La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Le mauvais pantalon
[lundi 23 mai 2011 - 11:00]
Philosophie
Couverture ouvrage
Deepwater horizon, Ethique de la nature et philosophie de la crise
Éditeur : Seuil
324 pages / 19,95 € sur
Résumé : L'auteur de ce plaidoyer pour l'éthique de la nature enfourche un cheval de bataille qui le promène partout sauf là où il voudrait se rendre.
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"Métaphysique H" et "métaphysique non-H"

"L'être humain est un être de pleine nature, un être dont la psychologie, comme les us et coutumes, au même titre que la morphologie, ne sont que l'une des déclinaisons de l'évolution" . Cette conviction naturaliste — l'auteur préfère parler de "métaphysique non-H" (H comme Humain) — anime tout l'ouvrage. Sa célébration du naturalisme et de ses deux héros (que sont pour lui Spinoza et Darwin) pourra sembler dogmatique à certains. Elle a réjoui le partisan convaincu qui écrit ces lignes, tout comme (malgré ses excès) sa critique de l'anthropocentrisme chrétien et cartésien. Cartésianisme et christianisme constituent les deux "métaphysiques H" qui, selon l'auteur, sont à la racine des relations dangereuses que nous entretenons avec la nature. Accepter d'abandonner ces anthropocentrismes, c'est accepter d'importantes conséquences politiques.

Ces conséquences sont fort bien envisagées par les philosophes anglophones que cite l'ouvrage (on pense par exemple au petit livre de Peter Singer, Une gauche darwinienne ). Pour Stéphane Ferret, hélas ! c'est ici que le mauvais pantalon se met en marche une première fois. Si les humains sont des animaux comme les autres, remarque-t-il, il est difficile de justifier le fait qu'ils dominent les autres animaux sans faire appel au simple droit du plus fort. Et si le droit du plus fort n'est pas un principe moral légitime, il est illégitime d'adopter une éthique qui favorise les humains.

L'auteur oscille entre les deux branches de ce dilemme, sans se trouver de position cohérente sur aucune. Citant Spinoza, il affirme que l'animal le plus fort a le droit de manger les autres . Ailleurs, la même idée l'effraye  : non, la supériorité de fait des hommes ne peut avoir aucune conséquence morale ! Cela veut-il dire que les humains n'ont pas de statut spécial ? Il lui arrive de le dire . Mais le plus souvent il écarte cette conséquence avec beaucoup d'énergie et peu d'arguments . Pour lui, "la valeur de l'être humain est posée comme la première de toutes les valeurs, et la hiérarchie entre les êtres de nature est acceptée". La hiérarchie des êtres de nature est pourtant décrite, ailleurs, comme la base de la "métaphysique H", et son principal défaut .

On voit mal quelle utilité l'auteur trouve à brûler tant de cartouches contre l'exception humaine, quand il a tant de mal à s'en passer. Mais pour Stéphane Ferret, le rapport à la nature encouragé par le cartésianisme et le christianisme est tellement toxique que toutes les alternatives sont bonnes. Répudions la métaphysique H, nous deviendrons écologiquement vertueux ! Célébrons le naturalisme de Spinoza et Darwin ! Célébrons aussi le polythéïsme, l'animisme, bref toutes les idéologies que le fantasme de l'homme maître-et-possesseur-de-la-nature n'a pas contaminées ! Ô temps heureux où le christianisme n'avait pas désenchanté la Terre ! Les peuples animistes vivaient en harmonie avec leur écosystème. Les païens romains respectaient chaque source et chaque bosquet .

L'auteur ne semble pourtant pas l'ignorer complètement : rien ne montre que les civilisations "non-H" seraient moins destructrices que les civilisations "H". Sans doute sait-il que l'impact environnemental des Romains était à son plus haut avant la conversion de l'Empire . Il doit connaître l'effondrement des Mayas et des Anasazi ; il mentionne celui de l'île de Pâques. Il note, sans voir le problème, que la très matérialiste URSS a construit Tchernobyl et vidé la mer d'Aral. Quant à la course au plus grand pollueur qui se joue aujourd'hui entre la Chine et l'Inde, le livre l'attribue (sans rire) à l'influence des idées chrétiennes sur ces deux États .

Olivier MORIN
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Titre du livre : Deepwater horizon, Ethique de la nature et philosophie de la crise
Auteur : Stéphane Ferret
Éditeur : Seuil
Collection : L'ordre philosophique
Date de publication : 03/02/11
N° ISBN : 2021038661
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