On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Reçus dans les locaux de la Maison de l’Amérique latine, les sept représentants " culture " des différents candidats à l’élection présidentielle sont venus débattre dans le cadre d’un forum organisé par le magazine Livres Hebdo des politiques publiques du livre. Les professionnels du livre constituaient un public d’environ 200 personnes. De l’extrême gauche à l’extrême droite, les intervenants ont pris la parole tour à tour pour faire part, d’abord de leur " amour du livre ", ensuite des différentes propositions de leurs candidats respectifs concernant le livre et la lecture. Si l’actuel ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, est venu porter les propositions du " nouveau " candidat-président, il s’est appesanti sur son propre bilan. Bien que tous les porte-parole des candidats aient tous rendu hommage au livre comme objet singulier dans la vie de chaque individu, on peut regretter qu’il n’y ait pas eu de propositions innovantes. Les propos les plus intéressants venaient davantage de la gauche de la table. Alain Hayot (conseiller régional Paca et responsable des questions de culture au Front de Gauche) a proposé des Etats généraux du Livre, une réunion de concertation de grande envergure avec l’ensemble des acteurs de la chaîne du livre, des auteurs aux libraires indépendants, en passant par les imprimeurs, les éditeurs, les bibliothèques, les membres de l’éducation nationale et artistique et les responsables des collectivités locales, maillon essentiel dans la mise en œuvre de politique du livre. D’après lui, les efforts et le dynamisme culturels se situent souvent à cet échelon.
Ce forum, ouvert aux professionnels du livre n’aura surement pas rassuré l’ensemble des présents.. De manière quasi unanime, à l’exception de Gaël Nofri, conseiller politique de Marine Le Pen, qui n’avait vraisemblablement pas grand chose à dire sur le sujet, ne reprenant que timidement les propos des autres, les principaux responsables de la culture des équipes de campagne se sont accordés sur un constat : " on ne sait pas encore quel va être l’impact du numérique sur le monde de la lecture et sur le livre. Certains secteurs, comme le réseau des libraires, souffrent déjà de cette mutation, voici les solutions que nous pouvons apporter, étant donné les limitations de dépenses publiques ". Le candidat François Bayrou, dans un moment tout-à-fait lyrique, déclarait : " le livre est plus qu’un objet ordinaire, il nous accompagne toute notre vie, il nous fait, il nous façonne ", l'amour du livre oui, et les preuves d'amour?
Pour la plupart des professionnels du livre, la question de la numérisation des œuvres, le nouveau modèle économique du numérique, l’attelage formation-éducation et surtout le maintien du réseau des libraires indépendants constituaient les questions fondamentales. On peut aussi regretter le manque d’engagements forts de la part des participants, qui rappellaient l’extrême difficulté du développement d’une politique du livre volontariste aujourd’hui – à l’exception du Front de Gauche, pour qui la réduction de la dépense publique ne constitue en rien un obstacle à une politique culturelle. On retiendra néanmoins la proposition soutenue par Marie Christine Blandin ( Sénatrice du Nord, chargée de la culture dans l’équipe d’Eva Joly), Alain Hayot et Aurélie Filipetti qui vise à doter le Centre national du livre davantage de moyens pour mener à bien ses actions, à l’instar du CNC. La députée de Moselle (Aurélie Filippetti) a mentionné que la hausse de la T.V.A sur le prix du livre sera ramenée à un taux de 5,5 %. Enfin, tous partageaient qu’il est indispensable que l’ensemble des acteurs de la chaîne du livre aient les moyens de participer aux négociations face aux géants du livre numérique, Google, Amazon, Apple… pour garantir à la fois la diversité éditoriale et le soutien à la création. Selon Aurélie Filippetti, cela passe notamment par une " taxe Amazon " pour réguler le secteur économique du livre
2 commentaires
yt75
Enfin bref, il serait quand même important de rappeler que ces histoires d’achats de publications ou œuvres liés à certains appareils ou magasins en ligne ne sont en rien une fatalité, qu’autre chose serait possible, et qu’il ne s’agit même pas d’histoire de formats(--cf web--), mais avant tout de structure entre acteurs et du besoin d’une nouvelle fonction, un peu plus développé ci dessous :
http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/concepts-economie-numerique-draft/
Laisser deux ou trois monstres à approche « verticale » phagocyter le marché du contenu légal et payant quand quasiment TOUT est là pour qu’il en soit autrement et tout simplement ridicule.
Approche «verticale» (contenu lié à machine, fabriquant de machines, magasins en ligne, les deux ou autres), c’est à dire approche consistant à lier contenu et tuyaux (ou infrastructure technique en général terminaux y compris) qui était déjà celle d’un J2M par exemple. Avec tout ce que cela veut dire en termes de positions dominantes (propres règles de censure(apple), pourcentages obligés vis à vis des créateurs/éditeurs(apple, amazon), gg se positionnant sur le contenu payant et commencant à retirer les liens MU et autres des résultats de recherche, compte facebook obligatoire pour service spotify, etc, etc).
Il est urgent d'une part de passer de la compréhension fichiers et copies à "si j'ai acheter ça ça marche et puis c'est tout" d'une part, et de reconnaitre le besoin d'une séparation des rôles entre organisations s'occupant des "étagères" de chacun (que références, pas copies), et organisations, éditant, vendant, stockant les "contenus".
pinot
Désolé mais votre compte-rendu est nul!