La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

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Schnitzler : une réception décortiquée
[mardi 16 octobre 2012 - 09:00]
Littérature
Couverture ouvrage
Arthur Schnitzler et la France (1894-1938). Enquête sur une réception
Éditeur : Presses universitaires du Septentrion
338 pages / 25,65 € sur
Résumé : Les passionnés de Schnitzler se pencheront avec délices sur les propos tenus à son endroit en France, et les chercheurs en sociologie de la réception se passionneront pour un ouvrage qui fait connaître les voies et moyens de la réception d’une œuvre d’art hors de son contexte de référence.
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L’idée générale est résumée par une expression pertinente. L’auteur parle et cite les “importateurs littéraires” qui ont joué un rôle dans ce passage. Il s’agit évidemment des traducteurs, maisons d’édition, hommes et femmes de théâtre qui ont ouvert le champ littéraire français à cet écrivain. Mais du même coup, le repérage de ces “importateurs littéraires” désigne aussi en creux la connaissance que l’on avait à l’époque de la littérature allemande. On connaissait Hauptmann et Sudermann (passés au second rang désormais), mais pas du tout Hofmannsthal ni les Mann, ni Döblin.

Au demeurant, Schnitzler lui-même a souhaité que ses œuvres soient traduites en français. Cet intérêt pour la traduction devient de plus en plus manifeste, dès qu’il se sent de plus en plus écrivain et tente de vivre de sa plume. Il abandonne, en effet, son métier de médecin, en 1894.

Quoi qu’il en soit, le rôle des intermédiaires est essentiel dans la réception d’une œuvre à l’étranger. La connaissance qu’un public donné peut avoir d’un auteur semble en effet être liée à un réseau de relations qui permettent à son œuvre d’être reçue dans le pays d’accueil. Traductions, publications, mises en scènes, articles critiques et comptes rendus concernant une œuvre fabriquent le terreau de la réception.

Ce sont les correspondances de Schnitzler et les informations relevées dans les lettres publiées comme dans celles, inédites, conservées, pour la plupart, aux Archives de la littérature allemande à Marbach, qui ont permis d’établir la chronologie de l’accueil de son œuvre en France, et dans les pays francophones européens. C’est à l’aide de ces documents que l’auteur insiste sur les deux parties constitutives de cette réception ici étudiée : les années 1894 à 1914 (où l’on écarte de France la “pensée allemande” pour des raisons qu’il n’est guère besoin de rappeler), qui marquent le premier contact du public français avec Schnitzler, et puis les années 1922 à 1938. Pour chacun de ces périodes, l’auteur détaille avec précision les chronologies dégagées, les noms des publications qui font mention de Schnitzler, les analyses de cette réception par la critique journalistique et universitaire. Il fait le décompte des traductions, des éditions, des représentations de ces œuvres. Épargnons-en le résumé au lecteur de ce bref compte rendu. Les lecteurs intéressés trouveront évidemment dans ces pages les ressources qu’ils peuvent en attendre.

Inutile aussi d’insister sur le fait que la césure est bien “naturellement” provoquée par la Première Guerre mondiale, après laquelle il faudra plusieurs années pour que les milieux littéraires et le public français s’intéressent à nouveau à l’auteur viennois. Faut-il signaler aussi que ce phénomène se reproduira à nouveau après la Seconde Guerre mondiale.

Enfin, l’auteur n’évite pas de nous introduire à des querelles que nous avons oubliées. Pour mieux introduire Schnitzler en France, certains auteurs et journalistes n’hésitent pas à le présenter comme un auteur “très parisien” ; d’autres au contraire veulent mettre en avant la particularité qui distinguerait la littérature autrichienne à la fois de la littérature allemande et de la littérature française (en l’occurrence son “naturalisme”).

D’un mot, donc, Schnitzler réussit relativement tôt dans sa carrière à pénétrer le marché littéraire français. Très vite il est considéré comme un représentant important d’un groupe qui commence à être connu sous le nom de la “jeune Vienne”, mais très vite aussi il est cantonné dans un certain genre, celui de la pièce en un acte et des nouvelles. Ce n’est que dans la seconde période de cette réception que ses ouvrages plus conséquents sont pris en compte. Il y fallut de longues batailles de Schnitzler avec les traducteurs et les éditeurs.

Comme on l’entend au travers de ce compte rendu, cet ouvrage peut être lu pour deux raisons au moins. Celles qui tiennent à l’amour des belles lettres et qui cherchent à savoir comment on lit un auteur étranger dans un pays. Celles qui tiennent à la sociologie de la réception et qui suggèrent de puiser dans cet ouvrage une méthodologie de recherche et d’exposition à l’endroit de toute réception artistique ou littéraire.
 

Christian RUBY
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Titre du livre : Arthur Schnitzler et la France (1894-1938). Enquête sur une réception
Auteur : Karl Zieger
Éditeur : Presses universitaires du Septentrion
Date de publication : 20/09/12
N° ISBN : 2757403958
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