La phrase

Le désespoir me paraît éminemment raisonnable et ennuyeux. Je n’ai aucune patience face à des artistes dont la fonction première est de formuler l’impossibilité de leur art, qui en un sens font de la mélancolie un produit de consommation – tout comme je ne m’intéresse pas aux artistes qui sont exclusivement affirmatifs et qui ont fait de la stupidité de la culture un fétiche commercial. Les ballons en forme de chiens, etc. Je crois que le plaisir sexuel, la couleur étrange du ciel après un orage, le flot des feux arrière des voitures sur un pont ou la façon dont le silence s’affine ou s’épaissit avant que la musique ne commence – le politique doit harnacher tout cela. Le politique doit poser un harnais sur le libidinal.  

Ben Lerner, The Believer, septembre 2014 (traduction de nonfiction)

C N L

CNL
RESET, une nouvelle revue en sciences sociales
[vendredi 15 février 2013 - 14:00]

* Cet article est accompagné d'un disclaimer. Vous pouvez en prendre connaissance en fin d'article.

 

Que change, ou ne change pas, la diffusion exponentielle d'Internet dans le monde social ? C'est l'une des nombreuses questions sur lesquelles s'attardera RESET. Recherches en Sciences Sociales sur Internet. Semestrielle, bilingue (français-anglais), en ligne, cette nouvelle revue scientifique a pour objectif de publier "des études dans lesquelles Internet est apparu comme un terrain d’enquête utile et nécessaire à la compréhension de certains phénomènes sociaux".

Le projet de cette revue n'est pas que thématique, mais repose, d'après le texte de présentation disponible en ligne, "sur le constat que de nombreuses études voient dans l’apparition d’Internet un changement social tellement radical qu’il invaliderait bon nombre d’analyses antérieures. Les observations des espaces en ligne et des pratiques de connexion laisseraient entrevoir un "Nouveau Monde", au sein duquel les individus agiraient selon des logiques sociales inédites. RESET s’oppose à cette approche, refusant d’aborder exclusivement Internet en termes d’innovations ex nihilo. Il n’y a aucune raison de penser que les nouveautés suscitées en général par les Techniques de l’Information et de la Communication (TIC) ne relèvent pas, sur le plan de la connaissance du social, d’une prolongation des processus de civilisation ou de désenchantement du monde, d’une reconfiguration des formes instaurées de distinction culturelle, des dispositifs de gouvernementalité ou de performativité du genre, d’une production d’espaces sur lesquels prennent place des rites d’interaction, des stratégies matrimoniales et économiques, des expressions obligatoires des sentiments ; force est de constater que tous ces mécanismes sont apparus bien avant la découverte même de l’électricité. Aussi, si l’on a longtemps considéré Internet comme un "faux" monde social, cru à un Grand Partage opposant le hors-ligne "réel" au en ligne "virtuel", cette revue prend le parti d’une reconnaissance de cet outil comme un dispositif bel et bien matériel de communication, ne devant être ni stigmatisé, ni valorisé."

Le premier numéro vient de paraître. Pour donner un signal fort de cette ambition éditoriale, il s'attaque à l'une des notions les plus constitutives et les plus controversées des sciences sociales depuis le dix-neuvième siècle : "Des classes sociales 2.0 ?". Que dire des classes sociales et de la stratification à l'heure d'Internet ? Les autres numéros proposeront des questionnements tout autant essentiels, re-appréhendés au prisme du réseau : famille, santé mentale, jeux, critique....

 

Plus d'informations sur www.journal-reset.org

 

Baptiste BROSSARD
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