Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS. 
Jacques Julliard, entretien à nonfiction.fr

Pour un peu, le sous-titre de ce livre "encyclopédique" porterait à croire que le périple a duré jusqu’à nos jours. Et que ça y est, la boucle est bouclée avec cette somme réunissant quasiment tout ce qui a été fait et dit, à partir et à propos de l’expédition elle-même. Et des diverses tentatives de retrouver, entre 1785 et 2008, les moindres signe ou vestige d’un voyage vraisemblablement soldé par un naufrage.
L’expédition de Lapérouse débuta 15 ans après celle de Bougainville (1766-1769) qui a nourrit le fantasme du "bon sauvage" rousseauiste et inspiré aux artistes plus d'un Embarquement pour la Nouvelle Cythère . Elles illustrent l'une et l'autre le slogan de l’exposition d’automne, millésime 2012, voulue par le Sénat en son domaine : "Quand les botanistes embarquent, les plantes débarquent ". Il y en eut un, en tout et pour tout, aux côtés de Bougainville ; Lapérouse eut droit à une équipe scientifique plus étoffée (15 personnes) mais composée d’un seul jardinier, deux ingénieurs, un horloger, un interprète de russe, dix savants et artistes, note Dominique Le Brun .
Du 13 au 26 septembre 2012, les parterres de plantes, les repères scénographiques fournis par la Corderie royale de Rochefort (coffres et cordes parfois d’époque) et l’étal de livres sur Bougainville et les Explorateurs présentés dans l’Orangerie du "Luco" remémorent un tournant historique, bien avant la prise de conscience des enjeux de la biodiversité des ces dernières années.
Enjeux de la biodiversité, d'hier à nos jours
Au siècle des Lumières, l’Europe dépêcha ses émissaires qui sillonnèrent les mers pour cartographier toute poussière d’île oubliée et, au passage, répertorier l’ensemble de la faune et de la flore du globe. Tâche immense et à ce jour encore imparfaite. La thématique de l’exposition programmée par les services culturels du Sénat "entre en résonnance avec le débat actuel sur la biodiversité et sa sauvegarde, rappelant la place que peuvent tenir les jardins botaniques, les conservatoires de plantes et les collections végétales dans la préservation de cette biodiversité" . D’où, dans l’Orangerie du Jardin du Luxembourg, ces corbeilles géantes de plantes qui nous sont aujourd’hui familières mais, à l’origine exotique : bougainvilliers, bégonias, dahlias, hortensias...
L’exposition honore ainsi d’aventureux naturalistes du XVIIIème, dans le sillage notamment de Louis Antoine de Bougainville, premier Français à réaliser un tel tour du monde. Dans les soutes, point d’or, ni de sucre ni d’ébène ; plutôt, un butin d’informations ethnographiques, botaniques… notamment. L’un des deux vaisseaux du périple de Bougainville, L’Etoile, partit de La Rochelle le 1er février 1767. Avec La Boudeuse, qui avait filé de Nantes, ils se sont rejoints à Montevidéo. C’est là, au Brésil, que Commerson, le botaniste de l’expédition Bougainville découvrit un petit arbuste aux spectaculaires bractées fleuries, aussitôt baptisé "Bougainvillier". Il en existe aujourd’hui de couleur, de port et de feuilles tellement divers, si loin de l’Amazonie ! D’hier à aujourd’hui, l’exposition conte "l’aventure des plantes de nos jardins", en écho à de très actuelles préoccupations. Occasion de "récré", voire d’inspiration pour les Parlementaires, elle jouxte le Palais où, sur la biodiversité, il faudra légiférer, comme la feuille de route de la conférence environnementale le prévoit .
Aucun commentaire