La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL
Pour un renouveau de l’historiographie maghrébine
[jeudi 20 septembre 2012 - 14:45]
Afrique-Maghreb
Couverture ouvrage
Misère de l’historiographie du “Maghreb” post-colonial (1962-2012)
Éditeur : Publications de la Sorbonne
288 pages / 23.75 € sur
Résumé : Un vibrant (et convaincant) plaidoyer en faveur d’un réveil de l’historiographie française sur l’Afrique du Nord.
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L’illusion des études postcoloniales

Le regain d’intérêt pour la question coloniale observé dans la société française à partir des années 2000, ainsi que la demande d’explications engendrée par le “printemps arabe” de 2011 constituent à n’en pas douter de puissants incitateurs à une relance de l’historiographie sur l’Afrique du Nord. Ce n’est pourtant, constate Pierre Vermeren, que partiellement le cas, cette demande sociale arrivant pour ainsi dire à contretemps : “quand les historiens produisaient des thèses dans les années 1980 et 1990, elles trouvaient difficilement preneur chez les éditeurs et elles étaient rarement commentées en France, du fait que la colonisation n’intéressait plus.”   Aujourd’hui que la demande publique renaît, ce sont la politologie, la géopolitique et les sciences sociales qui sont en premier lieu convoquées pour y répondre, notamment parce qu’elles sont “immédiatement accessibles, plus simples (et) offrent des angles polémiques”   quand l’historien est réputé pour ses “nuances discursives (et son) refus d’émettre des jugements moraux sur le passé”  . Qui plus est, le champ historiographique a été envahi ces dernières années par les études postcoloniales venues des départements de littératures comparées des universités américaines. Au coeur de leur promotion, le groupe ACHAC (Association  pour la connaissance de l’histoire de l’Afrique contemporaine) emmené par Pascal Blanchard “qui s’est fait connaître par la publication abondante d’images, d’affiches et de photos de la période coloniale, garantie d’une forte visibilité médiatique et commerciale”  . Or constate Pierre Vermeren, “ces travaux, en dépit d’une accumulation incontestable de connaissances, pratiquent facilement l’amalgame et l’anachronisme, péché véniel de l’historien”  . On aurait donc tort de voir en eux une planche de salut permettant d’introduire à une meilleure compréhension des sociétés nord-africaines : “ce n’est pas en nous intéressant aux héritages postcoloniaux de la société française, ni d’ailleurs en restant polarisés par le traumatisme de l’histoire coloniale, quelle que soit la nécessité de travailler sur ces objets, que l’on absorbera l’autonomie et les réalités du Maghreb au XXe siècle.”  

Le Maghreb pour lui-même

Pierre Vermeren conclut donc son panorama par un plaidoyer un faveur d’un renouveau de la recherche sur l’Afrique du Nord qui commencerait par reconnaître sa singularité pour éviter d’y plaquer des grilles d’analyses étrangères : “il ne s’agit pas d’ériger l’histoire de cette région en totem, mais il est important de la considérer en tant que telle, car elle n’est pas réductible à l’identité arabe du Moyen-Orient. Cette terre aux influences multiples (dont on sous estime systématiquement les échanges avec l’Afrique noire – a forgé une alchimie particulière au sein des sociétés humaines”  . La réalisation d’un tel programme nécessite d’assurer la formation de jeunes chercheurs aux langues (arabes et berbères) locales, ce qui ne se fera évidemment pas en un jour. L’enjeu est de taille car les terrains de recherches qui restent à défricher, et dont Pierre Vermeren dresse un rapide tableau à la fin de son ouvrage, sont tout aussi nombreux que passionnants : rôle de l’armée et des immigrés européens dans la colonisation, mécanismes de la soumission coloniale, essor de l’arabisation sous la domination française, étude des sociétés sahariennes, du rôle des images et des objets culturels en général. Avis aux amateurs….

 

*Lire aussi sur nonfiction.fr :

"Orientalisme et préjugés", recension de l'ouvrage Orientales, par Nejmeddine Khalfallah

"Les intellectuels arabes en France", recension de l'ouvrage du même nom par Mathieu Bouchard

- "La révolution tunisienne et son histoire", recension de l'ouvrage Tunisie : une révolution arabe, par Lilia Blaise

"Tunisie : des identités nationales", recension de l'ouvrage Quand la Tunisie s'invente entre Orient et Occident des imaginaires politiques, par Jean-Paul Gachet

Florian LOUIS
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Titre du livre : Misère de l’historiographie du “Maghreb” post-colonial (1962-2012)
Auteur : Pierre Vermeren
Éditeur : Publications de la Sorbonne
Collection : Internationale
Date de publication : 15/03/12
N° ISBN : 2859446877
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