Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS. 
Jacques Julliard, entretien à nonfiction.fr
Il faut néanmoins apporter une précision. Le lecteur pourrait s’étonner de l’affirmation selon laquelle le théisme à une valeur prédictive. Mais cette affirmation n’est rendue possible que par un tour de passe-passe : Swinburne décide d’appeler « prédiction » toute explication, y compris celle de faits passés et présents, sous prétexte que le fait de savoir si oui ou non la théorie peut vraiment nous amener à faire des prédictions sur le futur n’est pas épistémologiquement pertinent. On entendrait presque Popper se retourner dans sa tombe. Il ne faut donc pas prendre Swinburne au pied de la lettre quand il vante la valeur « prédictive » de l’hypothèse théiste : traduit dans le langage commun, cela signifie juste que cette hypothèse a une valeur « explicative ». Mais passons.
L’argument par l’ordre du monde
Il faut donc prouver que, pour une (ou plusieurs) classe(s) de phénomènes, le théisme est la théorie la plus simple. Swinburne met ainsi en compétition trois théories distinctes. La première, le théisme affirme que Dieu existe et qu’il est l’auteur du monde. La seconde, que Swinburne appelle le matérialisme affirme que tout ce qui arrive dans le monde est causé par les réalités qu’étudient la physique (mais pas que tout ce qui existe est physique, parce que pour Swinburne une telle théorie, qui est ce que l’on appelle couramment matérialisme, est « à l’évidence erronée » – sic !). La troisième, l’humanisme, est la théorie selon laquelle ce qui arrive dans ce monde doit être expliqué par l’action de deux types d’entité : celles qu’étudient la physique et des personnes.
Les chapitres 4 à 7 confrontent ces trois théories à quatre types de phénomènes : le monde et son ordre (chapitre 4), l’existence humaine (chapitre 5), le mal (chapitre 6) les expériences religieuses et les miracles (chapitre 7). En fait, (pour des raisons qui seront précisées plus bas) seuls les chapitres 4 et 5 sont de véritables arguments en faveur de l’existence de Dieu, et le chapitre 4 est en fait le plus convaincant. C’est pourquoi nous allons entrer dans son détail.
L’argument prend pour point de départ l’existence du monde et de son « ordre ». Partant du principe que « l’état de chose probablement le plus naturel serait qu’il n’existe tout simplement rien » (pourquoi ?), il faut que quelque chose soit apparu au hasard. Mais les particules élémentaires qui composent notre monde physique ont cette fantastique propriété de justement posséder toutes les mêmes propriétés, ce qui rend le monde si ordonné. N’est-ce pas un fantastique hasard que toutes ces particules aient exactement les mêmes propriétés ? et que celles-ci restent identiques au cours du temps ? Comment l’expliquer ? Le matérialisme et l’humanisme sont là confrontés à un grand nombre de faits premiers et inexplicables. Le théisme leur est supérieur : il suppose un seul fait inexplicable (l’existence de Dieu) qui permet d’expliquer tous les autres faits en manque d’explication. L’hypothèse théiste serait donc préférable parce qu’elle laisse un moins grand nombre de faits inexpliqués et postule l’existence d’une seule entité (Dieu) au lieu d’une foultitude de particules semblables. L’argument est complété par un autre, proche, qui part de l’observation selon laquelle il était peu probable que les lois de la nature soient favorables à l’apparition de la vie, ce qui encore une fois s’explique plus facilement en postulant l’existence de Dieu (le fameux argument « anthropique »).
14 commentaires
Florian Cova
(Et puis, l'existence du FSM est réfuté par le fait que les pirates aient disparu, non ?)
Maître Nouillesque
Lama Teurdam
Pour ma part, j'y ai renoncé, c'est pourquoi j'aurais aimé en savoir un peu plus sur son argumentation quant au Mal.
Florian Cova
Sylvain Reboul
le Dieu chrétien et créationniste est tout sauf rationnellement simple: la trinité, l'incarnation , la résurrection sont des mystères. Comment concilier mystère et explication rationnelle simple? Mystère...