Albanel s'exprime sur le Salon du livre
[mardi 04 mars 2008 - 10:30]
Christine Albanel, Ministre de la culture, déplore "les prises de position récentes appelant à ne pas participer à la 28e édition du
Salon du livre de Paris, au motif que la littérature d’Israël en sera l’invité d’honneur". C'est ce que nous dit
Livres Hebdo, reprenant en ceci un communiqué de presse paru le 2 mars. Le salon du livre doit pour elle être un lieu d'échange et de débat libre, "propice au dialogue le plus ouvert entre les cultures". Le Syndicat national du livre (
SNE) s'aligne sur cette position, soulignant que "l'invitation d'une littérature étrangère au Salon du livre de Paris n'est pas un acte politique, mais la proposition d'un dialogue entre les cultures. Boycotter des écrivains ne fera rien avancer, bien au contraire".
Le Monde publiait récemment un
article critique de Tariq Ramadan, professeur islamologue à l'université d'Oxford, qui appelait au
boycott de la
Foire du livre de Turin, mais à une présence critique au Salon de Paris. La différence serait l'approche, car c'est l'État d'Israël qui est célébré à Turin, alors que c(e n)'est (que) la littérature israélienne qui est à l'honneur à Paris. Israélienne ? Pas tout à fait, comme le remarque l'auteur / éditeur Mikaël Parienté dans un point de vue publié dans
Libération le 29 février, intitulé "
Littérature hébraïque ou israélienne ?".
Il faut reconnaître que pour être cohérents, créer les conditions de débats libres, de rencontres fructueuses, cette mise à l'honneur d'Israël à travers ses seules écritures en hébreu n'était pas du plus judicieux, et constitue quoi qu'on en dise un acte politique, malgré soi et maladroit peut-être. Par ailleurs, comme le remarque le SNE, "l'invitation d'Israël en 2008 a été annoncée il y a plus d'un an : les pays qui viennent d'annuler leur stand l'avaient réservé en connaissance de cause. Cela n'empêche pas certains éditeurs de ces pays de vouloir venir quand même à titre individuel".
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crédit photo : chany14/flickr.com
6 commentaires
Jardinier
GIBERNEUR
Samm
Je crois au boycott en tant qu'acte individuel pas lorsqu'il est ordonné par un Etat ou une organisation, souvent à des fins de politique intérieure. Mais le choix de l'invité, à cette occasion, dans cette forme et dans le contexte actuel tient de la provocation- involontaire je l'espère.
Plutôt que de créer les conditions du débat, l'initiative braque les uns contre les autres.
L'intelligentsia arabe n'est pas prête de lire Amos Oz...Et c'est bien dommage
paranoia
Assez ordinaire effectivement
Pas de quoi s'inquiéter, a mon avis.