La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL
La psychanalyse (et autres curiosités occidentales) vue(s) de Chine
[jeudi 19 juillet 2012 - 15:00]
Philosophie
Couverture ouvrage
Entrer dans une pensée. Ou des possibles de l'esprit
Éditeur : Gallimard
188 pages / 17.10 € sur
Philosophie
Couverture ouvrage
Cinq concepts proposés à la psychanalyse
Éditeur : Grasset
196 pages / 14.25 € sur
Résumé : François Jullien continue son rôle de passeur, relisant les récits de genèse et la cure psychanalytique à la lumière de la Chine et vice-versa.
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Dans une première réponse, notre auteur concluait à l’indifférence des Chinois pour la chose ou la cause freudienne : l’action par la parole (exemplifiée dans le livre judéo-chrétien de la Genèse), la libération ou les effets de catharsis qu’un sujet peut en attendre, le théâtre agonistique des trois instances et jusqu’au cadre imaginé pour la talking-cure…, ne leur parlent simplement pas. Or ce dernier livre affine, et renverse quelque peu, une première hypothèse trop négative. Si la psychanalyse n’étonne pas un Chinois, c’est qu’elle se trouve anticipée et comme mise en acte par toute sa culture. A l’appui de cette affirmation renversante, Jullien isole cinq pilotis essentiels à la doctrine freudienne, autant qu’à l’épistémé chinoise : la notion de disponibilité (qui rejoint la règle cardinale de l’attention flottante) ; l’allusivité ensuite, essentielle au "travail du rêve" mais d’abord à celui de la parole et du pinceau chinois ; le biais, l’oblique ou l’influence, qui déjouent autour du divan comme dans l’art chinois de la conversation les pièges d’un affrontement trop direct ; la dé-fixation ou la remise en mouvement, ou sur la voie, ou dans le tao, d’un corps et d’une pensée saisis par la crampe traumatique, identitaire ; la transformation silencieuse enfin, fruit de cette mise en mouvement, qui fait fond sur la capillarité d’un milieu, d’une poussée ou d’un procesus difficiles à ponctuer ou à localiser. La psychanalyse ne serait donc pas inconnue en Chine, mais – en son fond(s) quelque peu retravaillé ou reformulé par Jullien – trop connue pour être adoptée : elle n’a rien à offrir à un fils de l’empire du Milieu, ou du Ciel, que celui-ci n’ait déjà en partage ou ne connaisse intimement !

Nous laissons sans paraphraser davantage le lecteur savourer la démonstration de ce livre tonique, ainsi mis au service d’une magistrale inter-culturalité ; et nous signalons pour finir la parution d’un petit livre qui risque de passer inaperçu, mais qu’on lira avec profit en marge de ceux-ci : les « actes » d’une rencontre tenue en 2011 à la Fondation des Treilles, à l’initiative de Régis Debray, de François Jullien, de la Fondation Prospective et Innovation et de la Fondation Victor Segalen. Intitulé Culture nationale et universalisme, optiques françaises et chinoises , cet ouvrage retrace cinq journées de débat (avec du côté français les interventions des deux directeurs, mais aussi de Mireille Delmas-Marty ou de Pierre Morel). Le compte-rendu analytique de Philippe Ratte, qui ouvre cet ensemble et couvre la moitié du volume, est un modèle de finesse et de "traduction".
 

Daniel BOUGNOUX
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Titre du livre : Entrer dans une pensée. Ou des possibles de l'esprit
Auteur : François Jullien
Éditeur : Gallimard
Collection : Bibliothèque des idées
Date de publication : 01/03/12
N° ISBN : 2070137198
Titre du livre : Cinq concepts proposés à la psychanalyse
Auteur : François Jullien
Éditeur : Grasset
Date de publication : 01/03/12
N° ISBN : 2246798140
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1 commentaire

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Flavien

20/07/12 11:51
...

Comment expliquer que les services marketing occidentaux basés à Paris, Londes, NY etc. connaissent mieux les attentes des consommateurs chinois que les chinois eux-mêmes ? Parce que les chinois ne parlent pas latin ?

Refuser la traduction, c'est refuser le réductionnisme à la base de toute démarche scientifique. Et pourtant elle tourne... Nous comprenons les chinois et les chinois nous comprennent. En effet, nos relations ne produisent ni plus ni moins de qui-pro-qui que les relations entre occidentaux.

La traduction est opérante. En refusant ce fait, on peut s'enfermer ad vitam aeternam dans un essentialisme du texte.

D'ailleurs, la critique se méprend quand elle pose une unité de l'occident. La rupture temporelle est très forte. Bien plus que la rupture géographique. La "raison" est une pensée très très moderne (de même que la science). Bien plus que ce que l'on peut imaginer. Aussi, relire toutes les conneries qu'a pu écrire Aristote permet de bien se rendre qu'on que nous sommes beaucoup plus proches des chinois d'aujourd'hui que des grecs d'il y a 2500 ans.

Et comme le soulignent les intellectuels grecs aujourd'hui : les français et les allemands ne se rendent pas compte qu'ils sont plus en phase avec la pensée grecque classique que les grecs modernes qui sont avant tout des orthodoxes.

On me répondra sûrement que la continuité historique chinoise est sans commune mesure... pour dériver encore une fois sur de l'inopérant. Que l'on m'expliquer comment les thèses de Jullien sont réfutables (cf. Popper) et peut-être la discussion sera-t-elle ouverte.

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