Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS. 
Jacques Julliard, entretien à nonfiction.fr
En effet, à court et moyen termes, l’Arctique sera en mesure d’offrir aux navires commerciaux chinois de nouvelles routes maritimes plus courtes, plus rapides et donc de dynamiser encore un petit peu plus le commerce extérieur chinois. L’empire du milieu exporte principalement vers l’Union européenne (24% du total des exportations en 2011) et les États-Unis (22%) et ce, quasiment toujours par voie maritime. Actuellement, les navires utilisent les circuits traditionnels passant par l’océan Indien et Suez pour rejoindre l’Union européenne ou empruntant l’océan Pacifique et Panama pour atteindre la côte est des États-Unis. Or le réchauffement climatique, qui a provoqué une fonte de la banquise arctique, a ouvert au sein de l’océan Arctique deux nouvelles voies de passage maritime reliant l’océan Pacifique à l’océan Atlantique. La première, dite du nord-est, traverse le détroit de Béring, longe la côte nord de la Sibérie et débouche sur les côtes norvégiennes puis britanniques. La seconde, du nord-ouest, traverse elle aussi le détroit de Béring, passe entre les îles du grand Nord canadien, suit la côte occidentale du Groenland et permet ainsi d’arriver aux côtes canadiennes puis américaines. Les distances à parcourir sont considérablement réduites par rapport aux circuits traditionnels passant par Panama ou Suez. Le trajet Rotterdam-Shanghai est ainsi ramené de 26 000 km par Panama et 20 000 km par Suez à 16 000 km par chacune des routes polaires. Pour l’instant, les voies ne sont ouvertes que trois mois par an, la traversée reste dangereuse (certains chenaux doivent être régulièrement entretenus par des brise-glace) et sa durée aléatoire la rend peu adaptée aux livraisons juste-à-temps. En revanche, si la température du globe poursuit sa progression, on prévoit pour 2020 une possible ouverture des voies maritimes polaires six mois par an et une sécurité accrue par la fonte de nombre d’obstacles glaciers. Sans compter que ces nouveaux itinéraires permettraient aux transporteurs chinois d’éviter les pirates du détroit de Malacca et du golfe d'Aden... Les exportateurs chinois économiseraient au total des millions de dollars. Un tel scénario bouleverserait assurément les routes du commerce mondial et partant, ce dernier. Dès lors, on comprend que la Chine, premier exportateur mondial depuis 2010 , ne peut pas ne pas vouloir prendre pied dans la zone où vont être rebattues en profondeur les cartes des échanges internationaux.
Au coeur de la stratégie chinoise : le conseil de l'Arctique
Pour ces raisons, la Chine cherche à peser sur les destinées de la région arctique avec, au cœur de sa stratégie, l’organisation intergouvernementale gérant les affaires de l’Arctique. Fondé en 1996, le Conseil de l’Arctique est formé par les huit pays possédant des territoires à l’intérieur du Cercle polaire arctique, à savoir le Canada, les États-Unis, la Russie, la Suède, le Danemark, la Norvège, l’Islande et la Finlande. Faute d’être riveraine de l'océan Arctique, la Chine ne peut devenir membre du Conseil. Elle souhaite malgré tout devenir, à l’instar de la France et de cinq autres États , observateur permanent. Un tel statut lui permettrait en effet d’avoir son mot à dire au sein du Conseil car si les observateurs permanents ne peuvent pas voter les recommandations, ils acquièrent grâce à leur statut une vraie légitimité sur les questions polaires, font partie du processus du Conseil, prennent part aux discussions, font valoir leur position, proposent des projets... Autrement dit, un tel statut permet d’influencer fortement la marche des affaires régionales.
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