La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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La diplomatie de Sarkozy à l’heure du bilan
[mercredi 02 mai 2012 - 18:00]
Relations Internationales
Couverture ouvrage
Le monde selon Sarkozy
Éditeur : JC Gawsewitch
288 pages
Résumé : Un inventaire quasi-exhaustif et un bilan à chaud de cinq années de diplomatie Sarkozy.  
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Le dernier opus de Pascal Boniface , Le monde selon Sarkozy, a paru aux éditions Jean-Claude Gawsevitch, dans la collection "Coup de gueule". Mais il n'en est pas vraiment un. Ce n’est certes pas non plus un hommage au quinquennat de l’actuel président. En matière de politique étrangère, il est néanmoins une réflexion équilibrée sur son bilan. Les convictions revendiquées de l'auteur ne s'inscrivent pas, il est vrai, dans une polémique systématiquement partisane. Car le clivage en la matière ne se fond pas dans le moule gauche-droite. Il se situe plutôt entre les partisans d'une doctrine gaullo-mitterrandiste et les atlantistes. Les premiers sont les héritiers de la stratégie diplomatique française menée depuis les premières heures de la Ve République. C'est celle d'une indépendance de la France à l'égard des États-Unis dans le cadre d'une alliance distanciée, celle d'une relative proximité à l'égard des pays non-alignés, d'une autonomie militaire centrée sur la force de dissuasion nucléaire et, enfin, d'une relative fermeté sur la question israélo-palestinienne (exigence de création d'un État palestinien, refus de la colonisation et de la séparation de Jérusalem). Les seconds sont les partisans d'un rapprochement avec les États-Unis, dans le cadre d'une alliance de civilisation destinée à faire face aux autres blocs (chinois, russe, islamique, etc.). Cette stratégie implique un alignement sur la politique américaine de soutien quasi-inconditionnel à Israël, à laquelle s'oppose férocement l'auteur.

Ici, le parti-pris est clair. Les premiers défendent un héritage précieux, qui a permis à la France, depuis cinquante ans, de peser dans les affaires du monde, plus que de son seul poids économique, démographique et militaire. Ce, malgré le défi certain que pose un monde aujourd'hui multi-polaire. Les seconds sont des isolationnistes, effrayés par le mirage intellectuel d'un improbable choc des civilisations. Cette ligne de démarcation a toujours traversé les courants politiques, de gauche et de droite. Mais la stratégie gaullienne ne fut jamais remise en cause. Ni par l'atlantiste Giscard, ni par l'anti-gaulliste Mitterrand, ni non plus par Chirac. Les positions du candidat Sarkozy, sa rencontre avec George W. Bush, sa volonté que la France réintègre le commandement intégré de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) et les gages forts qu'il donne de l'attachement de la France à Israël le positionnent, à la veille des élections de 2007, comme un atlantiste. Mais sur le front diplomatique, un quinquennat plus tard, la rupture n'a pas eu lieu. Malgré ses discours, Nicolas Sarkozy ne déviera guère des lignes antérieures, à l'égard des Etats-Unis, de l'indépendance militaire, d'Israël. Pour le meilleur, selon l'auteur. Les rapports avec les anciennes colonies africaines, eux aussi, changeront peu, et pour le pire. L'hésitation du Président à choisir entre Hubert Védrine, un gaullo-mitterrandiste, et Bernard Kouchner, un atlantiste, aurait pu nous mettre en alerte. Le vrai souci de Sarkozy est ailleurs, surtout médiatique.

L’avocat trop pressé des intérêts de la France

In fine, la critique de Pascal Boniface à l'égard de Nicolas Sarkozy balance. D'un coté, il reconnaît au Président sortant un pragmatisme parfois fructueux et une énergie certaine. La présidence française de l'Union européenne, au second semestre 2008, en plein déclenchement de la crise financière mondiale, fut un succès. La gestion de la crise en Côte d'Ivoire, en 2010, fut impeccable. Il reconnaît aussi la pertinence de la médiation du président Sarkozy lors de la guerre entre la Russie et la Géorgie, en 2008. La guerre en Libye fait l'objet d'un long développement, qui offre à l'auteur la possibilité d'exprimer autant son mépris à l'égard de Bernard-Henri Lévy (BHL) que son admiration pour Alain Juppé. Par ailleurs, il doute des bénéfices pour la France de cette intervention en termes de popularité diplomatique – les enjeux stratégique étant apparus aux yeux du monde plus évidents que le strict souci humanitaire. Il n'en reconnaît pas moins qu'elle était nécessaire. Et que le président a agi avec un sens certain de l'urgence.

Pierre-Louis GERMAIN
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Titre du livre : Le monde selon Sarkozy
Auteur : Pascal Boniface
Éditeur : JC Gawsewitch
Collection : Coup de gueule
Date de publication : 08/03/12
N° ISBN : 2350133362
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