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Littérature

Agatha Christie. La romance du crime

Couverture ouvrage

François Rivière
Editions de La Martinière , 214 pages

La Reine du crime
[mardi 19 février 2013]


Une biographie richement illustrée nous en apprend un peu plus sur Agatha Christie.

L’évocation de son nom, qui n’était d’ailleurs autre que celui de son premier mari Archibald Christie, suffit à faire émerger une part d’enfance et à évoquer l’un des phénomènes littéraires les plus marquants du XXe siècle. D’un côté, la silhouette débonnaire et la moustache retournée de Peter Ustinov dans Mort sur le Nil et, de l’autre, des dizaines de millions d’exemplaires vendus dans le monde entier ; et ce de son vivant, même dès le début de sa carrière d’écrivain. Entre l’un et l’autre medium, il y a donc une femme exceptionnelle dont on prendra plaisir à découvrir les principaux jalons de son existence dans la biographie richement illustrée qui vient de lui être consacrée par François Rivière.

Il est bien sûr hors de question en si peu de lignes de résumer la vie et l’œuvre d’une telle figure car le livre le fait bien mieux. C’est son objet. Il n’est pas non plus question d’en dévoiler trop. Ce ne serait pas du jeu vis-à-vis de l’auteur de cette biographie et de son sujet, car Agatha Christie semblait elle-même bien joueuse. Sinon, en effet, comment expliquer un tel goût pour le mystère et un tel talent pour mystifier autant que dépayser le lecteur ? Le parti est pris de pointer certaines balises d’un archipel décidément aussi foisonnant que troublant.

Agatha Christie était une bonne nageuse, à même de surfer sur les vagues au large du Cap. Quel est le rapport ? Il est simplement entre l’écrivain et la personne car le premier, en une image décidément trop figée, prend souvent le dessus sur la seconde. On manque de visibilité. On ne s’interroge pas assez. Et si l’œuvre, la grande, la respectable et respectée, avait à voir avec des vérités aussi triviales que sa terrible gourmandise, son talent pour la décoration intérieure, le soin qu’elle apportait aux pivoines blanches et à ses chiens ? Et si avoir été mère ne l’avait pas vraiment intéressée ? Et si cet état l’avait même incommodée ? Et si elle avait nettement préféré le rôle de grand-mère, se faire appeler “Nima” et écrire des contes, même des poèmes, pour enfants ? Et si tout cela formait un tout nommé “Agatha” ? Et s’il fallait résolument cesser de ne voir, de n’encenser, qu’une partie – au hasard, l’intellectuelle et la plus asexuée – de ce tout ? C’est en tout cas l’une des réflexions qu’inspire cet ouvrage au fil de pages abondant en photographies et citations diverses.

Il appelle à une autre moins centrée sur les relations auteure-personne qu’auteure-œuvre : laquelle engendre l’autre ? Laquelle est la plus nécessaire à l’autre ? Qui nourrit, qui vampirise qui ? On touche aux ressorts de l’écriture – l’ingénieuse Agatha Christie avouant elle-même une forme de passivité, de soumission (le comble, ou la logique, chez cette hyperactive) – face à une force irrépressible. La crânerie semble au premier abord l’emporter et l’écriture conférer une marge d’historicité. N’écrit-elle pas, en 1969, alors au soir de sa trépidante vie : “Je me suis mariée à 24 ans ; nous avons été heureux onze ans. Puis ma mère est décédée de façon pénible et mon mari a connu une autre femme. Voilà : vous n’écrivez pas votre destin, c’est lui qui vient à vous. Tandis qu’avec vos personnages, vous faites ce que vous voulez” .

Après la crânerie, pas forcément déplacée ni fausse, force est de constater qu’il faut déposer les armes, accepter le mystère, être au-delà ou en-deçà du manigancé à plume, enfin à clavier. Dans le roman Le Vallon, derrière la figure d’une femme sculpteur, Agatha Christie admet cette part d’indicible qui explique l’entrée en écriture : “On sculpte parce qu’on ne peut pas faire autrement, parce que le besoin de sculpter est en vous, parce qu’un démon vous habite qui vous harcèlera jusqu’à ce que vous lui ayez donné satisfaction, jusqu’à ce que vous vous soyez délivrée de l’œuvre que vous portez” .

Au cimetière St Mary, à Cholsey où elle repose, il est simplement écrit sur la stèle : “Agatha Christie, The Writer (1890-1976)”. Éternelle pénitence ou délivrance ? Qu’a pu l’écriture pour cet écrivain couronné de tous les succès ?

 

* A lire aussi sur Nonfiction.fr :
Agatha Christie démasquée
Une mystérieuse affaire de style

 

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