Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS. 
Jacques Julliard, entretien à nonfiction.fr

Mais les temps ont changé et le baroque a été largement redécouvert. Dès la couverture du livre, le ton est donné : Rome est placée sous le signe de l’exubérance des grotesques et du jaillissement vital de la fontaine qui régénère les vieilles colonnes du Panthéon ; en quatrième de couverture se profile la coupole de Saint-Pierre, emblème de la Contre-Réforme. Là où Stendhal et ses contemporains ne voyaient que mauvais goût et décadence, D. Fernandez salue en grand connaisseur l’art révolutionnaire du Bernin et de Borromini, puis propose un “itinéraire Caravage” ainsi qu’une dernière promenade thématique “Fontaines et bestiaire”. Il rend ainsi hommage, plutôt qu’à la Rome classique et universelle, à “une Rome subversive, creusée par quelques personnalités marginales” . D’ailleurs, si l’auteur choisit d’évoquer Néron et Hadrien plutôt que d’autres empereurs, c’est surtout pour leur esprit novateur (du moins en architecture), leur côté baroque avant l’heure.
Tout en dénonçant la tyrannie étouffante de l’Église catholique au cours des siècles, le voyageur nous engage à pénétrer dans l’enceinte des innombrables églises romaines à la recherche des joyaux de l’art baroque : le superbe chapitre “Églises” est sans doute l’un des plus réussis de l’ouvrage. Ce qui fascine D. Fernandez en Rome, c’est l’alliance de la grandeur et de la vanité, l’affirmation du pouvoir temporel adossée à la conscience profonde de l’instabilité et de l’illusion – cette Rome qu’emblématise le fleuve Tibre, auquel est consacré un chapitre central. Mais on le devine aussi attiré par la Rome interlope, celle de Caravage puis de Pasolini…
Les photographies de son complice Ferrante Ferranti, en regard des textes, exaltent les matières (pierre ou marbre) et la lumière de Rome naguère tant vantée par Chateaubriand, jouant parfois du clair-obscur. Si l’image d’une ville déserte et secrète s’impose au fil des pages, le choix des sujets et des angles demeure parfois classique, ce qui peut contraster avec la dimension passionnelle du texte. Quelques détails des audacieuses fresques des Carrache au palais Farnèse nous sont néanmoins dévoilés, et de très charnelles photographies de corps masculins peints ou sculptés font écho aux nombreux passages teintés d’érotisme – en témoigne par exemple la galerie des pages 126-127, qui clôt non sans malice le chapitre “Vatican” déjà largement dévolu à la nudité antique et moderne. Mentionnons enfin, dans un tout autre registre, le cliché inattendu, comme en ombres chinoises, de la coupe des pins à la villa Médicis .
Le pari de l’originalité est-il gagné ? La réponse dépendra du degré de familiarité du lecteur avec la ville et sa littérature, mais la promenade est toujours belle…![]()
1 commentaire
lola
devenus d'une pauvreté incroyable et démoralisante .