La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

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Arctique : Pékin met le cap au Nord
[mercredi 19 septembre 2012 - 08:30]
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Après avoir essuyé un premier refus en 2009, la Chine a renouvelé sa demande pour devenir observateur permanent. La décision sera prise en mai 2013, lors de la prochaine réunion du Conseil, par les ministres des Affaires étrangères des huit pays membres du Conseil. "A ce jour, le Conseil n'a pas de position officielle", explique Gustav Lind, l’ambassadeur suédois au sein du Conseil, qui précise que "pour devenir observateurs permanents, les candidats doivent être actifs en Arctique et avoir un véritable intérêt pour la région". La Chine n’a ainsi pas ménagé ses efforts pour faire montre de son attention pour la région, en veillant toutefois à mettre en avant son désintérêt le plus total... Pékin a multiplié les offres de collaboration en matière de développement durable avec les pays riverains et a consacré des sommes importantes à la recherche sur le climat, l'environnement et l'écosystème de l'Arctique. En outre, les scientifiques chinois, grâce à leur brise-glace Xuelong (Dragon de neige), ont mené quatre expéditions dans l'Arctique et ont même construit une station de recherche dans un archipel norvégien. Et cette offensive scientifique "désintéressée" est appelée à s’intensifier. Ayant investi 200 millions de dollars dans un second brise-glace, qui sera opérationnel en 2014, Pékin a déjà prévu une cinquième expédition scientifique. Mais les Chinois ont bien compris que ces efforts, dont l’arrière-pensée a très vite été saisie par les membres du Conseil, ne suffiront pas à faire pencher en leur faveur la majorité. C’est ainsi que la Chine a amplifié son travail de séduction et ne se ménage plus pour courtiser les pays de l’Arctique et obtenir ainsi par des moyens détournés le statut tant envié.

Jeu de séduction réussi en Islande, au Danemark et au Canada... 

Le premier État membre du Conseil courtisé par Pékin est l’Islande. Pour ce faire, la Chine profite pleinement de la crise économique que traverse l’île depuis 2008 et utilise ses moyens financiers considérables pour renforcer son influence sur l’économie et sur le gouvernement de Reykjavik. En 2008, alors que les banques islandaises s’écroulaient en pleine crise des subprimes et que les Etats-Unis et l’Union européenne ne pouvaient intervenir, trop occupés à sauver leurs propres banques, la Chine a volé au secours des banques de la petite île en leur accordant des liquidités pour près d’un demi-milliard d’euros. En outre, le premier ministre chinois Wen Jibao, lors d’une visite à Reykjavik le 20 avril dernier, a promis une zone de libre-échange entre les deux pays afin que les pêcheurs islandais puissent écouler leurs produits à l’étranger et ce, alors même que l’Union européenne est réticente à commercer avec eux, faute d’accord sur les zones de pêche de la morue et sur la chasse à la baleine. Enfin, l’empire du milieu multiplie les investissements dans un pays déserté par les investisseurs internationaux depuis l’effondrement de son secteur financier. C’est ainsi que la Chine a investi trois milliards de dollars dans des usines locales de silicium, soit un peu moins du quart du PIB islandais, et a promis à l’île d’être le grand port d’attache des futurs cargos polaires chinois. De quoi arriver à faire fléchir la position des autorités de Reykjavik…

Indubitablement, cette stratégie est la bonne. Wen Jibao et son homologue islandais ont ainsi signé le 20 avril dernier six accords de coopération, dont un accord cadre sur l’Arctique. A cette occasion, le chef du gouvernement de Reykjavik a déclaré soutenir la Chine "dans ses efforts pour devenir un observateur du Conseil de l’Arctique et participer à l’exploration pacifique de la région" : ce fut ainsi que le monde apprit que Pékin avait rallié le premier des huit membres du Conseil.

Sa stratégie à l’égard de l’Islande ayant été couronnée de succès, Pékin n’a pas tardé à la mettre en œuvre à l’égard des autres États membres du Conseil. Le président chinois Hu Jintao s’est rendu au Danemark le 15 juin dernier, tandis que son ministre des terres rares se rendait au Groenland, province danoise durement touchée par la crise et qui, de l’aveu même du chef du gouvernement autonome, "a besoin d’argent", pour y évoquer la construction d’infrastructures minières. Là encore, les démarches de l’empire du milieu ont porté leurs fruits, un haut fonctionnaire danois, Klavs Holm, expliquant espérer une réponse positive à la demande chinoise. Parallèlement, l’empire du milieu a investi ces dernières années plus de 16 milliards de dollars dans les projets énergétiques canadiens, ce qui a permis là encore de gagner la bienveillance, et éventuellement le soutien, d’Ottawa.

Jean-François GUÉRIN
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