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La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Vu d’Allemagne : les socialistes français pris au piège de la Ve République
[lundi 09 mai 2011 - 18:00]

Impopularité record du président, débats autodestructeurs au sein de la majorité, chômage endémique ou encore menace de la dette : la situation pour le moins difficile de la France de Nicolas Sarkozy devrait être particulièrement favorable pour le principal parti d’opposition. Vu d’outre-Rhin, pourtant, "l’effondrement de Sarkozy n’aide pas les socialistes à sortir de leur crise".

Pour D. Kallinich et T. Nentwig du quotidien hambourgeois Die Zeit, les socialistes n’ont pas ménagés leurs peines pour préparer 2012. Depuis l’automne 2009, les "socio-démocrates" français se sont d’abord profondément réorganisés en programmant des primaires, et en instaurant le non-cumul des mandats, la parité et la représentation des minorités dans ses instances. Et dernièrement, le PS s’est rassemblé derrière un programme dont le titre (Le changement) annonce sa volonté d’initier "une rupture avec la politique de Sarkozy" et de redonner des forces au pays. "Renouvelé dans son contenu et ses structures, le Parti socialiste devrait donc être en bonne position pour l’élection présidentielle décisive de 2012. Pourtant, aucun changement de tendance ne semble se profiler ni dans les sondages, ni dans les commentaires."

Pour les deux auteures, ce paradoxe s’expliquerait d’abord par le rôle excessif dévolu à l’Etat dans le programme socialiste, par des mesures irréalistes comme le retour à 60 ans de l’âge légal de départ à la retraite ou encore la création de 300 000 "emplois d’avenir", et en définitive, par l’absence d’une véritable vision d’avenir pour le pays. Ensuite, les idées (superficiellement) renouvelées des socialistes souffriraient de l’absence d’un candidat désigné qui pourrait les incarner, tandis que la perspective des primaires recèlerait d’importants risques de conflits internes destructeurs. Enfin, le PS pâtirait également de la concurrence, à gauche, d’Europe Ecologie – les Verts et du Front de Gauche, aussi bien rivaux que partenaires potentiels.

Certes, lit-on, les socialistes pourront tout de même espérer certains succès de leur rapprochement avec les travailleurs et de leur fort ancrage au niveau local. Mais, comme le rappellent  D. Kallinich et T. Nentwig, le pouvoir local est loin de constituer en France le contrepouvoir qu’il représente en Allemagne. Ainsi même si, à court terme, les ressources du futur candidat pourront assurer la victoire socialiste en 2012, la pérennisation du partage du pouvoir devra passer par un abandon d’au moins certaines des structures les plus jacobines de la Ve République.

•    Daniela Kallinich & Teresa Nentwig, "Sarkozys Tief hilft den Sozialisten nicht aus der Krise", Zeit Online, 5 mai 2011
 

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4 commentaires

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06/10/11 17:00
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30/05/11 21:08
Parce qu'au PS, c'est le seul qui propose une vision prospective de l'avenir capable de faire cohabiter EELV et le front de gauche, et qui propose aussi une diminution des pouvoirs jacobins et une augmentations des pouvoirs locaux.
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Anonyme

10/05/11 21:23
"par l’absence d’une véritable vision d’avenir pour le pays"

Ca ne veut à peu près rien dire, c'est un cliché du 21eme siècle. Il y a des documents "vision", qu'on peut apprécier ou pas. Néanmoins, dire ce qu'est une "véritable vision" vs. une "non véritable vision".... ça ne veut pas dire grand chose.

J'ai constaté qu'il est devenu courant de "casser" un adversaire ou concurrent, en disant qu'il n'a pas de vision. Ces reproches improuvables, dont le contraire est aussi improuvable, semblent malheureusement séduire une opinion qui aime les mots à la mode.

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Anonyme

10/05/11 20:09
"des mesures irréalistes comme le retour à 60 ans de l’âge légal de départ à la retraite " Doit-on rappeler pour la centieme fois que cela ne concernera que les personnes qui ont travaillé 42 ans, au moins, donc qui ont commencé à travailler très tôt et sans grande interruption. Doit-on rappeler que la pénibilité sera prise en compte.

J'enverrai les bourgeois tenir la caisse chez lidl et transporter les caisses de marchandises. Elles verraient ce qui est irréaliste.

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