Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS. 
Jacques Julliard, entretien à nonfiction.fr
Toutefois, si l’empire du milieu a pu, grâce à ses ressources financières immenses, parvenir à des progrès non négligeables dans sa quête d’un statut d’observateur permanent, il va encore devoir affronter un certain nombre de difficultés. Les ambitions de Pékin commencent en effet à inquiéter les États membres du Conseil, y compris ceux dont la Chine croyait avoir acheté le soutien. C’est ainsi que l’Islande a gelé la cession à un homme d’affaires chinois, très proche du Parti communiste chinois, Huang Nubo, de 300 kilomètres carrés sur la côte nord-est de l’île. Le gouvernement islandais craignait en effet que le lieu, situé à proximité d’un port en eau profonde, ne serve dans un premier temps de hub aux futurs cargos polaires chinois, endommageant de manière irrémédiable l’environnement, puis dans un second temps de base secrète aux navires et sous-marins de l’Armée Populaire de Libération… Pour l’instant, le gouvernement islandais n’a pas été amené à réviser sa position sur l’octroi du statut d’observateur permanent, mais l’insistance de Huang Nubo à acquérir les terres pourrait à terme l’inquiéter et l’inciter à réétudier son attitude.
Au-delà, la Chine est également confrontée à des difficultés diplomatiques qui ne sont pas liées à l’océan Arctique mais qui ont une incidence négative sur sa demande. La Norvège est ainsi particulièrement réticente à l’octroi du statut d’observateur à Pékin. En 2010, le comité du Prix Nobel de la Paix, dont les cinq membres sont désignés par le parlement norvégien, a choisi le dissident chinois Liu Xiaobo comme récipiendaire de la distinction. Depuis, le dialogue entre Oslo et Pékin est au point mort, à tel point qu’en janvier 2012, une source diplomatique du Conseil a estimé que le manque de dialogue entre les deux nations rendrait difficile l’approbation par la Norvège de la candidature de la Chine . En juin 2012, le porte-parole du ministère norvégien des Affaires étrangères, Svein Michelsen, a même souligné l'importance d'un dialogue étroit entre le demandur et les États membres et déploré que jusqu’à présent, il n'y ait "pas de dialogue politique de haut niveau" entre les deux pays.
Finalement, quelles sont les chances de la Chine d’obtenir un statut d’observateur permanent ? Chen Xulong, de l'Institut chinois des études internationales, estime que Pékin a une chance sur deux d’obtenir le précieux statut. Une chose est sûre : la Chine, en cas de succès comme en cas d’échec, continuera de s’intéresser fortement à l’Arctique. "Celui qui contrôlera l'Arctique contrôlera l'économie mondiale et un nouveau couloir international stratégique", avait ainsi averti Li Zhenfu, professeur à l'Université maritime de Dalian, dans un article signé en 2009 . Un message bien compris par les plus hautes autorités de Pékin…![]()
*Lire aussi sur nonfiction.fr :
- "Mer de Chine méridionale : Pékin renoue avec l'amiral Shi Lang", par Jean-François Guérin
- "L'Arctique, région de richesses et de tensions", recension de l'ouvrage La bataille du grand Nord a commencé, par Valérie Masson-Delmotte
- "Une géopolitique de la mer Noire", recension de l'ouvrage Autour de la mer Noire. Géopolitique de l'espace pontique, par Florent Parmentier
- "Vers la confrontation sino-américaine ?", recension de l'ouvrage La puissance au XXIe siècle : les nouvelles définitions du monde, par Maxime Lefebvre
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