La phrase

Le désespoir me paraît éminemment raisonnable et ennuyeux. Je n’ai aucune patience face à des artistes dont la fonction première est de formuler l’impossibilité de leur art, qui en un sens font de la mélancolie un produit de consommation – tout comme je ne m’intéresse pas aux artistes qui sont exclusivement affirmatifs et qui ont fait de la stupidité de la culture un fétiche commercial. Les ballons en forme de chiens, etc. Je crois que le plaisir sexuel, la couleur étrange du ciel après un orage, le flot des feux arrière des voitures sur un pont ou la façon dont le silence s’affine ou s’épaissit avant que la musique ne commence – le politique doit harnacher tout cela. Le politique doit poser un harnais sur le libidinal.  

Ben Lerner, The Believer, septembre 2014 (traduction de nonfiction)

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Le président fantoche @babgi
[vendredi 06 avril 2012 - 11:00]

Le président fantoche @babgi  

Nom : Gilles Babinet – Fonction : ex-président du Conseil national du Numérique, entrepreneur du Web.

Nombre d’abonnés : 4034 - Nombre de tweets : 1275 – 3 abonnés pour 1 tweet : 4/5.

"Fini la lenification, je vais enfin pouvoir recommencer à dire du mal des gens !! :-)" Ce tweet envoyé hier par Gilles Babinet montre bien qu’en un an à la présidence du Conseil national du Numérique (CNNum), il s’est surtout évertué à ménager tout le monde. A commencer par l’Elysée, qui a créé le CNNum en avril 2011. En effet, il faut bien le dire : en un an, ce gadget sarkozyste (dont les membres sont nommés par le président de la République) n’a pas pu faire grand chose. Ses propositions pour taxer les géants du Web basés à l’étranger n’ont pas été retenues. Son rôle a surtout été de rendre des avis sur des sujets portés par le gouvernement sans jamais être écouté. Comme l’a résumé Christophe Ginisty (@cginisty), le CNNum a peut-être manqué de moyens et d’indépendance, mais pourquoi ses membres "n'ont-ils pas démissionné lorsqu'ils se sont rendus compte qu'ils n'étaient en fait qu'un jouet médiatique jetable dans les mains d'un président inculte des choses du numériques mais avide de se parer des attributs du dirigeant attentif à ces bouleversements ?" A sa décharge, Gilles Babinet en avait sans doute un peu marre que Nicolas Princen (@NicoPrincen), le conseiller digital de Sarkozy, l’appelle sans cesse pour tenter de le "piloter". Pourtant, il a également refusé de s’emparer d’Hadopi, le grand sujet qui fâche le Web et les créateurs. Peut-être était-il en désaccord avec la majorité sur le sujet mais était-ce une raison pour garder le silence ? Comme une prémonition pour le 6 mai, la sanction est tombée mercredi soir : Gilles Babinet n’a pas été réélu à la tête du CNNum, battu par Patrick Bertrand (@pck_b).

 

Lire notre enquête sur "Les soldats de Sarkozy sur Twitter" ou #sarkotroll

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