avec le reste du monde sont en &#233;volution profonde. Un des int&#233;r&#234;ts de ce dossier est justement de montrer que ces &#233;volutions sont lentes, conditionnelles, soumises &#224; des r&#233;manences et des h&#233;ritages, sans pour autant qu'il s'agisse de pr&#233;d&#233;finis. Pas de t&#233;l&#233;ologie, mais une profondeur historique et diplomatique qui est &#224; l'oeuvre, dans un pays lui-m&#234;me en p&#233;riode de red&#233;finition politique depuis l'arriv&#233;e au pouvoir sans heurts de M. Erdogan, et son maintien au gouvernement sans les interventions militaires qui ont &#233;maill&#233; les derni&#232;res d&#233;cennies. L'exercice du pouvoir joue un r&#244;le dans cette red&#233;fintion, tout comme la n&#233;cessit&#233; de trouver un placement dans un environnement international qui a tr&#232;s profond&#233;ment &#233;volu&#233; depuis dix ans. Le pays a &#233;t&#233; conduit &#224; repenser sa fa&#231;on de vivre la relation &#224; l'Union Europ&#233;enne, et son positionnement strat&#233;gique &#224; l'&#233;chelle du Moyen-Orient.  &#13;&#10; Certes, d'autres aspects auraient pu prendre place, comme la place des &#233;migr&#233;s dans cette recomposition, ou la relation aux Etats-Unis. Toujours est-il que ces articles nous proposent un regard tr&#232;s affin&#233; sur les r&#233;alit&#233;s de la Turquie, de son propre point de vue. Plus que des recettes, ou des expos&#233;s g&#233;n&#233;raux, utiles, mais qui parfois prennent le pas sur l'approfondissement des questions, ce dossier nous propose un ensemble de pistes, de th&#233;matiques de compr&#233;hension du v&#233;cu international actuel des enfants d'Atat&#252;rk, n&#233;cessairement incomplet, mais ouvrant des horizons tr&#232;s riches &#224; la r&#233;flexion, et tr&#232;s largement accessibles. Les relations internationales se jouent toujours &#224; plusieurs, et parfois, dans le cas turc, on semble de France oublier le miroir de notre parole de l'autre c&#244;t&#233; de la mer Eg&#233;e.  </description>
         <pubDate>03/17/10 04:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-3235-la_turquie_a_la_croisee_des_chemins.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>Dans sa derni&egrave;re livraison, <em>Politique Etrang&egrave;re</em> revient sur les enjeux internationaux qui se posent &agrave; la Turquie, et en Turquie m&ecirc;me, dans la fa&ccedil;on dont elle d&eacute;finit sa relation &agrave; l'ext&eacute;rieur. Alors que, au moins pour un temps, le d&eacute;bat passionnel sur l'adh&eacute;sion &eacute;ventuelle de la R&eacute;publique turque &agrave; l'Union Europ&eacute;enne est en sommeil, il est int&eacute;ressant de revenir, calmement, pr&eacute;cis&eacute;ment, sur les &eacute;volutions des rapports entre la puissance des D&eacute;troits et ses diff&eacute;rentes composantes vis-&agrave;-vis de sont entourage. </p>
<p>A travers quatre th&egrave;mes majeurs, l'Union Europ&eacute;enne, l'alliance avec Isra&euml;l, l'affaire Ergenekon, et le probl&egrave;me kurde, les auteurs dressent un tableau des &eacute;volutions &agrave; l'oeuvre en Turquie. Celle-ci n'est pas &agrave; prendre comme un boc, bien entendu, elle est soumise &agrave; des tensions, des d&eacute;bats, parfois des forces plus souterraines, et se trouve dans une p&eacute;riode o&ugrave; ses relations avec le reste du monde sont en &eacute;volution profonde. Un des int&eacute;r&ecirc;ts de ce dossier est justement de montrer que ces &eacute;volutions sont lentes, conditionnelles, soumises &agrave; des r&eacute;manences et des h&eacute;ritages, sans pour autant qu'il s'agisse de pr&eacute;d&eacute;finis. Pas de t&eacute;l&eacute;ologie, mais une profondeur historique et diplomatique qui est &agrave; l'oeuvre, dans un pays lui-m&ecirc;me en p&eacute;riode de red&eacute;finition politique depuis l'arriv&eacute;e au pouvoir sans heurts de M. Erdogan, et son maintien au gouvernement sans les interventions militaires qui ont &eacute;maill&eacute; les derni&egrave;res d&eacute;cennies. L'exercice du pouvoir joue un r&ocirc;le dans cette red&eacute;fintion, tout comme la n&eacute;cessit&eacute; de trouver un placement dans un environnement international qui a tr&egrave;s profond&eacute;ment &eacute;volu&eacute; depuis dix ans. Le pays a &eacute;t&eacute; conduit &agrave; repenser sa fa&ccedil;on de vivre la relation &agrave; l'Union Europ&eacute;enne, et son positionnement strat&eacute;gique &agrave; l'&eacute;chelle du Moyen-Orient. </p>
<p>Certes, d'autres aspects auraient pu prendre place, comme la place des &eacute;migr&eacute;s dans cette recomposition, ou la relation aux Etats-Unis. Toujours est-il que ces articles nous proposent un regard tr&egrave;s affin&eacute; sur les r&eacute;alit&eacute;s de la Turquie, de son propre point de vue. Plus que des recettes, ou des expos&eacute;s g&eacute;n&eacute;raux, utiles, mais qui parfois prennent le pas sur l'approfondissement des questions, ce dossier nous propose un ensemble de pistes, de th&eacute;matiques de compr&eacute;hension du v&eacute;cu international actuel des enfants d'Atat&uuml;rk, n&eacute;cessairement incomplet, mais ouvrant des horizons tr&egrave;s riches &agrave; la r&eacute;flexion, et tr&egrave;s largement accessibles. Les relations internationales se jouent toujours &agrave; plusieurs, et parfois, dans le cas turc, on semble de France oublier le miroir de notre parole de l'autre c&ocirc;t&eacute; de la mer Eg&eacute;e. </p> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Jacques Pilhan, cet &quot;artisan&quot; de l'ombre - D&#233;bat &#224; la Cit&#233; des Livres</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-3234-jacques_pilhan_cet_artisan_de_lombre___debat_a_la_cite_des_livres.htm</link>
         <description> Le deuxi&#232;me d&#233;bat de La Cit&#233; des Livres, organis&#233; par la  Fondation Jean Jaur&#232;s  et nonfiction.fr le lundi 8 mars 2010, a &#233;t&#233; l&amp;rsquo;occasion pour le journaliste Fran&#231;ois Bazin de venir pr&#233;senter son livre &quot;Le sorcier de l&amp;rsquo;Elys&#233;e. L&amp;rsquo;histoire secr&#232;te de Jacques Pilhan&quot; et de parler de ce personnage myst&#233;rieux, &quot;artisan&quot; de la communication de Fran&#231;ois Mitterrand et Jacques Chirac. Le d&#233;bat &#233;tait anim&#233; par Fr&#233;d&#233;ric Martel, r&#233;dacteur en chef de nonfiction.fr, et Gilles Finchelstein, directeur g&#233;n&#233;ral de la Fondation Jean Jaur&#232;s. Pendant pr&#232;s de deux heures, le public a pu &#233;couter avec int&#233;r&#234;t Fran&#231;ois Bazin &#233;voquant le destin original d&amp;rsquo;un homme de l&amp;rsquo;ombre. &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; Un &#233;cran &quot;Pilhan&quot;  &#13;&#10; &#13;&#10;Fran&#231;ois Bazin commence par parler de cet homme myst&#233;rieux qu&amp;rsquo;il a connu au d&#233;but des ann&#233;es 1990. &quot;Ce que je n&amp;rsquo;imaginais pas, dit Bazin en introduction, c&amp;rsquo;est que cet homme aussi myst&#233;rieux pourrait laisser finalement autant de traces.&quot; Quels sont donc &quot;ces traces&quot; qui nous permettent aujourd&amp;rsquo;hui de retracer la vie de Jacques Pilhan. D&amp;rsquo;abord, il faut noter que ce conseiller en communication a impos&#233; un style &#224; la t&#233;l&#233;vision. Fran&#231;ois Bazin parle d&amp;rsquo;un &quot;&#233;cran Pilhan&quot;. Des petites &quot;d&#233;couvertes&quot; qui sont devenues aujourd&amp;rsquo;hui, banales. Ainsi, c&amp;rsquo;est sur une id&#233;e de Pilhan qu&amp;rsquo;un drapeau fran&#231;ais est plac&#233; derri&#232;re le pr&#233;sident de la R&#233;publique lors d&amp;rsquo;une allocution t&#233;l&#233;visuelle, ce qui, au d&#233;but des ann&#233;es 1980, avait soulev&#233; un &#233;moi. C&amp;rsquo;est aussi, poursuit Bazin, un &quot;&#233;clairage diff&#233;rent&quot; qui fait du pr&#233;sident de la R&#233;publique, un &quot;beau Mitterrand&quot;. Jacques Pilhan est aussi l&amp;rsquo;inventeur du &quot;Plan m&#233;dia&quot;, c&amp;rsquo;est-&#224;-dire d&amp;rsquo;une volont&#233; dans la communication pr&#233;sidentielle d&amp;rsquo;imposer aux m&#233;dias son agenda et sa temporalit&#233;&amp;hellip; une &quot;&#233;criture m&#233;diatique&quot; qui s&amp;rsquo;est l&#224; aussi banalis&#233;e aujourd&amp;rsquo;hui, mais dont Pilhan fut un pionnier.  &#13;&#10; &#13;&#10;Jacques Pilhan d&#233;testait les journalistes, rappelle Fran&#231;ois Bazin. &quot;Ce qui l&amp;rsquo;int&#233;ressait particuli&#232;rement, c&amp;rsquo;&#233;tait la communication pr&#233;sidentielle.&quot; Il&#160; avait d&amp;rsquo;ailleurs couch&#233; sur une simple feuille A4, les 15 points fondamentaux pour r&#233;ussir une communication pr&#233;sidentielle, avec, entre autres, des id&#233;es comme &quot;tout tourne autour du pr&#233;sident&quot;, un n&#233;cessaire investissement de la sph&#232;re t&#233;l&#233;visuelle et la &quot;gestion du d&#233;sir&quot;. Jacques Pilhan avait compris l&amp;rsquo;importance de la m&#233;moire t&#233;l&#233;visuelle, et notamment l&amp;rsquo;influence des images du 20 heures sur les souvenirs des gens. &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; Collaboration avec Mitterrand  &#13;&#10; &#13;&#10;La relation de Jacques Pilhan avec Fran&#231;ois Mitterrand est tardive. Il arrive dans son &#233;quipe en pleine campagne pr&#233;sidentielle de 1981. Il a alors 38 ans et n&amp;rsquo;est pas mitterrandiste. &quot;C&amp;rsquo;&#233;tait plut&#244;t Rocard qui l&amp;rsquo;int&#233;ressait.&quot; Il n&amp;rsquo;appr&#233;ciait pas &#224; l&amp;rsquo;origine Fran&#231;ois Mitterrand et c&amp;rsquo;&#233;tait r&#233;ciproque : Fran&#231;ois Bazin rappelle que &quot;Fran&#231;ois Mitterrand &#233;tait le pr&#233;sident de la R&#233;publique le moins pr&#233;dispos&#233; &#224; comprendre ses techniques de communication modernes&quot;. Et pourtant, avec les ann&#233;es, une &quot;forte complicit&#233; va na&#238;tre entre les deux hommes&quot; et celle-ci trouvera son point d&amp;rsquo;orgue avec les &#233;lections pr&#233;sidentielles de 1988. Une de ses influences en communication politique est la campagne de Ronald Reagan en 1984. Il se demande alors &quot;comment on peut faire du si jeune et du si fort, avec du si vieux et du si con&quot;. Cette campagne l'inspirera pour construire celle de Mitterrand en 1988. &#13;&#10;  &#13;&#10;C&amp;rsquo;est par le biais de Jacques S&#233;gu&#233;la que Jacques Pilhan a &#233;t&#233; introduit dans l&amp;rsquo;&#233;quipe de campagne de Fran&#231;ois Mitterrand. Fran&#231;ois Bazin raconte, avec malice, la v&#233;ritable rencontre entre Fran&#231;ois Miterrand et Jacques Pilhan en 1984: &quot;Ca se passe &#224; 8000 m&#232;tres d&amp;rsquo;altitude, dans un avion. Jacques S&#233;gu&#233;la est en train de casser les pieds &#224; Mitterrand &amp;ndash; qui lit Zola &amp;ndash; en lui disant &amp;lsquo;pr&#233;sident, les jeunes&amp;hellip; Il faut virer Pierre Mauroy&amp;rsquo;. Mitterrand se retourne alors vers Pilhan, qui les accompagne&#160; &amp;lsquo;Vous, vous pensez que je peux m&amp;rsquo;en sortir ?&amp;rsquo; Il r&#233;pond &amp;lsquo;oui&amp;rsquo;. Mitterrand lui dit alors : &amp;lsquo;Et bien, venez me voir demain &#224; mon bureau.&amp;rsquo;&quot; &#13;&#10; Jacques Pilhan devient alors un conseiller incontournable de Fran&#231;ois Mitterrand. Il quitte Jacques S&#233;gu&#233;la et cr&#233;e, avec l&amp;rsquo;accord du pr&#233;sident de la R&#233;publique, sa propre agence de publicit&#233;, &quot;Temps public&quot;. Son ambition &#224; cette &#233;poque-l&#224;, &quot;c&amp;rsquo;est de recr&#233;er, en fait, une petite agence qui ressemblait &#224; la RSCG, rapporte Fran&#231;ois Bazin, avec un client principal qui &#233;tait le pr&#233;sident, avec autour des  corporate , des budgets annexes pour faire bouillir la marmite.&quot; &#13;&#10;Mais Jacques Pilhan, malgr&#233; ce succ&#232;s dans la communication &#233;lys&#233;enne, tient &#224; rester un homme de l&amp;rsquo;ombre et &quot;s&amp;rsquo;entoure de silence et de myst&#232;re&quot;. Il ne donnera qu&amp;rsquo;une seule interview, en 1995, pour la revue Le D&#233;bat. &#13;&#10; &#13;&#10;  &#13;&#10;Relations avec Fabius, Jospin et Rocard.  &#13;&#10; &#13;&#10;Avec Laurent Fabius, la relation est claire. Entre eux, ce fut la &quot;d&#233;testation imm&#233;diate&quot;. Fabius avait le sentiment qu&amp;rsquo;en termes de communication, &quot;il n&amp;rsquo;avait rien &#224; apprendre de Pilhan&quot;. On imagine que la relation avec Lionel Jospin n&amp;rsquo;&#233;tait gu&#232;re meilleure, et pourtant il n&amp;rsquo;en est rien. Loin de l&amp;rsquo;image &quot;prude&quot; qu&amp;rsquo;on pr&#234;te parfois &#224; l&amp;rsquo;ancien Premier ministre, Fran&#231;ois Bazin explique qu&amp;rsquo;il a utilis&#233; les conseillers en communication &quot;de mani&#232;re forte&quot; et que la collaboration remonte aux l&#233;gislatives partielles de 1986 &#224; Toulouse, o&#249; Jospin avait &#233;t&#233; parachut&#233;. A l&amp;rsquo;&#233;poque, Pilhan lui proposa une affiche &quot;Lionel Jospin : un homme, un vrai !&quot;, qu&amp;rsquo;il refusa. Quant &#224; la relation avec Michel Rocard, elle fut cordiale, jusqu&amp;rsquo;au jour o&#249; Pilhan d&#233;cida de &quot;licencier&quot;, par courrier, son propre client. &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; Pourquoi Jacques Chirac ?  &#13;&#10; &#13;&#10;En 1995, Fran&#231;ois Mitterrand quitte l&amp;rsquo;Elys&#233;e, Jacques Chirac arrive, et Jacques Pilhan reste. Fran&#231;ois Bazin tente d&amp;rsquo;expliquer cette attitude. Pour lui, l&amp;rsquo;&#233;l&#233;ment fondateur, c&amp;rsquo;est la mont&#233;e du non au r&#233;f&#233;rendum de Maastricht en 1992, &quot;il a vu quelque chose de nouveau appara&#238;tre&quot;. Jacques Pilhan comprend alors le foss&#233; qui est en train de se creuser entre les &quot;&#233;lites&quot; et la France d&amp;rsquo;en bas. Il pense &#224; partir de ce moment-l&#224;, que le successeur &#224; Mitterrand sera un &quot;anti-maastricht&quot;, un candidat &quot;antibourgeois&quot; et &quot;populiste&quot;. Et ce candidat, pour lui, c'est Jacques Chirac. &#13;&#10;  &#13;&#10; &#13;&#10; Pilhan et les journalistes  &#13;&#10; &#13;&#10;Suite &#224; la pr&#233;sentation de l&amp;rsquo;ouvrage de Fran&#231;ois Bazin, anim&#233;e par Fr&#233;d&#233;ric Martel et Gilles Finchelstein, une personne dans le public demande quelle a &#233;t&#233; la r&#233;action des journalistes &#224; la publication de ce livre. Il faut savoir que Bazin d&#233;crit dans son livre, les relations qu&amp;rsquo;entretenaient certains journalistes avec le pouvoir. Fran&#231;ois Bazin se contente de r&#233;pondre que &quot;ceux qui &#233;taient m&#233;contents ne l&amp;rsquo;ont pas dit.&quot; &#13;&#10; &#13;&#10;La relation de Jacques Pilhan avec les journalistes &#233;tait faite de beaucoup de m&#233;pris. Quand Pilhan parlait des journalistes, il demandait: &quot;Qu&amp;rsquo;est-ce qu&amp;rsquo;on a en magasin ?&quot;. L&amp;rsquo;important pour Jacques Pilhan, en bon situationniste, n&amp;rsquo;est pas forc&#233;ment d&amp;rsquo;avoir des journalistes ob&#233;issants mais des journalistes pr&#234;ts &#224; jouer leur r&#244;le dans son spectacle. &quot;Il prenait des acteurs, mais c&amp;rsquo;&#233;tait lui le metteur en sc&#232;ne&quot;, rappelle Fran&#231;ois Bazin.  &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; Pilhan et les femmes  &#13;&#10; &#13;&#10;Une autre question est pos&#233;e sur les relations de Jacques Pilhan avec Claude Chirac. Pilhan connaissait bien la fille de Jacques Chirac, par qui le contact s&amp;rsquo;&#233;tait fait. Mais Pilhan &quot;n&amp;rsquo;aimait pas les femmes, il &#233;tait un peu misogyne&quot;. &quot;Et s&amp;rsquo;il avait &#233;t&#233; encore vivant en 2007, aurait-il soutenu S&#233;gol&#232;ne Royal, demande une autre personne dans le public&quot;. La r&#233;ponse de Fran&#231;ois Bazin est cat&#233;gorique : &quot;S&amp;rsquo;il avait travaill&#233; pour un homme, ce serait certainement pour Sarkozy&quot;. &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; Pilhan, un personnage compliqu&#233;  &#13;&#10; &#13;&#10;Henri Nallet 1 , intervient pour &#233;voquer, &#224; son tour, ses souvenirs de Jacques Pilhan. Il remercie Fran&#231;ois Bazin pour &#234;tre &quot;arriv&#233; &#224; rendre compte de ce personnage qui &#233;tait tr&#232;s intelligent, &#224; mon avis tr&#232;s compliqu&#233;, et extraordinairement secret.&quot; Et il rappelle que la comparaison entre les deux Jacques, Pilhan et S&#233;gu&#233;la ne se justifie pas : &quot;Autant S&#233;gu&#233;la est un saltimbanque, creux et comme bloqu&#233; sur son image ; autant Pilhan est un homme r&#233;fl&#233;chi, construit, avec des convictions, avec un contenu politique. Oui, il y a un contenu politique chez Pilhan.&quot;. &#13;&#10;&#160;   Notes :  1 - deux fois ministre de l&amp;rsquo;agriculture dans les ann&#233;es 80, puis Garde des Sceaux de 1990 &#224; 1992 </description>
         <pubDate>03/16/10 16:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-3234-jacques_pilhan_cet_artisan_de_lombre___debat_a_la_cite_des_livres.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>Le deuxi&egrave;me d&eacute;bat de La Cit&eacute; des Livres, organis&eacute; par la <a href="http://www.jean-jaures.org/">Fondation Jean Jaur&egrave;s</a> et nonfiction.fr le lundi 8 mars 2010, a &eacute;t&eacute; l&rsquo;occasion pour le journaliste Fran&ccedil;ois Bazin de venir pr&eacute;senter son livre &quot;Le sorcier de l&rsquo;Elys&eacute;e. L&rsquo;histoire secr&egrave;te de Jacques Pilhan&quot; et de parler de ce personnage myst&eacute;rieux, &quot;artisan&quot; de la communication de Fran&ccedil;ois Mitterrand et Jacques Chirac. Le d&eacute;bat &eacute;tait anim&eacute; par Fr&eacute;d&eacute;ric Martel, r&eacute;dacteur en chef de nonfiction.fr, et Gilles Finchelstein, directeur g&eacute;n&eacute;ral de la Fondation Jean Jaur&egrave;s. Pendant pr&egrave;s de deux heures, le public a pu &eacute;couter avec int&eacute;r&ecirc;t Fran&ccedil;ois Bazin &eacute;voquant le destin original d&rsquo;un homme de l&rsquo;ombre.<br />
<br />
<br />
<strong>Un &eacute;cran &quot;Pilhan&quot;</strong><br />
<br />
Fran&ccedil;ois Bazin commence par parler de cet homme myst&eacute;rieux qu&rsquo;il a connu au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990. &quot;Ce que je n&rsquo;imaginais pas, dit Bazin en introduction, c&rsquo;est que cet homme aussi myst&eacute;rieux pourrait laisser finalement autant de traces.&quot; Quels sont donc &quot;ces traces&quot; qui nous permettent aujourd&rsquo;hui de retracer la vie de Jacques Pilhan. D&rsquo;abord, il faut noter que ce conseiller en communication a impos&eacute; un style &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision. Fran&ccedil;ois Bazin parle d&rsquo;un &quot;&eacute;cran Pilhan&quot;. Des petites &quot;d&eacute;couvertes&quot; qui sont devenues aujourd&rsquo;hui, banales. Ainsi, c&rsquo;est sur une id&eacute;e de Pilhan qu&rsquo;un drapeau fran&ccedil;ais est plac&eacute; derri&egrave;re le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique lors d&rsquo;une allocution t&eacute;l&eacute;visuelle, ce qui, au d&eacute;but des ann&eacute;es 1980, avait soulev&eacute; un &eacute;moi. C&rsquo;est aussi, poursuit Bazin, un &quot;&eacute;clairage diff&eacute;rent&quot; qui fait du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, un &quot;beau Mitterrand&quot;. Jacques Pilhan est aussi l&rsquo;inventeur du &quot;Plan m&eacute;dia&quot;, c&rsquo;est-&agrave;-dire d&rsquo;une volont&eacute; dans la communication pr&eacute;sidentielle d&rsquo;imposer aux m&eacute;dias son agenda et sa temporalit&eacute;&hellip; une &quot;&eacute;criture m&eacute;diatique&quot; qui s&rsquo;est l&agrave; aussi banalis&eacute;e aujourd&rsquo;hui, mais dont Pilhan fut un pionnier. <br />
<br />
Jacques Pilhan d&eacute;testait les journalistes, rappelle Fran&ccedil;ois Bazin. &quot;Ce qui l&rsquo;int&eacute;ressait particuli&egrave;rement, c&rsquo;&eacute;tait la communication pr&eacute;sidentielle.&quot; Il&nbsp; avait d&rsquo;ailleurs couch&eacute; sur une simple feuille A4, les 15 points fondamentaux pour r&eacute;ussir une communication pr&eacute;sidentielle, avec, entre autres, des id&eacute;es comme &quot;tout tourne autour du pr&eacute;sident&quot;, un n&eacute;cessaire investissement de la sph&egrave;re t&eacute;l&eacute;visuelle et la &quot;gestion du d&eacute;sir&quot;. Jacques Pilhan avait compris l&rsquo;importance de la m&eacute;moire t&eacute;l&eacute;visuelle, et notamment l&rsquo;influence des images du 20 heures sur les souvenirs des gens.<br />
<br />
<br />
<strong>Collaboration avec Mitterrand</strong><br />
<br />
La relation de Jacques Pilhan avec Fran&ccedil;ois Mitterrand est tardive. Il arrive dans son &eacute;quipe en pleine campagne pr&eacute;sidentielle de 1981. Il a alors 38 ans et n&rsquo;est pas mitterrandiste. &quot;C&rsquo;&eacute;tait plut&ocirc;t Rocard qui l&rsquo;int&eacute;ressait.&quot; Il n&rsquo;appr&eacute;ciait pas &agrave; l&rsquo;origine Fran&ccedil;ois Mitterrand et c&rsquo;&eacute;tait r&eacute;ciproque : Fran&ccedil;ois Bazin rappelle que &quot;Fran&ccedil;ois Mitterrand &eacute;tait le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique le moins pr&eacute;dispos&eacute; &agrave; comprendre ses techniques de communication modernes&quot;. Et pourtant, avec les ann&eacute;es, une &quot;forte complicit&eacute; va na&icirc;tre entre les deux hommes&quot; et celle-ci trouvera son point d&rsquo;orgue avec les &eacute;lections pr&eacute;sidentielles de 1988. Une de ses influences en communication politique est la campagne de Ronald Reagan en 1984. Il se demande alors &quot;comment on peut faire du si jeune et du si fort, avec du si vieux et du si con&quot;. Cette campagne l'inspirera pour construire celle de Mitterrand en 1988.</p>
<p><br />
C&rsquo;est par le biais de Jacques S&eacute;gu&eacute;la que Jacques Pilhan a &eacute;t&eacute; introduit dans l&rsquo;&eacute;quipe de campagne de Fran&ccedil;ois Mitterrand. Fran&ccedil;ois Bazin raconte, avec malice, la v&eacute;ritable rencontre entre Fran&ccedil;ois Miterrand et Jacques Pilhan en 1984: &quot;Ca se passe &agrave; 8000 m&egrave;tres d&rsquo;altitude, dans un avion. Jacques S&eacute;gu&eacute;la est en train de casser les pieds &agrave; Mitterrand &ndash; qui lit Zola &ndash; en lui disant &lsquo;pr&eacute;sident, les jeunes&hellip; Il faut virer Pierre Mauroy&rsquo;. Mitterrand se retourne alors vers Pilhan, qui les accompagne&nbsp; &lsquo;Vous, vous pensez que je peux m&rsquo;en sortir ?&rsquo; Il r&eacute;pond &lsquo;oui&rsquo;. Mitterrand lui dit alors : &lsquo;Et bien, venez me voir demain &agrave; mon bureau.&rsquo;&quot;</p>
<p>Jacques Pilhan devient alors un conseiller incontournable de Fran&ccedil;ois Mitterrand. Il quitte Jacques S&eacute;gu&eacute;la et cr&eacute;e, avec l&rsquo;accord du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, sa propre agence de publicit&eacute;, &quot;Temps public&quot;. Son ambition &agrave; cette &eacute;poque-l&agrave;, &quot;c&rsquo;est de recr&eacute;er, en fait, une petite agence qui ressemblait &agrave; la RSCG, rapporte Fran&ccedil;ois Bazin, avec un client principal qui &eacute;tait le pr&eacute;sident, avec autour des <em>corporate</em>, des budgets annexes pour faire bouillir la marmite.&quot;<br />
Mais Jacques Pilhan, malgr&eacute; ce succ&egrave;s dans la communication &eacute;lys&eacute;enne, tient &agrave; rester un homme de l&rsquo;ombre et &quot;s&rsquo;entoure de silence et de myst&egrave;re&quot;. Il ne donnera qu&rsquo;une seule interview, en 1995, pour la revue Le D&eacute;bat.<br />
<br />
<strong><br />
Relations avec Fabius, Jospin et Rocard.</strong><br />
<br />
Avec Laurent Fabius, la relation est claire. Entre eux, ce fut la &quot;d&eacute;testation imm&eacute;diate&quot;. Fabius avait le sentiment qu&rsquo;en termes de communication, &quot;il n&rsquo;avait rien &agrave; apprendre de Pilhan&quot;. On imagine que la relation avec Lionel Jospin n&rsquo;&eacute;tait gu&egrave;re meilleure, et pourtant il n&rsquo;en est rien. Loin de l&rsquo;image &quot;prude&quot; qu&rsquo;on pr&ecirc;te parfois &agrave; l&rsquo;ancien Premier ministre, Fran&ccedil;ois Bazin explique qu&rsquo;il a utilis&eacute; les conseillers en communication &quot;de mani&egrave;re forte&quot; et que la collaboration remonte aux l&eacute;gislatives partielles de 1986 &agrave; Toulouse, o&ugrave; Jospin avait &eacute;t&eacute; parachut&eacute;. A l&rsquo;&eacute;poque, Pilhan lui proposa une affiche &quot;Lionel Jospin : un homme, un vrai !&quot;, qu&rsquo;il refusa. Quant &agrave; la relation avec Michel Rocard, elle fut cordiale, jusqu&rsquo;au jour o&ugrave; Pilhan d&eacute;cida de &quot;licencier&quot;, par courrier, son propre client.<br />
<br />
<br />
<strong>Pourquoi Jacques Chirac ?</strong><br />
<br />
En 1995, Fran&ccedil;ois Mitterrand quitte l&rsquo;Elys&eacute;e, Jacques Chirac arrive, et Jacques Pilhan reste. Fran&ccedil;ois Bazin tente d&rsquo;expliquer cette attitude. Pour lui, l&rsquo;&eacute;l&eacute;ment fondateur, c&rsquo;est la mont&eacute;e du non au r&eacute;f&eacute;rendum de Maastricht en 1992, &quot;il a vu quelque chose de nouveau appara&icirc;tre&quot;. Jacques Pilhan comprend alors le foss&eacute; qui est en train de se creuser entre les &quot;&eacute;lites&quot; et la France d&rsquo;en bas. Il pense &agrave; partir de ce moment-l&agrave;, que le successeur &agrave; Mitterrand sera un &quot;anti-maastricht&quot;, un candidat &quot;antibourgeois&quot; et &quot;populiste&quot;. Et ce candidat, pour lui, c'est Jacques Chirac.</p>
<p><br />
<br />
<strong>Pilhan et les journalistes</strong><br />
<br />
Suite &agrave; la pr&eacute;sentation de l&rsquo;ouvrage de Fran&ccedil;ois Bazin, anim&eacute;e par Fr&eacute;d&eacute;ric Martel et Gilles Finchelstein, une personne dans le public demande quelle a &eacute;t&eacute; la r&eacute;action des journalistes &agrave; la publication de ce livre. Il faut savoir que Bazin d&eacute;crit dans son livre, les relations qu&rsquo;entretenaient certains journalistes avec le pouvoir. Fran&ccedil;ois Bazin se contente de r&eacute;pondre que &quot;ceux qui &eacute;taient m&eacute;contents ne l&rsquo;ont pas dit.&quot;<br />
<br />
La relation de Jacques Pilhan avec les journalistes &eacute;tait faite de beaucoup de m&eacute;pris. Quand Pilhan parlait des journalistes, il demandait: &quot;Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on a en magasin ?&quot;. L&rsquo;important pour Jacques Pilhan, en bon situationniste, n&rsquo;est pas forc&eacute;ment d&rsquo;avoir des journalistes ob&eacute;issants mais des journalistes pr&ecirc;ts &agrave; jouer leur r&ocirc;le dans son spectacle. &quot;Il prenait des acteurs, mais c&rsquo;&eacute;tait lui le metteur en sc&egrave;ne&quot;, rappelle Fran&ccedil;ois Bazin. <br />
<br />
<br />
<strong>Pilhan et les femmes</strong><br />
<br />
Une autre question est pos&eacute;e sur les relations de Jacques Pilhan avec Claude Chirac. Pilhan connaissait bien la fille de Jacques Chirac, par qui le contact s&rsquo;&eacute;tait fait. Mais Pilhan &quot;n&rsquo;aimait pas les femmes, il &eacute;tait un peu misogyne&quot;. &quot;Et s&rsquo;il avait &eacute;t&eacute; encore vivant en 2007, aurait-il soutenu S&eacute;gol&egrave;ne Royal, demande une autre personne dans le public&quot;. La r&eacute;ponse de Fran&ccedil;ois Bazin est cat&eacute;gorique : &quot;S&rsquo;il avait travaill&eacute; pour un homme, ce serait certainement pour Sarkozy&quot;.<br />
<br />
<br />
<strong>Pilhan, un personnage compliqu&eacute;</strong><br />
<br />
Henri Nallet<sup>1</sup>, intervient pour &eacute;voquer, &agrave; son tour, ses souvenirs de Jacques Pilhan. Il remercie Fran&ccedil;ois Bazin pour &ecirc;tre &quot;arriv&eacute; &agrave; rendre compte de ce personnage qui &eacute;tait tr&egrave;s intelligent, &agrave; mon avis tr&egrave;s compliqu&eacute;, et extraordinairement secret.&quot; Et il rappelle que la comparaison entre les deux Jacques, Pilhan et S&eacute;gu&eacute;la ne se justifie pas : &quot;Autant S&eacute;gu&eacute;la est un saltimbanque, creux et comme bloqu&eacute; sur son image ; autant Pilhan est un homme r&eacute;fl&eacute;chi, construit, avec des convictions, avec un contenu politique. Oui, il y a un contenu politique chez Pilhan.&quot;.<br />
&nbsp;</p><br /><b>Notes :</b><br />1 - deux fois ministre de l&rsquo;agriculture dans les ann&eacute;es 80, puis Garde des Sceaux de 1990 &agrave; 1992<br /> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Une trag&#233;die grecque</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-3230-une_tragedie_grecque.htm</link>
         <description>  Dans le cadre du partenariat de    nonfiction.fr    avec le site    cartessurtable.eu    , retrouvez une fois par semaine sur nonfiction.fr un article qui revient sur un sujet au coeur de l'actualit&#233; du d&#233;bat d'id&#233;es. Cette semaine, voici une contribution de Julia Cag&#233; sur la crise grecque.  &#13;&#10; &#160; &#13;&#10; &#160; &#13;&#10; La crise grecque, ou l&amp;rsquo;art de la trag&#233;die jusque dans le d&#233;tail respect&#233;. &#13;&#10; Les trois unit&#233;s : unit&#233; de lieu, la Gr&#232;ce (comme il se doit) ; unit&#233; de temps, l&amp;rsquo;ann&#233;e (plut&#244;t que la journ&#233;e) ; unit&#233; d&amp;rsquo;action, la lutte acharn&#233;e d&amp;rsquo;un gouvernement contre une faillite annonc&#233;e. &#13;&#10; Les biens&#233;ances : la Gr&#232;ce s&amp;rsquo;engage &#224; ramener son d&#233;ficit de 12,7% en 2009 &#224; 8,7% en 2010, et &#224; se rapprocher ainsi des exigences du Pacte de stabilit&#233; et de croissance. &#13;&#10; La vraisemblance : celle de l&amp;rsquo;union &#233;conomique et mon&#233;taire europ&#233;enne en premier lieu, que la Gr&#232;ce a d&amp;rsquo;une certaine mani&#232;re pr&#233;serv&#233;e en renon&#231;ant &#224; faire appel au fond mon&#233;taire international. &#13;&#10; Le d&#233;cor &#233;tant plant&#233;, la pi&#232;ce peut commencer. Trois actes, une triple trag&#233;die : le Mensonge initial, trouvant sa source dans l&amp;rsquo;Andromaque d&amp;rsquo;Euripide ; la Forme acc&#233;l&#233;r&#233;e du temps, ou La Guerre de Troie n&amp;rsquo;aura pas lieu version XXIe si&#232;cle ; Crime et ch&#226;timent pour terminer, car le couperet finit par tomber avec le rideau final. &#13;&#10;&#160; &#13;&#10;  Acte I Le Mensonge Initial  &#13;&#10; George. --  H&#233;las ! Tu m&amp;rsquo;as circonvenue par la ruse ; je suis tromp&#233; !  &#13;&#10;Constantin. --  Annonce-le &#224; tous ; je ne le nierai pas.  &#13;&#10;George. --  Voil&#224; donc ce qui est l&#233;gitime parmi vous qui &#234;tes conservateurs ?  &#13;&#10;Constantin. --  Et parmi ceux qui ont perdu le pouvoir et qui se vengent d&amp;rsquo;avoir &#233;t&#233; outrag&#233;s.  &#13;&#10; Le mensonge de l&amp;rsquo;ancien premier ministre conservateur grec, Constantin Caramanlis, aura cout&#233; cher &#224; son successeur, George Papandreou, et &#224; l&amp;rsquo;ensemble de la population, aujourd&amp;rsquo;hui dans la rue. Papandreou le social d&#233;mocrate, arriv&#233; au pouvoir en Gr&#232;ce avec un programme de relance des mieux ficel&#233;s, mais assomm&#233; par l&amp;rsquo;ampleur d&amp;rsquo;un d&#233;ficit qu&amp;rsquo;avait masqu&#233; le gouvernement auquel il succ&#233;dait. &#13;&#10; Recevant en h&#233;ritage des ann&#233;es de pouvoir conservateur un d&#233;ficit plus de deux fois sup&#233;rieur &#224; celui annonc&#233; par des statistiques manipul&#233;es, le gouvernement social d&#233;mocrate de George Papandreou n&amp;rsquo;a d&amp;rsquo;autre choix que d&amp;rsquo;engager un plan d&amp;rsquo;aust&#233;rit&#233; et de restriction budg&#233;taire. L&amp;rsquo;&#233;tau des contraintes financi&#232;res, resserr&#233; par le comportement opportuniste des agences de notation, est trop fort. La Gr&#232;ce est &#224; feu, et Papandreou n&amp;rsquo;a que peu de marges de man&amp;oelig;uvre pour &#233;viter que demain elle soit &#224; sang. &#13;&#10;Papandreou, qui doit maudire Caramanlis en se rem&#233;morant Marc Twain &amp;ndash; &quot;il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacr&#233;s mensonges et les statistiques&quot;.  &#13;&#10;&#160; &#13;&#10;  Acte II La forme acc&#233;l&#233;r&#233;e du temps.  &#13;&#10;  &#13;&#10;Nicolas. --  La Gr&#232;ce ne fera pas faillite, Angela !  &#13;&#10;Angela. --  Je te tiens un pari Nicolas.  &#13;&#10;Nicolas. --  Cet envoy&#233; des Grecs a raison. On va bien le recevoir. On va soutenir la Gr&#232;ce. Garantir sa dette publique. Et si n&#233;cessaire lui fournir une aide financi&#232;re.  &#13;&#10;Angela. &amp;ndash;  On va le recevoir grossi&#232;rement. On ne la soutiendra pas. Et la Gr&#232;ce fera faillite.  &#13;&#10; Un taux de ch&#244;mage de 10,6% en novembre 2009. Un d&#233;ficit public repr&#233;sentant 12,7% du PIB. Une dette publique de l&amp;rsquo;ordre de 294 milliards d&amp;rsquo;euros. La Gr&#232;ce oblig&#233;e d&amp;rsquo;emprunter en 2010 sur les march&#233;s financiers 53 milliards d&amp;rsquo;euros, l&amp;rsquo;&#233;quivalent de 20% de sa richesse nationale.  &#13;&#10;Les &#233;v&#233;nements s&amp;rsquo;acc&#233;l&#232;rent, l&amp;rsquo;explosion sociale menace, la catastrophe semble in&#233;luctable&amp;hellip; &#224; moins que l&amp;rsquo;Europe &#233;conomique ne sache se montrer solidaire et se d&#233;cide &#224; intervenir. Or la Gr&#232;ce est menac&#233;e de faillite et les Europ&#233;ens attendent sans prendre de mesures concr&#232;tes.  &#13;&#10; Les Etats membres se r&#233;unissent pour dire leur soutien, expriment leurs exigences, et s&amp;rsquo;en tiennent &#224; ces paroles. &#13;&#10;France et Allemagne s&amp;rsquo;accordent, se d&#233;saccordent, r&#233;duisent leur appui au Premier ministre grec au strict minimum pour tenter d&amp;rsquo;afficher une fa&#231;ade commune mais d&#233;j&#224; l&#233;zard&#233;e. &#13;&#10;Une &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s reste suspendue sur la t&#234;te de la Gr&#232;ce. Et trop longtemps suspendue, elle finira un jour par tomber. Et ce jour l&#224; il est &#224; craindre qu&amp;rsquo;&#224; travers la Gr&#232;ce, ce soit le projet europ&#233;en lui-m&#234;me qui soit touch&#233;. &#13;&#10; &#13;&#10;  Acte III Crime et Ch&#226;timent  &#13;&#10;  Non, non, la vie, &#231;a ne s'accorde qu&amp;rsquo;une seule fois, et je n'en conna&#238;trai jamais d'autre :&#160; je ne veux pas attendre le &quot;bonheur g&#233;n&#233;ral&quot;... Je veux vivre moi-m&#234;me, ou bien, alors, j'aime autant ne pas vivre du tout ! Et puis, quoi, apr&#232;s tout ? J'ai&#160; uniquement refus&#233; de passer mon chemin, devant&#160; ma m&#232;re affam&#233;e, en serrant mon euro dans ma poche, dans l'attente du &quot;bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral&quot;. - Voyez, bonnes gens - aurais-je pu dire - je porte ma petite pierre, pour l&amp;rsquo;&#233;difice du bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral, et de ce fait mon c&amp;oelig;ur est en paix...  &#13;&#10; Mais, depuis quinze jours, Union europ&#233;enne et institutions financi&#232;res internationales se r&#233;jouissent &#224; nouveau. L&amp;rsquo;aust&#233;rit&#233; est d&#233;cr&#233;t&#233;e. Gel des retraites, augmentation de deux points de la TVA, augmentation des taxes sur les alcools et les cigarettes, r&#233;duction de 40% du treizi&#232;me mois et de 60% du quatorzi&#232;me mois des salari&#233;s de la fonction publique. &#13;&#10;Et voil&#224; que les Grecs descendent dans la rue. Non pour d&#233;fendre leurs privil&#232;ges comme le disent trop vite tous ceux qui les montrent du doigt. Mais parce que la situation sociale grecque est catastrophique : le co&#251;t de la vie augmente alors m&#234;me que les salaires baissent. Manifester, pour faire entendre sa voix. Manifester, pour refuser le ch&#226;timent quand la faute ne leur appartient pas. &#13;&#10; Pourtant, les Grecs ne sont-ils pas &quot;coupables&quot; ? Apr&#232;s tout, s&amp;rsquo;ils consomment plus qu&amp;rsquo;ils ne produisent &amp;ndash; s&amp;rsquo;ils vivent toute l&amp;rsquo;ann&#233;e au Club Med, comme on a pu l&amp;rsquo;entendre dans la bouche de commentateurs mal avis&#233;s &amp;ndash;, et bien tant pis pour eux ! Ils n&amp;rsquo;ont qu&amp;rsquo;&#224; se serrer la ceinture &#224; pr&#233;sent. On ne va quand m&#234;me pas pleurer pour des voisins trop d&#233;pensiers ! On ne va pas mettre la main &#224; la poche si son voisin ne sait pas g&#233;rer son budget ! Tristes paroles dans la bouche d&amp;rsquo;Europ&#233;ens&amp;hellip;  &#13;&#10; Surtout quand l&amp;rsquo;on conna&#238;t le r&#244;le jou&#233; non seulement par les agences de notation, mais &#233;galement par l&amp;rsquo;Union europ&#233;enne elle-m&#234;me, dans l&amp;rsquo;aggravation de la crise financi&#232;re grecque. En d&#233;gradant, en d&#233;cembre 2009, la note de la dette publique &#224; long terme grecque, Standard &amp; Poor&amp;rsquo;s et Fitch Ratings ont mis le feu en poudre. En rehaussant ses crit&#232;res d&amp;rsquo;&#233;ligibilit&#233; pour le rachat des titres de cr&#233;ances collat&#233;raux, la BCE a amplifi&#233; la crise. &#13;&#10;Hier en partie &#224; l&amp;rsquo;origine de la crise grecque, les institutions europ&#233;ennes se r&#233;v&#232;lent aujourd&amp;rsquo;hui impuissantes &#224; assurer un contr&#244;le efficace du d&#233;rapage. &#13;&#10; Alors soyons clair : si la trag&#233;die grecque inspire aujourd&amp;rsquo;hui la terreur, elle appelle aussi la solidarit&#233;. Il est facile de manquer de piti&#233;. Mais combien de temps pourra-t-on ignorer que derri&#232;re les chiffres et les statistiques, un v&#233;ritable drame humain est en train de se jouer ? &#13;&#10;Drame d&amp;rsquo;autant plus oppressant que les Grecs, &#224; peine r&#233;chapp&#233;s de la trag&#233;die, pourraient se voir enferm&#233;s dans la fable. Car le n&#233;olib&#233;ralisme &#233;conomique est cigale pour les plus gros (traders), mais fourmi pour les petits. Et sa prochaine r&#233;ponse face au d&#233;sespoir d&amp;rsquo;un peuple grec dans la rue est malheureusement d&#233;j&#224; connue : &quot;Vous chantiez ? j&amp;rsquo;en suis fort aise : Et bien ! dansez (le sirtaki) maintenant.&quot;. &#13;&#10;&#160; &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10;&#160; </description>
         <pubDate>03/15/10 11:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-3230-une_tragedie_grecque.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p><em>Dans le cadre du partenariat de </em><a href="http://www.nonfiction.fr"><em>nonfiction.fr</em></a><em> avec le site </em><a href="http://cartessurtable.eu"><em>cartessurtable.eu</em></a><em> , retrouvez une fois par semaine sur nonfiction.fr un article qui revient sur un sujet au coeur de l'actualit&eacute; du d&eacute;bat d'id&eacute;es. Cette semaine, voici une contribution de Julia Cag&eacute; sur la crise grecque.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La crise grecque, ou l&rsquo;art de la trag&eacute;die jusque dans le d&eacute;tail respect&eacute;.</p>
<p>Les trois unit&eacute;s : unit&eacute; de lieu, la Gr&egrave;ce (comme il se doit) ; unit&eacute; de temps, l&rsquo;ann&eacute;e (plut&ocirc;t que la journ&eacute;e) ; unit&eacute; d&rsquo;action, la lutte acharn&eacute;e d&rsquo;un gouvernement contre une faillite annonc&eacute;e.</p>
<p>Les biens&eacute;ances : la Gr&egrave;ce s&rsquo;engage &agrave; ramener son d&eacute;ficit de 12,7% en 2009 &agrave; 8,7% en 2010, et &agrave; se rapprocher ainsi des exigences du Pacte de stabilit&eacute; et de croissance.</p>
<p>La vraisemblance : celle de l&rsquo;union &eacute;conomique et mon&eacute;taire europ&eacute;enne en premier lieu, que la Gr&egrave;ce a d&rsquo;une certaine mani&egrave;re pr&eacute;serv&eacute;e en renon&ccedil;ant &agrave; faire appel au fond mon&eacute;taire international.</p>
<p>Le d&eacute;cor &eacute;tant plant&eacute;, la pi&egrave;ce peut commencer. Trois actes, une triple trag&eacute;die : le Mensonge initial, trouvant sa source dans l&rsquo;Andromaque d&rsquo;Euripide ; la Forme acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e du temps, ou La Guerre de Troie n&rsquo;aura pas lieu version XXIe si&egrave;cle ; Crime et ch&acirc;timent pour terminer, car le couperet finit par tomber avec le rideau final.<br />
&nbsp;</p>
<p><strong>Acte I Le Mensonge Initial</strong></p>
<p>George. -- <em>H&eacute;las ! Tu m&rsquo;as circonvenue par la ruse ; je suis tromp&eacute; !</em><br />
Constantin. -- <em>Annonce-le &agrave; tous ; je ne le nierai pas.</em><br />
George. -- <em>Voil&agrave; donc ce qui est l&eacute;gitime parmi vous qui &ecirc;tes conservateurs ?</em><br />
Constantin. -- <em>Et parmi ceux qui ont perdu le pouvoir et qui se vengent d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; outrag&eacute;s.</em></p>
<p>Le mensonge de l&rsquo;ancien premier ministre conservateur grec, Constantin Caramanlis, aura cout&eacute; cher &agrave; son successeur, George Papandreou, et &agrave; l&rsquo;ensemble de la population, aujourd&rsquo;hui dans la rue. Papandreou le social d&eacute;mocrate, arriv&eacute; au pouvoir en Gr&egrave;ce avec un programme de relance des mieux ficel&eacute;s, mais assomm&eacute; par l&rsquo;ampleur d&rsquo;un d&eacute;ficit qu&rsquo;avait masqu&eacute; le gouvernement auquel il succ&eacute;dait.</p>
<p>Recevant en h&eacute;ritage des ann&eacute;es de pouvoir conservateur un d&eacute;ficit plus de deux fois sup&eacute;rieur &agrave; celui annonc&eacute; par des statistiques manipul&eacute;es, le gouvernement social d&eacute;mocrate de George Papandreou n&rsquo;a d&rsquo;autre choix que d&rsquo;engager un plan d&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; et de restriction budg&eacute;taire. L&rsquo;&eacute;tau des contraintes financi&egrave;res, resserr&eacute; par le comportement opportuniste des agences de notation, est trop fort. La Gr&egrave;ce est &agrave; feu, et Papandreou n&rsquo;a que peu de marges de man&oelig;uvre pour &eacute;viter que demain elle soit &agrave; sang.<br />
Papandreou, qui doit maudire Caramanlis en se rem&eacute;morant Marc Twain &ndash; &quot;il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacr&eacute;s mensonges et les statistiques&quot;. <br />
&nbsp;</p>
<p><strong>Acte II La forme acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e du temps.</strong></p>
<p><br />
Nicolas. -- <em>La Gr&egrave;ce ne fera pas faillite, Angela !</em><br />
Angela. -- <em>Je te tiens un pari Nicolas.</em><br />
Nicolas. -- <em>Cet envoy&eacute; des Grecs a raison. On va bien le recevoir. On va soutenir la Gr&egrave;ce. Garantir sa dette publique. Et si n&eacute;cessaire lui fournir une aide financi&egrave;re.</em><br />
Angela. &ndash; <em>On va le recevoir grossi&egrave;rement. On ne la soutiendra pas. Et la Gr&egrave;ce fera faillite.</em></p>
<p>Un taux de ch&ocirc;mage de 10,6% en novembre 2009. Un d&eacute;ficit public repr&eacute;sentant 12,7% du PIB. Une dette publique de l&rsquo;ordre de 294 milliards d&rsquo;euros. La Gr&egrave;ce oblig&eacute;e d&rsquo;emprunter en 2010 sur les march&eacute;s financiers 53 milliards d&rsquo;euros, l&rsquo;&eacute;quivalent de 20% de sa richesse nationale. <br />
Les &eacute;v&eacute;nements s&rsquo;acc&eacute;l&egrave;rent, l&rsquo;explosion sociale menace, la catastrophe semble in&eacute;luctable&hellip; &agrave; moins que l&rsquo;Europe &eacute;conomique ne sache se montrer solidaire et se d&eacute;cide &agrave; intervenir. Or la Gr&egrave;ce est menac&eacute;e de faillite et les Europ&eacute;ens attendent sans prendre de mesures concr&egrave;tes. </p>
<p>Les Etats membres se r&eacute;unissent pour dire leur soutien, expriment leurs exigences, et s&rsquo;en tiennent &agrave; ces paroles.<br />
France et Allemagne s&rsquo;accordent, se d&eacute;saccordent, r&eacute;duisent leur appui au Premier ministre grec au strict minimum pour tenter d&rsquo;afficher une fa&ccedil;ade commune mais d&eacute;j&agrave; l&eacute;zard&eacute;e.<br />
Une &eacute;p&eacute;e de Damocl&egrave;s reste suspendue sur la t&ecirc;te de la Gr&egrave;ce. Et trop longtemps suspendue, elle finira un jour par tomber. Et ce jour l&agrave; il est &agrave; craindre qu&rsquo;&agrave; travers la Gr&egrave;ce, ce soit le projet europ&eacute;en lui-m&ecirc;me qui soit touch&eacute;.<br />
</p>
<p><strong>Acte III Crime et Ch&acirc;timent</strong></p>
<p><em>Non, non, la vie, &ccedil;a ne s'accorde qu&rsquo;une seule fois, et je n'en conna&icirc;trai jamais d'autre :&nbsp; je ne veux pas attendre le &quot;bonheur g&eacute;n&eacute;ral&quot;... Je veux vivre moi-m&ecirc;me, ou bien, alors, j'aime autant ne pas vivre du tout ! Et puis, quoi, apr&egrave;s tout ? J'ai&nbsp; uniquement refus&eacute; de passer mon chemin, devant&nbsp; ma m&egrave;re affam&eacute;e, en serrant mon euro dans ma poche, dans l'attente du &quot;bien-&ecirc;tre g&eacute;n&eacute;ral&quot;. - Voyez, bonnes gens - aurais-je pu dire - je porte ma petite pierre, pour l&rsquo;&eacute;difice du bien-&ecirc;tre g&eacute;n&eacute;ral, et de ce fait mon c&oelig;ur est en paix...</em></p>
<p>Mais, depuis quinze jours, Union europ&eacute;enne et institutions financi&egrave;res internationales se r&eacute;jouissent &agrave; nouveau. L&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; est d&eacute;cr&eacute;t&eacute;e. Gel des retraites, augmentation de deux points de la TVA, augmentation des taxes sur les alcools et les cigarettes, r&eacute;duction de 40% du treizi&egrave;me mois et de 60% du quatorzi&egrave;me mois des salari&eacute;s de la fonction publique.<br />
Et voil&agrave; que les Grecs descendent dans la rue. Non pour d&eacute;fendre leurs privil&egrave;ges comme le disent trop vite tous ceux qui les montrent du doigt. Mais parce que la situation sociale grecque est catastrophique : le co&ucirc;t de la vie augmente alors m&ecirc;me que les salaires baissent. Manifester, pour faire entendre sa voix. Manifester, pour refuser le ch&acirc;timent quand la faute ne leur appartient pas.</p>
<p>Pourtant, les Grecs ne sont-ils pas &quot;coupables&quot; ? Apr&egrave;s tout, s&rsquo;ils consomment plus qu&rsquo;ils ne produisent &ndash; s&rsquo;ils vivent toute l&rsquo;ann&eacute;e au Club Med, comme on a pu l&rsquo;entendre dans la bouche de commentateurs mal avis&eacute;s &ndash;, et bien tant pis pour eux ! Ils n&rsquo;ont qu&rsquo;&agrave; se serrer la ceinture &agrave; pr&eacute;sent. On ne va quand m&ecirc;me pas pleurer pour des voisins trop d&eacute;pensiers ! On ne va pas mettre la main &agrave; la poche si son voisin ne sait pas g&eacute;rer son budget ! Tristes paroles dans la bouche d&rsquo;Europ&eacute;ens&hellip; </p>
<p>Surtout quand l&rsquo;on conna&icirc;t le r&ocirc;le jou&eacute; non seulement par les agences de notation, mais &eacute;galement par l&rsquo;Union europ&eacute;enne elle-m&ecirc;me, dans l&rsquo;aggravation de la crise financi&egrave;re grecque. En d&eacute;gradant, en d&eacute;cembre 2009, la note de la dette publique &agrave; long terme grecque, Standard &amp; Poor&rsquo;s et Fitch Ratings ont mis le feu en poudre. En rehaussant ses crit&egrave;res d&rsquo;&eacute;ligibilit&eacute; pour le rachat des titres de cr&eacute;ances collat&eacute;raux, la BCE a amplifi&eacute; la crise.<br />
Hier en partie &agrave; l&rsquo;origine de la crise grecque, les institutions europ&eacute;ennes se r&eacute;v&egrave;lent aujourd&rsquo;hui impuissantes &agrave; assurer un contr&ocirc;le efficace du d&eacute;rapage.</p>
<p>Alors soyons clair : si la trag&eacute;die grecque inspire aujourd&rsquo;hui la terreur, elle appelle aussi la solidarit&eacute;. Il est facile de manquer de piti&eacute;. Mais combien de temps pourra-t-on ignorer que derri&egrave;re les chiffres et les statistiques, un v&eacute;ritable drame humain est en train de se jouer ?<br />
Drame d&rsquo;autant plus oppressant que les Grecs, &agrave; peine r&eacute;chapp&eacute;s de la trag&eacute;die, pourraient se voir enferm&eacute;s dans la fable. Car le n&eacute;olib&eacute;ralisme &eacute;conomique est cigale pour les plus gros (traders), mais fourmi pour les petits. Et sa prochaine r&eacute;ponse face au d&eacute;sespoir d&rsquo;un peuple grec dans la rue est malheureusement d&eacute;j&agrave; connue : &quot;Vous chantiez ? j&rsquo;en suis fort aise : Et bien ! dansez (le sirtaki) maintenant.&quot;.<br />
&nbsp;<br />
<br />
<br />
<br />
&nbsp;</p> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Les critiques de la semaine sur nonfiction.fr</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-3226-les_critiques_de_la_semaine_sur_nonfictionfr.htm</link>
         <description> Voici les derni&#232;res critiques parues sur nonfiction.fr: &#13;&#10;  &#13;&#10; Cin&#233;ma :  &#13;&#10; &#13;&#10;- Anthony Fiant,   Le cin&#233;ma de Jia Zhang-Ke. No future (made) in China   (Presses Universitaires de Rennes), par Antoine Gaudin. &#13;&#10; &#13;&#10;Etude approfondie de l'&amp;oelig;uvre d'un des plus grands cin&#233;astes contemporains, au prisme des enjeux sociaux de son pays.  &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; Essais politiques :  &#13;&#10; &#13;&#10;- Thomas Legrand,   Ce n&amp;rsquo;est rien qu&amp;rsquo;un pr&#233;sident qui nous fait perdre du temps   (Stock), par Guillaume Houzel.  &#13;&#10; &#13;&#10;L&amp;rsquo;&#233;ditorialiste politique de France Inter, Thomas Legrand, nous livre, dans  Ce n&amp;rsquo;est rien , la description d&amp;rsquo;une pr&#233;sidence Sarkozy banalement de droite et loin des promesses de rupture. &#13;&#10; &#13;&#10;- Val&#233;rie P&#233;cresse,   Et si on parlait de vous ?   (L&amp;rsquo;Archipel), par Florence Kunian.  &#13;&#10; &#13;&#10;Respectant au millim&#232;tre les r&#232;gles de l'autofiction &#233;lectorale, le livre sign&#233; Val&#233;rie P&#233;cresse, &#233;gr&#232;ne les propositions de campagne sans se diff&#233;rencier v&#233;ritablement de l'actuelle majorit&#233; de la r&#233;gion Ile-de-France. &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; Gender studies :  &#13;&#10; &#13;&#10;- Marie-Jos&#232;phe Bertini,   Ni d&amp;rsquo;Eve ni d&amp;rsquo;Adam. D&#233;faire la diff&#233;rence des sexes   (Max Milo), par Fabienne Dumont. &#13;&#10; &#13;&#10;D&#233;faire l&amp;rsquo;ordre symbolique qui soutient le genre, en convoquant de multiples disciplines pour construire un nouveau paradigme de soci&#233;t&#233;.  &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; Histoire :  &#13;&#10; &#13;&#10;- Pierre Maraval,   La v&#233;ritable histoire de Constantin   (Les Belles Lettres), par Zohra-Fran&#231;oise Mawji.  &#13;&#10; &#13;&#10;Le r&#233;cit du r&#232;gne de Constantin &#224; travers les sources contemporaines. &#13;&#10; &#13;&#10;- Jean-Louis Cr&#233;mieux-Brilhac,   Georges Boris. Trente ans d&amp;rsquo;influence :Blum, De Gaulle, Mend&#232;s   (Gallimard), par Emmanuel Loyer.  &#13;&#10; &#13;&#10;Portrait d&amp;rsquo;un conseiller qui sut choisir ses princes : Blum, de Gaulle et Mend&#232;s France. &#13;&#10; &#13;&#10;- Bernard Costagliola,   La Marine de Vichy. Blocus et collaboration, juin 1940-novembre 1942   (Tallandier), par Thomas Vaisset.  &#13;&#10; &#13;&#10;Un travail qui fera date, car il torpille d&#233;finitivement la th&#232;se d&amp;rsquo;un accord de fait entre les Britanniques et la Marine de Vichy. &#13;&#10;&#160; &#13;&#10; &#13;&#10; Philosophie :  &#13;&#10; &#13;&#10;- Ludwig Wittgestein, Paul Engelmann, Ilse Somavilla (dir.),   Lettres, rencontres, souvenirs   (Gallimard), par Philippe de Lara.  &#13;&#10; &#13;&#10;La correspondance et les souvenirs d&amp;rsquo;un des amis le plus proche de Wittgenstein. Un document de premi&#232;re importance sur la naissance de sa philosophie, mais aussi sur la mort de la Mittel-Europa.  &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; Psychanalyse :  &#13;&#10; &#13;&#10;- Jean Allouch,   L&amp;rsquo; &quot;amour&quot; Lacan   (Epel), par Pierre-Henri Castel. &#13;&#10; &#13;&#10;L'incontestable chef-d&amp;rsquo;&amp;oelig;uvre d'un genre bien sp&#233;cial, le &quot;commentaire raisonn&#233;&quot; de Lacan, servi par une libert&#233; de ton, une passion pour la psychanalyse, et une &#233;rudition exemplaires. &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; Religions :  &#13;&#10; &#13;&#10;-G&#233;rard-Henry Baudry,   Les symboles du christianisme ancien : Ier-VII&#232;me si&#232;cles   (Cerf), par St&#233;phane Briand.  &#13;&#10; &#13;&#10;Un v&#233;ritable livre d'art qui &#233;bauche la naissance d'une histoire culturelle de l'Europe.  &#13;&#10;&#160; </description>
         <pubDate>03/12/10 15:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-3226-les_critiques_de_la_semaine_sur_nonfictionfr.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>Voici les derni&egrave;res critiques parues sur nonfiction.fr:</p>
<p><br />
<strong>Cin&eacute;ma :</strong><br />
<br />
- Anthony Fiant, <a href="http://www.nonfiction.fr/article-3204-jia_zhang_ke_cineaste_chinois.htm"><em>Le cin&eacute;ma de Jia Zhang-Ke. No future (made) in China</em></a> (Presses Universitaires de Rennes), par Antoine Gaudin.<br />
<br />
Etude approfondie de l'&oelig;uvre d'un des plus grands cin&eacute;astes contemporains, au prisme des enjeux sociaux de son pays. <br />
<br />
<br />
<strong>Essais politiques :</strong><br />
<br />
- Thomas Legrand, <a href="http://www.nonfiction.fr/article-3213-une_presidence_banalement_de_droite.htm"><em>Ce n&rsquo;est rien qu&rsquo;un pr&eacute;sident qui nous fait perdre du temps</em></a> (Stock), par Guillaume Houzel. <br />
<br />
L&rsquo;&eacute;ditorialiste politique de France Inter, Thomas Legrand, nous livre, dans <em>Ce n&rsquo;est rien</em>, la description d&rsquo;une pr&eacute;sidence Sarkozy banalement de droite et loin des promesses de rupture.<br />
<br />
- Val&eacute;rie P&eacute;cresse, <a href="http://www.nonfiction.fr/article-3223-figure_imposee.htm"><em>Et si on parlait de vous ?</em></a> (L&rsquo;Archipel), par Florence Kunian. <br />
<br />
Respectant au millim&egrave;tre les r&egrave;gles de l'autofiction &eacute;lectorale, le livre sign&eacute; Val&eacute;rie P&eacute;cresse, &eacute;gr&egrave;ne les propositions de campagne sans se diff&eacute;rencier v&eacute;ritablement de l'actuelle majorit&eacute; de la r&eacute;gion Ile-de-France.<br />
<br />
<br />
<strong>Gender studies :</strong><br />
<br />
- Marie-Jos&egrave;phe Bertini, <a href="http://www.nonfiction.fr/article-3205-sus_a_lordre_symbolique_place_aux_ordres_symboliques.htm"><em>Ni d&rsquo;Eve ni d&rsquo;Adam. D&eacute;faire la diff&eacute;rence des sexes</em></a> (Max Milo), par Fabienne Dumont.<br />
<br />
D&eacute;faire l&rsquo;ordre symbolique qui soutient le genre, en convoquant de multiples disciplines pour construire un nouveau paradigme de soci&eacute;t&eacute;. <br />
<br />
<br />
<strong>Histoire :</strong><br />
<br />
- Pierre Maraval, <a href="http://www.nonfiction.fr/article-3217-decouvrir_les_sources_sur_le_premier_empereur_chretien.htm"><em>La v&eacute;ritable histoire de Constantin</em></a> (Les Belles Lettres), par Zohra-Fran&ccedil;oise Mawji. <br />
<br />
Le r&eacute;cit du r&egrave;gne de Constantin &agrave; travers les sources contemporaines.<br />
<br />
- Jean-Louis Cr&eacute;mieux-Brilhac, <a href="http://www.nonfiction.fr/article-3216-georges_boris_vie_exemplaire.htm"><em>Georges Boris. Trente ans d&rsquo;influence :Blum, De Gaulle, Mend&egrave;s</em></a> (Gallimard), par Emmanuel Loyer. <br />
<br />
Portrait d&rsquo;un conseiller qui sut choisir ses princes : Blum, de Gaulle et Mend&egrave;s France.<br />
<br />
- Bernard Costagliola, <a href="http://www.nonfiction.fr/article-3215-lhistoire_de_la_marine_revue_et_corrigee.htm"><em>La Marine de Vichy. Blocus et collaboration, juin 1940-novembre 1942</em></a> (Tallandier), par Thomas Vaisset. <br />
<br />
Un travail qui fera date, car il torpille d&eacute;finitivement la th&egrave;se d&rsquo;un accord de fait entre les Britanniques et la Marine de Vichy.<br />
&nbsp;<br />
<br />
<strong>Philosophie :</strong><br />
<br />
- Ludwig Wittgestein, Paul Engelmann, Ilse Somavilla (dir.), <a href="http://www.nonfiction.fr/article-3210-engelmann_premier_interprete_de_wittgenstein.htm"><em>Lettres, rencontres, souvenirs</em></a> (Gallimard), par Philippe de Lara. <br />
<br />
La correspondance et les souvenirs d&rsquo;un des amis le plus proche de Wittgenstein. Un document de premi&egrave;re importance sur la naissance de sa philosophie, mais aussi sur la mort de la Mittel-Europa. <br />
<br />
<br />
<strong>Psychanalyse :</strong><br />
<br />
- Jean Allouch,<em> <a href="http://www.nonfiction.fr/article-3208-l_a_quand_lamour__de_jean_allouch.htm">L&rsquo; &quot;amour&quot; Lacan</a> </em>(Epel), par Pierre-Henri Castel.<br />
<br />
L'incontestable chef-d&rsquo;&oelig;uvre d'un genre bien sp&eacute;cial, le &quot;commentaire raisonn&eacute;&quot; de Lacan, servi par une libert&eacute; de ton, une passion pour la psychanalyse, et une &eacute;rudition exemplaires.<br />
<br />
<br />
<strong>Religions :</strong><br />
<br />
-G&eacute;rard-Henry Baudry, <a href="http://www.nonfiction.fr/article-3207-la_genese_de_la_civilisation_judeo_chretienne.htm"><em>Les symboles du christianisme ancien : Ier-VII&egrave;me si&egrave;cles</em></a> (Cerf), par St&eacute;phane Briand. <br />
<br />
Un v&eacute;ritable livre d'art qui &eacute;bauche la naissance d'une histoire culturelle de l'Europe. <br />
&nbsp;</p> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Des cin&#233;astes s'engagent pour la cause des sans-papiers</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-3224-des_cineastes_sengagent_pour_la_cause_des_sans_papiers.htm</link>
         <description> Cela fait cinq mois qu&amp;rsquo;environ 6000 travailleurs sans-papiers de la r&#233;gion parisienne sont en gr&#232;ve pour obtenir leur r&#233;gularisation. D&#233;but&#233;e en octobre 2009, avec le soutien d&amp;rsquo;associations et de syndicats, cette gr&#232;ve vise &#224; demander une circulaire autorisant la r&#233;gularisation par le travail et se poursuit malgr&#233; les expulsions, les menaces, les agressions parfois, les difficult&#233;s financi&#232;res croissantes et un traitement m&#233;diatique pour le moins l&#233;ger.  &#13;&#10; &#13;&#10;Le court m&#233;trage &quot;On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici !&quot;, r&#233;alis&#233; par le  Collectif des cin&#233;astes pour les sans-papiers  rassemblant 350 personnalit&#233;s du cin&#233;ma &amp;ndash; Isabelle Adjani, Robert Gu&#233;diguian, Agn&#232;s Jaoui entre autres - arrive &#224; un moment crucial pour faire sortir de l&amp;rsquo;ombre ces travailleurs en gr&#232;ve et briser &quot;le silence politique qui entoure ce mouvement&quot;. Projet&#233; dans 500 salles en France depuis mercredi, ce documentaire est d&#233;j&#224; un succ&#232;s sur internet avec plus de 30 000 connections les trois premiers jours sur le site Dailymotion. R&#233;alis&#233; collectivement d&#233;but f&#233;vrier, il donne la parole aux gr&#233;vistes qui expriment les difficult&#233;s de la vie quotidienne, la peur des expulsions et un fort sentiment d&amp;rsquo;injustice que rappellent des membres du collectif dans une  Lettre ouverte au pr&#233;sident de la R&#233;publique  :&#160; &quot;[Les sans-papiers] payent leurs imp&#244;ts, cotisent aux Assedic, aux caisses de retraite, &#224; la S&#233;curit&#233; sociale&amp;hellip; Ils ont donc les m&#234;mes charges et devoirs que tous les travailleurs fran&#231;ais, mais n&amp;rsquo;en ont aucun des droits.&quot; &#13;&#10; &#13;&#10;Pour Laurent Cantet, r&#233;alisateur du film &quot;Entre les murs&quot; et porte-parole du collectif, l&amp;rsquo;objectif de ce film est &quot;de proposer un outil de d&#233;bat avant les &#233;lections r&#233;gionales&quot;, m&#234;me s&amp;rsquo;il constate, amer, que &quot;les politiques se sont tr&#232;s peu empar&#233;s de la chose et que le d&#233;bat n'a pas pris, &#224; cause d'une usure du sujet ou d'une peur &#224; l'aborder&quot;. &#13;&#10; &#13;&#10;Ce film est l&amp;rsquo;occasion de mettre des visages sur la figure inqui&#233;tante du &quot;clandestin&quot;, de l&amp;rsquo;&quot;&#233;tranger&quot;, mais aussi de mettre des noms sur les donneurs d&amp;rsquo;ordre, qu&amp;rsquo;ils soient priv&#233;s &amp;ndash; Bouygues, Veolia, Monoprix &amp;ndash; ou publics comme le chantier de r&#233;novation des locaux de l&amp;rsquo;Assembl&#233;e nationale. &#13;&#10; &#160; </description>
         <pubDate>03/12/10 11:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-3224-des_cineastes_sengagent_pour_la_cause_des_sans_papiers.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>Cela fait cinq mois qu&rsquo;environ 6000 travailleurs sans-papiers de la r&eacute;gion parisienne sont en gr&egrave;ve pour obtenir leur r&eacute;gularisation. D&eacute;but&eacute;e en octobre 2009, avec le soutien d&rsquo;associations et de syndicats, cette gr&egrave;ve vise &agrave; demander une circulaire autorisant la r&eacute;gularisation par le travail et se poursuit malgr&eacute; les expulsions, les menaces, les agressions parfois, les difficult&eacute;s financi&egrave;res croissantes et un traitement m&eacute;diatique pour le moins l&eacute;ger. <br />
<br />
Le court m&eacute;trage &quot;On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici !&quot;, r&eacute;alis&eacute; par le <a href="http://www.collectifdescineastespourlessanspapiers.com/">Collectif des cin&eacute;astes pour les sans-papiers</a> rassemblant 350 personnalit&eacute;s du cin&eacute;ma &ndash; Isabelle Adjani, Robert Gu&eacute;diguian, Agn&egrave;s Jaoui entre autres - arrive &agrave; un moment crucial pour faire sortir de l&rsquo;ombre ces travailleurs en gr&egrave;ve et briser &quot;le silence politique qui entoure ce mouvement&quot;. Projet&eacute; dans 500 salles en France depuis mercredi, ce documentaire est d&eacute;j&agrave; un succ&egrave;s sur internet avec plus de 30 000 connections les trois premiers jours sur le site Dailymotion. R&eacute;alis&eacute; collectivement d&eacute;but f&eacute;vrier, il donne la parole aux gr&eacute;vistes qui expriment les difficult&eacute;s de la vie quotidienne, la peur des expulsions et un fort sentiment d&rsquo;injustice que rappellent des membres du collectif dans une <a href="http://www.liberation.fr/societe/0101623542-il-faut-regulariser-les-sans-papiers-en-greve">Lettre ouverte au pr&eacute;sident de la R&eacute;publique</a> :&nbsp; &quot;[Les sans-papiers] payent leurs imp&ocirc;ts, cotisent aux Assedic, aux caisses de retraite, &agrave; la S&eacute;curit&eacute; sociale&hellip; Ils ont donc les m&ecirc;mes charges et devoirs que tous les travailleurs fran&ccedil;ais, mais n&rsquo;en ont aucun des droits.&quot;<br />
<br />
Pour Laurent Cantet, r&eacute;alisateur du film &quot;Entre les murs&quot; et porte-parole du collectif, l&rsquo;objectif de ce film est &quot;de proposer un outil de d&eacute;bat avant les &eacute;lections r&eacute;gionales&quot;, m&ecirc;me s&rsquo;il constate, amer, que &quot;les politiques se sont tr&egrave;s peu empar&eacute;s de la chose et que le d&eacute;bat n'a pas pris, &agrave; cause d'une usure du sujet ou d'une peur &agrave; l'aborder&quot;.<br />
<br />
Ce film est l&rsquo;occasion de mettre des visages sur la figure inqui&eacute;tante du &quot;clandestin&quot;, de l&rsquo;&quot;&eacute;tranger&quot;, mais aussi de mettre des noms sur les donneurs d&rsquo;ordre, qu&rsquo;ils soient priv&eacute;s &ndash; Bouygues, Veolia, Monoprix &ndash; ou publics comme le chantier de r&eacute;novation des locaux de l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale.</p>
<p>&nbsp;</p> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>La machine &#233;lys&#233;enne &#224; la conqu&#234;te du web 2.0</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-3220-la_machine_elyseenne_a_la_conquete_du_web_20.htm</link>
         <description> Le site d&amp;rsquo;information Rue89 r&#233;v&#232;le que  l&amp;rsquo;Elys&#233;e va se doter d&amp;rsquo;un nouveau site internet  qui sera disponible apr&#232;s les r&#233;gionales. L&amp;rsquo;architecture du site est d&#233;velopp&#233; par Nexint, &#224; l&amp;rsquo;origine d&#233;j&#224; de l&amp;rsquo;actuel site de l&amp;rsquo;Elys&#233;e, tandis que le graphisme du site a &#233;t&#233; confi&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; Soleil Noir. Le contenu du site sera organis&#233; en trois cat&#233;gories : l&amp;rsquo;&#233;tat de la France, l&amp;rsquo;actualit&#233; du pr&#233;sident et une pr&#233;sentation des r&#233;formes en cours et &#224; venir. Les posts pourront &#234;tre &#171; link&#233;s &#187; sur les principaux r&#233;seaux sociaux et les vid&#233;os seront exportables vers d&amp;rsquo;autres sites ou blogs.  &#13;&#10; &#13;&#10;C&amp;rsquo;est justement autour de la vid&#233;o que va s&amp;rsquo;organiser ce nouveau site. Nicolas Princen, d&#233;j&#224; aux commandes de NSTV (Nicolas Sarkozy TV) durant la campagne pr&#233;sidentielle de 2007, est d&amp;rsquo;ailleurs le ma&#238;tre d&amp;rsquo;&amp;oelig;uvre de ce nouveau site. Un nouveau syst&#232;me de retranscription par &#233;crit des vid&#233;os, sans intervention humaine, placera le site en avance par rapport &#224; Youtube qui tente en vain de d&#233;velopper le m&#234;me proc&#233;d&#233;. Ce syst&#232;me de retranscription n&amp;rsquo;est cependant pas in&#233;dit : France 24 l&amp;rsquo;exp&#233;rimente d&#233;j&#224;, depuis le 1er mars,  sur son lecteur vid&#233;o HD . Pour compl&#233;ter le dispositif, une &#233;quipe vid&#233;o suivra r&#233;guli&#232;rement le pr&#233;sident dans ses d&#233;placements. Le &quot; Sarkoshow &quot; pourra d&#233;sormais se poursuivre en temps r&#233;el. Mais il n&amp;rsquo;est pas certain qu&amp;rsquo;un site web &amp;ndash; d&amp;rsquo;un co&#251;t de 100 000 euros &amp;ndash; suffise &#224; enrayer la baisse de la c&#244;te de popularit&#233; du pr&#233;sident de la R&#233;publique, qui a chut&#233; en mars &#224; 38% de satisfaits, son plus bas niveau depuis 2007. </description>
         <pubDate>03/11/10 12:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-3220-la_machine_elyseenne_a_la_conquete_du_web_20.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>Le site d&rsquo;information Rue89 r&eacute;v&egrave;le que <a href="http://www.rue89.com/2010/03/09/les-dessous-de-la-fabrication-du-nouveau-site-de-lelysee-142135">l&rsquo;Elys&eacute;e va se doter d&rsquo;un nouveau site internet</a> qui sera disponible apr&egrave;s les r&eacute;gionales. L&rsquo;architecture du site est d&eacute;velopp&eacute; par Nexint, &agrave; l&rsquo;origine d&eacute;j&agrave; de l&rsquo;actuel site de l&rsquo;Elys&eacute;e, tandis que le graphisme du site a &eacute;t&eacute; confi&eacute; &agrave; la soci&eacute;t&eacute; Soleil Noir. Le contenu du site sera organis&eacute; en trois cat&eacute;gories : l&rsquo;&eacute;tat de la France, l&rsquo;actualit&eacute; du pr&eacute;sident et une pr&eacute;sentation des r&eacute;formes en cours et &agrave; venir. Les posts pourront &ecirc;tre &laquo; link&eacute;s &raquo; sur les principaux r&eacute;seaux sociaux et les vid&eacute;os seront exportables vers d&rsquo;autres sites ou blogs. <br />
<br />
C&rsquo;est justement autour de la vid&eacute;o que va s&rsquo;organiser ce nouveau site. Nicolas Princen, d&eacute;j&agrave; aux commandes de NSTV (Nicolas Sarkozy TV) durant la campagne pr&eacute;sidentielle de 2007, est d&rsquo;ailleurs le ma&icirc;tre d&rsquo;&oelig;uvre de ce nouveau site. Un nouveau syst&egrave;me de retranscription par &eacute;crit des vid&eacute;os, sans intervention humaine, placera le site en avance par rapport &agrave; Youtube qui tente en vain de d&eacute;velopper le m&ecirc;me proc&eacute;d&eacute;. Ce syst&egrave;me de retranscription n&rsquo;est cependant pas in&eacute;dit : France 24 l&rsquo;exp&eacute;rimente d&eacute;j&agrave;, depuis le 1er mars, <a href="http://playerhd.france24.com/france24/playerHD/playerHDv2.html">sur son lecteur vid&eacute;o HD</a>. Pour compl&eacute;ter le dispositif, une &eacute;quipe vid&eacute;o suivra r&eacute;guli&egrave;rement le pr&eacute;sident dans ses d&eacute;placements. Le &quot;<a href="http://www.acrimed.org/article3300.html">Sarkoshow</a>&quot; pourra d&eacute;sormais se poursuivre en temps r&eacute;el. Mais il n&rsquo;est pas certain qu&rsquo;un site web &ndash; d&rsquo;un co&ucirc;t de 100 000 euros &ndash; suffise &agrave; enrayer la baisse de la c&ocirc;te de popularit&eacute; du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, qui a chut&eacute; en mars &agrave; 38% de satisfaits, son plus bas niveau depuis 2007.</p> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Terra Nova dessine les contours d&#146;une &#171; nouvelle politique industrielle &#187;</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-3219-terra_nova_dessine_les_contours_dune__nouvelle_politique_industrielle_.htm</link>
         <description> A l&amp;rsquo;occasion des  Etats g&#233;n&#233;raux de l&amp;rsquo;industrie , la fondation Terra Nova publie une note et propose des axes de r&#233;flexions pour la mise en &amp;oelig;uvre d&amp;rsquo;une  &quot;nouvelle politique industrielle&quot; . L'auteur de cette note, St&#233;phane Isra&#235;l, magistrat &#224; la Cour des comptes, fait d&amp;rsquo;abord le bilan d&amp;rsquo;une &quot;d&#233;cennie noire&quot; pour l&amp;rsquo;industrie fran&#231;aise, o&#249; sa part dans la population active est pass&#233;e de 16% &#224; 13% et sa part dans la valeur ajout&#233;e a chut&#233; de 22% &#224; 16%. De plus, il rappelle que depuis la crise &#233;conomique, 269 000 emplois - hors int&#233;rimaires - ont &#233;t&#233; d&#233;truits dans l&amp;rsquo;industrie et que cette tendance devrait se poursuivre en 2010. &#13;&#10; &#13;&#10;Cette d&#233;sindustrialisation n&amp;rsquo;est pas propre &#224; la France. Elle touche l&amp;rsquo;ensemble de l&amp;rsquo;Europe, &#224; l&amp;rsquo;exception notable de l&amp;rsquo;Allemagne. L&amp;rsquo;industrie dans ce pays repr&#233;sente aujourd'hui encore 30% du PIB, mais St&#233;phane Isra&#235;l rappelle, fort &#224; propos, que ce &quot;succ&#232;s&quot; allemand est d&#251;, en partie, &#224; une contraction de la masse salariale. Ainsi, l&amp;rsquo;Allemagne ne peut compter que sur ses exportations &amp;ndash; notamment de machines-outils &amp;ndash; pour accro&#238;tre son PIB, car l&amp;rsquo;appauvrissement des travailleurs allemands a pour cons&#233;quence une chute de la consommation. La strat&#233;gie choisie par l&amp;rsquo;Allemagne n&amp;rsquo;est donc pas viable socialement et repose sur un &#233;quilibre &#233;conomique pr&#233;caire, en raison de sa d&#233;pendance &#224; l&amp;rsquo;international.  &#13;&#10; &#13;&#10;L&amp;rsquo;existence d&amp;rsquo;un euro fort, handicapant pour les exportations, et l&amp;rsquo;absence d&amp;rsquo;une politique industrielle europ&#233;enne ont permis aux pays &#233;mergents d&amp;rsquo;occuper le terrain de la comp&#233;tition internationale. Face &#224; ce constat, il faut relancer une politique industrielle, ce qui passe d'abord par une n&#233;cessaire rupture avec trois mythes : le mythe d&amp;rsquo;un pays sans industrie &amp;ndash; aberrant du point de vue social, &#233;cologique et &#233;conomique ; celui d&amp;rsquo;une industrie sans Etat &amp;ndash; et l&amp;rsquo;auteur de rappeler le r&#244;le de l&amp;rsquo;Etat dans l&amp;rsquo;histoire industrielle de tous les pays, occidentaux et &#233;mergents ; et enfin, le mythe d&amp;rsquo;un projet industriel exclusivement national. &#13;&#10; &#13;&#10;Plusieurs pistes existent pour construire une nouvelle politique industrielle capable de faire face aux d&#233;fis du XXIe si&#232;cle. A l&amp;rsquo;&#233;chelle nationale, il faut un sursaut technologique pour atteindre l&amp;rsquo; &#171; &#233;conomie de la connaissance &#187;. Celle-ci ne peut se faire que par l&amp;rsquo;investissement massif dans l&amp;rsquo;enseignement sup&#233;rieur, la recherche et l&amp;rsquo;innovation. A l&amp;rsquo;&#233;chelle europ&#233;enne, il faut, dans le cadre de la strat&#233;gie &#171; Union Europ&#233;enne 2020 &#187;, recentrer les priorit&#233;s sur des grands projets industriels qui doivent &#234;tre mis en &amp;oelig;uvre conjointement par les pays de l&amp;rsquo;Union Europ&#233;enne et remettre en question la politique mon&#233;taire de la BCE. Enfin, &#224; l&amp;rsquo;&#233;chelle internationale, il faudrait que l&amp;rsquo;Europe, dans le cadre du G20, propose une nouvelle r&#233;gulation mon&#233;taire.  &#13;&#10; &#13;&#10;Terra Nova &#233;bauche, avec cette note, des propositions int&#233;ressantes pour faire face au d&#233;clin industriel qui touche la France mais aussi beaucoup de pays europ&#233;ens. Cette &#171; nouvelle politique industrielle &#187; a le m&#233;rite de d&#233;gager des axes d&amp;rsquo;actions clairs m&#234;me si elle peine &#224; se d&#233;marquer des propositions formul&#233;es par Nicolas Sarkozy en conclusion des Etats g&#233;n&#233;raux de l&amp;rsquo;industrie. De plus, on peut regretter que la dimension &#233;cologique ne soit pas prise en compte, l&amp;rsquo;auteur se refusant &#224; remettre en cause la mondialisation des &#233;changes et l&amp;rsquo;utilisation massive des transports. &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;  A lire sur nonfiction.fr  &#13;&#10; -  Terra Nova et les r&#233;visions des lois de bio&#233;thique  </description>
         <pubDate>03/10/10 15:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-3219-terra_nova_dessine_les_contours_dune__nouvelle_politique_industrielle_.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>A l&rsquo;occasion des <a href="http://www.etatsgeneraux.industrie.gouv.fr/">Etats g&eacute;n&eacute;raux de l&rsquo;industrie</a>, la fondation Terra Nova publie une note et propose des axes de r&eacute;flexions pour la mise en &oelig;uvre d&rsquo;une <a href="http://www.tnova.fr/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=1169">&quot;nouvelle politique industrielle&quot;</a>. L'auteur de cette note, St&eacute;phane Isra&euml;l, magistrat &agrave; la Cour des comptes, fait d&rsquo;abord le bilan d&rsquo;une &quot;d&eacute;cennie noire&quot; pour l&rsquo;industrie fran&ccedil;aise, o&ugrave; sa part dans la population active est pass&eacute;e de 16% &agrave; 13% et sa part dans la valeur ajout&eacute;e a chut&eacute; de 22% &agrave; 16%. De plus, il rappelle que depuis la crise &eacute;conomique, 269 000 emplois - hors int&eacute;rimaires - ont &eacute;t&eacute; d&eacute;truits dans l&rsquo;industrie et que cette tendance devrait se poursuivre en 2010.<br />
<br />
Cette d&eacute;sindustrialisation n&rsquo;est pas propre &agrave; la France. Elle touche l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Europe, &agrave; l&rsquo;exception notable de l&rsquo;Allemagne. L&rsquo;industrie dans ce pays repr&eacute;sente aujourd'hui encore 30% du PIB, mais St&eacute;phane Isra&euml;l rappelle, fort &agrave; propos, que ce &quot;succ&egrave;s&quot; allemand est d&ucirc;, en partie, &agrave; une contraction de la masse salariale. Ainsi, l&rsquo;Allemagne ne peut compter que sur ses exportations &ndash; notamment de machines-outils &ndash; pour accro&icirc;tre son PIB, car l&rsquo;appauvrissement des travailleurs allemands a pour cons&eacute;quence une chute de la consommation. La strat&eacute;gie choisie par l&rsquo;Allemagne n&rsquo;est donc pas viable socialement et repose sur un &eacute;quilibre &eacute;conomique pr&eacute;caire, en raison de sa d&eacute;pendance &agrave; l&rsquo;international. <br />
<br />
L&rsquo;existence d&rsquo;un euro fort, handicapant pour les exportations, et l&rsquo;absence d&rsquo;une politique industrielle europ&eacute;enne ont permis aux pays &eacute;mergents d&rsquo;occuper le terrain de la comp&eacute;tition internationale. Face &agrave; ce constat, il faut relancer une politique industrielle, ce qui passe d'abord par une n&eacute;cessaire rupture avec trois mythes : le mythe d&rsquo;un pays sans industrie &ndash; aberrant du point de vue social, &eacute;cologique et &eacute;conomique ; celui d&rsquo;une industrie sans Etat &ndash; et l&rsquo;auteur de rappeler le r&ocirc;le de l&rsquo;Etat dans l&rsquo;histoire industrielle de tous les pays, occidentaux et &eacute;mergents ; et enfin, le mythe d&rsquo;un projet industriel exclusivement national.<br />
<br />
Plusieurs pistes existent pour construire une nouvelle politique industrielle capable de faire face aux d&eacute;fis du XXIe si&egrave;cle. A l&rsquo;&eacute;chelle nationale, il faut un sursaut technologique pour atteindre l&rsquo; &laquo; &eacute;conomie de la connaissance &raquo;. Celle-ci ne peut se faire que par l&rsquo;investissement massif dans l&rsquo;enseignement sup&eacute;rieur, la recherche et l&rsquo;innovation. A l&rsquo;&eacute;chelle europ&eacute;enne, il faut, dans le cadre de la strat&eacute;gie &laquo; Union Europ&eacute;enne 2020 &raquo;, recentrer les priorit&eacute;s sur des grands projets industriels qui doivent &ecirc;tre mis en &oelig;uvre conjointement par les pays de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne et remettre en question la politique mon&eacute;taire de la BCE. Enfin, &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle internationale, il faudrait que l&rsquo;Europe, dans le cadre du G20, propose une nouvelle r&eacute;gulation mon&eacute;taire. <br />
<br />
Terra Nova &eacute;bauche, avec cette note, des propositions int&eacute;ressantes pour faire face au d&eacute;clin industriel qui touche la France mais aussi beaucoup de pays europ&eacute;ens. Cette &laquo; nouvelle politique industrielle &raquo; a le m&eacute;rite de d&eacute;gager des axes d&rsquo;actions clairs m&ecirc;me si elle peine &agrave; se d&eacute;marquer des propositions formul&eacute;es par Nicolas Sarkozy en conclusion des Etats g&eacute;n&eacute;raux de l&rsquo;industrie. De plus, on peut regretter que la dimension &eacute;cologique ne soit pas prise en compte, l&rsquo;auteur se refusant &agrave; remettre en cause la mondialisation des &eacute;changes et l&rsquo;utilisation massive des transports.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>A lire sur nonfiction.fr</strong></p>
<p>- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-3170-terra_nova_et_les_revisions_des_lois_de_bioethique.htm">Terra Nova et les r&eacute;visions des lois de bio&eacute;thique</a></p> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Le &#171; blocage du S&#233;nat &#187; secoue la blogosph&#232;re am&#233;ricaine</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-3218-le__blocage_du_senat__secoue_la_blogosphere_americaine.htm</link>
         <description> Depuis le d&#233;but de la pr&#233;sidence Obama, le fonctionnement interne du S&#233;nat est un sujet de discussion passionn&#233; pour les blogueurs am&#233;ricains. Les r&#233;publicains obstructionnistes utilisent tous les gadgets parlementaires possibles et offrent ainsi une le&#231;on d&amp;rsquo;instruction civique dont les d&#233;mocrates se seraient bien pass&#233;s. Le d&#233;bat sans fin au S&#233;nat sur la r&#233;forme de la sant&#233; a d&amp;rsquo;abord rappel&#233; &#224; tout le monde l&amp;rsquo;existence du &#171;  filibuster  &#187; : cette m&#233;thode parlementaire permet &#224; un &#233;lu de l&amp;rsquo;opposition de bloquer ind&#233;finiment le passage d&amp;rsquo;une loi en monopolisant le d&#233;bat. La seule fa&#231;on de briser un  filibuster  est un vote &#224; une super-majorit&#233; de 60 voix, ce qui explique pourquoi les d&#233;mocrates, qui n&amp;rsquo;ont plus que 59 s&#233;nateurs depuis la victoire surprise de Scott Brown au Massachusetts pour remplacer Edward Kennedy apr&#232;s son d&#233;c&#232;s, n&amp;rsquo;arrivent pas &#224; boucler cette r&#233;forme.  &#13;&#10;Cette semaine, c&amp;rsquo;est une variante du  filibuster  qui a secou&#233; la blogosph&#232;re : la technique dite du &#171;  blockade  &#187; ou &#171;  blocking  &#187;, le blocage. Le s&#233;nateur Jim Bunning (r&#233;publicain du Kentucky) a bloqu&#233; le vote d&amp;rsquo;un texte assez large, permettant l&amp;rsquo;extension exceptionnelle du versement des allocations ch&#244;mage et encadrant le salaire des employ&#233;s travaillant dans les transports, au pr&#233;texte que l&amp;rsquo;argent pour financer ces programmes devrait venir de la loi Stimulus adopt&#233;e l&amp;rsquo;an dernier pour favoriser la reprise de l&amp;rsquo;&#233;conomie, et non &#234;tre ajout&#233; au d&#233;ficit f&#233;d&#233;ral comme cela &#233;tait pr&#233;vu. Pr&#232;s d&amp;rsquo;un million d&amp;rsquo;Am&#233;ricains se sont ainsi retrouv&#233;s sans ressource ou sans emploi cette semaine. Pour la blogosph&#232;re lib&#233;rale, cet &#233;pisode r&#233;sume tout ce qui ne va pas dans le syst&#232;me politique am&#233;ricain aujourd&amp;rsquo;hui. Les r&#233;publicains sont devenus des radicaux sans aucun souci pour le bien commun: &amp;ldquo; the bizarre right-wing senator seems to be actually flipping off the entire country  [on dirait que le bizarre s&#233;nateur conservateur est en train de faire un doigt d&amp;rsquo;honneur &#224; tout le pays] [...]  And so the nation waits for one right-wing clown to end his tantrum  [le pays attend qu&amp;rsquo;un clown de droite finesse son caprice]&quot; se plaint Steve Bennen sur  Washingtonmonthly.com ), et la presse se montre incapable de rendre compte correctement de ces abus parlementaires (&amp;ldquo; But in a lot of press reports, reporters [&amp;hellip;] don't even mention Bunning's name  [la plupart des articles ne mentionnent m&#234;me pas le nom de Bunning].  It's just &quot;senate gridlock.&quot;  [on parle juste de &amp;lsquo;blocage du S&#233;nat&amp;rsquo;]  &amp;hellip; It is really a press failure.  [c&amp;rsquo;est un grand &#233;chec pour la presse]&amp;rdquo; remarque Josh Marshall sur  TPM . &#13;&#10;  &#13;&#10;  &#13;&#10;Pour Steven Bennen, cette situation n&amp;rsquo;ira qu&amp;rsquo;en s&amp;rsquo;aggravant au fur et &#224; mesure que s&amp;rsquo;approchent les &#233;lections de mi-mandat en novembre : &amp;ldquo; A discredited minority decided that elections no longer have consequences, and that blocking the Senate's ability to vote on the majority's agenda is entirely acceptable.  [Une minorit&#233; discr&#233;dit&#233;e a d&#233;cid&#233; que les &#233;lections n&amp;rsquo;ont plus de cons&#233;quences et que bloquer la capacit&#233; du S&#233;nat &#224; voter le programme de la majorit&#233; est tout-&#224;-fait acceptable].  Of course, our political system encourages this misconduct -- the less than gets done, the angrier the public  [Bien s&#251;r, notre syst&#232;me politique encourage cette mauvaise conduite : moins on en fait, plus les gens sont m&#233;contents].  The angrier the public, the more likely the majority party loses. Ergo, the minority has a powerful incentive to make sure nothing gets done.  [Plus le public est en col&#232;re, plus il est probable que le parti majoritaire va perdre. Donc, la minorit&#233; a fortement int&#233;r&#234;t &#224; s&amp;rsquo;assurer que rien ne se fasse]&amp;rdquo; ( http://www.washingtonmonthly.com/archives/individual/2010_03/022639.php ).&#160;&#160;&#160;  &#13;&#10; Pour les blogueurs conservateurs, au contraire, Bunning est f&#234;t&#233; comme un h&#233;ros, une des derni&#232;res voix raisonnables qui essaient de sauver les finances du pays et d&amp;rsquo;enrayer la pente gauchiste de l&amp;rsquo;administration Obama. Comme l&amp;rsquo;explique Andrew C. McCarthy sur le site de  The National Review  : &amp;ldquo; Bunning was objecting to yet another monthly extension of unemployment payments absent an explanation of how it would be paid for  [Bunning a rejet&#233; une &#233;ni&#232;me extension mensuelle du paiement du ch&#244;mage sans obtenir d&amp;rsquo;explication sur comment elle sera financ&#233;e].  He was right to do so  [Il a eu raison].  These extensions happen continually  [ces extensions arrivent tout le temps].  The stimulus &amp;mdash; which is a redistribution of wealth from the private to the public sector, and from people who work to people who don&amp;rsquo;t &amp;mdash; extended unemployment benefits for 53 weeks  [Le stimulus &amp;ndash; qui est une redistribution de la richesse du priv&#233; vers le secteur public, et des gens qui travaillent vers ceux qui ne travaillent pas &amp;ndash; a d&#233;j&#224; &#233;tendu les allocations ch&#244;mage de 53 semaines].  Another extension in November added 20 more weeks  [Une autre extension en novembre a ajout&#233; 20 semaines].&amp;rdquo; &#13;&#10;&#160; &#13;&#10;  Qui pilote l&amp;rsquo;avion r&#233;publicain?  &#13;&#10; &#13;&#10;Il semble donc clair que, malgr&#233; le relatif succ&#232;s du sommet bipartisan sur la r&#233;forme de la sant&#233; la semaine derni&#232;re, les r&#233;publicains continuent &#224; mener le bal &#224; Washington. Les blogueurs lib&#233;raux s&amp;rsquo;interrogent donc beaucoup sur les intentions et la nature id&#233;ologique du parti r&#233;publicain. &#13;&#10; Le texte le plus comment&#233; dans la blogosph&#232;re am&#233;ricaine cette semaine a &#233;t&#233; un article de Jonathan Rauch publi&#233; dans  National Journal Magazine  et consacr&#233; &#224; l&amp;rsquo;itin&#233;raire id&#233;ologique du parti r&#233;publicain depuis les ann&#233;es 1960 (article consultable en ligne :  http://www.nationaljournal.com/njmagazine/socialstudies.php ). Rauch y d&#233;crit le parti r&#233;publicain comme un parti pris en otage par sa frange la plus populiste et extr&#233;miste, une frange radicale qui trahit le conservatisme traditionnel du parti. Les blogueurs lib&#233;raux rejettent en bloc cette th&#233;orie, en faisant remarquer que puisque cela fait presque 40 ans que les groupes extr&#233;mistes dominent le parti, il n&amp;rsquo;est plus r&#233;aliste de pr&#233;senter ce courant comme minoritaire, aberrant ou non-repr&#233;sentatif de la v&#233;ritable nature du parti. Matthew Yglesias, sur le site   ThinkProgress  , pr&#233;sente sa propre interpr&#233;tation de l&amp;rsquo;histoire id&#233;ologique du parti r&#233;publicain : &amp;ldquo; This seems pretty strained to me  [La th&#232;se de Rauch me semble forc&#233;e].  White supremacist southerners, often with some &amp;ldquo;populist&amp;rdquo; leanings, have always been recognized as integral elements of the midcentury conservative coalition  [Les sudistes blancs racistes, aux tendances souvent populistes, ont toujours &#233;t&#233; reconnus comme des &#233;l&#233;ments int&#233;graux de la coalition conservatrice du milieu du si&#232;cle]&amp;hellip;  The idea that &amp;ldquo;small government&amp;rdquo; is the goal of conservative politics seems to me like a piety that&amp;rsquo;s never had much grounding in reality. The idea is to represent the interests of economic elites and the prejudices of the sociocultural majority and modern-day conservatives do this very well  [L&amp;rsquo;id&#233;e que la r&#233;duction de la taille du gouvernement est le but de la politique conservatrice me semble &#234;tre un v&amp;oelig;u pieux qui n&amp;rsquo;a jamais eu aucun rapport avec la r&#233;alit&#233;. Le but est de repr&#233;senter les int&#233;r&#234;ts des &#233;lites &#233;conomiques et les pr&#233;jug&#233;s de la majorit&#233; socio-culturelle, ce que les conservateurs contemporains font tr&#232;s bien]&amp;hellip;  Ordinarily business conservatism and right-wing populism work together extremely comfortable and always have  [La plupart du temps, le conservatisme du monde des affaires et le populisme d&amp;rsquo;extr&#234;me-droite vont tr&#232;s bien ensemble].&amp;rdquo;  &#13;&#10; &#13;&#10;  &#13;&#10;Il semble qu&amp;rsquo;un nombre croissant de responsables r&#233;publicains s&amp;rsquo;inqui&#232;tent de l&amp;rsquo;&#233;cho grandissant que rencontre le courant le plus extr&#234;me du parti et souhaitent le marginaliser. L&amp;rsquo;un des blogueurs conservateurs les plus c&#233;l&#232;bres, Erick Erickson, du site  RedState , a lui-m&#234;me exprim&#233; son intention de &amp;ldquo; clean up our own house  [nettoyer notre maison]&quot;. Mais l&#224; aussi, la blogosph&#232;re de gauche reste tr&#232;s sceptique, en montrant comment les ant&#233;c&#233;dents d&amp;rsquo;Erickson rendent sa transformation en h&#233;raut de la mod&#233;ration id&#233;ologique difficilement cr&#233;dible : &amp;ldquo; That more than anything should indicate how deeply the conservative movement has been infected by its fringe  [Plus que toute autre chose, cela devrait indiquer &#224; quel point le mouvement conservateur a &#233;t&#233; infect&#233; par sa frange].  That's the same Erick Erickson who called retiring Supreme Court Justice David Souter a 'goat f--king child molester'  [Il s&amp;rsquo;agit du m&#234;me Erick Erickson qui a trait&#233; le juge [centriste, NDLR] de la Cour supr&#234;me David Souter lors de son d&#233;part &#224; la retraite de &amp;lsquo;violeur de ch&#232;vre p&#233;dophile&amp;rsquo;] &amp;rdquo;&#160; ( http://mediamatters.org/blog/201002280009 ). &#13;&#10; Les blogueurs de gauche ne voient pas n&#233;cessairement d&amp;rsquo;un mauvais &amp;oelig;il cette crise interne au parti r&#233;publicain. Pour Ezra Klein, du  Washington Post , cette crise d&amp;rsquo;identit&#233; pourrait m&#234;me constituer le principal atout des d&#233;mocrates lors des &#233;lections de novembre : &amp;ldquo;  The big political news today is that Florida's Charlie Crist might be readying to leave the Republican Party and run for Florida Senate as an independent or a Democrat  [Le gouverneur de Floride Charlie Crist serait sur le point de quitter le parti r&#233;publicain et de se pr&#233;senter au S&#233;nat comme un ind&#233;pendant ou un d&#233;mocrate].  That would be a huge coup for Democrats  [ce serait un &#233;norme coup pour les d&#233;mocrates].  The best possible storyline for them going into the 2010 election is that the Republican Party's apparatus has been captured by extremists and ideologues  [pour les &#233;lections de 2010, leur meilleur argument est que les extr&#233;mistes et les id&#233;ologiques ont captur&#233; l&amp;rsquo;appareil du parti r&#233;publicain].&amp;rdquo;&#160; ( http://voices.washingtonpost.com/ezra-klein/2010/02/could_crist_bolt.html ). &#160;  &#13;&#10; Malgr&#233; ces tiraillements, la plupart des blogueurs conservateurs demeurent tr&#232;s optimistes pour les &#233;lections s&#233;natoriales de novembre, convaincus que la r&#233;forme de la sant&#233; sera le cercueil d&amp;rsquo;Obama. Pour Scott, sur le grand site conservateur   Power Line   : &amp;ldquo;  The Republicans' position has public opinion on its side  [La position r&#233;publicaine a l&amp;rsquo;opinion publique de son c&#244;t&#233;].  Opposition to Obamacare has solidified and increased since the Democrats have put their bills on the table and Obama has advocated their adoption  [L&amp;rsquo;opposition &#224; la r&#233;forme d&amp;rsquo;Obama s&amp;rsquo;est solidifi&#233;e et a augment&#233; depuis que les d&#233;mocrates ont mis leur loi sur la table].  That should count for something in a democratic republic. Passing Obamacare in the face of the public opposition to it appears politically suicidal.  [Cela devrait compter pour quelque chose dans une d&#233;mocratie. Voter la r&#233;forme de la sant&#233; malgr&#233; l&amp;rsquo;opposition du public serait un suicide politique]&amp;rdquo; ( http://www.powerlineblog.com/archives/2010/03/025739.php ). Sauf que tous les sondages montrent que la majorit&#233; de la population am&#233;ricaine soutient la r&#233;forme de la sant&#233;&amp;hellip; &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10; &#13;&#10;&#160; </description>
         <pubDate>03/10/10 11:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-3218-le__blocage_du_senat__secoue_la_blogosphere_americaine.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>Depuis le d&eacute;but de la pr&eacute;sidence Obama, le fonctionnement interne du S&eacute;nat est un sujet de discussion passionn&eacute; pour les blogueurs am&eacute;ricains. Les r&eacute;publicains obstructionnistes utilisent tous les gadgets parlementaires possibles et offrent ainsi une le&ccedil;on d&rsquo;instruction civique dont les d&eacute;mocrates se seraient bien pass&eacute;s. Le d&eacute;bat sans fin au S&eacute;nat sur la r&eacute;forme de la sant&eacute; a d&rsquo;abord rappel&eacute; &agrave; tout le monde l&rsquo;existence du &laquo; <em>filibuster</em> &raquo; : cette m&eacute;thode parlementaire permet &agrave; un &eacute;lu de l&rsquo;opposition de bloquer ind&eacute;finiment le passage d&rsquo;une loi en monopolisant le d&eacute;bat. La seule fa&ccedil;on de briser un <em>filibuster</em> est un vote &agrave; une super-majorit&eacute; de 60 voix, ce qui explique pourquoi les d&eacute;mocrates, qui n&rsquo;ont plus que 59 s&eacute;nateurs depuis la victoire surprise de Scott Brown au Massachusetts pour remplacer Edward Kennedy apr&egrave;s son d&eacute;c&egrave;s, n&rsquo;arrivent pas &agrave; boucler cette r&eacute;forme. <br />
Cette semaine, c&rsquo;est une variante du <em>filibuster</em> qui a secou&eacute; la blogosph&egrave;re : la technique dite du &laquo; <em>blockade</em> &raquo; ou &laquo; <em>blocking</em> &raquo;, le blocage. Le s&eacute;nateur Jim Bunning (r&eacute;publicain du Kentucky) a bloqu&eacute; le vote d&rsquo;un texte assez large, permettant l&rsquo;extension exceptionnelle du versement des allocations ch&ocirc;mage et encadrant le salaire des employ&eacute;s travaillant dans les transports, au pr&eacute;texte que l&rsquo;argent pour financer ces programmes devrait venir de la loi Stimulus adopt&eacute;e l&rsquo;an dernier pour favoriser la reprise de l&rsquo;&eacute;conomie, et non &ecirc;tre ajout&eacute; au d&eacute;ficit f&eacute;d&eacute;ral comme cela &eacute;tait pr&eacute;vu. Pr&egrave;s d&rsquo;un million d&rsquo;Am&eacute;ricains se sont ainsi retrouv&eacute;s sans ressource ou sans emploi cette semaine. Pour la blogosph&egrave;re lib&eacute;rale, cet &eacute;pisode r&eacute;sume tout ce qui ne va pas dans le syst&egrave;me politique am&eacute;ricain aujourd&rsquo;hui. Les r&eacute;publicains sont devenus des radicaux sans aucun souci pour le bien commun: &ldquo;<em>the bizarre right-wing senator seems to be actually flipping off the entire country</em> [on dirait que le bizarre s&eacute;nateur conservateur est en train de faire un doigt d&rsquo;honneur &agrave; tout le pays] [...] <em>And so the nation waits for one right-wing clown to end his tantrum</em> [le pays attend qu&rsquo;un clown de droite finesse son caprice]&quot; se plaint Steve Bennen sur <a href="http://www.washingtonmonthly.com/archives/individual/2010_03/022646.php">Washingtonmonthly.com</a>), et la presse se montre incapable de rendre compte correctement de ces abus parlementaires (&ldquo;<em>But in a lot of press reports, reporters [&hellip;] don't even mention Bunning's name</em> [la plupart des articles ne mentionnent m&ecirc;me pas le nom de Bunning]. <em>It's just &quot;senate gridlock.&quot;</em> [on parle juste de &lsquo;blocage du S&eacute;nat&rsquo;] <em>&hellip; It is really a press failure.</em> [c&rsquo;est un grand &eacute;chec pour la presse]&rdquo; remarque Josh Marshall sur <a href="http://www.talkingpointsmemo.com/archives/2010/03/the_filibuster_that_dare_not_speak_its_name.php?ref=fpblg">TPM</a>.</p>
<p></p>
<p><br />
Pour Steven Bennen, cette situation n&rsquo;ira qu&rsquo;en s&rsquo;aggravant au fur et &agrave; mesure que s&rsquo;approchent les &eacute;lections de mi-mandat en novembre : &ldquo;<em>A discredited minority decided that elections no longer have consequences, and that blocking the Senate's ability to vote on the majority's agenda is entirely acceptable.</em> [Une minorit&eacute; discr&eacute;dit&eacute;e a d&eacute;cid&eacute; que les &eacute;lections n&rsquo;ont plus de cons&eacute;quences et que bloquer la capacit&eacute; du S&eacute;nat &agrave; voter le programme de la majorit&eacute; est tout-&agrave;-fait acceptable]. <em>Of course, our political system encourages this misconduct -- the less than gets done, the angrier the public </em>[Bien s&ucirc;r, notre syst&egrave;me politique encourage cette mauvaise conduite : moins on en fait, plus les gens sont m&eacute;contents]. <em>The angrier the public, the more likely the majority party loses. Ergo, the minority has a powerful incentive to make sure nothing gets done. </em>[Plus le public est en col&egrave;re, plus il est probable que le parti majoritaire va perdre. Donc, la minorit&eacute; a fortement int&eacute;r&ecirc;t &agrave; s&rsquo;assurer que rien ne se fasse]&rdquo; (<a href="http://www.washingtonmonthly.com/archives/individual/2010_03/022639.php">http://www.washingtonmonthly.com/archives/individual/2010_03/022639.php</a>).&nbsp;&nbsp;&nbsp; </p>
<p>Pour les blogueurs conservateurs, au contraire, Bunning est f&ecirc;t&eacute; comme un h&eacute;ros, une des derni&egrave;res voix raisonnables qui essaient de sauver les finances du pays et d&rsquo;enrayer la pente gauchiste de l&rsquo;administration Obama. Comme l&rsquo;explique Andrew C. McCarthy sur le site de <a href="http://article.nationalreview.com/426738/awol-in-the-bunning-battle/andrew-c-mccarthy">The National Review</a> : &ldquo;<em>Bunning was objecting to yet another monthly extension of unemployment payments absent an explanation of how it would be paid for</em> [Bunning a rejet&eacute; une &eacute;ni&egrave;me extension mensuelle du paiement du ch&ocirc;mage sans obtenir d&rsquo;explication sur comment elle sera financ&eacute;e]. <em>He was right to do so</em> [Il a eu raison]. <em>These extensions happen continually</em> [ces extensions arrivent tout le temps]. <em>The stimulus &mdash; which is a redistribution of wealth from the private to the public sector, and from people who work to people who don&rsquo;t &mdash; extended unemployment benefits for 53 weeks </em>[Le stimulus &ndash; qui est une redistribution de la richesse du priv&eacute; vers le secteur public, et des gens qui travaillent vers ceux qui ne travaillent pas &ndash; a d&eacute;j&agrave; &eacute;tendu les allocations ch&ocirc;mage de 53 semaines]. <em>Another extension in November added 20 more weeks </em>[Une autre extension en novembre a ajout&eacute; 20 semaines].&rdquo;<br />
&nbsp;</p>
<p><strong>Qui pilote l&rsquo;avion r&eacute;publicain?</strong><br />
<br />
Il semble donc clair que, malgr&eacute; le relatif succ&egrave;s du sommet bipartisan sur la r&eacute;forme de la sant&eacute; la semaine derni&egrave;re, les r&eacute;publicains continuent &agrave; mener le bal &agrave; Washington. Les blogueurs lib&eacute;raux s&rsquo;interrogent donc beaucoup sur les intentions et la nature id&eacute;ologique du parti r&eacute;publicain.</p>
<p>Le texte le plus comment&eacute; dans la blogosph&egrave;re am&eacute;ricaine cette semaine a &eacute;t&eacute; un article de Jonathan Rauch publi&eacute; dans <em>National Journal Magazine</em> et consacr&eacute; &agrave; l&rsquo;itin&eacute;raire id&eacute;ologique du parti r&eacute;publicain depuis les ann&eacute;es 1960 (article consultable en ligne : <a href="http://www.nationaljournal.com/njmagazine/socialstudies.php">http://www.nationaljournal.com/njmagazine/socialstudies.php</a>). Rauch y d&eacute;crit le parti r&eacute;publicain comme un parti pris en otage par sa frange la plus populiste et extr&eacute;miste, une frange radicale qui trahit le conservatisme traditionnel du parti. Les blogueurs lib&eacute;raux rejettent en bloc cette th&eacute;orie, en faisant remarquer que puisque cela fait presque 40 ans que les groupes extr&eacute;mistes dominent le parti, il n&rsquo;est plus r&eacute;aliste de pr&eacute;senter ce courant comme minoritaire, aberrant ou non-repr&eacute;sentatif de la v&eacute;ritable nature du parti. Matthew Yglesias, sur le site <a href="http://yglesias.thinkprogress.org/archives/2010/03/party-of-wallace-party-of-wall-street.php"><em>ThinkProgress</em></a>, pr&eacute;sente sa propre interpr&eacute;tation de l&rsquo;histoire id&eacute;ologique du parti r&eacute;publicain : &ldquo;<em>This seems pretty strained to me </em>[La th&egrave;se de Rauch me semble forc&eacute;e]. <em>White supremacist southerners, often with some &ldquo;populist&rdquo; leanings, have always been recognized as integral elements of the midcentury conservative coalition </em>[Les sudistes blancs racistes, aux tendances souvent populistes, ont toujours &eacute;t&eacute; reconnus comme des &eacute;l&eacute;ments int&eacute;graux de la coalition conservatrice du milieu du si&egrave;cle]&hellip; <em>The idea that &ldquo;small government&rdquo; is the goal of conservative politics seems to me like a piety that&rsquo;s never had much grounding in reality. The idea is to represent the interests of economic elites and the prejudices of the sociocultural majority and modern-day conservatives do this very well </em>[L&rsquo;id&eacute;e que la r&eacute;duction de la taille du gouvernement est le but de la politique conservatrice me semble &ecirc;tre un v&oelig;u pieux qui n&rsquo;a jamais eu aucun rapport avec la r&eacute;alit&eacute;. Le but est de repr&eacute;senter les int&eacute;r&ecirc;ts des &eacute;lites &eacute;conomiques et les pr&eacute;jug&eacute;s de la majorit&eacute; socio-culturelle, ce que les conservateurs contemporains font tr&egrave;s bien]&hellip; <em>Ordinarily business conservatism and right-wing populism work together extremely comfortable and always have</em> [La plupart du temps, le conservatisme du monde des affaires et le populisme d&rsquo;extr&ecirc;me-droite vont tr&egrave;s bien ensemble].&rdquo; <br />
</p>
<p><br />
Il semble qu&rsquo;un nombre croissant de responsables r&eacute;publicains s&rsquo;inqui&egrave;tent de l&rsquo;&eacute;cho grandissant que rencontre le courant le plus extr&ecirc;me du parti et souhaitent le marginaliser. L&rsquo;un des blogueurs conservateurs les plus c&eacute;l&egrave;bres, Erick Erickson, du site <a href="http://www.redstate.com/">RedState</a>, a lui-m&ecirc;me exprim&eacute; son intention de &ldquo;<em>clean up our own house</em> [nettoyer notre maison]&quot;. Mais l&agrave; aussi, la blogosph&egrave;re de gauche reste tr&egrave;s sceptique, en montrant comment les ant&eacute;c&eacute;dents d&rsquo;Erickson rendent sa transformation en h&eacute;raut de la mod&eacute;ration id&eacute;ologique difficilement cr&eacute;dible : &ldquo;<em>That more than anything should indicate how deeply the conservative movement has been infected by its fringe</em> [Plus que toute autre chose, cela devrait indiquer &agrave; quel point le mouvement conservateur a &eacute;t&eacute; infect&eacute; par sa frange]. <em>That's the same Erick Erickson who called retiring Supreme Court Justice David Souter a 'goat f--king child molester'</em> [Il s&rsquo;agit du m&ecirc;me Erick Erickson qui a trait&eacute; le juge [centriste, NDLR] de la Cour supr&ecirc;me David Souter lors de son d&eacute;part &agrave; la retraite de &lsquo;violeur de ch&egrave;vre p&eacute;dophile&rsquo;] &rdquo;&nbsp; (<a href="http://mediamatters.org/blog/201002280009">http://mediamatters.org/blog/201002280009</a>).</p>
<p>Les blogueurs de gauche ne voient pas n&eacute;cessairement d&rsquo;un mauvais &oelig;il cette crise interne au parti r&eacute;publicain. Pour Ezra Klein, du <em>Washington Post</em>, cette crise d&rsquo;identit&eacute; pourrait m&ecirc;me constituer le principal atout des d&eacute;mocrates lors des &eacute;lections de novembre : &ldquo; <em>The big political news today is that Florida's Charlie Crist might be readying to leave the Republican Party and run for Florida Senate as an independent or a Democrat </em>[Le gouverneur de Floride Charlie Crist serait sur le point de quitter le parti r&eacute;publicain et de se pr&eacute;senter au S&eacute;nat comme un ind&eacute;pendant ou un d&eacute;mocrate]. <em>That would be a huge coup for Democrats</em> [ce serait un &eacute;norme coup pour les d&eacute;mocrates]. <em>The best possible storyline for them going into the 2010 election is that the Republican Party's apparatus has been captured by extremists and ideologues</em> [pour les &eacute;lections de 2010, leur meilleur argument est que les extr&eacute;mistes et les id&eacute;ologiques ont captur&eacute; l&rsquo;appareil du parti r&eacute;publicain].&rdquo;&nbsp; (<a href="http://voices.washingtonpost.com/ezra-klein/2010/02/could_crist_bolt.html">http://voices.washingtonpost.com/ezra-klein/2010/02/could_crist_bolt.html</a>). &nbsp; </p>
<p>Malgr&eacute; ces tiraillements, la plupart des blogueurs conservateurs demeurent tr&egrave;s optimistes pour les &eacute;lections s&eacute;natoriales de novembre, convaincus que la r&eacute;forme de la sant&eacute; sera le cercueil d&rsquo;Obama. Pour Scott, sur le grand site conservateur <a href="http://www.powerlineblog.com"><em>Power Line</em></a> : &ldquo; <em>The Republicans' position has public opinion on its side</em> [La position r&eacute;publicaine a l&rsquo;opinion publique de son c&ocirc;t&eacute;]. <em>Opposition to Obamacare has solidified and increased since the Democrats have put their bills on the table and Obama has advocated their adoption </em>[L&rsquo;opposition &agrave; la r&eacute;forme d&rsquo;Obama s&rsquo;est solidifi&eacute;e et a augment&eacute; depuis que les d&eacute;mocrates ont mis leur loi sur la table]. <em>That should count for something in a democratic republic. Passing Obamacare in the face of the public opposition to it appears politically suicidal. </em>[Cela devrait compter pour quelque chose dans une d&eacute;mocratie. Voter la r&eacute;forme de la sant&eacute; malgr&eacute; l&rsquo;opposition du public serait un suicide politique]&rdquo; (<a href="http://www.powerlineblog.com/archives/2010/03/025739.php">http://www.powerlineblog.com/archives/2010/03/025739.php</a>). Sauf que tous les sondages montrent que la majorit&eacute; de la population am&eacute;ricaine soutient la r&eacute;forme de la sant&eacute;&hellip;<br />
<br />
<br />
<br />
<br />
<br />
<br />
<br />
<br />
<br />
&nbsp;</p> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Fronts communs</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-3214-fronts_communs.htm</link>
         <description> En 2008, dans  L&amp;rsquo;&#201;clipse du savoir  (Allia) Lindsay Waters, responsable &#233;ditorial aux Presses universitaires d&amp;rsquo;Harvard, s&amp;rsquo;inqui&#233;tait d&amp;rsquo;une haine et d&amp;rsquo;une servitude grandissantes de la th&#233;orie dans le domaine des sciences sociales et des sciences humaines, aussi bien aux &#201;tats-Unis qu'en Europe. Il n&amp;rsquo;y a probablement rien &#224; attendre des r&#233;formes actuelles de l&amp;rsquo;enseignement sup&#233;rieur en France. Quant &#224; l&amp;rsquo;universit&#233; elle-m&#234;me, le r&#232;gne de l&amp;rsquo;arbitraire mandarinal, les crispations disciplinaires et le processus de pr&#233;carisation des jeunes chercheurs &amp;ndash; outil de gestion &#233;conomique et id&#233;ologique qui b&#233;n&#233;ficie beaucoup de la passivit&#233; ambigu&#235; de ses acteurs &amp;ndash; finissent par assujettir tout esprit critique. Et par venir &#224; bout de toute initiative aussi. Comme d'autres institutions en France, l'universit&#233; est devenue une force de l'ordre. Alors la r&#233;sistance s&amp;rsquo;organise ailleurs. &#13;&#10; La &#171; Petite Encyclop&#233;die critique &#187; dirig&#233;e par Philippe Corcuff et Lilian Mathieu est une initiative &#233;ditoriale &#224; saluer. &#192; sa fa&#231;on elle participe &#224; &#171; l&amp;rsquo;insurrection des savoirs assujettis &#187; dont parlait Foucault dans les ann&#233;es 70. Dans la mouvance des nouvelles universit&#233;s populaires et du r&#233;enchantement des gauches radicales, la &#171; Petite Encyclop&#233;die critique &#187; t&#233;moigne d&amp;rsquo;une vitalit&#233;, d&amp;rsquo;une lutte, d&amp;rsquo;une exp&#233;rimentation, d'une transversalit&#233;, du moins, d&amp;rsquo;une indiscipline : un rapport au savoir plus pratique, plus critique, plus alternatif. Parce que la th&#233;orie est ce qui surgit lorsque notre mani&#232;re de construire le monde se heurte au monde. Avec cette id&#233;e que les sciences humaines ont la responsabilit&#233; de se mettre au service de la critique sociale ; aussi de rendre disponible au plus grand nombre le r&#233;sultat de leurs travaux, non pas &#224; la fa&#231;on d'un quelconque utilitarisme mais d'abord de consid&#233;rer que les sciences sociales produisent des usages. L&amp;rsquo;id&#233;e, si elle n'est pas nouvelle, demeure urgente et le d&#233;but de cette nouvelle collection est prometteur. En l&amp;rsquo;occurrence, les quatre premiers essais sont remarquablement r&#233;ussis (en particulier les essais de Lilian Mathieu,  Les ann&#233;es 70, un &#226;ge d&amp;rsquo;or des luttes  ? et Ir&#232;ne Pereira,  Peut-on &#234;tre radical et pragmatique ? ). La pr&#233;sentation est claire, dynamique, fonctionnelle ; le design un peu vintage ; le prix modeste - moins de 10 euros ; le format poche fa&#231;on Prairies ordinaires ou la Fabrique. &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;  * &#171; Petite Encyclop&#233;die Critique &#187; dirig&#233;e par Philippe Corcuff et Lilian Mathieu, &#201;ditions Textuel.   </description>
         <pubDate>03/09/10 22:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-3214-fronts_communs.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>En 2008, dans <em>L&rsquo;&Eacute;clipse du savoir</em> (Allia) Lindsay Waters, responsable &eacute;ditorial aux Presses universitaires d&rsquo;Harvard, s&rsquo;inqui&eacute;tait d&rsquo;une haine et d&rsquo;une servitude grandissantes de la th&eacute;orie dans le domaine des sciences sociales et des sciences humaines, aussi bien aux &Eacute;tats-Unis qu'en Europe. Il n&rsquo;y a probablement rien &agrave; attendre des r&eacute;formes actuelles de l&rsquo;enseignement sup&eacute;rieur en France. Quant &agrave; l&rsquo;universit&eacute; elle-m&ecirc;me, le r&egrave;gne de l&rsquo;arbitraire mandarinal, les crispations disciplinaires et le processus de pr&eacute;carisation des jeunes chercheurs &ndash; outil de gestion &eacute;conomique et id&eacute;ologique qui b&eacute;n&eacute;ficie beaucoup de la passivit&eacute; ambigu&euml; de ses acteurs &ndash; finissent par assujettir tout esprit critique. Et par venir &agrave; bout de toute initiative aussi. Comme d'autres institutions en France, l'universit&eacute; est devenue une force de l'ordre. Alors la r&eacute;sistance s&rsquo;organise ailleurs.</p>
<p>La &laquo; Petite Encyclop&eacute;die critique &raquo; dirig&eacute;e par Philippe Corcuff et Lilian Mathieu est une initiative &eacute;ditoriale &agrave; saluer. &Agrave; sa fa&ccedil;on elle participe &agrave; &laquo; l&rsquo;insurrection des savoirs assujettis &raquo; dont parlait Foucault dans les ann&eacute;es 70. Dans la mouvance des nouvelles universit&eacute;s populaires et du r&eacute;enchantement des gauches radicales, la &laquo; Petite Encyclop&eacute;die critique &raquo; t&eacute;moigne d&rsquo;une vitalit&eacute;, d&rsquo;une lutte, d&rsquo;une exp&eacute;rimentation, d'une transversalit&eacute;, du moins, d&rsquo;une indiscipline : un rapport au savoir plus pratique, plus critique, plus alternatif. Parce que la th&eacute;orie est ce qui surgit lorsque notre mani&egrave;re de construire le monde se heurte au monde. Avec cette id&eacute;e que les sciences humaines ont la responsabilit&eacute; de se mettre au service de la critique sociale ; aussi de rendre disponible au plus grand nombre le r&eacute;sultat de leurs travaux, non pas &agrave; la fa&ccedil;on d'un quelconque utilitarisme mais d'abord de consid&eacute;rer que les sciences sociales produisent des usages. L&rsquo;id&eacute;e, si elle n'est pas nouvelle, demeure urgente et le d&eacute;but de cette nouvelle collection est prometteur. En l&rsquo;occurrence, les quatre premiers essais sont remarquablement r&eacute;ussis (en particulier les essais de Lilian Mathieu, <em>Les ann&eacute;es 70, un &acirc;ge d&rsquo;or des luttes</em> ? et Ir&egrave;ne Pereira, <em>Peut-on &ecirc;tre radical et pragmatique ?</em>). La pr&eacute;sentation est claire, dynamique, fonctionnelle ; le design un peu vintage ; le prix modeste - moins de 10 euros ; le format poche fa&ccedil;on Prairies ordinaires ou la Fabrique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>* &laquo; Petite Encyclop&eacute;die Critique &raquo; dirig&eacute;e par Philippe Corcuff et Lilian Mathieu, &Eacute;ditions Textuel. </strong></p> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Sur une visite de Medvedev &#224; Paris</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-3211-sur_une_visite_de_medvedev_a_paris.htm</link>
         <description> Cette semaine,  cartessurtable.eu  revient sur la visite en France du pr&#233;sident Medvedev. &#13;&#10; &#160; &#13;&#10; &#160; &#13;&#10; &#160; &#13;&#10; La visite en France du pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration de Russie, Dimitri Medvedev, nouvel &quot;ami&quot; du Pr&#233;sident Sarkozy, est une jolie valse &#224; trois temps. &#13;&#10;Au premier temps de la valse, la Russie s&amp;rsquo;engage &#224; durcir sa position au Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations Unies sur la question iranienne. Les mauvaises langues parleront d&amp;rsquo;un temps pour rien : le pouvoir de veto de la Chine suffit largement &#224; l&amp;rsquo;Iran. Mais pr&#233;f&#233;rons un instant les beaux parleurs &#224; ces mauvais parleurs l&#224;. &#13;&#10;Au deuxi&#232;me temps de la valse, &quot;on est deux, tu es dans mes bras&quot; : Sarkozy et Medvedev s&amp;rsquo;embrassent, l&amp;rsquo;accord est parfait autour de la vente de porte-h&#233;licopt&#232;res Mistral &#224; la Russie. L&amp;rsquo;acquisition de ces navires de guerre fran&#231;ais inqui&#232;te les voisins baltes. Mais il n&amp;rsquo;est pas tout &#224; fait ill&#233;gitime de penser &#233;galement &#224; la bouff&#233;e d&amp;rsquo;air qu&amp;rsquo;un tel contrat pourrait repr&#233;senter pour les chantiers navals. &#13;&#10;Au troisi&#232;me temps de la valse, la danse prend des airs de rock acrobatique. Hier &amp;ndash; enfin, n&amp;rsquo;exag&#233;rons rien, il y a trois ans tout de m&#234;me &amp;ndash;, Nicolas Sarkozy ne voulait voir&#160; &quot;la France des droits de l&amp;rsquo;homme&quot; se taire ni face aux &quot;assassinats de journalistes&quot; russes, ni face aux &quot;200 000 morts des guerres de Tch&#233;tch&#233;nie&quot;. Mardi 2 mars, il vantait &amp;ndash; il vendait ? &amp;ndash; l&amp;rsquo;attachement de son homologue russe &#224; &quot;l&amp;rsquo;Etat de droit&quot; et &#224; la &quot;d&#233;fense des droits de l&amp;rsquo;homme&quot; lors d&amp;rsquo;un d&#238;ner au palais de l&amp;rsquo;Elys&#233;e. &quot;Les v&#233;rit&#233;s les plus oppos&#233;es s&amp;rsquo;accordent bien quand elles ne sont que relatives&quot;. Parlons donc un peu de la relativit&#233; &amp;ndash; et de la relative volatilit&#233; &amp;ndash; des droits de l&amp;rsquo;homme en Russie. &#13;&#10; &#13;&#10;Parlons de cette relativit&#233; dans les relations avec la G&#233;orgie, plus d&amp;rsquo;un an apr&#232;s l&amp;rsquo;invasion d&amp;rsquo;ao&#251;t 2008, alors qu&amp;rsquo;un rapport du Conseil de l&amp;rsquo;Europe d&#233;non&#231;ait en octobre 2009 &quot;l&amp;rsquo;occupation de la partie du territoire d&amp;rsquo;un Etat membre, le nettoyage ethnique et l&amp;rsquo;absence de droit d&amp;rsquo;acc&#232;s pour les organisations humanitaires&quot;. Relativit&#233; et relative volatilit&#233; : &quot;rien n&amp;rsquo;a chang&#233; en ce qui concerne la situation politique ou la situation humanitaire et si quelque chose a chang&#233;, la direction de ces changements est au pire&quot;. &#13;&#10;Parlons de cette relativit&#233; pour les victimes d&amp;rsquo;assassinats politiques, que l&amp;rsquo;on a vu se multiplier en 2009 et dont en France on ne retient que quelques noms (Anna Politkovska&#239;a, tu&#233;e en 2006 &#224; Moscou ou Stanislav Markelov, sp&#233;cialiste des crimes en Tch&#233;tch&#233;nie abattu en plein jour en janvier 2009). &#13;&#10;Parlons de la relativit&#233; de l&amp;rsquo;Etat de droit en Russie et de la relative volatilit&#233; de son syst&#232;me judiciaire, sept ans apr&#232;s l&amp;rsquo;arrestation pour escroquerie et fraude fiscale de Mikha&#239;l Khodorkovski, un temps homme le plus riche de Russie, d&#233;sormais prisonnier politique le plus connu, dont le cas est depuis le d&#233;but du mois en partie entre les mains des juges europ&#233;ens. Mikha&#239;l Khodorkovski, ancien patron de la soci&#233;t&#233; p&#233;troli&#232;re Ioukos, aujourd&amp;rsquo;hui d&#233;mantel&#233;e (ses actifs ont &#233;t&#233; capt&#233;s par Gazprom et Rosneft), accus&#233; avec son ex-associ&#233;, Platon Lebedev, d&amp;rsquo;avoir d&#233;tourn&#233; plus de p&#233;trole que Ioukos n&amp;rsquo;en produisait. &#13;&#10;  &#13;&#10;  &#13;&#10;&quot;Les v&#233;rit&#233;s les plus oppos&#233;es s&amp;rsquo;accordent bien quand elles ne sont que relatives&quot;. Mais lorsqu&amp;rsquo;elles ne le sont pas ?  &#13;&#10;Nicolas Sarkozy pouvait feindre d&amp;rsquo;ignorer la r&#233;alit&#233; de la situation des droits de l&amp;rsquo;homme en Russie. D&#233;cider de ne pas aborder la question des violations quotidiennes des libert&#233;s. C&amp;rsquo;est son choix en tant que chef de l&amp;rsquo;Etat, et les comptes se feront dans deux ans maintenant. Mais pouvait-il saluer l&amp;rsquo;attachement de Medvedev &quot;&#224; l&amp;rsquo;Etat de droit, au respect des lois, &#224; la s&#233;curit&#233; juridique, &#224; la d&#233;fense des droits de l&amp;rsquo;homme&quot; ? Saluer &quot;les id&#233;es qui sont les [siennes] contre la corruption, l&amp;rsquo;Etat de droit, le respect de la parole donn&#233;e&quot; ? &#13;&#10;Lorsque Medvedev et Sarkozy partagent une danse, le premier peut pi&#233;tiner all&#233;grement les droits de l&amp;rsquo;homme. Car, par son discours, le second les foule &#233;galement all&#232;grement du pied. &#13;&#10; &#13;&#10;&quot;Les v&#233;rit&#233;s les plus oppos&#233;es s&amp;rsquo;accordent bien quand elles ne sont que relatives&quot;. &#13;&#10;Peut-&#234;tre, au fond, Nicolas Sarkozy, en nous pr&#233;sentant deux images si tranch&#233;es de la situation des droits de l&amp;rsquo;homme en Russie alors que l&amp;rsquo;ensemble des sp&#233;cialistes de la question s&amp;rsquo;accordent &#224; affirmer qu&amp;rsquo;aucune &#233;volution n&amp;rsquo;a pu &#234;tre observ&#233;e &amp;ndash; quand ils ne parlent pas de d&#233;gradation &amp;ndash;, consid&#232;re-t-il que les droits de l&amp;rsquo;homme ne sont qu&amp;rsquo;une r&#233;alit&#233; toute relative. Une n&#233;cessit&#233; toute accessoire. &#13;&#10;On savait que le respect des droits de l&amp;rsquo;homme n&amp;rsquo;&#233;tait pas une v&#233;rit&#233; en Russie. On voit sa relative importance aux yeux du pr&#233;sident fran&#231;ais &amp;ndash; d&#233;j&#224; en question lors de l&amp;rsquo;installation dans le parc de l&amp;rsquo;H&#244;tel Marigny de la tente du colonel Kadhafi &amp;ndash; se confirmer.  &#13;&#10;Opter pour une realpolitik plut&#244;t que pour la politique des droits de l&amp;rsquo;homme vis-&#224;-vis de la F&#233;d&#233;ration de Russie n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;un choix de politique ext&#233;rieure contestable.  &#13;&#10;Remettre &#224; la Russie, en France, un brevet de d&#233;fenseur des droits de l&amp;rsquo;homme et de protecteur de l&amp;rsquo;Etat de droit pour ne pas avoir &#224; assumer publiquement un nouveau renoncement aux engagements &amp;ndash; sans doute opportunistes &amp;ndash; de la campagne pr&#233;sidentielle, est une d&#233;cision politique condamnable. &#13;&#10; &#13;&#10;&quot;Les v&#233;rit&#233;s les plus oppos&#233;e s&amp;rsquo;accordent bien quand elles ne sont que relatives&quot;.  &#13;&#10;Un mot pour finir sur cette phrase. Elle est de Darlu, professeur de philosophie m&#233;connu. M&#233;connu mais admir&#233; par Marcel Proust, dont Sarkozy s&amp;rsquo;inspire sans doute; &#171; Nous n&amp;rsquo;arrivons pas &#224; changer les choses suivant notre d&#233;sir, mais peu &#224; peu notre d&#233;sir change &#187;. Elle est de Darlu, &#224; la veille de la Premi&#232;re guerre mondiale. A cette &#233;poque, la France et la Russie n&amp;rsquo;&#233;taient-elles pas militairement alli&#233;es ?. &#13;&#10; &#160; &#13;&#10;  A lire aussi  : &#13;&#10; -  Quand les march&#233;s s'en prennent &#224; la souverainet&#233; des Etats  &#13;&#10; - ' Halal-uia ?'  &#13;&#10; -  La bataille des mots : 'Gardes &#224; vue'  </description>
         <pubDate>03/09/10 11:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-3211-sur_une_visite_de_medvedev_a_paris.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>Cette semaine, <a href="http://www.cartessurtable.eu/alaune.html">cartessurtable.eu</a> revient sur la visite en France du pr&eacute;sident Medvedev.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La visite en France du pr&eacute;sident de la F&eacute;d&eacute;ration de Russie, Dimitri Medvedev, nouvel &quot;ami&quot; du Pr&eacute;sident Sarkozy, est une jolie valse &agrave; trois temps.<br />
Au premier temps de la valse, la Russie s&rsquo;engage &agrave; durcir sa position au Conseil de s&eacute;curit&eacute; des Nations Unies sur la question iranienne. Les mauvaises langues parleront d&rsquo;un temps pour rien : le pouvoir de veto de la Chine suffit largement &agrave; l&rsquo;Iran. Mais pr&eacute;f&eacute;rons un instant les beaux parleurs &agrave; ces mauvais parleurs l&agrave;.<br />
Au deuxi&egrave;me temps de la valse, &quot;on est deux, tu es dans mes bras&quot; : Sarkozy et Medvedev s&rsquo;embrassent, l&rsquo;accord est parfait autour de la vente de porte-h&eacute;licopt&egrave;res Mistral &agrave; la Russie. L&rsquo;acquisition de ces navires de guerre fran&ccedil;ais inqui&egrave;te les voisins baltes. Mais il n&rsquo;est pas tout &agrave; fait ill&eacute;gitime de penser &eacute;galement &agrave; la bouff&eacute;e d&rsquo;air qu&rsquo;un tel contrat pourrait repr&eacute;senter pour les chantiers navals.<br />
Au troisi&egrave;me temps de la valse, la danse prend des airs de rock acrobatique. Hier &ndash; enfin, n&rsquo;exag&eacute;rons rien, il y a trois ans tout de m&ecirc;me &ndash;, Nicolas Sarkozy ne voulait voir&nbsp; &quot;la France des droits de l&rsquo;homme&quot; se taire ni face aux &quot;assassinats de journalistes&quot; russes, ni face aux &quot;200 000 morts des guerres de Tch&eacute;tch&eacute;nie&quot;. Mardi 2 mars, il vantait &ndash; il vendait ? &ndash; l&rsquo;attachement de son homologue russe &agrave; &quot;l&rsquo;Etat de droit&quot; et &agrave; la &quot;d&eacute;fense des droits de l&rsquo;homme&quot; lors d&rsquo;un d&icirc;ner au palais de l&rsquo;Elys&eacute;e. &quot;Les v&eacute;rit&eacute;s les plus oppos&eacute;es s&rsquo;accordent bien quand elles ne sont que relatives&quot;. Parlons donc un peu de la relativit&eacute; &ndash; et de la relative volatilit&eacute; &ndash; des droits de l&rsquo;homme en Russie.<br />
<br />
Parlons de cette relativit&eacute; dans les relations avec la G&eacute;orgie, plus d&rsquo;un an apr&egrave;s l&rsquo;invasion d&rsquo;ao&ucirc;t 2008, alors qu&rsquo;un rapport du Conseil de l&rsquo;Europe d&eacute;non&ccedil;ait en octobre 2009 &quot;l&rsquo;occupation de la partie du territoire d&rsquo;un Etat membre, le nettoyage ethnique et l&rsquo;absence de droit d&rsquo;acc&egrave;s pour les organisations humanitaires&quot;. Relativit&eacute; et relative volatilit&eacute; : &quot;rien n&rsquo;a chang&eacute; en ce qui concerne la situation politique ou la situation humanitaire et si quelque chose a chang&eacute;, la direction de ces changements est au pire&quot;.<br />
Parlons de cette relativit&eacute; pour les victimes d&rsquo;assassinats politiques, que l&rsquo;on a vu se multiplier en 2009 et dont en France on ne retient que quelques noms (Anna Politkovska&iuml;a, tu&eacute;e en 2006 &agrave; Moscou ou Stanislav Markelov, sp&eacute;cialiste des crimes en Tch&eacute;tch&eacute;nie abattu en plein jour en janvier 2009).<br />
Parlons de la relativit&eacute; de l&rsquo;Etat de droit en Russie et de la relative volatilit&eacute; de son syst&egrave;me judiciaire, sept ans apr&egrave;s l&rsquo;arrestation pour escroquerie et fraude fiscale de Mikha&iuml;l Khodorkovski, un temps homme le plus riche de Russie, d&eacute;sormais prisonnier politique le plus connu, dont le cas est depuis le d&eacute;but du mois en partie entre les mains des juges europ&eacute;ens. Mikha&iuml;l Khodorkovski, ancien patron de la soci&eacute;t&eacute; p&eacute;troli&egrave;re Ioukos, aujourd&rsquo;hui d&eacute;mantel&eacute;e (ses actifs ont &eacute;t&eacute; capt&eacute;s par Gazprom et Rosneft), accus&eacute; avec son ex-associ&eacute;, Platon Lebedev, d&rsquo;avoir d&eacute;tourn&eacute; plus de p&eacute;trole que Ioukos n&rsquo;en produisait.</p>
<p></p>
<p><br />
&quot;Les v&eacute;rit&eacute;s les plus oppos&eacute;es s&rsquo;accordent bien quand elles ne sont que relatives&quot;. Mais lorsqu&rsquo;elles ne le sont pas ? <br />
Nicolas Sarkozy pouvait feindre d&rsquo;ignorer la r&eacute;alit&eacute; de la situation des droits de l&rsquo;homme en Russie. D&eacute;cider de ne pas aborder la question des violations quotidiennes des libert&eacute;s. C&rsquo;est son choix en tant que chef de l&rsquo;Etat, et les comptes se feront dans deux ans maintenant. Mais pouvait-il saluer l&rsquo;attachement de Medvedev &quot;&agrave; l&rsquo;Etat de droit, au respect des lois, &agrave; la s&eacute;curit&eacute; juridique, &agrave; la d&eacute;fense des droits de l&rsquo;homme&quot; ? Saluer &quot;les id&eacute;es qui sont les [siennes] contre la corruption, l&rsquo;Etat de droit, le respect de la parole donn&eacute;e&quot; ?<br />
Lorsque Medvedev et Sarkozy partagent une danse, le premier peut pi&eacute;tiner all&eacute;grement les droits de l&rsquo;homme. Car, par son discours, le second les foule &eacute;galement all&egrave;grement du pied.<br />
<br />
&quot;Les v&eacute;rit&eacute;s les plus oppos&eacute;es s&rsquo;accordent bien quand elles ne sont que relatives&quot;.<br />
Peut-&ecirc;tre, au fond, Nicolas Sarkozy, en nous pr&eacute;sentant deux images si tranch&eacute;es de la situation des droits de l&rsquo;homme en Russie alors que l&rsquo;ensemble des sp&eacute;cialistes de la question s&rsquo;accordent &agrave; affirmer qu&rsquo;aucune &eacute;volution n&rsquo;a pu &ecirc;tre observ&eacute;e &ndash; quand ils ne parlent pas de d&eacute;gradation &ndash;, consid&egrave;re-t-il que les droits de l&rsquo;homme ne sont qu&rsquo;une r&eacute;alit&eacute; toute relative. Une n&eacute;cessit&eacute; toute accessoire.<br />
On savait que le respect des droits de l&rsquo;homme n&rsquo;&eacute;tait pas une v&eacute;rit&eacute; en Russie. On voit sa relative importance aux yeux du pr&eacute;sident fran&ccedil;ais &ndash; d&eacute;j&agrave; en question lors de l&rsquo;installation dans le parc de l&rsquo;H&ocirc;tel Marigny de la tente du colonel Kadhafi &ndash; se confirmer. <br />
Opter pour une realpolitik plut&ocirc;t que pour la politique des droits de l&rsquo;homme vis-&agrave;-vis de la F&eacute;d&eacute;ration de Russie n&rsquo;est qu&rsquo;un choix de politique ext&eacute;rieure contestable. <br />
Remettre &agrave; la Russie, en France, un brevet de d&eacute;fenseur des droits de l&rsquo;homme et de protecteur de l&rsquo;Etat de droit pour ne pas avoir &agrave; assumer publiquement un nouveau renoncement aux engagements &ndash; sans doute opportunistes &ndash; de la campagne pr&eacute;sidentielle, est une d&eacute;cision politique condamnable.<br />
<br />
&quot;Les v&eacute;rit&eacute;s les plus oppos&eacute;e s&rsquo;accordent bien quand elles ne sont que relatives&quot;. <br />
Un mot pour finir sur cette phrase. Elle est de Darlu, professeur de philosophie m&eacute;connu. M&eacute;connu mais admir&eacute; par Marcel Proust, dont Sarkozy s&rsquo;inspire sans doute; &laquo; Nous n&rsquo;arrivons pas &agrave; changer les choses suivant notre d&eacute;sir, mais peu &agrave; peu notre d&eacute;sir change &raquo;. Elle est de Darlu, &agrave; la veille de la Premi&egrave;re guerre mondiale. A cette &eacute;poque, la France et la Russie n&rsquo;&eacute;taient-elles pas militairement alli&eacute;es ?.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>A lire aussi </strong>:</p>
<p>- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-3193-quand_les_marches_sen_prennent_a_la_souverainete_des_etats.htm">Quand les march&eacute;s s'en prennent &agrave; la souverainet&eacute; des Etats</a></p>
<p>- '<a href="http://www.nonfiction.fr/article-3168-halal_luia_.htm">Halal-uia ?'</a></p>
<p>- <a href="http://www.nonfiction.fr/article-3145-la_bataille_des_mots__gardes_a_vue.htm">La bataille des mots : 'Gardes &agrave; vue'</a></p> 
		]]></content:encoded>
      </item>
      <item>
         <title>Tout le monde en parle...</title>
         <link>http://www.nonfiction.fr/article-3221-tout_le_monde_en_parle.htm</link>
         <description> Benjamin Biolay aux Victoires de la musique ? Voici ce dont tout Paris parle et bruisse ces derniers jours, y compris dans le Journal de Carla B. dans le Canard Enchain&#233;, mais dont personne ne parle vraiment sauf les canadiens : voir  article . &#13;&#10; Ca c'est de la non fiction. </description>
         <pubDate>03/08/10 13:00:00 CET</pubDate>
         <guid isPermaLink="true">http://www.nonfiction.fr/article-3221-tout_le_monde_en_parle.htm</guid>
		 <content:encoded><![CDATA[ <p>Benjamin Biolay aux Victoires de la musique ? Voici ce dont tout Paris parle et bruisse ces derniers jours, y compris dans le Journal de Carla B. dans le Canard Enchain&eacute;, mais dont personne ne parle vraiment sauf les canadiens : voir <a href="http://www.matin.qc.ca/articles/20100310163418/carla_bruni_benjamin_biolay_rumeurs_daventure.html">article</a>.</p>
<p>Ca c'est de la non fiction.</p> 
		]]></content:encoded>
      </item>
   </channel>
</rss>