La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

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L’Âne du messie. Une guerre culturelle ou une révolution religieuse ?
[mercredi 11 janvier 2012 - 14:00]
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Tous les matins de décembre ont vu déferler dans la presse israélienne des articles sur la guerre culturelle qui agite le pays. La ségrégation des femmes, pomme de discorde qui a enflammé les médias, ne date pas d’hier. Les nombreux débats sur les mœurs discriminatoires des juifs ultra-orthodoxes ou Haredim  et la possible ou impossible concrétisation de leur idéologie religieuse dans une société démocratique, cachent cependant un problème beaucoup plus grave.

Sans doute, une série d’incidents survenus à des intervalles très courts ont-ils réussi à tirer les laïcs de leur léthargie légendaire, obligeant du coup le gouvernement à réagir, du bout des lèvres, en condamnant une situation désormais jugée intolérable. Le 14 décembre, Haaretz publie un article sur les pratiques discriminatoires de la radio ultra-orthodoxe Kol Barama affiliée au parti politique Shas  et appartenant à la deuxième chaine télévisée israélienne. De fait, la radio s’abstient systématiquement d’interviewer des femmes, aussi qualifiées soient-elles, dans ses programmes .

Le 18 décembre, Tanya Rosenblit, jeune femme de 28 ans, fait la Une des journaux en montant dans une des lignes du réseau routier Egged entre Ashdod et Jérusalem qui est "réservée" aux voyageurs Haredim. Tania monte, s’installe à l’avant du bus, et, diable de femme, elle ne se laisse intimider ni par les injures ni par les imprécations proférées contre elle, ni par le retard du bus, ni par l’intervention de la police cherchant surtout à calmer les esprits en conseillant à la jeune femme d’éviter les provocations. Rappelons que ce bus, et bien d’autres encore, font partie des transports publics subventionnés par l’Etat et que de plus, les tarifs y sont préférentiels. Le Haredi est donc trois fois privilégié : une première fois, en imposant sa loi discriminatoire et outrageante dans un espace public qui lui est strictement réservé (second privilège) et, enfin, en payant deux fois moins cher son billet de bus. Quelques jours plus tard, un incident encore plus violent émeut le public. Le 23 décembre, le journal télévisé de la deuxième chaîne israélienne, projette un reportage où une gamine de huit ans se trouve insultée et crachée dessus par un Haredi qui trouve sa tenue vestimentaire indécente. La petite Na’ama Margolise agressée, elle-même issue d’une famille orthodoxe, attire les projecteurs sur la ville Beit-Shemesh, située à une trentaine de kilomètres de Jérusalem et dont le tissu démographique s’est métamorphosé suite aux constructions de logement réservées aux familles nombreuses des ultra-orthodoxes. Quelques 5000 manifestants débarquent le 27 décembre sur le lieu de la honte pour dénoncer l’inaction des autorités et le laxisme avec lequel elles réagissent à la violence croissante des ultra-orthodoxes.

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