Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS. 
Jacques Julliard, entretien à nonfiction.fr

En somme, une analyse centrée sur la forme bien plus que sur le fond, dont le mérite est la rigueur et la crédibilité, mais qui risque souvent de passer à côté de son objet d’étude : en se limitant aux formes de la théâtralité, il semble bien que l’on ne parvienne qu’à en retrouver les manifestations, les indices ; tout en laissant de côté son essence, ainsi que ses raisons d’être et ses justifications. Le chapitre se proposant d’étudier la recherche d’un nouvel humanisme chez Vigny commet un écueil comparable : en morcelant à l’extrême son approche de la notion d’humanisme (distinction, d’abord, entre un aspect social et éthique, et un aspect plus théorique et moral ; puis analyse de questions morales particulières, comme la guerre, les rapports entre les peuples, la religion, l’honneur etc.), l’auteur peine à trouver une conclusion englobante, et semble perdre de vue son objet d’étude initial, bien que chaque analyse particulière soit intéressante et bien menée.
Cet ensemble d’articles est l’œuvre d’un critique conscient de ses biais et de ses failles : dans le dernier chapitre (“Au fil d’une œuvre : une interprétation”), André Jarry reconnaît la part de subjectivité inhérente à son approche d’Alfred de Vigny. Lorsqu’il retrace brièvement le parcours de ses affinités avec l’écrivain, la figure du critique acquiert un rare relief : l’instance impersonnelle qui interprète les textes, le “je” insaisissable qui se cache derrière des conclusions à valeur générale, devient un être humain, fait de pensées, d’émotions, et d’une histoire qui lui sont propres. Une humanité dont André Jarry sait qu’elle ne s’efface jamais totalement lorsqu’il revêt les habits du critique ; d’autant que c’est par le prisme de la psychanalyse qu’il a choisi d’étudier Vigny. Pourtant, ce n’est pas par la subjectivité, ou par les limites de la méthode psychanalytique, que pèchent les conclusions des différents chapitres, et de l’ouvrage dans sa totalité : au contraire, l’extrême prudence dont Jarry fait preuve dans ces études côtoie parfois la frilosité, et risque de laisser sur sa faim un lecteur qui, devant le projet de “rendre justice” à Alfred de Vigny, ne saurait se satisfaire de simples nuances![]()
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