La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Filmer New York
[mercredi 19 septembre 2012 - 21:00]
Cinéma
Couverture ouvrage
World Film Locations: New York
Éditeur : Intellect Books
128 pages
Résumé : Précis de géographie de New York au cinéma, du Chanteur de Jazz à The Avengers.
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Ville idole pour Woody Allen ("He idolized it all out of proportion"), New York peut tout autant représenter la ville du vice et du pêché chez Martin Scorsese ("They’re all animals anyway. All the animals come out at night: Whores, skunk pussies, buggers, queens, fairies, dopers, junkies, sick, venal. Someday a real rain will come and wash all this scum off the streets" affirme Travis dans Taxi Driver). Si les deux réalisateurs partagent un même attachement pour cette ville, leur interprétation de son urbanité et les formes du paysage urbain sous leur caméra diffèrent largement. Le New York d’Allen (Manhattan, Annie Hall, Hannah et ses sœurs… jusqu’à Whatever Works) est, à l’image de ses personnages, idéalisé, aérien, observé depuis les terrasses, parcs et quais. Il est vu de loin, en panoramique, presque conceptuellement. Dans la quête existentielle des héros du réalisateur, il apparaît comme un contrepoint, un espace de projection du moi, marqueur d’une société bien présente et pourtant si extérieure à des personnages qui se sentent comme « étrangers » en leur royaume. Le New York de Scorsese (Mean Street, Taxi Driver, Raging Bull, Gangs of New York…), au contraire, est incarné, détaillé, historique - les rues de New York sont à décrasser. Chez Scorsese, New York est compris comme un territoire générateur de situations inédites et de conflits - de narration - alors que chez Allen, la ville est d’avantage considéré comme un paysage qui fonctionne dans le prolongement de l’état d’esprit de celui qui regarde - un support d’observation, de réflexion, d’interrogations, de dépression. La matérialité de New York est sans doute un élément décisif dans l’opposition entre les deux réalisateurs quant à leur appropriation de la ville.

Cependant, au-delà de l’idiosyncrasie new yorkaise, comme au delà de sa représentation métonymique de l’Amérique, serait à analyser la façon dont New York, portée par la puissance hollywoodienne et par sa capacité à générer des histoires universelles, est devenue le symbole générique de toute urbanité moderne. Le retour sur Terre des spationautes de La Planète des Singes les amène inévitablement à se poser au cœur de Manhattan, et Martin Scorsese, parlant du New York de Taxi Driver, y voit " une métropole qui représente à mes yeux toutes les grandes villes ". Cette tension entre particularisme et universalisme est sans doute ce qui, encore aujourd’hui, explique la persistance de la représentation de New York au cinéma. .

Axel SCOFFIER
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Titre du livre : World Film Locations: New York
Auteur : Scott Jordan Harris
Éditeur : Intellect Books
Date de publication : 01/12/11
N° ISBN : 1841504823
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