La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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CNL
Publier et déplaire
[jeudi 19 juillet 2012 - 16:00]
Littérature
Couverture ouvrage
Déplaire au public : le cas Rousseau
Éditeur : Classiques Garnier
491 pages / 46,26 € sur
Résumé : Plaire ou déplaire au public ? Ce n’est finalement pas seulement une affaire de choix, mais aussi une affaire de codification des mœurs des écrivains.
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C’est aussi que la sociabilité change. Elle devient plus chaleureuse que l’honnêteté classique. Affaire de sensibilité et de désir d’être aimé. Cela étant, lorsque Rousseau entre dans la carrière des Lettres, plaire n’est plus tant le privilège de l’écrivain que sa mission. L’écriture est reconnue comme une forme de sociabilité et le plaisir du lecteur est envisagé comme une fin. Lui-même, jeune encore, cherche les louanges et les encouragements. Il entame des essais qui sont autant de recherches en désir de plaire, même s’il est incertain sur les moyens d’y parvenir. Autour de la musique, il en appelle encore au jugement du public.

C’est pourtant à partir de ce fond qu’il décide de renoncer à plaire, mais sans doute aussi à solliciter le jugement. L’année 1749 est typique à cet égard. Il sort du dilemme : ou bien la course aux honneurs qui rendrait justice à ses talents, ou bien une retraite propice au bonheur. Dans la préface du Discours sur les sciences et les arts, il se dit résolu à prononcer une parole de vérité sans se soucier de la rendre ni plaisante ni même audible. À l’applaudissement universel qu’envisageait encore Corneille, Rousseau oppose le blâme universel auquel il s’attend. Et l’auteur de commenter : “Les années qui suivirent la parution du premier Discours signent donc la volonté de Rousseau de rompre ave le public pour se poser en homme libre, affranchi des contraintes de l’opinion et uniquement soumis à la voix de sa conscience et de la vérité.”

Rousseau retourne alors le désir de plaire, mais après en avoir dégagé les fondements. Son analyse se dégage dans le deuxième Discours. Il y devient l’une des modalités de l’amour-propre, lequel est une passion sociale, factice, qui porte l’homme à se comparer et à se préférer à autrui (par opposition, comme on le sait, à l’amour de soi). Si, comme il est montré, la thèse est pour partie empruntée à Pierre Nicole et à Bossuet, elle vise bien à insister sur le fait que le désir de plaire, en créant de la différence, entraîne à terme une désintégration du corps social. Il désaccorde ses membres, alors même qu’il semble tisser des liens étroits entre eux. C’est alors la Lettre à d’Alembert sur les spectacles qui porte le deuil de ce qu’elle éreinte définitivement. Au désir de plaire, Rousseau oppose la vérité et la vertu.

Pour comprendre la position de Rousseau, dans toute sa complexité, il convient cependant de souligner qu’au XVIIIe siècle, la manière de penser le public change. L’auteur s’appuie sur les travaux de Jürgen Habermas pour faire valoir les modifications du public : la formation d’un lectorat nouveau, une audience politique et artistique plus large et une sphère publique réactive. Simultanément, la manière de l’aborder prend une autre allure. S’agissant d’un public qui se voit conférer une certaine autorité en matière de goût, il croît et se diversifie. Il intervient aussi. Rousseau reçoit un abondant courrier de lecteurs. Le public de théâtre, par exemple, devient actif, turbulent, frondeur, il n’hésite pas à organiser des résistances collectives aux interventions du pouvoir dans la seconde moitié du siècle. L’art devient bien une affaire de public. Les “gens du commun”, comme on le dit à l’époque, invités à jouir des plaisirs du goût et à exercer leur jugement, deviennent les détenteurs d’un privilège jusqu’alors réservé aux commanditaires. Enfin, le public est de plus en plus fréquemment invoqué au cours du siècle. Il devient rapidement une sorte d’instance concurrente à celle du roi. Malesherbes l’érige en tribunal indépendant de toutes les puissances. Il ironise auprès de ses collègues de l’académie sur leur pouvoir perdu, face à un public qui se substitue à eux pour ce qui relève du jugement. Au public, un pouvoir symbolique. D’ailleurs, le public se conçoit moins comme une personne collective, un corps politique, que comme un collectif d’hommes dont les intérêts individuels priment sur ceux de l’État.

Christian RUBY
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Titre du livre : Déplaire au public : le cas Rousseau
Auteur : Christine Hammann
Éditeur : Classiques Garnier
Collection : L'Europe des Lumières
Date de publication : 09/02/12
N° ISBN : 2812403594
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1 commentaire

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Laure

22/07/12 05:27
Encore un livre des éditions Garnier...

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