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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Ashton versus Van Rompuy
[vendredi 05 août 2011 - 12:00]
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Dans la dernière livraison de la European Foreign Affairs Review, Jolyon Howoth, professeur à l'université de Yale, évalue les performances de Catherine Ashton, Haute représentante pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, et Herman van Rompuy, président du Conseil européen, dix-mois après leur entrée en fonction.

 

Entré en vigueur en décembre 2009, le Traité de Lisbonne créé deux nouveaux postes visant "à renforcer la visibilité de l'Union européenne sur la scène internationale": un Haut représentant pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité et un président du Conseil européen. L'un occupé depuis novembre 2009 par Herman Van Rompuy, ancien Premier ministre belge, l'autre par Catherine Ashton, également nommée en novembre 2009, qui occupait alors les fonctions de Commissaire au Commerce dans la Commission Barroso I.
 
Retraçant les conditions de la nomination de ces deux nouvelles figures de l'Europe, Jolyon Howorth les qualifie d'"EUbuesque". Le portugais José-Manuel Barroso ayant été confirmé pour un second mandat à la tête de la Commission, les Etats membres ont redéfini les critères pour les deux postes "exécutifs" restant: un politique de gauche, issu d'un grand Etat membre et si possible une femme. Le poste de Haut représentant aurait suscité davantage de convoitises en fusionnant deux postes importants : celui de Commissaire aux relations extérieures et de Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune.
 
Plusieurs grandes figures politiques sont pressenties. On évoque Carl Bildt, l'ancien Premier ministre suédois, alors ministre des Affaires étrangères, Chris Pattern, ex-gouverneur d'Hong-Kong et Commissaire européen chargé des relations extérieures, le Secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, mais aussi Dora Bakoyannis, ministre des Affaires étrangères de la Grèce, maire d'Athènes, Mary Robinson, ancienne présidente de l'Irlande, Vaira Vike-Freiberga, ancienne présidente de Lettonie…
 
Mais c'est Catherine Ashton, à la surprise générale, qui est choisie. Faut-il y voir une tentative de recul de la part des Etats membres ? Pour Jolyon Howorth, il s'agit surtout d'un concours de circonstances. L'ex-Premier ministre Gordon Brown pensait sécuriser la présidence du Conseil européen pour Tony Blair mais c'est Van Rompuy qui est élu. Pour ne pas perdre la face, Brown tente de sauvegarder le portefeuille du marché intérieur mais Nicolas Sarkozy a déjà œuvré pour placer Michel Barnier. Le Premier ministre britannique se rabat sur le dernier poste disponible: celui de Haut représentant. Il lui faut trouver un candidat. Plusieurs ne sont pas intéressés ou les candidatures sont rejetées par Paris (David Miliband, Geoffrey Hoon, John Hutton…). C'est au final José Manuel Barroso qui proposera Ashton (avec un avantage de taille, celui de s'assurer la nomination d'une personnalité qui était à l'époque sous sa férule). Commissaire au commerce, Catherine Ashton sera la première surprise de cette nomination. A l'extérieur, la désignation de lady Ashton, quasi-inconnue, suscitera également l'étonnement et sera interprétée comme le souhait des Etats membres de ne pas renforcer la politique étrangère européenne.

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1 commentaire

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thierry bruno

18/08/11 10:14
Il est certain que si on avait voulu neutraliser le poste de Haut-Représentant pour les Affaires Etrangères et la politique de défense, il n'y avait pas de meilleur choix que Lady Ashton. Elle est britannique, donc d'abord soucieuse de ne pas s'opposer aux Etats-Unis ; formation d'économiste et sociologie, elle n'est pas seulement incompétente en matière de politique de sécurité mais a de véritables oeillères idéologiques en matière de défense. Enfin des relations internationales, elle ne connait que les affaires commerciales ce qui est loin de couvrir tout le spectre du domaine. Donc oui, Mme Ashton fut un excellent choix pour enterrer cette fonction. Les Etats membres doivent-ils s'en plaindre ?

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